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Les déterminants du choix du lieu d'implantation des agences bancaires aux Sénégal: cas de la SGBS et Ecobank

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par Mamadou BA
Université Gaston Berger de Saint Louis - Maà®trise en Gestion Informatisée 2009
  

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II-Présentation du système bancaire au Sénégal

Traditionnellement, les systèmes bancaires étaient organisés selon un système comprenant un Institut d'émission (la banque centrale) faisant figure d'autorité suprême, et un ensemble d'établissements constitués par les banques dites de second rang.

Les banques centrales ont pour rôle l'émission de monnaie et jouissent d'une autonomie particulière vis-à-vis des pouvoirs publics. Elles participent aussi à la stabilisation des relations monétaires entre un pays et ses partenaires commerciaux étrangers en assurant la gestion des réserves de change.

Elles interviennent à cet effet sur le marché des changes a travers l'achat de devises étrangères lorsque la monnaie nationale s'apprécie ; et a travers la vente de devises lorsque lorsque la monnaie se déprécie. Aussi est il que la banque centrale participe à la définition de la politique monétaire, et par la même occasion à la politique économique générale d'un pays car elle a une action non négligeable sur la croissance de la masse monétaire et sur le niveau des prix.

Par ailleurs, il est important de noter que les banques centrales imposent des règles de fonctionnement plus ou moins restrictives visant à couvrir des risques d'insolvabilité avec la politique des réserves obligatoires, et des règles d'encadrement du crédit visant à contrôler le volume des concours financiers.

Les banques de second rang regroupaient les banques de dépôt et les banques d'affaires. Le rôle des premières consistait à collecter des fonds auprès du public et accorder des prêts aux entreprises et aux ménages afin de financer leurs activités (acquisitions de biens ou opérations d'investissement). Les secondes se caractérisaient de banques spécialisées dont l'activité principale était, outre l'octroi de crédit, la prise et la gestion de participations des affaires existantes ou en formation.

Au Sénégal et presque partout ailleurs aujourd'hui, cette vision du système bancaire n'est plus tout à fait valable du fait de la concurrence accrue entre les banques qui dans leurs quête de rentabilité, tendent vers une plus grande diversification.

Ainsi le système bancaire sénégalais est constitué par un ensemble de banques et autres établissements financiers en interaction avec la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), qui entretiennent des relations de créance et d'engagement les un vis-à-vis d'autres agents non financiers.

1-Les banques

Les banques sont définies par l'article 3 de la loi 90-06 portant sur la réglementation bancaire qui stipule que « sont considérées comme banques les entreprises qui font profession habituelle de recevoir des fonds dont il peut être disposé par chèques ou virements, et qu'elles emploient pour leur propre compte ou pour le compte d'autrui, en opérations de crédit ou de placement ». Ceci pour dire que les banques servent d'intermédiaires financiers en mobilisant les dépôts et l'épargne des agents non financiers pour les redistribuer aux agents déficitaires. Elles ont la spécificité de pouvoir développer leurs passifs en développant leurs actifs car leur objectif est la liquidité et la rentabilité. Les banques sénégalaises peuvent accorder des crédits à court, moyen et long terme en consentant des découverts, des avances de fonds, des prêts et pratiquant des escomptes d'effets de commerce.

Le système bancaire sénégalais a présentement à son actif 17 banques classées par catégories suivant la couverture et le secteur d'activité. On distingue donc :

· Les banques généralistes à réseau national 

Elles représentaient en 1998 plus de 60% de la masse bilancielle. On y compte la CBAO, la SGBS, la BICIS et la BST.

· Les banques à réseau ouest africain

Ce sont essentiellement la BOA, ECOBANK et l'Attijariwafa Bank. Ces dernières ont pour objectif de devenir des banques de référence en Afrique de l'ouest à travers des politiques favorisant les clients des autres pays d'Afrique qui veulent effectuer des transactions économiques e financières au Sénégal.

· Les banques d'affaires

Les banques d'affaires sont des banques de capitaux au long terme, spécialisées dans le financement d'entreprises. Elles prennent et gèrent des participations dans des entreprises existantes ou qui se créent et accordent des crédits à long terme sur la base de leurs fonds propres ou d'autres ressources à long terme.

Elles sont soumises à la même règlementation que les banques de détail ou banque de dépôt (court terme). Par abus de langage, banque d'affaires prend la même signification que banque d'investissement, étant donné que les banques commerciales classiques sont aussi capables de proposer des services de banque d'affaires. Ces banques s'adressent aux grandes entreprises et aux particuliers. La CITIBANK, la BIS et le CLS sont les plus importants.

· Les banques spécialisées

Dites à vocation spécifique : ce sont des établissement spécialisés dans un domaine bien précis. On peut citer entre autres la CNCAS, la BHS, la BSIC et la BIMAO.

Après les banques, les établissements financiers occupent une place important dans le système bancaire d'où la nécessité d'en faire une étude détaillée.

2-Les établissements financiers

Ils sont définis comme l'ensemble de personnes physiques ou morales, autres que les banques, qui font profession habituelle d'effectuer des opérations de crédit, de vente à crédit ou de change, pour leur propre compte, ou qui reçoivent habituellement des fonds qu'elles emploient en opérations de placement. Ils peuvent servir d'intermédiaires en tant que commissionnaires ou courtiers dans les relations entre agent financiers et agents non financiers.

Les chiffres des établissements financiers représentent 5% du total du bilan global du système bancaire sénégalais, avec une part relativement faible au poste des crédits consentis estimés à 2%. Néanmoins ils participent a l'intermédiation financière en distribuant des crédits à toutes les échéances. Notons que les crédits accordés sont essentiellement à court terme ; de même que les dépôts collectés. Les établissements financiers s'activent spécialement dans le domaine du crédit-bail et du crédit à la consommation. Leur clientèle est composée en majorité des acteurs du secteur informel. Ils sont incontournables pour de nombreux opérateurs économiques du secteur informel auxquels certaines banques refusent le financement à travers la présentation d'exigences totalement restrictives.

On peut donc distinguer les principaux établissements qui ont eu à s'implanter au Sénégal.

· La compagnie Ouest africaine de Crédit-bail (Locafrique)

C'est une société qui a été créée en 1977. Son capital est détenu par CFAO (80%), AGS (19,9%) et autres investisseurs (0,9%). Il a été noté entre 2002 une baise de 6% au niveau de la masse bilancielle.

· La Société de Crédit et d'Equipement du Sénégal (SOCRES)

Créée en 1961, elle s'oriente principalement dans le domaine du crédit à l'équipement plus précisément l'équipement maison à savoir le mobilier, l'électroménager....son capital est estimé à 300 millions de francs CFA.

· Sénégal Factoring (Sen Fac)

Nouvellement installée au Sénégal, elle a été agréée comme une institution financière d'affacturage et de cautionnement en Avril 2005. Elle est donc spécialisée dans l'affacturage, la gestion externalisée des comptes clients et le renseignement social. Son capital estimé à 487 millions de francs CFA est en grande partie détenu par la SGBS.

Remarque :

Il existe d'autres institutions financières qui se distinguent aussi bien des banques que des établissements financières précédemment cités mais qu'il paraît fort intéressant d'étudier du fait de l'importance de leurs activités dans le secteur financier sénégalais.

Il s'agit en l'occurrence des institutions de micro finance pour qui l'épargne mobilisée entre 1998 et 2004 est passée de 200 millions à 33 milliards de francs CFA ; de même que les crédits octroyés qui eux sont passés de 350 millions à 46 milliards de francs CFA.

En procédant par une petite analyse, notons que la micro finance est un ensemble de dispositifs permettant d'offrir de très petits (micro crédits) à des familles pauvres pour les aider à conduire des activités productives ou génératrices de revenu, à travers la création de très petites entreprises.

Elle accorde en effet, une grande importance au ciblage de groupes de clients qui n'interviennent le plus souvent qu'au niveau du secteur informel et assure ainsi l'auto promotion économique et social de la population a faible revenu. Elle procède aussi par la fixation de taux d'intérêt devant couvrir le coût de la prestation du crédit.

Au Sénégal, on compte à peu près 300 institutions de micro finance qui ont pour objectif d'apporter un soutien aux secteurs de l'agriculture, du commerce et de l'artisanat. On distingue ainsi trois grandes institutions qui à l'heure actuelle, dominent le secteur.

· Le Crédit Mutuel du Sénégal (CMS)

Initié en juillet 1998, il a pour objectif de mobiliser l'épargne des sénégalais à des fins d'investissement. Sa mission est de participer à l'amélioration du niveau de vie et à la promotion du bien être des populations toutes catégories confondues, en offrant une large gamme de services financiers de proximité.

Sa priorité est donc de permettre l'accès des populations aux services financiers, tout en protégeant de l'endettement usurier.

Il apporte ainsi un soutien considérable aux agriculteurs, pêcheurs et aux groupements d'intérêt économiques. Son réseau est composé de 76 agences réparties sur tout le territoire.

Graphique 1.1 : Représentation des Agences du Crédit Mutuel du Sénégal sur le territoire nationale

Source : rapport annuel 2007 du Crédit Mutuel du Sénégal

La situation financière du groupe se caractérise par une hausse de 35% du total bilan.

Celui-ci est de 64,915 milliards de francs CFA en décembre 2006. Il est composé en gros de 41 milliards de francs CFA de dépôts des sociétaires, de 12, 869 milliards de francs CFA de fonds propres et assimilés et de 10,292 milliards de francs CFA d'emprunts bancaires soit respectivement 63%, 20% et 16% du total bilan.

Le Crédit Mutuel du Sénégal étant une structure mutualiste, son objet est de collecter l'épargne des membres et de leur distribuer des crédits. Ceci justifie que l'essentiel de ses ressources provienne des membres.

Le passif exigible à court terme garde une part prépondérante (57%) des ressources du Crédit Mutuel du Sénégal. Cependant, les ressources stables montent à presque 28 milliards soit 43% du Total bilan consolidé en fin 2006. Elles gagnent plus de 10 points dans le Total bilan consolidé en un an grâce à la nouvelle politique de stabilisation des ressources. Cette politique se décline sur un axe commercial et financier.

Au niveau commercial, il s'agissait d'accentuer la vente de produits d'épargne à plus d'un an aux sociétaires par une rémunération attrayante de ceux-ci. Les taux sont revus à la hausse et une campagne publicitaire agressive a été menée en faveur des dépôts à plus d'un an durant le deuxième semestre de l'exercice. Ainsi l'encours de l'épargne à moyen terme des sociétaires est passé du simple au double entre fin 2005 et fin 2006 et se chiffre à plus de 4 milliards de francs CFA soit 7% du total bilan et 17% des ressources stables.

Tableau 1. 1: Bilan au 31 décembre 2006 du Crédit Mutuel de Sénégal

Source : rapport annuel 2006 du Crédit Mutuel du Sénégal

· L'alliance de Crédit et d'Epargne pour la Production (ACEP)

L'ACEP - Alliance de crédit et d'épargne pour la production - a vu le jour en 1985. Début 1990, l'organe de crédit devient une entité indépendante, baptisée ACEP. Son principal objectif : accorder des prêts pour des investissements et des prêts de fonds de roulement à de petites et moyennes entreprises du secteur informel ne pouvant accéder au crédit institutionnalisé. En 1993, lorsque le projet USAID prend fin, l'ACEP est en mesure, grâce à une gestion plus prudente et à certains changements institutionnels lui permettant d'appliquer des taux d'intérêt pouvant s'élever jusqu'à 16 %, de prêter en puisant dans ses propres ressources.

Graphique 1.2 : Nombre de prêts en cours ajustés et encours brut de prêts

Source : Rapport de performance personnalisé, Microfinance information eXchange (MIX)

En 1996, à l'occasion d'une assemblée générale, les objectifs de l'ACEP sont redéfinis comme suit:

Offrir des services de crédit et d'épargne à des entrepreneurs sénégalais afin de favoriser la croissance de leur entreprise ainsi que le développement économique et social du Sénégal ; mettre en place un réseau de services financiers et gérer ses activités selon le principe de la coopération. C'est une mutuelle d'épargne et de crédit qui finance des projets commerciaux à hauteur de 57%, des services 22%, des projets agricoles pour 12%, et des projets manufacturiers à hauteur de 9%. Notons que le financement de l'ACEP s'adresse plus particulièrement aux entreprises existantes qui désirent se développer et se moderniser.

· L'Union des Mutuelles de Partenariat pour la Mobilisation de l'Epargne et de Crédit au Sénégal (UM-PAMECAS)

Initié en 1998, l'Union des Mutuelles du Partenariat pour la Mobilisation de l'Epargne et le Crédit au Sénégal a pour objectifs de faciliter l'accès à l'Epargne et au Crédit, quels que soient les moyens des souscripteurs et leur secteur d'activité,de participer à l'amélioration de leur bien-être économique,social et celui de leur communauté,de promouvoir l'esprit de solidarité, de responsabilité et de gestion démocratique auprès de nos membres et soutenir ces membres dans tous leurs secteurs d'activités .Sa stratégie se fonde sur le Développement des mutuelles d'épargne et de crédit rentables et pérennes, mobiliser le potentiel financier de chacun : épargne locale et ressources extérieures, concevoir et mettre en oeuvre des politiques performantes : administratives, comptables et financières,promouvoir et gérer les meilleurs services financiers, accessibles et adaptés, garantir en permanence la qualité de nos équipes par la formation du personnel et de nos dirigeants et de coopérer au niveau local, sous régional et international. Elle regroupe 30 caisses d'épargne et de crédit à travers 44 agences.

Graphique 1. 3 : Emplacement des mutuelles au niveau de Dakar et Pikine

Source : site web PAMECAS

Son total actif était estimé à 15 milliards de francs CFA au 31 décembre 2004 et a atteint les 19 milliard CFA en Avril 2006 ; ce qui constitue une progression considérable.

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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway