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Les nouvelles organisations et transformations du travail: Les metiers face aux nouvelles technologies de l'information et de la communication


par Michel Matthieu SUNGU MUANDA NTELA
Université Protestante au Congo - Licence 2007
  

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§2 Les professions liées aux NTIC

Bien que les professions des technologies de l'information et de la communication (TIC) soient au coeur de nombreux débats (pénurie de spécialistes, création et destruction d'emplois, déséquilibre entre hommes et

femmes, il est difficile de trouver une définition bien établie de ces professions. Selon les termes du rapport final du ICT-skills monitoring

group de la Commission Européenne (2002)14(*), actuellement, il n'y a pas

de définition commune des différents types de qualifications

regroupées sous la bannière des TIC et de l.e-business.

Les entreprises, les gouvernements et d'autres organismes possèdent

cependant un grand nombre de définitions et les utilisent chacun pour faire

leurs propres prédictions en matière de déficit des compétences.

Les études sur les métiers liés aux TIC révèlent d'étonnantes dissonances,

selon les motivations de leurs auteurs. Les études orientées vers l'industrie de l'informatique et des télécommunications accordent une grande importance aux professions dominantes dans cette industrie, au détriment des secteurs utilisateurs des TIC. Les études centrées sur les pénuries se

focalisent sur les professions de haut niveau. Les études orientées vers le

recrutement et la gestion des carrières s'intéressent aux fonctions plutôt qu'aux professions. Les études relatives aux programmes de formation définissent des diplômes plutôt que des métiers. La diversité des points de vue est compréhensible mais elle génère une certaine confusion.

Tableau 6 : Catégories de tâches des professionnels des TIC

Figure n°1 :

Métiers des TIC et métiers stimulés par les TIC quelques exemples

La figure 1 positionne une série de métiers liés aux TIC dans un graphique à deux axes: horizontalement, les connaissances spécialisées en TIC; verticalement, les connaissances liées à un métier ou à un secteur d'activité particulier. La diagonale sépare les métiers liés aux TIC en deux catégories. Si les connaissances en TIC l'emportent sur les connaissances

« business », on parlera de métiers des TIC. Si les connaissances « business » sont plus importantes, alors on parlera de métiers confortés ou stimulés par les TIC (en anglais: ICT-enabled occupations).

En fait, la diagonale de la figure 1 est plutôt une zone grise de recouvrement entre compétences en TIC et compétences spécifiques à une activité. Ce recouvrement des compétences caractérise de nombreux métiers qui s'occupent davantage des contenus de l'information que du traitement

de l'information. C'est notamment le cas de nombreux métiers du

multimédia, du commerce électronique et d'Internet

Figure 2 : Une cartographie des métiers NTIC

La figure 2 propose une cartographie des métiers des TIC, qui est utilisée comme référence dans le projet européen WWW.ICT et le projet wallon MéTIC. Le modèle proposé repose sur quatre grands groupes de professions.

Au centre se trouvent les professions du « noyau dur » des métiers classiques de l'informatique: spécialistes des logiciels, des réseaux et des systèmes.

Un premier groupe périphérique est constitué des professionnels d'Internet et du multimédia, qui combinent une spécialisation dans les TIC avec des qualifications dans le domaine graphique, artistique ou éditorial. Ils sont impliqués dans la conception, la mise en oeuvre et la maintenance des produits et services en ligne ou sur cd/dvd-rom.

Un second groupe périphérique est constitué des métiers dits « applicatifs », c'est-à-dire liés à des applications des TIC qui présentent un caractère générique, commun à un grand nombre d'entreprises et d'organisations: les progiciels de gestion intégrés (ERP), les systèmes de gestion de la relation clientèle (CRM), les plateformes de commerce électronique et d'enchères, l'échange électronique de données commerciales, l'administration en ligne, etc. Dans ces métiers, les compétences en matière de TIC sont nettement orientées vers un domaine d'affaires ou une activité économique. Il s'agit le plus souvent de développer des applications spécifiques ou de paramétrer des progiciels en fonction des besoins d'une entreprise.

Un troisième groupe périphérique est composé d'utilisateurs avancés, qui se situent à la frontière entre les métiers des TIC proprement dits et les métiers « stimulés » par les TIC. Ce groupe est plus hétérogène que les autres, il comprend notamment:

· Les courtiers en information, qui trient, sélectionnent, éditent et gèrent l'information en ligne: information bibliographique, financière, médicale, économique ou technologique.

· Les éditeurs électroniques, qui conçoivent, réalisent et publient les livres électroniques, les journaux et revues en ligne, les bases de données professionnelles (médecine, droit, ingénierie).

· Les professionnels des centres d'appel: non pas les opérateurs, mais ceux qui conçoivent les procédures de travail en ligne, qui préparent les scripts des opérateurs, qui gèrent le marketing direct et les services en ligne.

· Les spécialistes de l'assistance en ligne: conseil clientèle, support technique, support logiciel, services après-vente, vente en ligne, banque à domicile, etc.

· Les pédagogues qui conçoivent des systèmes d'apprentissage en ligne (e-learning).

Un quatrième groupe est également mentionné, il s'agit de celui des ingénieurs en électronique et électrotechnique. Certains d'entre eux exercent

une profession des TIC, au sein du « noyau dur », d'autres une profession

industrielle classique, qui n'entre pas en ligne de compte ici. Toutefois, les

ingénieurs ont une grande flexibilité professionnelle et peuvent constituer

un réservoir de compétences pour les métiers des TIC.

Quelques commentaires supplémentaires s'imposent à propos de cette

cartographie des métiers.

Une des principales différences entre les professions du centre et celles des trois groupes périphériques réside dans le processus d'acquisition des compétences. Les professionnels du « noyau dur » sont pour la plupart des diplômés des filières de formation aux TIC, à un niveau supérieur ou intermédiaire. En revanche, dans les autres groupes, les compétences sont le plus souvent acquises à travers des parcours de formation mixtes, qui combinent les TIC avec des qualifications dans le domaine du graphisme, de la communication, du commerce, de la gestion, etc.

De plus, les frontières entre les groupes ne sont pas étanches. Des diplômés des TIC peuvent exercer des métiers dans les groupes périphériques ou développer leur carrière dans cette direction. A l'inverse, les carrières des professionnels d'Internet, du multimédia ou des applications peuvent aussi évoluer vers des professions du noyau dur. La formation continue joue un

rôle essentiel dans cette diversité des trajectoires professionnelles.

* 14 `Lettre EMERIT', Premier trimestre 2003, n°34, pp. 2-5.

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