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Problèmes et difficultés rencontrés par l'étudiant universitaire libyen dans l'apprentissage du français.

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par Bachir AL-KHATTABI
Faculté des Lettres de Sabrata - Master en français 2007
  

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Chapitre cinquième

Le manque du personnel enseignant qualifié en Libye.

Introduction :Enseigner est un art................... ?

Certes l'enseignement est un métier difficile et c'est effectivement pour cette raison qu'on ne cherche pad à embrasser cette carrière...

Oui,c'est un métier difficile,qui requiert beaucoup de patience,d'efforts et de persévérance ,mais aussi une vue large,une culture à toute épreuve,et ce qui est fondamental,une vocation innée et réelle,sans laquelle il serait impossible de se plier aux exigences complexes et multiples de ce métier..

De plus,pour enseigner ,il fallait se préparer à cette tâche...il ne suffit pas d'avoir des diplômes,c'est une condition nécessaire mais non suffisante,il faut mettre la pain à la pâte et apprendre la pratique du métier,tout comme le forgeron ou le menuisier..

Or,apprendre à apprendre suppose un art ,une pratique,une expérience,une vision du monde et de la réalité..

Nous l'avons dit,le métier d'enseigner est un métier difficile qui requiert,en plus du savoir théorique,une largeur d'esprit,de l'audace,jointe à une fermeté inébranlable... !

Et pour enseigne le FLE ,à des jeunes gens encore débutants dans cet univers complexe,il importerait de regarder la réalité en face,d'affronter les problèmes qui ne manqueraient pas de surgir,des problèmes psychologiques,des problèmes matériels et des problèmes de communication avec l'apprenant qu'on vous confiera..

De plus,pour bien assumer notre devoir,il nous importe de posséder à fond les mécanismes de notre outil,à savoir la langue,d'en connaître les secrets les plus latents,sans oublier cette tolérance d'esprit que l'on ne rencontre de nos jours que chez les hommes sages et pondérés..

Cette tolérance d'esprit,qui nous épargne toute forme de colère,de nervosité,qui nous pousse au contraire à la sérénité et à l'acceptation de l'apprenant tel qu'il est,sans que nous soyons obligés de rouspéter contre lui,en cas de faute ou de négligence...

Ainsi pour enseigner en toute quiétude,sans crainte d'insuccès ou de faillite dans notre action,il est fondamental de connaître la langue ,d'être intelligent et perspicace,avoir la souplesse d'esprit et la faculté de tolérance,savoir s'adapter aux mouvances des circonstances imprévisibles et conjoncturelles

Et toutes ces qualités relèvent en fait d'un certain art,un art qui ne s'acquiert que par l'expérience et le dévouement pour le métier que nous assumons au sein de la société pour former les futures générations.. dont nous sommes responsables comme un père qui veille à ses enfants..

Car l'avenir de la nation est entre les mains des enseignants,toutes catégories confondues, sans exception,l'instituteur des écoles primaires comme les professeurs d'Université :

Tout le monde est responsable de l'avenir du pays

Quelle formation pour l'enseignant du FLE libyen (enquête sur le terrain)

A-t-on formé des enseignants du Fle en Libye ?

Durant les quatre dernières décennies,on ne s'est pas intéressé à l'étude du français et ce,en raison bien entendu des considérations politiques et culturelles....Or,le français ,e, tant qu'outil de communication ,est resté totalement méconnu,que ce soit au niveau de la société,comme du milieu universitaire ou même politique...

Ce n'est que tout récemment ,comme chacun sait,que l'Etat a entrepris d'introduire cette langue ,parallèlement à d'autres langues non moins importantes,dans le système d'enseignement..

L'introduction du français au niveau universitaire a été une surprise,une vraie surprise pour tout le monde...car elle a eu lieu dans un moment où l'on manquait de tout ,même de l'infrastructure appropriée,du matériel didactique et surtout des enseignants formés et préparés à cette tâche , ce qui fait que,tout au long des années écoulées,on a dû faire appel à des enseignants étrangers30(*) pour s'associer aux enseignants libyens dont le nombre était par ailleurs extrêmement réduit31(*)...

Il y a eu un retour aux anciens enseignants du français en Libye

Dès lors on a fait appel au service des enseignants des années soixante-dix dont il ne restait plus qu'une minorité :le plus grand nombre étant dècédés ,d'autres avaient déjà atteint l'âge de la retraite...

Les anciens actuels sont déçus d'abord à cause du manque flagrant de manuels didactiques répondant aux besoins spécifiques des étudiants libyens qui venaient pour la première fois à la Faculté sans avoir aucun antécédent linguistique,ensuite à cause de l'absence effective des équipements audio-visuels ,qui sont très indispensables pour permettre à l'étudiant d'accéder à la connaissance de la langue sur des bases pédagogiques réelles...

Tout cela ne contribue qu'à rendre la situation de la didactique de la langue plus embarrassante

De plus,pour pouvoir enseigner le FLE ,pour assurer la réalisation des objectifs fixés,il fallait penser à la formation des enseignants spécialistes,puisque,un tel enseignement ne peut être accompli par n'importe quel titulaire d'un «  Master » ou même d'un doctorat ,au contraire,c'est un enseignement qui possède ses propres spécificités,ses méthodes propres et ses caractéristiques inhérentes à sa nature intrinsèque et à ses objectifs et pour lequel il fallait disposer des enseignants exclusivement formés à cette mission32(*).... mener à bonnes fins cette mission ,s'il n'est pas préparé d'avance à cette

Un libyen titulaire d'un »Master » ou d'un doctorat ne pourra jamais tâche,s'il n'est pas initié méthodiquement aux mécanismes d'apprentissage relatifs au FLE,qui se caractérise par des stratégies et des techniques différentes de tout autre enseignement linguistique..

Dès lors, on peut dire que la plupart des enseignants actuellement en exercice,ont besoin d'être recyclés,d'être formés sur des bases réelles,et en fonction des modalités de l'enseignement du FLE

Enseigner le FLE,ce n'est pas comme on enseigne sa langue maternelle,c'est tout différent et on ne peut confondre les deux types d'enseignement ,puisque chacun d'eux jouit des spécificités particulières ,inhérentes à sa nature..

Or,il y a des méthodes,comme il y a des démarches,que l'on doit acquérir et posséder à fond,pour pouvoir enseigner le FLE

Mais si les enseignants ont besoin d'être recyclés pour connaître davantage les secrets de leur métier,et c'est l'affaire de l'Etat de s'atteler à cette tâche primordiale,les enseignants,qu'ils de la discipline de français ou ceux des autres disciplines,n'ont jamais failli à leur devoir33(*)

Nous parlons de l'étudiant,c'est le centre de nos préoccupations et le but final de notre recherche,mais avec l'étudiant,nous devons parler aussi des enseignants,puisque ce sont eux qui le formeront,qui lui insuffleront sa raison d'être . et en conséquence,nous ne devons pas passer sous silence le dévouement et le sacrifice de ces enseignants qui travaillent dans l'ombre,qui donnent beaucoup et reçoivent peu....

.

Jusque-là nous n'avons pas parlé des enseignants qui sont les vrais pionniers du savoir et la base sur laquelle s'édifiera l'avenir de notre pays et de ce fait,si nous n'en parlions pas,nous aurions commis une erreur impardonnable et pour éviter de tomber dans cette erreur,nous devons dire tout ce que nous savons et tout ce que nous avons recueilli de sources sûres

Il est vrai que la plupart des enseignants du français ou d'autres disciplines,ont besoin d'être recyclés,pour être mis à jour et pour ne pas être en butte à des reproches souvent injustifiés Il est grand temps alors de les encadrer dans des séminaires appropriés,qui leur permettra de maîtriser les techniques et les méthodes didactiques modernes......

Depuis quelque temps, certains Congressistes n'ont pas cessé de critiquer parfois d'une manière acerbe et virulente le corps enseignant. De telles critiques fabriquées d'ailleurs de toutes pièces, cachant en quelque sorte un sentiment de déboires et de culpabilité, car le seul responsable du recul du niveau des étudiants , c'est en premier lieu le système éducationnel, la réforme didactique était fondée sur de graves erreurs, surtout du point de vue méthodologie et ce qui est encore pire, ce sont les programmes en cours dont le contenu est tout à fait vide de sens, dénué de toute valeur éducationnelle, susceptible d'assurer le niveau escompté.

Des parents -et nous nous excusons de le dire avec franchise dans ce mémoire -ne connaissant rien du monde de l'éducation, abandonnant leurs enfants à eux-mêmes, sans contrôle ni surveillance, affichant une indifférence totale quant à leur éducation civique et morale, et en un mot, n'exerçant aucune autorité effective, ces parents,disons-nous,osent aujourd'hui élever le ton en s'immisçant délibérément dans les affaires des enseignants, leur imputant à priori la responsabilité de l'insuccès de leur progéniture, comme si les enseignants devaient seuls en subir les conséquences. Nous ne parlons pas de tous les parents, loin de là, nous ne parlons que de quelques uns qui, voyant peut être leurs espoirs s'évanouir à la suite de cette baisse de niveau, nourrissait à l'égard des enseignants des sentiments hostiles et antipathiques.

La presse tripolitaine, saisie par l'événement, n'a pas cessé d'en donner écho ces derniers temps, répercutant ainsi des informations fallacieuses, qui sont dues plutôt à des arrières pensées malveillantes, voulant par là souiller les enseignants libyens qui déploient toujours des efforts surhumains pour élever le niveau intellectuel et culturel de la nouvelle génération.

Ce n'est pas tout, la déception suscitée à la suite du faible niveau de nos étudiants étant oubliée, la presse, soutenue d'ailleurs par certains parents mal en point, s'en prenait aux cours particuliers les qualifiant comme futiles du moins d'une utilité absolument douteuse.

Nous n'avons pas à juger de l'inanité ou du sérieux de ces cours, mais ce qui nous a indigné, c'est le comportement inadmissible des auteurs de ces articles qui, non contents de réduire à néant la valeur de l'enseignement dispensé aux étudiants, n'hésitaient pas à s'attaquer ouvertement aux enseignants les accusant d'exercer des pressions sur les étudiants pour se rallier à leurs cours particuliers moyennant un prix parfois exorbitant et abusif. Pire encore, leur accusation ne s'arrêtait pas là, puisqu'ils sont allés plus loin, disant que les étudiants qui auraient accepté ces cours, seront privilégiés dans l'attribution des notes, pour faire croire aux parents que les espoirs placés en leur progéniture ne seront pas déçus.

La critique est légitime, nous dirions même légale, c'est un droit pour ne pas dire un devoir; mais on exige une critique saine, constructive, apte à dépister les erreurs et d'y remédier. Cependant ce que nous avons lu n'est pas du tout de la critique, c'est un fatras de mensonges et d'allégations malveillantes.

Tout citoyen, de quelque rang social ou professionnel qu'il soit,est pour la liberté de l'écriture, une écriture véridique, authentique, ayant pour but fondamental de clarifier les problèmes posés et non pas cette anarchie où l'on voit même des écrits anonymes s'attaquant à la plus noble profession qui ait jamais été.

Il y a tout juste trois ou quatre jours, nous avons lu une lettre dans un journal hebdomadaire émanant d'un responsable au sein du Congrès Populaire. Non seulement nous n'étions pas d'accord avec le contenu de cette lettre, mais encore nous n'avons pas pu nous empêcher d'en être révolté, car au lieu de faire voir en tant qu'homme de métier et expert par dessus le marché en la matière que "les cours particuliers" sont utiles pour des jeunes qui ont toujours besoin d'être encadrés et surveillés de très près et que les enseignants loin d'être cupides comme on nous a laissé entendre, sont des hommes qui avec un traitement aussi mesquin dans une société où l'inflation commençait à grimper de façon évidente, ont accepté malgré tout d'assumer leur mission avec une abnégation absolue, l'auteur de cette lettre n'a fait que susciter le doute dans les esprits, puisqu'il a osé qualifier ces "cours" d'une nouvelle forme de "corruption", un "Abus" ou même "une aberration", s'insurgeant contre certains enseignants qui écorchent selon lui leurs étudiants.

Ce n'est pas en s'installant au sommet de la hiérarchie, qu'on parvient à connaître les problèmes inhérents à la mission d'enseignants, il fallait descendre jusqu'en bas pour y voir plus clair.

Cette myopie, nous voulons dire cette étroitesse d'esprit qui ne voit dans l'éducateur qu'un homme qui donne peu mais qui reçoit beaucoup, est une injustice flagrante, déjà installé dans la mentalité de l'homme de la rue qui,inapte à se faire une idée claire de la carrière d'enseignant, se laisse volontiers endoctriner par une mass-média souvent fallacieuse .

La dimension des services rendus à la nation par le corps enseignant actuel ne saurait être jugée et établie avec l'équité que l'on désire, tant au niveau social qu'intellectuel, les enseignants malgré les nombreux obstacles qu'ils rencontrent dans l'exercice de leur mission contribuent de manière efficace et déterminante au progrès du pays. Ce sont eux qui forment les hommes de demain et ce sont eux qui veillent constamment à l'essor et à la survie de cette chère Libye. Ils travaillent dans l'ombre, ne s'attendant pas à recevoir des privilèges et des prérogatives: leur seule ambition est de promouvoir davantage le niveau de l'enseignement au sein de notre pays. Ils se livrent ainsi à un combat sans merci, affrontant avec bravoure l'hostilité des uns et la méchanceté des autres. Seuls, ils sont dans la lice, combattant l'immoralisme, l'anarchisme et le laxisme phénomènes qui commencent d'ores et déjà à miner notre société, du fait de la crise morale et civique que traverse notre pays.

Ainsi pouvait- on concevoir un métier plus pénible et plus épuisant?

On ne s'arrête pas là, songez à cet instituteur qui, acceptant volontiers l'exil dans des régions lointaines, souvent confinées dans des montagnes arides, mène une vie d'un déraciné en terre étrangère, végète parfois parmi les bestiaux sans jamais oser protester, car il a confiance en l'avenir de son pays! Songez encore à ces enseignants qui, du matin au soir, luttent pour inciter les jeunes à suivre le chemin du savoir et du progrès, bravant ainsi l'indifférence la plus impitoyable qui ait jamais été.

Ainsi en dépit de leur situation matérielle qui se dégrade de jour en jour, en dépit de la dévalorisation ou pour mieux dire de la dépréciation évidente du statut de l'enseignant dans notre pays et encore en dépit de ces multiples calomnies qui fusent de toutes parts, les enseignants ne sont pas prêts à réagir, ils se résignent en revanche à servir imperturbablement leur pays et exercer leur mission sans se plaindre. Car, pour eux, le temps n'est pas pour les jérémiades ou les doléances qui ne débouchent en fait sur rien, mais le temps est au travail, au sacrifice pour autrui et à la promotion intellectuelle de la population universitaire. C'est pourquoi les enseignants ont consenti de bon gré à percevoir des appointements mesquins et de végéter dans l'indigence, puisque leur but, ce n'est pas du tout l'accumulation de la richesse, mais promouvoir le progrès intellectuel et concrétiser les objectifs de la nation en cette matière.

Mais de quelle fortune, de quelle richesse parliez-vous? Dans notre pays ,il n'y a pas, à notre connaissance , de fonctionnaires plus pauvres que les enseignants qui, malgré leur sérieux et leur dévouement dont ils n'ont jamais cessé de faire preuve, gagnent à peine de quoi ne pas mourir de faim. Le plus économe d'entre eux, celui qui se frustre de tout, acceptant de vivre dans la nécessité en sacrifiant ainsi de satisfaire à ses besoins même les plus urgents, celui là même ne parvient pas à amasser toute sa vie durant l'argent nécessaire à l'achat d'une voiture d'occasion, pour ne pas dire un abri pour ses vieux jours, car cela appartient au domaine de l'impossible.

C'est en effet cette misère matérielle, qui a fait que les enseignants tombent au bas de l'échelle, ne bénéficiant presque plus de l'estime d'autrui, privés parfois de leurs droits les plus légitimes,

écrasés sous le poids d'une responsabilité de dimension nationale, que dis-je.

tout l'avenir du pays est entre leurs mains et malgré cela, ils sont acculés a la résignation et à la persévérance, sachant en cela que l'intérêt du pays mérite tout sacrifice, sans tergiversations.

Comment alors réhabiliter l'enseignant dans sa hiérarchie sociale naturelle? L'opinion publique savait déjà que la situation matérielle de l'enseignant est des plus critiques, par rapport au gain de ceux qui pourtant de même niveau d'instruction sinon moindre, touchent mensuellement; elle n'en savait pas moins également que l'enseignant en général ne bénéficie plus de la sollicitude d'autrefois et que la carrière d'enseignant se situe désormais au bas de la hiérarchie professionnelle, en ce sens qu'un simple ouvrier, qui n'a jamais trimé ni veillé durant des nuits blanches, gagne actuellement presque autant qu'un enseignant: c'est ainsi que l'on constate de nos jours que la valeur de la personne se mesure en fonction du gain accompli, et, en conséquence, toute réhabilitation éventuelle de l'enseignant est subordonnées en premier lieu à la révision relative à l'octroi des salaires, en vue d'établir un équilibre juste et équitable entre les différentes catégories professionnelles, aux fins de rendre justice au corps enseignant et de lui restituer les considérations dont il a été spolié depuis des décennies.

Pourquoi y a-t-il un manque chronique en cadre enseignant du FLE (enquête et statistique)

Du moment qu'il n'y a pas eu de planification ni de stratégie appropriée pour la formation de futurs enseignants ,encore moins une politique éducationnelle rationnelle,en vue de préparer les enseignants du français,pourquoi donc se plaint-on de ce manque que l'on constate aujourd'hui dans les milieux universitaires ?

L'étudiant libyen arrête ses études avec la Licence et rares ceux qui les poursuivent au-delà !!en raison d'abord des restrictions administratives qui exigeraient de l'étudiant une mention souvent inaccessible,ensuite les mesures de sélection qui se faisaient souvent sans équité ni tolérance...De plus il faudrait avoir une fortune,être assez riche pour pouvoir entamer des études au-delà de la Licence à ses propres frais et obtenir un diplôme supérieur permettant l'accès à l'enseignement dans les instituts ou les facultés..

Or cet état de choses a provoqué ce manque que l'on essaie aujourd'hui de combler par tous les moyens ,par ceux qui ne possédaient pas les diplômes requis par la loi...

D'après la dernière estimation,faite par le Comité populaire de l'Enseignement Supérieur,il manquait vingt mille enseignants,pour combler les vacances survenues dans le corps enseignant dans tout le pays et pour réduire l'acuité de ce manque colossal,on a dû faire appel au service des enseignants du secondaire dans différentes disciplines ,auxquels on a dû joindre des enseignants venant d'au-delà des frontières..

Mais si l'on a trouvé dès lors une solution passagère dans certaines disciplines , il n'en a pas été de même dans le cas actuel pour le français,qui pâtit toujours par ce manque permanent :

Il n'y a pas,à notre connaissance,d'enseignants du français :un petit nombre,comme nous l'avions déjà souligné,réparti dans différentes facultés et qui ne représentaient pas cinq pour cent de la totalité requise :voilà la vérité toute crue !

De plus,il convient de souligner dans ce mémoire,les inconvénients ou pour mieux dire la perte de temps à enseigner le français à des jeunes gens pour lesquels cette langue est loin de répondre à leurs besoins essentiels ou de satisfaire leurs désirs..

la plupart,pour ne pas dire la majorité, se fatiguent ,se découragent devant l'énormité de la besogne

Car leur àge ne leur permettra plus d'apprendre une langue qui est faite en réalité-et selon toute logique-en raison de leur âge-pour des enfants qui disposent en revanche de beaucoup de temps et de liberté..

C'est une des difficultés que l'on doit souligner ici en toute objectivité.. :les étudiants actuels ,ayant déjà presque plus de vingt ans,ne sont pas prêts à accepter l' orientation vers cette discipline qu'il trouve d'ailleurs difficile et peu malléable..

la dialectique :apprendre à enseigner le FLE ?

Conclusion :comment planifier et organiser un séminaire des enseignants du FLE ?

En Europe et même dans le monde,l'enseignement du FLE,occupe une place de premier plan,grâce aux efforts des institutions étatiques tels que le CREDIF ou la fameuse revue Le Français Dans le Monde

Ce souci,ou pour mieux dire,cet intérêt,que l'on portait expressément à la didactique du FLE,n'était pas dû à des circonstances historiques ou à des sentiments nationalistes passagers,c'était dû avant tout à une vision, de portée importante,à savoir,la volonté de conquérir le monde par le biais de la propagation de la langue :

Ce n'est pas un moyen de tendance impérialiste ou d'aliénation des esprits,au contraire,c'est un moyen utilisé pour répandre une certaine culture et un certain savoir ,d'autant plus que notre monde semble être ouvert et par conséquent prêt à accueillir toute forme de culture,pourvu qu'elle ait une histoire et un passé plein de gloire et d'actions humanitaires inoubliables..

C'est le cas du français,puisque nous parlons de cette langue que nous aimons et que nous aimerons jusqu'au dernier souffle de notre vie,parce qu'elle a contribué davantage à nous faire connaître notre propre identité et notre propre langue34(*)

Or les enseignants libyens du FLE doivent connaître cela,ils doivent être sensibilisés à ce phénomène culturel sans parti pris ni préjugés..

C'est une nécessité impérieuse que de les mettre en face de cette réalité :car enseigner le FLE par plaisir ou l'enseigner parce qu'il est en dernier ressort notre gagne-pain,cela ne contribue en aucune manière à faire naître en eux l'amour de cette langue,puisque sans ce sentiment réel et honnête,l'enseignant du FLE,n'évoluera pas et restera par conséquent dans un état de marasme permanent..

Et pour insuffler ce sentiment chez nos collègues,il est indispensable,sinon vital,de les intégrer dans des séminaires périodiques..

Ces séminaires leur permettront certainement à être à jour,de savoir tout ce qui se produit dans le domaine du FLE,de s'initier à des nouvelles découvertes méthodologiques,et de se familiariser avec tous les ouvrages récents qui traiteraient de la question de la didactique du FLE à travers le monde...

Ainsi,l'organisation des séminaires demeure pour nous une question vitale ,une initiative fondamentale pour la réalisation des objectifs de notre enseignement du français.. !

* 30 La plupart des enseignants étrangers,pour ne pas dire tous,étaient des arabophones qui ne possédaient pas le bagage linguistique et culturel suffisant pour être des enseignants du français

* 31 -Leur nombre se comptait sur les doigts de la main :à peine une dizaine d'enseignants qualifiés ,d'après nos investigations personnelles,puisqu'on n'a pas pu avoir une statistique officielle à ce sujet...

* 32 Pour pouvoir assurer un enseignement adéquat du LFE,il importe de soumettre les enseignants actuels à un recyclage ou un séminaire organisé sous l'égide des formateurs spécialistes français... !

* 33 -Nous aurons l'occasion de leur rendre un vibrant hommage dans les chapitres suivants :nous leur exprimerons notre reconnaissance et notre gratitude,d'avoir accompli des efforts parfois surhumains,en dépit des conditions de travail souvent pénibles,pour ne pas faillir à leur devoir ;

* 34 Du moins c'est notre propre sentiment ;c'est la leçon que nous avons pu tirer de notre expérience personnelle,suite à des contacts perpétuels avec cette langue.Peut-être d'autres personnes refuseront-elles carrément une telle affirmation,c'est leur droit.Mais pour nous,nous disons que nous avons bien pesé nos propos en avançant une telle conclusion.

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