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La connaissance scientifique et son processus selon Gaston Bachelard

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par Guylain Mabiala Nlenzo
Institut Saint Augustin - Distinction 2003
  

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CHAPITRE TROISIEME:

L'ESPRIT OBJECTIF : LIEU D'EMERGENCE DE L'ESPRIT
SCIENTIFIQUE

III.0. INTRODUCTION

Dans ce troisième chapitre nous analyserons avec Bachelard les concepts, comme «objectivité», «victoire sur les obstacles», «négation dynamisante», «dialectique bachelardienne», nous y verrons que l'esprit scientifique reste un esprit complexe.

III.I. OBJECTIVITE .

Le concept «objectivité», épistémologiquement parlant, présente à l'esprit d'énormes risques quant à son usage. Il conduit l'esprit à une perdition souvent sémantique et épistémologique.

Si nous ajoutons l'épithète scientifique à l'objectivité, elle aura comme signification une construction de la communauté des scientifiques. En effet, un énoncé acquiert son statut scientifique lorsque de manière consentielle, la communauté des chercheurs le reconnaît comme tel. On le voit c'est le consensus qui se dégage ainsi au sein de cette communauté qui confère la scientificité et par voies des conséquences la véracité à une énoncé. C'est donc dire qu'il y a la présence indubitable de l'élément irrationnel dans le processus scientifique.

D'après l'auteur, bien que l'étymologie du terme «objectivité» renvoie à l'objet, l'usage ordinaire le réfère au sujet. On dira par exemple; un constat objectif, un jugement objectif, une quête objective. Tout ceci fait penser à une manière indépendante des états d'âmes, de caprices individuels. Cependant, il se fait qu'au cours des âges à cause de la distinction kantienne du «noumène» et du

«phénomène», cette notion d'objectivité deviendra bipolaire: elle renferme dans l'optique contemporaine la notion d'une intersubjectivité, notion selon laquelle tous «les sujets tombent d'accord sur une affirmation qui se prétend intersubjective d'une part, et d'autre part, la notion de l'objectivité comme référence aux objets».28

Chaque science affirme de ne pas être un discours mais une quête qui se limite à un domaine d'objets déterminés. Cette position contemporaine nous amène à l'idée selon laquelle, la science découpe dans la nature selon un point de vue qui est particulier et le domaine d'objet qui lui est spécifique.

Cela étant, et partant d'une telle vision, Bachelard pense que cette acceptation du concept «objectivité», lieu d'émergence de l'esprit scientifique, comme référence aux objets auxquels la science découvrait une entité du réel afin d'en faire l'objet spécifique d'étude, semble paraître moins éducative pour l'homme des sciences. Ainsi, il fait remarquer qu' «il faut accepter pour l'épistémologie, le postulat suivant: l'objet ne saurait être désigné comme un «objectif» immédiat, autrement dit, une marche vers l'objet n'est pas initialement objective»29. Ce concept «objectif» implique la saisie directe d'un objet et que cet objet se présente à l'esprit, sans la moindre désignation quelconque.

Dès lors, il s'avère dans l'ordre d'appréciation que nos jugements sur un objet ne sont que des jugements empiriques, des jugements d'une saisie immédiate du réel. Car note Bachelard «l'objectivité n'est possible que si l'on a d'abord rompu avec l'objet immédiat, si l'on a refusé la séduction du premier choix»30. Ceci revient à dire que, l'esprit dans sa rencontre avec les données du réel est illustré comme une entité du réel. Car c'est au niveau du pur psychique de la connaissance que Bachelard situe sa réflexion épistémologique. Cet esprit doit exercer une véritable catharsis intellectuelle, une véritable coupure épistémologique selon l'expression de l'auteur.

Dans ce même ordre d'idée, Bachelard pense que «la connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres; ainsi toutes les révélations du réel doivent être récurrentes»31. En d'autres termes, écrit l'auteur, «l'objet scientifique ne saurait être signé comme objectif immédiat proprement dit, une marche scientifique vers l'objet n'est pas initialement objectif; il faut donc

28 KANT, E., cité par BACHELARD, G., La Formation de l'esprit scientifique, p.102

29 BACHELARD, G., Epistemologie , p.122

30 Ibidem, p.123

31 BACHELARD, G., Le nouvel esprit scientifique, p.14

accepter une véritable rupture entre la connaissance sensible et la connaissance scientifique»32. Et il poursuit: «le rapport entre la théorie et l'expérience sont si étroit qu'aucune méthode soit expérimentale, soit rationnelle n'est assurée de se garder en honneur».33 Car, l'objet du réel qui est comme première expérience, présente toujours à l'esprit scientifique un mode de résistance dont Bachelard analyse les articulations à travers la notion d»obstacles épistémologiques», obstacles que l'esprit doit vaincre pour se réaliser pleinement comme esprit objectif.

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