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Réformes macroéconomique et intégration par le marché dans la CEMAC

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par Michel Dieudonné MIGNAMISSI
Université Yaoundé II - DEA 2008
  

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1.2.2. Au-delà de la monnaie unique : l'apport de la frontière et de la distance

L'effet frontière en général peut avoir plusieurs connotations : monétaire, infrastructurel et terrestre. L'effet frontière monétaire est synonyme de coexistence de monnaies nationales au sein d'une zone et débouche sur des conclusions déjà connues. L'effet frontière infrastructurel quant à lui a trait à la faiblesse du capital spatial, ensemble de facteurs qui facilitent la mobilité et le commerce au sein d'une zone. Ainsi, Fouda (2003) démontre qu'un faible capital spatial constitue un frein au développement du commerce en Zone CEMAC. Il convient de rappeler que les deux effets sus-cités ont plus ou moins été délaissés ou traité autrement par la littérature au profit de l'effet frontière terrestre. Ce dernier peut être appréhendé de façon qualitative à travers une variable indicatrice, ou encore approché par un indicateur de droits de douane. En plus, il est facile à décomposer en effet interne et externe pour les pays qui sont constitués de plusieurs Etats comme le Canada, le Brésil ou les USA (McCallum, 1995 ; Daumal et Zignago, 2005 ; Helliwell et Schembri, 2005). En général et quelle que soit sa nature, l'effet frontière a un même résultat intuitif sur le commerce, à savoir la réduction de ce dernier.

L'approche empirique de ces différents effets a confirmé l'intuition théorique ci-dessus : il existe une grande réduction des flux commerciaux due à la distance et aux frontières internationales, mais ceci varie selon le temps et l'espace. (Anderson, 1999 ; McCallum, 1995 ; Head et Mayer, 2001 ; Helliwell et Schembri, 2005). Ce résultat qui rime avec les pays ne faisant pas partie de la même zone d'intégration a connu une variante avec Lochard (2005). Pour lui, les Etats qui partagent la même frontière commerceraient davantage par rapport aux autres, car le facteur « proximité » entre en jeu, combiné à la disparition de certaines barrières nocives au commerce. Ceci peut être la résultante de nombreux accords régionaux passés entre ces pays. Ce travail fait suite à ceux d'Anderson et van Wincoop (2003), Combes et al. (2004), De Sousa et Disdier (2006).

Prenant spécifiquement le cas Africain, Fouda (2003) pense que « Les frontières exercent un effet déprimant sur le commerce, même en l'absence de barrières tarifaires ou non tarifaires, de différences culturelles ou linguistiques, de l'incertitude liée au taux de change ou encore d'autres obstacles économiques ».

Un autre facteur qui est au centre des analyses contemporaines est la distance, et c'est sa mesure dans les travaux empiriques qui est problématique. Elle peut tout d'abord être cernée comme une approximation des coûts de transaction, car en toute logique, ceux-ci sont fortement liés à la distance entre deux points. Ensuite elle peut être simplement traitée comme l'écart absolu qui sépare deux pays ; ainsi elle peut être obtenue à partir des paramètres orthodromiques (longitudes et latitudes des deux points dont on veut évaluer la distance). Presque toutes les études empiriques ci-dessus ont également abouti au même résultat en ce qui concerne l'impact de cette variable sur le commerce, à savoir un effet déprimant. Ainsi Melitz (2006b)69(*) montre que dans les modèles de gravité, la distance reflète l'une des frictions les plus importantes du commerce bilatéral. Même en Afrique, le résultat de cette variable dans la plupart des études est toujours le même que celui trouvé précédemment (Carrere, 2002 ; Avom, 2005 ; Avom et Gbetnkom, 2005 ; Gbetnkom, 2006 ; Agbodji, 2007).

Au total, cette vaste littérature sur la monnaie, la frontière et la distance ne trouvera de crédibilité que si elle est robuste après une application en Zone CEMAC.

* 69 «North, South and Distance in the Gravity Model».

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.