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Réformes macroéconomique et intégration par le marché dans la CEMAC

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par Michel Dieudonné MIGNAMISSI
Université Yaoundé II - DEA 2008
  

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CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS DE POLITIQUE ECONOMIQUE

Rendu à l'issue du travail, il convient de rappeler qu'il s'agissait de répondre à la question de savoir si l'utilisation du Franc CFA en Zone CEMAC est un atout dans le processus de l'intégration par le marché ou plutôt un facteur de spécialisation de cette zone. Cette étude a été menée en intégrant l'impact des réformes macroéconomiques et institutionnelles de la décennie 90. Ce questionnement, qui a débouché sur une issue dialectique au courant des années 90 en deux principales conclusions (endogénéité et spécialisation des ZMO), a été vérifié en la Zone CEMAC. La méthodologie a consisté à utiliser en deux parties, des outils à la fois documentaires, statistiques et économétriques.

La première partie qui a dressé le bilan des réformes sur le processus d'intégration en Zone CEMAC, a livré un résultat principal selon lequel les réformes ont eu un impact mitigé. Cet impact mitigé se justifie par le fait que sur les plans financier et institutionnel, il y a eu plusieurs résultats (assainissement et modernisation du système financier, stabilité monétaire, dispositif de convergence des pays, création de la CEMAC). Mais, il a fallu une deuxième génération de réformes pour atteindre significativement ces résultats. En ce qui concerne le volet de l'intégration par le marché, les réformes n'ont pas apporté les résultats probants. Ainsi, la part du commerce intra-zone est largement restée en deçà des 10% du total du commerce international jusqu'à nos jours.

La deuxième partie quant à elle visait à vérifier les deux conclusions de la théorie des ZMO (endogénéité et spécialisation), théorie qui étudie le lien entre la monnaie unique et le commerce. Cette partie s'est imposée car il fallait, après avoir montré la suppression de l'effet frontière monétaire suite au bilan de réformes, détecter la direction que cette suppression a prise (renforcement du marché commun ou spécialisation des pays). Ainsi, la question de savoir si les pays de la CEMAC commercent davantage entre eux parce qu'ils utilisent la même monnaie et vice-versa débouche sur la conclusion selon laquelle le Franc CFA n'a pas joué le rôle attendu sur le processus d'intégration par le marché. Ce résultat infirme ainsi quoique faiblement la deuxième hypothèse de cette étude, à savoir l'endogénéité. La troisième hypothèse qui teste la spécialisation des pays est, elle aussi faiblement confirmée, car elle débouche sur une spécialisation relative pour le Cameroun et à une spécialisation absolue (hyperspécialisation) pour les autres pays. En ce qui concerne la nature de la spécialisation, faute d'avoir des données désagrégées par branches, les résultats montrent que les pays obéissent à une spécialisation intra-branche dans le secteur des marchandises et inter-branche dans le secteur des services. En plus, un détour sur le potentiel commercial des pays de la CEMAC montre que ce potentiel se trouve à un niveau faible, expliqué à son tour par la faiblesse du capital spatial.

Des deux parties, il ressort toujours des résultats mitigés, montrant ainsi le caractère atypique de la Communauté. Mais il serait souhaitable que ces résultats soient plutôt mis à l'actif d'une transition des pays de la coopération vers l'union, transition appuyée par les récentes mutations entreprises lors du Sommet de N'djaména en avril 2007 et qui doivent se poursuivre.

Ce travail recèle quelques limites notamment sur le plan empirique : tout d'abord la non prise en compte de la dimension temporelle lors de l'estimation du modèle de gravité, la spécification adoptée ne permettant pas d'entreprendre des tests de diagnostique; la seconde limite a trait au caractère extrêmement agrégé des données qui ont servi au calcul de l'indice de Grubel et Lloyd, ce qui ne permet pas de connaître exactement dans quelles branches ou dans quels secteurs spécifiques de l'économie les pays sont spécialisé.

Somme de tout ceci, quelques recommandations de politique économique en guise d conclusion s'avèrent nécessaires :

1. sur le plan de la politique monétaire, il faut renforcer l'indépendance de la BEAC afin qu'elle puisse poursuivre librement et sans pressions politiques les réformes macro-financières et institutionnelles, dont elle a été chargée par les chefs d'Etat. Cette indépendance doit être comprise de façon large, surtout sur les plans instrumental, institutionnel et budgétaire. Mais il faut au préalable veiller à consolider les acquis relatifs à l'implémentation de ces réformes. Cette autonomie aura nécessairement pour pendant la confortation de la suppression de l'effet frontière monétaire et le renforcement du rôle de la monnaie unique dans l'augmentation du commerce sous-régional. Cette situation pourra enfin favoriser l'optimalité monétaire de cette sous-région. Pour y parvenir, l'agence de restriction externe (la France) qui joue le rôle de gendarme au sein des organes de la BEAC doit être maintenue, car l'existence d'une telle agence a contribué à plus d'un titre à la réussite de la coopération monétaire et financière dans la sous-région.

2. sur le plan financier, il faut militer en faveur de l'assainissement du climat des affaires, facteur d'attrait des IDE et générateur de commerce. Ensuite, cet assainissement pourrait restaurer la confiance entre la sphère financière et la sphère réelle, afin que des crédits soient accordés en faveur des projets intégrateurs et en capital spatial. Il convient de souligner que la BDEAC à elle seule ne peut pas financer tous les projets sous-régionaux, qui requièrent souvent des montants énormes. Il faut donc à ce niveau impliquer tout le système bancaire de la zone et surtout miser sur un marché financier sous-régional performant, qui pourra facilement transformer des ressources en emplois longs. Dans cette optique, la Bourse des Valeurs Mobilières d'Afrique Centrale (BVMAC) à un rôle capital à jouer et son entrée en vigueur s'avère nécessaire, malgré le conflit d'objectifs et de leadership qui l'attend face à la Douala Stocks Exchange (DSX), qui a vue le jour depuis 2003.

3. en ce qui concerne le renforcement de l'intégration sous-régionale, deux principaux volets doivent être privilégiés : commerciale et monétaire. Sur le plan commercial, l'intégration dans la CEMAC ne sera couronnée d'un succès que s'il se développe en son sein un véritable Marché. La réussite à ce niveau passe par une base productive, dont la nature est déterminante. Elle doit être diversifiée, afin de permettre des demandes croisées entre les partenaires à l'intégration. Pour y parvenir, il faut se déconnecter de la logique de la monoculture et développer au sein des pays membres de véritables politiques nationales d'ouverture à vocation sous-régionale, plutôt que de subir une ouverture naturelle qui alimente l'intégration verticale. En ce qui concerne le volet monétaire, il faut militer pour le respect des critères traditionnels des ZMO au sens de Mundell (1961). Pour cela, il est urgent de faciliter la libre circulation des facteurs et surtout des personnes à travers la mise en vigueur du passeport CEMAC, bien que ce point connaisse encore quelques écueils dans la sous-région, avec des expulsions fréquentes en Guinée Equatoriale. Aussi, il ne faut pas oublier le renforcement des conditions de convergence, qu'elle soit nominale, réelle ou structurelle. Sur ce point, la discipline des pays en ce qui concerne le respect du critère monétaire (inflation) de convergence doit être étendue aux critères de dépenses, bien que pilotés sur le plan national. Un contrôle strict du respect des critères de convergence passerait par l'application et le suivi rigoureux des sanctions, la mise en place d'un bouclier efficace de compensation en cas de pertes budgétaires et la coordination des politiques nationales.

4. sur le plan institutionnel, il faut renforcer les institutions sous-régionales, et la priorité doit être accordée à la Commission nouvellement créée lors du dernier sommet des chefs d'Etat en avril 2007 à N'Djaména. Pour une action efficace de cette dernière, tous ses mécanismes de financement doivent être obligatoires et restructurés. La proposition à ce niveau est la formation des agents régionaux chargés du recouvrement de la Taxe Communautaire d'Intégration (TCI), dotés d'un esprit communautaire et protégés par des pouvoirs supranationaux. En outre, les versements doivent être directs dans les comptes de la Commission. Cette dernière doit marquer une rupture nette avec l'ancien Secrétariat Exécutif qui s'est avéré être une simple chambre d'enregistrement. Pour ce faire, la nomination du Président doit être issue d'un processus concurrentiel en fonction de ses caractéristiques propres et ce poste doit être rotatif, ce qui permettrait d'assurer l'égalité des partenaires. Enfin, il faut éviter des conflits entre les différents organes, les différentes Institutions et surtout entre la Commission et le Conseil des chefs d'Etat. Pour y parvenir, il faut clairement définir les frontières existantes entre ces différents organes à travers une application rigoureuse des textes. Une situation conflictuelle à ce niveau illustrerait une fois de plus le manque de volonté politique des dirigeants, car c'est une partie de leurs pouvoirs qui doit être transférée à la Commission.

Enfin, concluons avec Eboué (2004) pour dire que ce n'est qu'à ces conditions que l'Union Monétaire CEMAC pourra devenir un espace de croissance tirée par le commerce extérieur et sous-régional.

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