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Marché mondial des oléagineux

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par Med Assad Allah MATALLAH
Institut National Agronomique (INA) Alger - Magistère 2006
  

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L'huile de Colza

1. Généralités sur la culture de Colza

1.1 Historique du Colza

Autrefois considérée comme une culture spéciale par les producteurs mondiaux (Chine, Inde, Canada et l'Australie). Le colza est aujourd'hui une culture commerciale de première importance, la deuxième au Canada (canola) en termes de recettes annuelles, après le blé. En effet, le nom « canola » est aujourd'hui reconnu par le consommateur dans presque tous les pays du monde, dont plusieurs cultivent eux-mêmes le canola. Le colza est donc devenu une culture d'envergure planétaire.

Le canola tire principalement son origine d'une autre culture oléagineuse, le colza, que certains peuples cultivent depuis des milliers d'années. L'huile de colza était utilisée comme huile à lampe par les civilisations anciennes d'Europe et d'Asie. Plus tard, elle a été utilisée à des fins alimentaires et non alimentaires. Le canola est une variété de colza génétiquement modifiée.

Le colza est cultivé en Europe depuis le 13e siècle, mais son utilisation ne s'est répandue qu'avec la venue de la machine à vapeur. On s'est alors aperçu que l'huile de colza adhère mieux que les autres lubrifiants aux surfaces des métaux qui sont constamment en contact avec l'eau et la vapeur. Vers le début des années 1940, une grave pénurie d'huile de colza est survenue lorsque les sources européennes et asiatiques de cette denrée ont été bloquées par la Seconde Guerre mondiale. On s'est alors tourné vers le Canada pour la production de cette huile. On avait un urgent besoin de ce lubrifiant pour les chaudières à vapeur du nombre toujours croissant de navires de guerre et de navires marchands. Avant la Seconde Guerre mondiale, le colza avait été cultivé au Canada, mais uniquement dans le cadre d'essais à petite échelle dans des fermes expérimentales et des centres de recherche. Ces essais ont permis de démontrer que le colza pouvait être cultivé avec succès, tant dans l'Est que dans l'Ouest du pays.

Le colza, ou ce qu'on croyait être du colza, était déjà cultivé en petites quantités à Shellbrook, en Saskatchewan, par un agriculteur immigré de Pologne. Celui-ci avait commencé dès 1936 à cultiver cette graine dans son jardin, mais il n'existait alors au Canada aucun marché établi pour ce produit. Au début de la guerre, lorsqu'il entendit parler de la pénurie de colza, il commença à augmenter sa production de graines et à en vendre à ses voisins. Comme la plante et la semence étaient d'origine polonaise, la plante fut connue au Canada sous le nom de Polish rapeseed, ce qui signifie « colza polonais ». Ce n'est que plus tard qu'on a établi qu'il s'agissait en fait de la navette, c'est-à-dire de l'espèce voisine Brassica campestris, aujourd'hui appelée Brassica rapa. Au printemps 1942, en vue de satisfaire la demande de colza, une petite quantité de graines provenant des cultures d'essai furent distribuées à quelques fermes expérimentales et centres de recherche, mais on ne récolta cette année-là que 1,2 tonne (52 boisseaux) de graines.

Or, il fallait une quantité beaucoup plus grande de semence pour pouvoir produire en 1943 suffisamment d'huile de colza pour venir à bout de la grave pénurie de ce produit. On chercha donc à repérer une autre source de semence, et on parvint à acheter 19 tonnes (41 000 livres) de graine de colza auprès des sociétés américaines. Il s'agissait cette fois-ci de véritable colza (Brassica napus) obtenu d'Argentine. On appela donc le produit, durant les premières années de production, Argentine rapeseed, c'est-à-dire «colza d'Argentine». En 1943, on sema ces graines sur 1300 hectares, et on obtient une récolte d'un millier de tonnes (2,2 millions de livres). Le colza et la navette, les deux principales espèces de canola du Canada, sont encore couramment appelées en anglais Polish rapeseed et Argentine rapeseed.

En Occident, il a fallu attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que l'huile de colza (ou de navette) soit exploitée à fond à des fins alimentaires. Les mérites de la plante comme source de nourriture furent finalement reconnus par l'industrie agroalimentaire, qui estimait cependant qu'il fallait trouver des techniques de transformation adéquates pour que la culture soit adoptée avec succès. Les gens d'affaires et les chercheurs de l'Ouest canadien firent donc les améliorations nécessaires, et on assista à la naissance d'une nouvelle industrie alimentaire et d'un nouveau marché.

Au Canada, le premier extrait comestible d'huile de colza a été produit en 1956-1957. C'était le début d'une des plus belles réussites agricoles du Canada.

Il faut savoir que les huiles végétales comestibles sont constituées de substances appelées acides gras. Ce sont ces acides qui déterminent quelle utilisation, alimentaire ou industrielle, peut être faite d'une huile végétale. Ainsi, certains acides gras, comme l'acide linoléique, sont considérés essentiels à la nutrition humaine, parce que notre corps ne peut pas lui-même les synthétiser et doit donc les obtenir à travers les aliments. Or, à cette époque, l'huile de toutes les variétés connues de colza et de navette renferme de grandes quantités d'acide eicosénoïque et d'acide érucique, lesquels ne sont pas essentiels à la croissance de l'être humain.

Dès 1956, on mettait en doute la valeur nutritive de l'huile de colza, notamment en ce qui concerne sa forte teneur en acides eicosénoïque et érucique. Vers le début des années 60, les sélectionneurs réussirent à régler le problème en isolant des plants de colza à faible teneur en ces deux acides.

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