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La problématique de l'Autre comme Infini dans la philosophie d'Emmanuel LEVINAS

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par Charles NDUMBI KABOYA
Université Saint Augustin de Kinshasa - Graduat 2009
  

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CHAPITRE PREMIER : L'AUTRE COMME INFINI CHEZ Emmanuel LEVINAS

I.0. INTRODUCTION

Dans ce premier chapitre de notre travail, il sera question de parler de l'Autre comme Infini chez Emmanuel Lévinas. Ce chapitre sera articulé en trois grands points. Au premier point nous parlerons de l'Autre comme Infini ; nous essayerons de montrer le caractère incommensurable de l'être humain vis-à-vis de sa situation au monde et avec les autres personnes qui vivent à ses cotés ; la façon dont nous devons le considérer dans notre modus vivendi et entretenir nos rapports. Au deuxième point nous tâcherons de donner le point de vue de Lévinas sur la responsabilité pour Autrui. Au troisième point nous évoquerons la rencontre avec le visage et nous aurons à le subdiviser en deux sous points : la rencontre d'autrui et le mystère du visage de l'autre où nous parlerons de l'épiphanie du visage, de la transcendance de celui-ci et du face-à-face. Enfin une conclusion partielle interviendra pour résumer ce que nous aurons dit dans ce premier chapitre du travail.

I.1. L'AUTRE COMME INFINI

L'homme, tel qu'il vit, progresse ou passe continuellement dans tout ce qu'il peut entreprendre. A chaque instant, il tend toujours vers ; c'est pourquoi il « demeure un mystère, un être paradoxal »4(*) comme le souligne Louis Leahy. C'est dans ce cadre que nous avons voulu comprendre Lévinas lorsqu'il parle de « l'Autre » comme étant un infini. Car, l'homme a toujours besoin de quelque chose de plus dans sa vie qui puisse le rendre heureux au cours de son séjour terrestre. Il n'est toujours pas satisfait de ce qu'il fait ou entreprend ; l'exemple patent est celui du progrès technologique de nos jours. Il demeure un être de besoins.

L'homme ne vit pas seul comme un apatride, il est naturellement fait d'un élan, d'une poussée intérieure vers les autres, comme une présence dirigée vers les autres personnes. AUROUX nous dit que l'autre doit être considéré non comme objet, mais comme autre moi5(*). L'homme sent en lui le besoin impérieux d'établir des liens étroits et profonds avec son entourage. Son épanouissement et son bonheur résident dans sa relation aux autres. Il est un être qui se structure continuellement, car il est perpétuellement confronté à des subjectivités et des situations toujours nouvelles. Ainsi, l'être humain est une réalité qu'on ne saurait isoler des autres car les autres font partie de son être et cela de manière vitale.

C'est ainsi que LEVINAS nous dit : « notre rapport avec lui consiste certainement à vouloir le comprendre, mais ce rapport déborde la compréhension. Non seulement parce que la connaissance d'autrui exige, en dehors de la curiosité, aussi de la sympathie ou de l'amour, manières d'être distinctes de la contemplation impassible. Mais, parce que dans notre rapport avec autrui, celui-ci ne nous affecte pas à partir d'un concept. Il est étant et compte comme tel »6(*).

Pour Lévinas, penser Infini, le Transcendant, l'Etranger, ce n'est donc pas penser un objet, mais penser ce qui n'a pas les linéaments de l'objet, c'est en réalité faire plus ou mieux que penser 7(*) nous dit Lévinas. Alors que l'idée de l'infini n'est possible que par le dépassement du moi subjectif. Qu'en est il du rapport qui puisse exister entre l'idée de l'infini, Autrui et Dieu ? A propos du rapport entre Autre et Dieu, PANGADJANGA écrit : « Lévinas place l'homme avant Dieu. C'est avec Autrui que l'on va vers Dieu. C'est le stade de l'humain, le stade d'Autrui ou le stade de l'éthique qui nous conduit vers Dieu »8(*).

Lévinas pense que : « Autrui n'est pas l'incarnation de Dieu, mais précisément par son visage où il est désincarné, la manifestation de hauteur où Dieu se révèle »9(*). Plus tard il écrira : « Nous pensons que l'idée de l'infini-en-moi- ou ma relation à Dieu me vient dans la concrétude de ma responsabilité pour le prochain : responsabilité que dans aucune `expérience', je n'ai contractée, mais dont le visage d'autrui, de par son altérité, de par son étrangeté même, parle le commandement venu on ne sait d`où »10(*). Voilà ce qui nous pousse à parler de la responsabilité pour autrui.

* 4 L. LEAHY, L'homme...ce mystère, Kinshasa, Saint Pierre Canisius, 1981, p.219.

* 5 Cf. S. AUROUX, Encyclopédie philosophique Universelle. Les notes philosophiques. Dictionnaire 1, T.1,

Paris, PUF, 1990, p.207.

* 6 E.N., p.17.

* 7 Ibid., p.41.

* 8 PANGADJANGA, Altérité transsubjective et mutation éthique. Essaie de compréhension de la

métaphysique éthique chez LEVINAS,, Kinshasa, Université de Kinshasa,

Année Académique 1989-1990, p.400. (Inédit)

* 9 Ibid., p. 51.

* 10 D.D. V.I., p. 11 cité par MALKA, Op. Cit., p. 25.

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