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Réformes macroéconomique et intégration par le marché dans la CEMAC

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par Michel Dieudonné MIGNAMISSI
Université Yaoundé II - DEA 2008
  

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2.2.2. La nature de la spécialisation en Zone CEMAC

Une autre mesure de la spécialisation est celle qui consiste à savoir si les pays échangent dans les mêmes branches ou non. C'est une mesure de la nature de la spécialisation et l'indice approprié est celui élaboré en 1975 par Grubel et Lloyd (GL). Cet indice capte généralement la part du commerce intra-branche dans le commerce total. Sa construction part de la détermination de la part du commerce inter-branche et du commerce intra-branche : Le commerce inter-branche se note, et le commerce intra-branche se note. Ainsi, puisque l'indice de GL est la part du commence intra-branche dans le commerce total, il vient que :

Xi représente les exportations dans la branche i et Mi les importations dans la branche i et CT le commerce total. Le numérateur mesure la part du commerce intra-branche de la branche i dans le commerce total. Ai est communément appelé le coefficient de Balassa. L'indice de GL varie entre 0 et 1. Plus il est proche de 1, plus le commerce intra-industriel représente une fraction importante du commerce total85(*).

Tableau 8 : Résultat de l'indice de GL des pays de la CEMAC.

Années

Cameroun

Congo

Gabon

Guinée Eq.

RCA

Tchad

M/ses

S/ces

M/ses

S/ces

M/ses

S/ces

M/ses

S/ces

M/ses

S/ces

M/ses

S/ces

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

0,8300

0,7871

0,8556

0,8517

0,8929

0,9374

0,8394

0,8634

0,9972

0,9292

0,4494

0,5332

0,5283

0,5550

0,6026

0,6235

0,5880

0,5495

0,6616

0,7034

0,7798

0,6749

0,5232

0,5628

0,5791

0,5031

0,3914

0,4978

0,4778

0,4831

0,2252

0,1140

0,0107

0,1392

0,1679

0,1939

0,1556

0,1989

0,1970

0,2195

0,4945

0,5046

0,4659

0,5013

0,6176

0,4995

0,5372

0,4876

0,4857

0,4848

0,2948

0,2910

0,2610

0,2509

0,2829

0,2713

0,2629

0,2629

0,2878

0,3004

0,9848

0,9398

0,8859

0,8289

0,9709

0,7017

0,5079

0,5467

0,5385

0,5095

0,0930

0,0808

0,0350

0,0229

0,0334

0,0206

-

0,0073

0,0080

0,1161

0,9648

1

0,9363

0,9667

0,9583

0,9450

0,8556

0,8677

0,9371

0,9594

0,5263

0,5071

0,5497

0,5180

0,6896

0,4313

0,3200

0,4444

0,3584

0,5416

0,7780

0,9346

0,9896

0,9938

0,9734

0,8805

0,7973

0,5338

0,3480

0,7029

0,2592

0,5031

0,3654

0,3552

0,3651

0,3868

0,3696

0,3059

0,2617

0,2017

Moyenne

0,8784

0,5795

0,5473

0,1621

0,5079

0,2766

0,7415

0,0417

0,9391

0,4886

0,7932

0,3374

Source : Calcul de l'auteur.

A défaut d'une base de données détaillée en branches, les données disponibles présentent les exportations et les importations dans les secteurs des marchandises et des services. L'indice de GL a donc été appliqué à ces deux secteurs. Il permettra ainsi de savoir si les pays de la Zone CEMAC sont spécialisés dans les services ou dans le commerce des marchandises. Les données sont issues de la base de données de la Banque Mondiale (Africa Data Indicators, 2005) et sont exprimées en millions de dollars US courants. L'indice a été calculé pour la période 1994-2003 et des moyennes par pays et par secteurs ont été calculées, en vue de faciliter l'interprétation.

L'analyse globale de l'indice de GL révèle globalement une spécialisation de type intra-branche dans le secteur des marchandises et inter-branche dans le secteur des services. Ceci voudrait dire que le commerce de tous les pays de la CEMAC est en majeure partie occupé par les marchandises. Ainsi, ces pays vendent et achètent les marchandises en majorité dans leurs transactions commerciales.

Ce résultat semble conforté par le fait que les pays d'ASS ont beaucoup plus orienté leurs investissements dans le secteur des marchandises, car ce n'est récemment que l'idée du développement du secteur des services (tourisme, voyage et hôtellerie par exemple) a pris de l'ampleur. En outre, cette spécialisation confirme bien le niveau de développement de ces pays qui sont des pays émergents, et donc encore incapables de développer des services compétitifs à l'échelle mondiale.

L'analyse par pays est beaucoup plus intéressante, car deux groupes de pays se distinguent. Ainsi, dans le secteur des marchandises, tous les pays sont spécialisés mais dans des proportions différentes. Les pays à forte spécialisation intra-marchandise sont le Cameroun et la RCA, avec des indices supérieurs à 70%. Les pays à spécialisation intermédiaire sont le Gabon, le Congo, la Guinée Equatoriale et le Tchad (avec des indices compris entre 50 et 70%). L'explication du premier groupe de pays réside dans le fait que ce sont des pays relativement diversifiés, c'est-à-dire spécialisés dans un petit nombre de produits (le Cameroun dans les produits agricoles, forestiers et pétroliers et la RCA dans les céréales, le bétail et les minerais). L'explication liée au second groupe réside dans le fait que les pays sont exclusivement spécialisés dans un secteur : ce sont des pays hyper-spécialisés, c'est-à-dire des mono-producteurs.

La conclusion ci-dessus confirme le niveau de l'indice de GL appliqué dans le secteur des services. Ainsi presque tous les pays obéissent à une spécialisation inter-services, en dehors du Cameroun qui présente un indice supérieur à 50% (à savoir 57,95%). Il convient de souligner que parmi ces pays, la Guinée Equatoriale est le pays qui obéit le plus à ce type de spécialisation, avec un indice de spécialisation inter-service égal à 95,83%. Ceci voudrait dire que la Guinée Equatoriale produit des services qu'elle n'utilise pas ou qui ne sont pas substituables avec ceux produits par ses partenaires commerciaux. Le cas du Cameroun est illustratif, et confirme son juste équilibre en ce qui concerne sa base productive des services et des marchandises, son niveau de spécialisation inter-marchandise se situant à 12,16%.

* 85 Cet indice ne tient pas compte de l'importance du commerce total par rapport aux livraisons (Hanson, 1996). En plus, les conclusions fournies par cet indice ne tiennent pas compte de l'évolution temporelle du commerce intra-industriel. Il ne renseigne que sur l'importance du commerce intra-industriel à un moment précis dans le temps. Ainsi pour corriger ce biais, Brülhart (1996) a élaboré un indice permettant de connaître la nature du nouveau commerce. Cet indice mesure la part du nouveau commerce qui est de nature intra-industrielle. Une des limites de cet indice est due au fait qu'il s'applique à un seul item, la version additive étant plus robuste. En plus Grubel et Lloyd proposent d'ajuster l'indice par le rapport du solde global (en valeur absolue) au total du commerce lorsque ce dernier est fortement déséquilibré. Aquino (1978) pour sa part propose un indice élaboré qui tient compte des déséquilibres par postes. Une autre limite est le fait de ne pas tenir compte des considérations bilatérales. Dans cette optique, l'indice de GL tient compte des différents pays partenaires et s'obtient comme une sommation par rapport à ces différentes destinations. En effet, il est important de savoir si un même produit fait l'objet d'un commerce intra-branche entre deux pays, ou bien si, au contraire, ce produit fait l'objet d'exportations du pays A vers le pays B et d'importations du pays A en provenance d'un pays C (Mucchielli et Mazerolle, 2004).

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.