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La dynamique des affrontements armés dans la région des grands lacs et les perspectives d'une paix durable en RDC

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par Armand ILUNGA LUMULUABO
Université de Lubumbashi - Licence 2006
  

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LA DYNAMIQUE DES AFFRONTEMENTS ARMES DANS LA REGION DES GRANDS LACS ET LES PERSPECTIVES D'UNE PAIX DURABLE EN RDC

INTRODUCTION

L'Afrique sub-saharienne a été pendant long temps le théâtre des guerres par procuration qui découlaient de la rivalité Est-Ouest. Avec la fin de la guerre froide, tous les espoirs étaient permis de voir l'Afrique, notamment la région des grands lacs, renouée avec une paix durable. D'autant plus que l'Organisation des Nations Unies devait commencer à jour véritablement son rôle de gardienne de la paix internationale, rôle qui lui a échappé pendant toute la période de la guerre froide du fait des affrontements idéologiques entre le bloc capitaliste et le bloc socialiste.

Curieusement, l'Afrique devient le théâtre des conflits de diverses formes, notamment les conflits frontaliers ; les conflits inter-ethnique ; les guerres civiles et rebellions présentées souvent sous le label de guerres de libération.

En ce qui concerne particulièrement la région des grands lacs, outre les coups d'Etat et les rebellions qui sont monnaie courante, cette partie d'Afrique n'a pas connu, pendant une période relativement longue, les affrontements armés inter-étatiques grâce, entre autres à la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL). En pratique, cette organisation mettait plus l'accent sur la sécurité des Chefs d'Etats qui la composaient. Mais comme cette sécurité dépendait de la sécurité des Etats respectifs, cela ne pouvait que favoriser la paix entre eux.

Aujourd'hui, cette partie de l'Afrique est en proie à des conflits armés internes inter-étatiques incessants compromettent la paix et la stabilité politique.

La RDC se trouve parmi les Etats les plus affectés par ces conflits. Les

élections qui doivent avoir lieu semblent donner une lueur d'espoir pour la paix, mais il faut aussi prendre en compte les interactions avec les autres Etats des grands lacs. Pour ce, notre préoccupation dans cette étude sera d'analyser la dynamique de ces conflits armés tout en projetant leur évolution dans le temps, afin de proposer les solutions qui peuvent amener à une paix durable dans la région. Pour y arriver, nous allons analyser tour à tour les points suivants :

- Les facteurs belligènes dans la région des grands lacs ;

- La configuration et les conséquences des conflits armés dans la région des grands lacs ;

- Les perspectives des conflits armés dans le pays des grands lacs.

- les perspectives d'une paix en RDC

I. LES FACTEURS BELLIGENES DANS LA REGION DES GRANDS LACS :

La région des grands lacs tire son nom de la présence dans cette contrée du continent africain d'un certain nombre de lacs à savoir : les lacs Mobutu, Idi Amin, Kivu, Tanganikaq et Moero. Du point de vue spécial ou spatial, elle englobe l'Ouganda, le Burundi, le Rwanda, la Tanganika et la République Démocratique du Congo. La Tanzanie ne fera pas totalement partie intégrante de cette analyse parce que, très souvent, elle est en marge des conflits armés.

Les facteurs de la guerre dans la région des grands lacs sont de plusieurs ordres. Nous allons nous limiter ici à présenter les facteurs d'ordre historique ; politique et économique.

1. Les facteurs d'ordre historique

Pendant la période coloniale, les métropoles avaient une lecture particulière des réalités anthropologiques des sociétés exotiques, notamment les colonies, qui fusaient une idéologie hiérarchisée des rares.

C'est dans ce sens qu'au Rwanda - Urundi, les collons allemands d'abord et belges ensuite, distinguerons d'une manière nette trois races à savoir : les Tutsi, les Hutus et Twa. Quoi que Usumbura (Bujumbura) soit choisie comme capitale, c'est le Rwanda qui semble avoir de tout temps servi de référence au discours colonial. C'est le Rwanda qui fournit à l'opinion de la métropole la grille de lecture pour les deux pays (1(*)).

Fort de cette classification, qu'au sommet du pouvoir soient situés les hamites, dit d'origine égyptienne en passant par l'Ethiopie (en référence à de hautes civilisations). Ensuite vient la race Bantoue (des nègres) à laquelle » appartiennent les hutus. Et enfin, tout en bas, une sorte de sous humanités composées des négrilles et constituées des Twa.

Le mythe de ces trois races n'est exprimé essentiellement que dans trois facettes : historique, biologique et socio-culturelle. Sur les trois plans, les auteurs définissent en premier lieu les Tutsi. Ce n'est qu'en référence à ces derniers que sont décrits les Hutus et les Twa (2(*)).

Du point de vue historique, les Twas sont présentés comme les premiers habitants du pays, suivis de bantous (Hutus) puis par les Tutsi venus du nord, porteurs d'une civilisation avancée.

Il est clair que cette hiérarchisation est à la base des conflits armés qui se nourrissent actuellement au Rwanda et au Burundi.

Par ailleurs, la RDC est liée à la même histoire que le Rwanda et le Burundi. Mais elle n'a pas connu de dichotomies raciales grâce à l'homogénéité du peuple bantou qui la compose. Néanmoins la présence des pygmées est signalée sur son sol et celui des rwandais et burundais qui sont venus travailler dans les mines suite à l'orgueil des autochtones. La présence de ces deux peuples qualifiés de forts au Congo a engendré un climat de contestation au milieu des autochtones et leur avait permis de se constitue en un groupe consolidé face aux importés du Rwanda - Urundi.

En outre, il faut noter aussi les tracés des frontières effectués lors de la conférence de Berlin qui constitue aujourd'hui une source des conflits en Afrique en général et dans la région des grands lacs en particulier. En effet, après ce partage, certaines populations appartenant aux mêmes groupes ethniques se sont retrouvés brutalement séparées les unes des autres et donc appartenant à des Etats différents (3(*)). Ainsi, des sociétés des civilisations hétérogènes, qui liaient souvent dans le passé les rapports conflictuels du type guerrier ou esclavagiste, se sont retrouvés entrain de coexister au sein d'une même entité.

Enfin, les migrations sont aussi un facteur à la base des conflits dans certaines contrés, notamment dans les grands lacs.

Certains colonisateurs en Afrique ont amené des spectaculaires mouvements des populations, dans la mesure où les atouts économiques de la région dans laquelle on émigre sont considérables. Le Kivu a attiré les populations avoisinantes dans la mesure où l'agriculture occupait une place importante en raison de la fertilité des terres volcaniques. Cette zone va connaître plusieurs vagues des immigrations principalement en provenance du Rwanda surpeuplé (4(*)).

En effet, les causes qui favorisaient l'immigration n'ayant jamais disparu, nous assistons aujourd'hui à l'instabilité de la région tout entière. La guerre d'agression, précédée par l'attentat en 1994 au cours duquel les présidents rwandais et burundais avaient trouvé la mort, n'a fait que confirmer cette façon de voir les choses.

En somme, notons que les facteurs historiques ont joué et continuent à jouer un rôle déterminant dans les conflits dans la région des grands lacs. Ce rôle n'est pas joué d'une manière isolée mais plutôt en interaction avec d'autres facteurs notamment économique.

* (1) Elias, M., « violence et pouvoir » in Politique africaine, n°42, Juin, 1991, P.66.

* (2) Elias, M., art. cit., P.67.

* (3) Ndaywel, E., Histoire du Zaire.de l'héritage ancien à l'age conteporain, Louvain la neuve éd. Duculot, , 1997, P.54.

* (4) Mathieu, P., et Williams, J.C., Conflits et guerres au Kivu et dans la région des grands Lacs, entre tensions locales et escalades régionales, éd. Harmattan, Paris, 1999, P.82.

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