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Difficultés relatives à la faible pénétration des investissements directs étrangers au Bénin


par D. Camille GUIDIME
Université de Parakou - Maitrise en sciences économiques 2005
  

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B- Les nouvelles théories du commerce international (NTCI)

Les NTCI enrichies de l'analyse de la firme multinationale (Brainard'1993' Markusen' 1995) sont venues pallier les insuffisances de la théorie traditionnelle en intégrant des éléments comme la concurrence imparfaite' la différenciation des produits et les économies d'échelle. Elles mettent en avant un arbitrage des FMN entre proximité et concentration. Des firmes multinationales de type horizontal apparaissent lorsque les avantages à s'implanter à proximité des consommateurs sont élevés relativement aux avantages liés à la concentration des activités. La firme préfère donc implanter plusieurs sites de production pour servir les marchés locaux si elle peut réaliser des économies d'échelle entre ces différents sites du fait de la présence d'actifs intangibles' si les coûts d'implantation sont relativement faibles' si les coûts de transport sont plutôt élevés et si la demande sur le marché d'accueil est forte. Ces premiers modèles mettent l'accent sur

les IDE de type horizontal qui correspondent à des stratégies de conquête de marchés locaux principalement dans les pays développés. A l'opposé' on parle d'IDE dits de délocalisation ou verticaux lorsque les firmes s'intègrent dans une perspective de division internationale des processus de production. Les FMN répartissent leurs activités entre les pays en fonction des différents avantages comparatifs. Le modèle de Markusen & al. (1996) distingue les multinationales selon cette typologie et complète les résultats du modèle de Brainard sur l'arbitrage proximité-concentration qui concernent uniquement les FMN de type horizontal. Les FMN de type vertical apparaissent entre pays différents en taille et en dotations factorielles et établissent les étapes de la production les plus intensives en travail dans les pays où les coûts de la main d'oeuvre sont peu élevés.

Toutefois' la distinction entre IDE horizontal et vertical n'est pas aussi claire dans les faits : les FMN s'engagent souvent dans des stratégies d'intégration complexe' qui englobent à la fois des formes d'intégration verticale dans certains pays et horizontale dans d'autres pays (Yeaple' 2003). Les stratégies d'intégration complexe sont préférées aux seules stratégies d'expansion à l'étranger horizontale ou verticale lorsque les coûts de transport descendent en dessous d'un certain seuil. Des coûts de transport faibles encouragent l'IDE vertical car ils rendent accessible l'usage d'une main d'oeuvre peu chère. Des coûts de transport élevés favorisent au contraire l'IDE horizontal puisqu'ils rendent les échanges commerciaux plus chers. Entre les deux bornes' aucun motif d'expansion à l'étranger pris isolément ne suffit à rendre attractif l'IDE. Il faut en outre que les firmes trouvent un autre avantage qui réside dans la complémentarité entre les deux formes d'intégration. Dans ce cas' les coûts d'accès aux marchés mondiaux sont doublement abaissés' par la réduction des coûts unitaires d'une part qui engendre une augmentation des ventes. D'autre part' par un effet d'échelle proportionnel au volume de ventes réalisées qui permet de réduire encore plus les coûts unitaires.

Le modèle de concurrence imparfaite a également servi de base théorique à l'approche gravitationnelle (Bergstrand' 1989). Elle s'applique initialement aux flux d'échanges commerciaux entre deux pays donnés et explique l'importance des flux par la taille du pays d'origine et d'accueil et la distance géographique. L'équation est

également applicable aux déterminants des flux d'investissements. Toutefois' la théorie suggère que les échanges commerciaux et les IDE soient substituables. Du fait des coûts de transaction' les exportations sont liées négativement à la distance géographique et il peut être plus efficace de produire directement dans le pays d'accueil.

Un certain nombre de variables suggérées par les différentes approches

théoriques peuvent constituer les déterminants des flux d'IDE dans les pays

développés ou en développement : taille des marchés' différences de dotations

factorielles' écarts de coûts salariaux' distance géographique...

Néanmoins' la spécificité des économies en transition n'est jamais prise en considération dans ces approches. Depuis 1990' les PED sont engagés dans un vaste processus de réformes structurelles. La privatisation de secteurs entiers de l'économie a constitué un élément majeur de cette transformation. Différentes méthodes de privatisation ont été suivies selon les pays en fonction des contraintes issues de l'héritage laissé par l'ancien système et des objectifs des gouvernements. Parmi les différentes méthodes (vente directe' rachat par appels d'offre' privatisation par bons...)' une méthode principale a toujours été favorisée. Cette dernière a constitué un signal fort aux yeux des investisseurs étrangers qui ont privilégié les pays ayant adopté la méthode de vente directe des anciennes entreprises d'Etat (Hunya' 1997).

Toutefois' la mobilisation des capitaux étrangers par le biais de ces réformes économiques a connu un ralentissement . La mobilisation des IDE dans les PED dépend également du cadre juridique des investissements' du niveau de corruption' du niveau du secteur industriel' de l'administration' des infrastructures de base' du risque pays et les atouts naturels propres à ces pays.

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