WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Les échanges transfrontaliers entre la ville de Rosso Sénégal et la Mauritanie: Organisation et impacts

( Télécharger le fichier original )
par M. Souleymane DIALLO
Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal) - DEA de Géographie 2004
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

b) Les systèmes de production

Le système traditionnel : Traditionnellement, la économique reposait sur une économie de subsistance. L'agriculture y occupait une place centrale à côté de l'élevage, de la pêche et du commerce. Tout d'abord, on pouvait distinguer un système de production wolof basé l'agriculture de décrue au niveau des terres inondables du Walo et sur intense activité de pêche fluvial. Ces systèmes restaient très dépendants du milieu naturel. Les cultures de décrues permettaient la production de céréales comme le mil et le sorgho. La pêche se développait surtout dans les cuvettes de décantation qui constituaient ainsi des endroits très poissonneux tant les conditions écologiques étaient favorables au développement et au renouvellement de la ressource.

Ensuite, il y a les systèmes de production maures et haalpoulars (peuls).Ces deux derniers étaient quasiment, identiques. Ils étaient aussi fondés sur l'agriculture, l'élevage, et le commerce. Leur point commun est la mobilité des acteurs. En effet les activités d'élevage et de commerce imposaient à leurs pratiquants, des déplacements fréquents à travers la région. C'est bien entendu la transhumance et le colportage dont il ici question.

Ces systèmes de production dont nos avons fait ici état, sont largement dépendantes des conditions naturelles qui était à la fois leur force mais étaient en même temps le ventre mou.

Le système moderne : Aujourd'hui, l'économie de la ville s'articule autours des secteurs primaires et tertiaires. En effet, pour ce qui concerne la ville de Rosso, il sera difficile de faire état d'un secteur secondaire qui n'est pas du tout représenté. Cependant, le secteur primaire joue un rôle considérable dans la structuration économique de la ville. L'agriculture, à elle seule, produit 20,8% du produit local brut26(*). Presque c'est le seul sous secteur qui affiche un dynamisme palpable. De plus en plus l'élevage et la pêche diminuent en importance.

L'économie de la ville repose de plus en plus sur le commerce transfrontalier et sur les nombreuses activités parallèles engendrés par l'effet de la frontière. Le secteur informel se distingue de plus en plus par sa présence. Elle est devenue l'une des principales sources de production de richesse pour la ville.

c) L'état des infrastructures.

La ville est devenue commune grâce à la réforme administrative et territoriale survenue en février 2002. Ce nouveau statut est confirmé par le décret 171 du 21 février 2002. A première vue, la commune offre le visage d'un « gros village ». Les infrastructures sont absentes ou se trouvent dans un état de dégradation avancé.

Les infrastructures scolaires se résument ainsi : une école primaire, un collège d'enseignement moyen de huit salles de classes fonctionnelles et de deux autres en cours de construction. L'établissement ne dispose pas encore d'un mure de clôture, n'est pas connecté au réseau d'électricité et l'eau courante y encore un luxe inaccessible. Il est aussi à noter la présence de « daara » (écoles coraniques) dans les quartiers qui participent à l'éducation religieuse des enfants.

Pour ce qui est du domaine de la santé, la localité compte deux dispensaires qui s'occupent de la santé de populations. Ces structures malgré leur présence sont minées par des maux comme : exiguïté de l'espace, déficit de personnel qualifié, manque de moyens logistiques. Ces carences constatées dans les domaines de la santé et de l'éducation sont les mêmes qu'on retrouve aussi dans les autres secteurs. Cette situation est d'autant plus compréhensible que la ville vient juste d'acquérir le cachet officiel d'établissement humain urbain avec sa récente communalisation même si les phénomènes d'urbanisation y son pendant longtemps perceptibles.

La commune est desservie par une bretelle jusqu' à la route nationale N° 2. Le paradoxe est cependant frappant entre l'importance de cette bretelle si on considère son rôle cruciale dans le système des échanges, et l'état de vétusté dans laquelle elle est. Les multiples crevasses, les innombrables nids de poules, l'étroitesse de cette route, sont autant d'aspects qui, combinés à la sur fréquentation dont elle fait l'objet, en font un danger permanant pour les personnes qui l'empruntent et leurs biens. L' inexistence d'une gare routière fonctionnelle entraîne une concentration de véhicules de toute nature et de toutes dimensions sur un espace étroit , qui sert à la fois de gare routière, de place de marché, de débarcadère. Cette concentration se traduit par des embouteillages monstres qui ne manquent pas de conséquences négatives sur la gestion des flux surtout au niveau du quai.

Le quai de Rosso est sans doute le lieu le plus connu de la ville. Il est construit sur à la pointe nord de la commune. Son aménagement actuel, aussi fonctionnel soit - il, est frappé par la vieillesse. En effet, il date de 1950 ce qui veut dire qu'il souffre du poids de l'âge. Ce qui fût à l'origine une simple escale est aujourd'hui le centre névralgique des échanges transfrontaliers entre deux Etats voisins.

* 26 Le produit local brut renvoie à l'ensemble des richesses produites dans la commune de Rosso Sénégal au cours de l'année.

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net