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Réformes macroéconomique et intégration par le marché dans la CEMAC

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par Michel Dieudonné MIGNAMISSI
Université Yaoundé II - DEA 2008
  

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INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE

La Zone CEMAC comme d'ailleurs toute la Zone Franc africaine est caractérisée de zone atypique, car elle n'obéit à aucune logique théorique dans sa formation ou son évolution. C'est ainsi que l'Union Monétaire a été lancée depuis la décennie 30, alors que l'UDEAC ne s'est formée qu'en 1964. Cette caractéristique peut être à l'origine des résultats paradoxaux rencontrés dans cette communauté.

Mais en plus, le faible niveau de commerce observé entre les pays pourrait s'expliquer par la structure productive et donc le potentiel commercial intra-zone. Ainsi cinq pays sur six de la sous-région sont spécialisés dans les produits primaires ou de base et sont essentiellement des mono-producteurs (de pétrole). Cette caractéristique pose ainsi le problème de la spécialisation, qui selon la littérature économique est due soit aux dotations factorielles, soit aux avantages comparatifs.

L'objectif de la deuxième partie de ce travail est de tester si la suppression de l'effet frontière monétaire, héritée des réformes, a conduit à une augmentation des échanges ou plutôt à une spécialisation des pays. Ce questionnement sera éclaté en deux chapitres qui vont meubler cette deuxième partie du travail.

CHAPITRE 3. LA SUPPRESSION DE L'EFFET FRONTIERE MONETAIRE ENCOURAGE-T-ELLE LE COMMERCE DANS LA CEMAC ?

Selon la doctrine dichotomique classique du XVIIème s, l'économie est composée de deux sphères : la sphère réelle et la sphère monétaire, la dichotomie ici voulant dire qu'il n'y a pas de lien entre les deux. Mais l'approche intégrative de Keynes des années 30 viendra radicalement rompre avec cette vision : les deux sphères s'influencent mutuellement.

Loin de ce débat purement doctrinal, il existe aujourd'hui d'autres problématiques, mais ce travail privilégie celle du lien entre la monnaie et les flux commerciaux. C'est dans cette veine que Rose (2000) s'inscrit en débouchant sur un résultat important, à savoir l'impact positif et significatif de la monnaie unique sur le commerce. Plusieurs études ont confirmé ce résultat dans certaines UM, mais très peu, à la connaissance actuelle, se sont intéressées au cas de la CEMAC, en dehors de Carrere (2002) et d'Avom (2005).

Ce chapitre, qui examine la question de l'existence ou non d'un effet frontière monétaire et de son impact sur le commerce des pays de la CEMAC, débouche sur quelques résultats empiriques. Ainsi, dans la compréhension de cette problématique, il convient au préalable de faire un aperçu sur les théories du commerce international et des ZMO.

SECTION 1. JUSTIFICATION THEORIQUE DU LIEN ENTRE MONNAIE ET COMMERCE

L'orientation géographique des exportations des pays de la CEMAC vers leurs principaux partenaires révèle que ces pays sont essentiellement extravertis. Prenant le cas du Cameroun, locomotive du commerce dans la sous-région, il ressort que l'orientation de ses exportations vers l'Afrique centrale occupe une place négligeable à son total mondial. Ainsi de 2003 à 2005, la part du commerce intra-zone, calculée comme le ratio de la somme des importations et des exportations de l'Afrique centrale au total mondial, dévoile un trend décroissant : 4,94% en 2003 ; 4,28% en 2004 et 3,87% en 2005.

Cette situation est en majeure partie expliquée par un détournement des exportations intra-zone qui sont continuellement décroissantes, plus que proportionnellement à la création des courants d'importations, qui augmentent. Ces différentes informations sont synthétisées dans le tableau ci-dessous.

Tableau 2 : Orientation géographique des échanges du Cameroun (millions de FCFA)

Zones

Géographiques

2003

2004

2005

Exports

Imports

Exports

Imports

Exports

Imports

Europe

839 697

657 642

870 572

665 455

1 080 101

590 149

Afrique Centrale

111 606

15 370

82 639

29 744

69 900

47 650

Afrique

189 373

211 604

158 425

284 881

211 113

521 558

Amérique

116 858

94 475

79 747

112 453

61 212

139 691

Asie

134 648

195 025

107 352

236 962

96 872

250 807

Océanie

197

1 301

147

879

322

1 548

Total général

1 318 157

1 251 561

1 256 789

1 365 047

1 509 215

1 524 464

Source : Construit par l'auteur à partir des données du MINCOM, 2007.

Sur un autre plan, l'évolution du total des exportations intra-communautaires dévoile un trend faiblement croissant au cours du temps (graphique 6a). Il est en outre pertinent de constater qu'une large part de ces exportations (environ 70%) revient au Cameroun (graphique 6b).

Graphique 6 : Evolution du total et moyenne (%) par pays des exportations intra-CEMAC (1994-2003)

 
 

Source : Construit par l'auteur à partir de CEA, 2006.

Après ce bref dialogue intuitif avec les chiffres, il va s'agir d'adopter une logique empirique beaucoup plus rigoureuse. Mais avant d'y parvenir, il s'avère opportun de faire un détour théorique du lien entre monnaie et commerce. Ceci passe tout d'abord par une revue critique et éclectique des différentes théories du commerce international et enfin par la présentation de nouveaux facteurs explicatifs du commerce.

1.1. APERCU SUR LES THEORIES DU COMMERCE INTERNATIONAL

Le commerce international a été depuis longtemps expliqué par de nombreux déterminants, mais le rôle de la monnaie (unique) a été relégué au second plan ou oublié. Mais avant de passer à la justification théorique de la monnaie (unique), il convient au préalable de rappeler l'évolution théorique de la littérature sur le commerce international.

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