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Espace et temps dans l'oeuvre de Jules Verne: « Voyage au centre de la terre » et dans le temps.

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par Lionel Dupuy
Université de Pau et des Pays de l'Adour - Certificat International d'Ecologie Humaine 1999
  

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C) - Des origines de la terre aux origines de l'homme...

L'évolution de la terre a suivi une spirale de temps en expansion, depuis que sa surface a commencé à se solidifier, il y a 4 milliards d'années. Tandis que la croûte se fissurait, se reformait et s'épaississait, les éruptions volcaniques crachaient d'énormes quantités de gaz brûlants. Le refroidissement de la surface a entraîné la condensation de l'eau et la pluie, qui a constitué les océans. Les réactions chimiques déclenchées par le rayonnement ultraviolet, les éclairs ou les impacts météoritiques ont engendré divers composés carbonés, dont les acides aminés, matériau constitutif de la vie.

Des fossiles d'algues primitives (les stromatolites) âgés de 3,5 milliards d'années ont été découverts en Australie, prouvant ainsi que la vie existait.

Il y a 3 milliards d'années, les algues bleu-vert ont inauguré le processus de photosynthèse en commençant à libérer de l'oxygène. Les animaux marins ont alors fait leur apparition, comme par exemple les méduses puis les coquillages, il y respectivement 600 et 570 millions d'années (début de l'ère primaire), suivis par les poissons osseux. Végétaux et animaux se sont risqués sur la terre ferme, il y a environ 400 millions d'années (dévonien).

Puis les forêts tropicales et les marais se sont étendus, se peuplant de vers, d'araignées et d'insectes, puis de reptiles, d'amphibiens et d'insectes volants. L'un des groupes de reptiles a donné naissance aux dinosaures, et un autre aux mammifères, il y a 225 millions d'années (début de l'ère secondaire).

Tant que les dinosaures ont dominé la planète, les mammifères sont restés des créatures nocturnes ; lorsque ces derniers ont pris l'avantage, il y a 65 millions d'années (début de l'ère tertiaire), sont apparus les ancêtres des bovins, des chevaux, des éléphants... et, enfin, l'homme (début de l'ère quaternaire)75.

75 Concernant la rédaction de ce texte, nous nous sommes fortement inspirés de ELSOM Derek. La Terre. Paris : France Loisirs, 1994. Page 14.

D) - Des théories a priori contradictoires.

A l'époque où Jules Verne écrivit Voyage au centre le terre, en 1864, de nombreuses théories contradictoires s'affrontaient quant à la nature de l'intérieur de la planète. Pour certains géologues, elle contenait une boule de gaz incandescent sous pression (ce que défend Axel), tandis que d'autres soupçonnaient déjà l'existence de plusieurs enveloppes renfermant des matériaux distincts (théorie de Davy et Poisson défendue par Lidenbrock).

Plus d'un siècle plus tard, l'homme a peu de preuves supplémentaires à porter au crédit de son analyse de la constitution de la terre, et l'essentiel de notre connaissance ne vient pas de forages, mais de l'étude des ondes sismiques engendrées par les secousses telluriques.

L'étude de la propagation des ondes sismiques montre que l'intérieur de la planète est loin d'être uniforme. Continents et fonds marins sont constitués par la croûte, mince enveloppe de roche solide et relativement légère. Sous la croûte se situe le manteau, dont l'épaisseur s'étend à peu près jusqu'à mi-chemin du centre de la terre, et où la chaleur et la pression augmentent avec la profondeur (ce qui conforte alors la théorie d'Axel...).

Le manteau, dans sa partie supérieure, est relativement froid et constitue, avec la croûte, une région solide appelée lithosphère. Plus bas, l'asthénosphère, ou « sphère faible », est le siège de températures élevées auxquelles la roche tend à se comporter comme un liquide. Plus bas, dans la mésosphère, la pression est plus intense encore et empêche la roche de se liquéfier, en dépit des très fortes températures qui y règnent.

Au-delà de 2900 km profondeur, le manteau cède la place au noyau. Comme celui-ci ne laisse pas passer certaines ondes sismiques et en dévie d'autres, les géologues en ont déduit qu'il est probablement liquide mais possède un centre solide. Il est très certainement constitué de fer, mêlé à divers autres éléments comme le nickel, en moindre quantité.

Du fait des conditions qui y règnent, le noyau terrestre est beaucoup plus inaccessible encore à l'homme que l'espace. Son coeur est le siège de pressions de l'ordre de 3 à 4 millions

d'atmosphères, et sa température atteint très probablement 5000 degrés Celsius, de sorte qu'il est inutile d'espérer en effectuer l'exploration au moyen de quelque machine que ce soit.

Il existe ainsi deux types de croûtes, celle qui est continentale et celle qui est océanique.

La croûte continentale flotte ainsi sur le manteau à la manière d'un iceberg sur l'océan. Elle a une profondeur moyenne de 30 km, mais elle s'enfonce sous les montagnes jusqu'à 65 km.

Par contraste, la croûte océanique est beaucoup plus mince. Elle ne mesure que 8-10 km en certains endroits, ce qui permettrait presque d'en atteindre le fond par forage, si n'étaient imposées les difficultés liées au milieu océanique.

Bien qu'ils fassent figure d'égratignures, comparés aux 4000 km de rayon terrestre, les forages ont montré que la température s'élève avec la profondeur (elle peut atteindre 49 degrés Celsius, par exemple, dans certaines mines d'or) et fournit des indices concernant la nature de l'intérieur du globe76.

Pour résumer :

* Croûte (= écorce) = de 10 à 60 km de profondeur,

- Croûte continentale = jusqu'à 60 km de profondeur (sous les montagnes), = granites essentiellement,

= densité 2,7 environ.

- Croûte océanique = jusqu'à 10 km de profondeur (sous les océans),
= basaltes essentiellement,

= densité de 3 à 3,2 environ.

Compte tenu des densités, la croûte continentale se situe donc sur la croûte océanique.

76 Ibid. pages 32 et 33.

* Manteau supérieur = jusqu'à 150 km de profondeur,

= roches ultrabasiques denses.

=> Lithosphère = Croûte + Manteau supérieur77.

Or, la théorie défendue par Lidenbrock présente l'avantage de rendre la descente possible, même à une profondeur relativement peu importante, ce que ne permet pas la théorie d'Axel. «Il faut que le centre de la terre soit froid... Jules Verne ne prend d'ailleurs pas de risques. Dans la conclusion, Axel continue à soutenir qu'il y a une chaleur centrale. De toute façon, ils ne sont pas parvenus au centre - et par un tour de passe-passe qui est fort courant, Jules Verne fait dire à Axel :

« Mais j'avoue que certaines circonstances encore mal définies peuvent modifier cette loi sous l'action de phénomènes naturels. » »78.

Il est clair aujourd'hui que pour comprendre l'intérieur du globe terrestre, il faut mélanger en fait ces deux théories qui ne sont pas si contradictoires... ce qui est souvent le cas avec les innombrables théories que l'homme a pu élaborer depuis longtemps et à propos de tout (cf., par exemple, celles concernant la disparition des dinosaures).

77 Cf. Document N°2.

78 Op. cit. VIERNE Simone. Jules Verne. Une vie, une oeuvre, une époque. Page 159. La citation d'Axel se situe à la page 370.

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