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Problèmes et difficultés rencontrés par l'étudiant universitaire libyen dans l'apprentissage du français.

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par Bachir AL-KHATTABI
Faculté des Lettres de Sabrata - Master en français 2007
  

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Chapitre Sixième

La crise actuelle de l'enseignement du français en Libye.

Introduction :le niveau actuel des étudiants diplômés de nos facultés.(au vu d'une enquête personnelle menée à ce sujet)

Chapitre sixième Introduction

L'enseignement du FLE en Libye bute à de nombreux obstacles35(*)...

D'abord l'étudiant n'est pas préparé pour faire face à ce nouveau « phénomène culturel » :Son orientation vers cette discipline n'était guère judicieuse et implique une erreur que l'on aurait pu éviter ,si l'on avait pris des mesures adéquates pour préparer l'étudiant à l'acquisition réelle de cette langue...

Or lorsque vous passez tout votre temps à faire une expérience quelconque et qu'au cours de cette expérience vous avez essayé par tous les moyens d'aplanir les difficultés rencontrées et de résoudre les problèmes qui surgissaient de temps à autre et qu'à l'issue de cette longue et difficile expérience ,vous procéderez à récolter les résultats ...

Or si ces résultats s'avèrent à plus forte raison négatifs et ne répondent en aucune manière à vos ambitions et à votre attente :que feriez -vous dans ce cas ?

C'est effectivement le problème actuel des étudiants diplômés de français de nos facultés. !

Il suffit d'examiner un ou plusieurs des meilleurs étudiants fraîchement sortis de la Faculté et de l'entretenir en français simple pour savoir s'il possédait les rudiments de la langue (il n'est pas nécessaire de vous engager dans une interrogation pointue pour déceler les points faibles et les points forts de cet étudiant)mais un petit entretien ou une tentative d'entretien suffit pour vous rendre à l'évidence que les résultats de l'enseignement du FLE en libye ne sont pas concluants et que les diplômés d'une Licence ne sont rien d'autres que des étudiants qui donnent l'impression qu'ils n'ont jamais fait d'étude en français...

Nous affirmons cela en connaissance de cause :ce n'est pas une affirmation gratuite,loin de là,c'est à la suite d'une longue et difficile enquête,jointe à de multiples fréquentations de la prétendue élite des diplômes des années précédentes que nous avons abouti à cette affirmation catégorique36(*)

Ainsi quand on passe quatre années d'étude de français,quand on perd beaucoup de temps et d'argent pour réaliser un certain objectif ,à savoir un niveau satisfaisant en français,quand on se creuse constamment la tête pour persévérer sans défaillance dans le chemin qu'on s'est tracé et lorsqu'enfin l'on s'aperçoit une fois arrivé au bout du chemin ,qu'on ne s'est pas avancé ,comme si l'on n'avait pas fait un pas en avant ,cela vous démoralise,vous décourage et vous met dans une situation peu enviable...

C'est ce qui est passé avec les étudiants,grâce auxquels nous avons procédé à cette investigation pour sonder leur niveau en français dans le but de savoir s'ils avaient profité du système de l'enseignement du FLE...

Dans tous les cas,pour savoir si votre système produit de bons résultats,vous n'avez pas besoin d'aller plus loin,il importe tout simplement d'interroger nos étudiants diplômés -et les meilleurs d'entre eux-c'est-à-dire ceux qui furent dotés de la fameuse mention « très bien ou excellent »,et vous allez avoir de très bonnes surprises :le meilleur de tous ces diplômés n'est pas capable de savoir lire correctement la plus simple phrase et d'en comprendre le sens...

Alors au vu de tels résultats,pourquoi ne s'afflige-t-on pas ?Nous avons enquêté auprès de ces étudiants et nous avons insisté à ce qu'ils aient la complaisance et l'affabilité de se montrer dans leur naturel,c'est-à-dire sans fard,sans faiblesse et sans complexe

Nous avons voulu qu'ils se montrent tels qu'ils sont sans mystification ni mensonge :ce qui nous a permis de dégager objectivement une telle conclusion décourageante mais ce n'en est pas moins un stimulant dynamique pour revoir notre stratégie et la bâtir sur des bases plus réalistes37(*)

Ces étudiants se sont montrés en effet dans leur vérité,ils se sont même soumis de bonne grâce à notre interrogation :il y en avait même qui ne savent pas encore ce que c'est une conjonction ,une préposition ou même un adverbe :bien plus,nous leur avons proposé une phrase et nous leur avons demandé de la démembrer en fonction de ses principaux constituants :nul n'a pu répondre à cette question !

L'enseignement du FLE a-t-il réussi en Libye ?

D'abord,posons la question :y a-t-il vraiment un enseignement du FLE en Libye ?Pour parler franchement,il n'y en a pas au sens propre du terme,du moins dans l'état actuel des choses !!

C'est la vérité,et en notre qualité de chercheur,comme nous l'avons dit plus d'une fois,nous devons être fidèle à l'objet de notre recherche,à la vérité,et à notre conscience38(*)...

Ouvrir un département de français dans une faculté,cela ne veut pas dire que ce département fonctionne de manière normale ;mais c'est pour montrer qu'il y a un département de français et qu'on enseigne cette langue et que l'enseignement de cette langue se fait selon les modalités reconnues

D'ailleurs l'ouverture d'un département de français ne se fait pas selon les réglements hiérarchiques ...une décision verbale ,prise à l'improviste,suite à un coup de tête inattendu,peut avoir force de loi et dès demain le d épartement entre en fonction ,comme on peut par ailleurs le fermer de la même manière..39(*)

Et dans cet ordre d'idées ,de nombreux départements furent fermés comme ils étaient ouverts,sans qu'il eût de plainte ou de protestation de qui que ce fût...

Pourquoi ces départements ferment-ils leur porte... ?Vraisemblablement il y a eu une cause,une cause évidente,qui a déterminé en effet la fermeture de ces départements :d'abord le nombre réduit d'étudiants inscrits dans les départements de français,et ces étudiants ne sont pas inscrits en fonction de leur goût personnel,mais ils y sont poussés de force,parce qu'on ne leur trouve pas de place dans les autres départements 40(*),ensuite les méthodes d'enseignement mises en place ainsi que les manuels qui n'étaient pas faits pour l'étudiant libyen

Lorsqu'on écoute l'intervention tenue, il y a peu de jours par un responsable de l'enseignement, on se rend compte d'emblée que la teneur intégrale est centrée exclusivement sur la réforme touchant l'administration et les modalités de contrôle et d'inspection sans faire état de façon évidente du contenu des programmes encore moins de la méthodologie actuellement en vigueur dans les centres d'enseignement.

Ce qui surprend davantage, c'est le fait de n'avoir pas souligné les efforts déployés par les corps enseignants en vue d'améliorer progressivement et de façon constante le niveau de l'enseignement en Libye.

Il serait juste d'affirmer ici en toute franchise que les sacrifices consentis de bon gré par les enseignants de lIBYE dépassent de loin le cadre du patriotisme.

Ainsi, modifier la structure administrative actuelle, faire un retour à la centralisation, phénomène déjà démodé et archaïque, renforcer l'appareil d'inspection et de contrôle, ce serait en toute évidence mettre en doute et l'intégrité des enseignants et la bonne volonté du personnel administratif.

Toute réforme, selon moi, doit s'insérer dans un cadre plus vaste, plus réel, à savoir le contenu de l'enseignement et la méthodologie par le biais de laquelle un tel enseignement peut avoir accès en toute aisance à l'esprit de l'étudiant.

D'un autre côté, élever le niveau des connaissances, améliorer la qualité de l'enseignement, inciter le monde universitaire à une prise de conscience plus authentique de son identité et de sa personnalité propre, former des hommes de demain capables d'affronter avec courage les problèmes de la vie, tout cela ne se réalise pas en effet au moyen d'une réorganisation systématique de l'appareil administratif mais par une réforme radicale des programmes en vigueur, c'est à dire de la matière que l'on insuffle à l'étudiant, qui, au fil des ans, le transforme et le modèle, selon qu'elle ait été bonne ou mauvaise.

Pourquoi, à la dernière session, le taux de réussite était-il si faible, dans la plupart des facultés? Cet échec était-il dû exclusivement à la mauvaise volonté des enseignants? Ne serait-il pas mieux de chercher les causes ailleurs? Car, comment pouvait-on accuser à la légère des gens qui ont donné tout pour rendre la Libye ce qu'elle est ce nos jours: un symbole de fierté et de progrès particulièrement aux yeux du tiers-monde?

Pour mieux comprendre les raisons de cet échec, il serait bon de sonder le milieu social de l'étudiant, ou pour mieux dire, la société dans laquelle évolue l'étudiant. Ce dernier, pour une raison ou pour une autre, est devenu difficile, moins malléable qu'autrefois, si bien que la mission de l'enseignant s'avère de plus en plus pénible.

D'ailleurs pourquoi parle-t-on d'échec alors qu'il s'agissait en réalité d'une sélection établie selon des critères rigoureux et rigides, que des conditions de planification ou de gestion avait dictés et rendus nécessaires?

Pour dire vrai, l'étudiant, loin de penser que son avenir est subordonné aux études qu'il accomplit, croit que, se fiant au régime libéral actuel, le travail seul lui ouvrira les portes du succès et de l'argent, qu'aucune étude, quelque importante qu'elle soit, ne pouvait réalise. Pour lui, les perspectives d'avenir sont vagues, presque bouchées, ainsi une seule solution s'offre à lui, c'est d'embrasser une carrière quelconque et en attendant que les circonstances lui permettent de réaliser cet objectif, il se rend à la faculté et fait semblant de s'intéresser aux études, tout simplement pour ne pas susciter le courroux de ses parents.

C'est pour cette raison que l'on constate des désaffections,des abandons de la part des étudiants. Ils sont devenus si rétifs, si récalcitrante qu'il n'est plus possible pour nous, enseignants de ce début du nouveau siècle, de leur faire connaître leur devoir et d'ouvrir pour eux les portes de l'espérance.

Ce n'est pas tout, on remarque un relâchement total de l'autorité parentale. La vertu ,les principes moraux, le respect d'autrui, la bienséance, le civisme, la discipline, tout cela ce sont des notions qui n'ont plus d'existence dans l'univers universitaire. On triche sans vergogne, on fait montre d'une paresse qui provoque le dégoût ,d'un manque total de volonté et malgré cette attitude totalement négative, on réclame éperdument ou plutôt on "exige" de force une bonne note.

La famille est désorganisée. Plus de remède pour cela. Nous vivons dans une société qui fait l'éloge de la matière à un degré tel qu'il serait impossible de distinguer le vrai du faux.

Donc il n'y a pas lieu de s'alarmer sur les conséquences de cet effondrement social et moral, car tout a été prévisible, en particulier son incidence néfaste sur le niveau de l'enseignement.

On se demande souvent pourquoi l'étudiant libyen trouve beaucoup de difficultés pour se familiariser avec le français .Certes, le français est une langue étrangère, et on doit l'apprendre comme telle, c'est à dire, que l'on n'est pas obligé d'en maîtriser tous les mécanismes, et que l'on se borne tout simplement à en connaître rien que ce qui est usuel dans le monde des relations humaines.

Autrefois, on enseignait le français comme presque une langue de civilisation et de communication mais aujourd'hui et après son retour dans les facultés qui remonte déjà à plusieurs années, cette langue ne fait plus déjà l'objet d'étude approfondie.

, Appris aux étudiants selon une méthode quasi factice et mécanique, délaissé résolument par le libyen qui n'y voit qu'un moyen d'aliénation et d'effacement d'identité, oublié totalement par la plupart de pionniers des années soixante -dix qui ne l'utilisent plus jamais depuis cette époque, le français en Libye est tombé en désuétude et on l'a placé pour de bon aux oubliettes.

Des ouvrages en français, il n'y en a pas :aucune librairie aujourd'hui,et nous disons cela en connaissance de cause,n'est prête à vous offrir des manuels en français encore moins dans d'autres langues,même les bouquinistes qui ont fait le délice de notre enfance ont disparu pour être remplacé par des vendeurs de la camelote et d'autres colifichets inutiles.

Aujourd'hui l'on se met à apprendre le français, on l'apprendra comme une langue morte, qui n'intéresse personne et que personne n'utilise, que ce soit dans la vie pratique ou civile, voilà ce qui a principalement motivé cette négligence de la part des étudiants , une réforme pour l'enseignement de cette discipline , demeurera insuffisante même si l'on augmente les heures de cours, et en révisant globalement le système,si l'on ne prend pas dès à présent la décision de l'introduire au niveau du primaire ou du secondaire ,initiative qui, j'en suis certain, apportera ses fruits dans les années qui viennent....

Au vu de tout cela,de quelle réussite parle-t-on ?

Les étudiants ayant déjà obtenu une licence ne sont rien d'autres que des jeunes qui cherchent encore leur voie,puisqu'ils ne peuvent rien faire avec ce diplôme,qui n'implique aucune qualification réelle,ce n'est qu'un document propre à être conserver aux archives et rien de plus... !

Au bout de quatre années d'étude de français,on ne peut même pas acquérir les rudiments de la langue,on est encore au stade du balbutiement ,on marche encore à quatre pattes comme les bébés

Alors partant de cette réalité pénible,peut-on avouer qu'il y a effectivement un enseignement du FLE en Libye ?

La société libyenne est-elle préparée à accepter ce nouveau « phénomène culturel » ?

En raison des considérations historiques,le français n'est pas encore de mise dans la société libyenne ;cette langue,contrairement à l'anglais, n'a pas s'insérer dans la vie des gens -et à un certain moment de l'histoire de la Libye,le français et tout ce qui est étranger à la tradition arabo-musulmane fut mis à l'index et écarté séance tenante de la masse populaire

C'était la révolution culturelle avec ses faits et ses méfaits :et à l'instar des chinois41(*),il y eut un gigantesque holocauste sur la place publique où tous les ouvrages étrangers ,qu'ils aient été écrits en français ou dans d'autres langues,furent incinérés et réduits en cendres

Depuis lors,on a toujours peur d'être contaminé par tout ce qui n'est pas arabo-musulmane ,à tel point qu'on s'éloigne délibérément de tout ce qui est étranger

Cette peur quasi viscérale s'est perpétuée depuis ce temps-là

Or aujourd'hui on a presque tendance à regretter ce geste et on estime même que les livres qui furent brûlés étaient une perte non pour la génération de ce temps-là mais aussi pour les générations futures,car il n'est plus possible de compenser cette perte et de reconstituer ce trésor de l'esprit humain,qui aurait pu être exploité judicieusement dans l'intérêt de la culture et de l'instruction du peuple...

Ainsi,comme conséquence de cet acte regrettable,la société semblait profondément affectée dans sa constitution,en tant que cellule monolithique fragile et sensible dans sa constitution physique tout comme un être humain qu'on peut émouvoir ou toucher

Ce qui fait que ,le français,en même temps que les autres langues d'ailleurs,sont restées méconnues dans la société

De nos jours,comme nous l'avons montré plus d'une fois, rares ceux qui connaissent le français ou qui le parlent ;;

Nous avons vu cela lors de nos nombreuses visites à l'extérieur et à l'intérieur du pays.. !

Jamais nous n'avons pu trouver quelqu'un qui s'exprime en français même passablement..

Cet état de choses nous oblige à dire qu'il serait difficile à cette société du moins dans les circonstances présentes d'accepter une telle langue et à travers cette langue,toute une culture et toute une civilisation..

En réalité,et pour parler avec plus de franchise,l'anglais a trouvé son chemin dans le pays :maintenant cette langue est utilisée presque par la plupart des jeunes gens dans leurs activités professionnelles et en particulier pour accéder à l'internet et à l'univers de l'informatique42(*)

Pourquoi alors ne serait-il pas de même pour le français,puisqu'elle est une langue de culture et de civilisation ?

Il est possible de même de s'en servir pour réaliser des objectifs d'ordre économique ou culturel....Il est sans conteste que l'évolution du monde de l'informatique contraindra notre société à accueillir sans réticence la propagation de cette langue sans y opposer ni des obstacles politiques ni des considérations idéologiques..

C'est l'économie,c'est l'amour du savoir,c'est encore par nécessité qu'on se sentira obligé au bout du compte à s'ouvrir à cette langue et à l'inscrire dans le cadre d'un enseignement scolaire à l'échelle nationale...43(*)

Présentement on peut voir que le plus grand nombre des libyens commençaient à s'ébahir ,à exprimer leur admiration pour cette langue et à exprimer leurs désirs de vouloir l'apprendre non pas pour avoir un diplôme,mais tout au moins pour leur formation personnelle

En réalité,nous avons connu et vécu de très près une telle situation, ce qui nous permettra de dire que le français trouvera bientôt sa bonne place dans la société44(*)

le français finira-t-il par s'imposer

Il faut beaucoup de temps pour que le français trouve sa vraie place dans la société libyenne ! et ce n'est pas le facteur temps qui intervient dans le processus de consécration du français dans le pays

D'autres facteurs -et ils sont fort nombreux- peuvent intervenir dans ce processus ,sans lesquels le français resterait tpujours méconnu et totalement ignoré..

Il faut qu'il y ait en premier lieu un accueil favorable par la masse du peuple et une réelle disposition, à se familiariser avec cette langue ;il faut également apprivoiser progressivement et par étapes,les esprits rétifs qui pourraient être un obstacle à la réalisation de l'objectif prévu45(*)...

Ainsi,l'acceptation du peuple,la persuation des gens réticents,la mobilisation des esprits favorables à l'installation du français dans le pays :tout cela,ce n'est qu'une phase dans cette oeuvre gigantesque..

Car l'étape réelle,fondamentale et essentielle,c'est la mise en place des institutions étatiques (écoles ou facultés) chargées d'enseigner cette langue à la présente génération..et comme nous l'avons dit,le temps fera ensuite son oeuvre,puisqu'il faut au moins deux générations successives pour que le français s'installe-de manière timide certes-maisz il n'en aurait pas moins trouvé une assise authentique à partir de laquelle il pourra se propager à travers tout le pays..

Or cette incursion inattendue dans une société de tendance traditionnelle et à plus forte raison,fermée,pourra troubler les uns ,mais n'empêchera pas toutefois contenter les autres

Les uns pourraient y voir une atteinte à la langue nationale,en l'occurrence l'arabe,peut-être l'avènement d'une rivalité entre les deux langues,chose qui s'avèreraa impossible, puisque l'arabe demeure et demeurera toujours la langue officielle,dont il est difficile de se passer..

Le français est d'abord une langue de culture et cette culture aux aspects multiples doit être connue et appréciée dans ses grandes dimensions,ce qui permettra à la masse cultivée d'établir un pont entre les deux cultures :la culture française et la culture arabo-musulmane,c'est ce qui a permis au Guide de la Révolution de tirer la conclusion :une conclusion juste et profonde lorsqu'il s'est penché -lors de sa dernière visite en France-sur les valeurs d'ordre humanitaire contenues dans la culture française..

Cette visite inoubliable a permis au peuple libyen de connaître les caractéristiques de cette culture ,d'en appréhender les mécanismes cachés,mais aussi,et c'est ça ce qui est essentiel,de saisir la portée de la langue française en tant qu'outil de communication et de savoir,de s'intéresser à l'entendre à travers l'audio_visuel et d'essayer d'en comprendre le sens

On ne doit pas oublier que cette visite a déjà permis la prise des mesures adéquates pour le renforcement et la consolidation de la didactique des langues et spécialement le français...

Lorsqu'on écoute l'intervention tenue, il y a peu de jours par un responsable de l'enseignement, on se rend compte d'emblée que la teneur intégrale est centrée exclusivement sur la réforme touchant l'administration et les modalités de contrôle et d'inspection sans faire état de façon évidente du contenu des programmes encore moins de la méthodologie actuellement en vigueur dans les centres d'enseignement.

Ce qui surprend davantage, c'est le fait de n'avoir pas souligné les efforts déployés par les corps enseignants en vue d'améliorer progressivement et de façon constante le niveau de l'enseignement en Libye.

Il serait juste d'affirmer ici en toute franchise que les sacrifices consentis de bon gré par les enseignants de lIBYE dépassent de loin le cadre du patriotisme.

Ainsi, modifier la structure administrative actuelle, faire un retour à la centralisation, phénomène déjà démodé et archaïque, renforcer l'appareil d'inspection et de contrôle, ce serait en toute évidence mettre en doute et l'intégrité des enseignants et la bonne volonté du personnel administratif.

Toute réforme, selon moi, doit s'insérer dans un cadre plus vaste, plus réel, à savoir le contenu de l'enseignement et la méthodologie par le biais de laquelle un tel enseignement peut avoir accès en toute aisance à l'esprit de l'étudiant.

D'un autre côté, élever le niveau des connaissances, améliorer la qualité de l'enseignement, inciter le monde universitaire à une prise de conscience plus authentique de son identité et de sa personnalité propre, former des hommes de demain capables d'affronter avec courage les problèmes de la vie, tout cela ne se réalise pas en effet au moyen d'une réorganisation systématique de l'appareil administratif mais par une réforme radicale des programmes en vigueur, c'est à dire de la matière que l'on insuffle à l'étudiant, qui, au fil des ans, le transforme et le modèle, selon qu'elle ait été bonne ou mauvaise.

Pourquoi, à la dernière session, le taux de réussite était-il si faible, dans la plupart des facultés? Cet échec était-il dû exclusivement à la mauvaise volonté des enseignants? Ne serait-il pas mieux de chercher les causes ailleurs? Car, comment pouvait-on accuser à la légère des gens qui ont donné tout pour rendre la Libye ce qu'elle est ce nos jours: un symbole de fierté et de progrès particulièrement aux yeux du tiers-monde?

Pour mieux comprendre les raisons de cet échec, il serait bon de sonder le milieu social de l'étudiant, ou pour mieux dire, la société dans laquelle évolue l'étudiant. Ce dernier, pour une raison ou pour une autre, est devenu difficile, moins malléable qu'autrefois, si bien que la mission de l'enseignant s'avère de plus en plus pénible.

D'ailleurs pourquoi parle-t-on d'échec alors qu'il s'agissait en réalité d'une sélection établie selon des critères rigoureux et rigides, que des conditions de planification ou de gestion avait dictés et rendus nécessaires?

Pour dire vrai, l'étudiant, loin de penser que son avenir est subordonné aux études qu'il accomplit, croit que, se fiant au régime libéral actuel, le travail seul lui ouvrira les portes du succès et de l'argent, qu'aucune étude, quelque importante qu'elle soit, ne pouvait réalise. Pour lui, les perspectives d'avenir sont vagues, presque bouchées, ainsi une seule solution s'offre à lui, c'est d'embrasser une carrière quelconque et en attendant que les circonstances lui permettent de réaliser cet objectif, il se rend à la faculté et fait semblant de s'intéresser aux études, tout simplement pour ne pas susciter le courroux de ses parents.

C'est pour cette raison que l'on constate des désaffections,des abandons de la part des étudiants. Ils sont devenus si rétifs, si récalcitrante qu'il n'est plus possible pour nous, enseignants de ce début du nouveau siècle, de leur faire connaître leur devoir et d'ouvrir pour eux les portes de l'espérance.

Ce n'est pas tout, on remarque un relâchement total de l'autorité parentale. La vertu ,les principes moraux, le respect d'autrui, la bienséance, le civisme, la discipline, tout cela ce sont des notions qui n'ont plus d'existence dans l'univers universitaire. On triche sans vergogne, on fait montre d'une paresse qui provoque le dégoût ,d'un manque total de volonté et malgré cette attitude totalement négative, on réclame éperdument ou plutôt on "exige" de force une bonne note.

La famille est désorganisée. Plus de remède pour cela. Nous vivons dans une société qui fait l'éloge de la matière à un degré tel qu'il serait impossible de distinguer le vrai du faux.

Donc il n'y a pas lieu de s'alarmer sur les conséquences de cet effondrement social et moral, car tout a été prévisible, en particulier son incidence néfaste sur le niveau de l'enseignement.

On se demande souvent pourquoi l'étudiant libyen trouve beaucoup de difficultés pour se familiariser avec le français .Certes, le français est une langue étrangère, et on doit l'apprendre comme telle, c'est à dire, que l'on n'est pas obligé d'en maîtriser tous les mécanismes, et que l'on se borne tout simplement à en connaître rien que ce qui est usuel dans le monde des relations humaines.

Autrefois, on enseignait le français comme presque une langue de civilisation et de communication mais aujourd'hui et après son retour dans les facultés qui remonte déjà à plusieurs années, cette langue ne fait plus déjà l'objet d'étude approfondie.

, Appris aux étudiants selon une méthode quasi factice et mécanique, délaissé résolument par le libyen qui n'y voit qu'un moyen d'aliénation et d'effacement d'identité, oublié totalement par la plupart de pionniers des années soixante -dix qui ne l'utilisent plus jamais depuis cette époque, le français en Libye est tombé en désuétude et on l'a placé pour de bon aux oubliettes.

Des ouvrages en français, il n'y en a pas :aucune librairie aujourd'hui,et nous disons cela en connaissance de cause,n'est prête à vous offrir des manuels en français encore moins dans d'autres langues,même les bouquinistes qui ont fait le délice de notre enfance ont disparu pour être remplacé par des vendeurs de la camelote et d'autres colifichets inutiles.

Aujourd'hui l'on se met à apprendre le français, on l'apprendra comme une langue morte, qui n'intéresse personne et que personne n'utilise, que ce soit dans la vie pratique ou civile, voilà ce qui a principalement motivé cette négligence de la part des étudiants , une réforme pour l'enseignement de cette discipline , demeurera insuffisante même si l'on augmente les heures de cours, et en révisant globalement le système,si l'on ne prend pas dès à présent la décision de l'introduire au niveau du primaire ou du secondaire ,initiative qui, nous en sommes certain, apportera ses fruits dans les années qui viennent....

Conclusion :Peut-on introduire le FLE dans les collèges et les lycées libyens ?

Une langue,quelle qu'elle soit,c'est une culture,une civilisation séculaire,une longue histoire,avec ses hauts et ses bas,véhiculant des événements de caractère politique,socio-économique et idéologique,sur tous les plans ...C'est en effet une histoire où se montre dans toute sa grandeur et sa faiblesse,le combat de l'homme pour sa survie..

Et quand on parle de la langue française,un kaléidoscope d'images enchevêtrées et complexes envahit notre tête,traverse tel qu'un éclair fugace notre esprit et aussitôt, nous nous sentons comme pris dans un univers culturel,civilisationnel et historique ,qui nous renvoie vers un passé révolu mais encore vivant dans notre monde actuel46(*)...

Dès lors,pour apprendre une telle la ngue,ce n'est pas au bout de trois ou quatre ans,on n'apprend pas à la légère et au bout d'un temps assez court,une langue véhiculaire des composantes humaines ,des humanités universelles et séculaires...

Ce sera une tentative absurde ,vouée d'avance à l'échec !

Aussi,l'apprentissage du français doit-il se faire à un âge où l'étudiant se sent plus apte à l'assimiler, pour pouvoir s'en servir au moment voulu, :un enfant de six ans est plus capable à apprendre une langue qu'un enfant de douze ans47(*)

Parce que le premier est doué d'un esprit encore vierge tout s'imprime aisément,tandis que le second ,en raison de son âge,trouverait des difficultés éventuelles dans l'assimilation de cette langue :ces difficultés peuvent être cernées et circonscrites en deux points principaux :un enfant de douze ans peut avoir des problèmes d'ordre psychologiques,des troubles caractériels,qui l'empêchent de se concentrer exclusivement sur l'objectif envisagé,à savoir l'apprentissage de la langue ;il peut également ne plus avoir cette ingénuité, cette disposition spontanée ,cette candeur et en fin cette naîveté ,autant de facteurs que l'enfant de six ans peut mettre en valeur sans le savoir pour réaliser des performances dans l'acquisition de la langue

Mais que l'enfant de douze ans ne peut pas posséder de façon déterminante48(*)..

Dès lors,l'introduction du français dans les écoles primaires et les lycées est devenu désormais un impératif ,une nécessité de caractère national49(*)..

Des mesures doivent être prises dans ce sens -et on doit procéder comme c'est l'usage par étapes

Car on ne pourra jamais réaliser une telle entreprise d'un seul coup-- :il importe donc de commencer par une ville ou à plus forte raison,une région,comme celle du sud du pays, comprenant Zouara,Sabrata et les autres villes avoisinnantes.dans chaque ville,on instituera une classe de français où l'enfant accédera progressivement à la connaissance de cette langue..

Pour les cadres enseignants,on doit faire appel à des instituteurs de français ou des instituteurs bilingues venant du Grand Magreb(Tunisie,Algérie,Maroc) pour une durée de cinq ans puis,après à l'issue de cette période,ces mêmes instituteurs seront officiellement mutés dans une autre région du pays pour accomplir la même mission :dans ce contexte' et dans l'intérêt général,nous recommandons le renouvellement du contingent du personnel enseignant venant des mêmes pays et ce,pour tirer le meilleur parti des potentialités existantes au niveau du Grand Magreb arabe...

Il faudrait s'assurer une préparation des programmes au contenu réaliste et souple avec une planification rigoureuse des objectifs

Car tout enseignement et en particulier du FLE,doit prévoir un programme délimité,progressif,doté d'une souplesse et d'un esprit réaliste adapté au niveau,à l'environnement et à la nature des futurs apprenants50(*) ...

L'élaboration de ce programme doit se réaliser en fonction des grandes lignes établies par des spécialistes libyens,en particulier les quelques didacticiens chevronnés actuellement en exercice ou même mis en retraite51(*)...

Ces propositions doivent être prises en considération si l'on veut vraiment que les objectifs relatifs à l'enseignement du FLE se réalisent et donnent leurs fruits

Nous avons démontré -preuve à l'appui-tout au long de ce mémoire que l'enseignement du FLE dans son état actuel laisse à désirer et depuis son installation dans les facultés ,cet enseignement n'a pas donné des résultats concluants ou positifs,à en juger par le niveau des diplômés dont nous avions déjà fait état dans les chapitres précédents ...

Par anticipation,nous sommes convaincus dès à présent,que la conclusion que nous allons tirer de cette recherche ne sera pas optimiste et que l'enseignement actuel du FLE a besoin effectivement d'une réforme radicale... !

* 35 Nous avons déjà cerné ces obstacles dans les pages précédentes .Nous avons essayé d'en analyser les causes mais cela ne nous empêche pas pourtant de dire qu'il reste encore beaucoup à faire dans ce contexte/

Nous rappelons que la Suisse s'est intéressée aussi à l'enseignement du français pour les apprenants non-francophones venus des différents points du globe .Nous avons consulté à ce sujet une publication intitulée « Promotion de la réussite scolaire et de l'égalité des chances en éducation.Assurer la qualité dans des classes et des écoles hétérogènes sur les plans linguistique social et culturel » CDIP/Berne 2001 67 p. C'est une brochure qui a le mérite d'avoir mis l'accent de façon objective sur les difficultés -et elles sont multiples -que rencontre l'apprenant non-francophone dans son apprentissage du français.

* 36 -Nous précisons que notre enquête avait porté sur une fraction d'étudiants :l'interrogation s'est déroulée en présence de tous les diplômés :on a commencé par un petit entretien sur un sujet très usuel,relatif à la vie quotidienne,de petites questions de langue et d'orthographe :à l'issue de cette interrogation ,les résultats n'étaient pas seulement très décevants,mais déplorables. !

* 37 Il existe une étude excellente traitant de la question de la contradiction entre le système éducatif et les résultats.

Cette étude ou plutôt cet ensemble d'études,puisqu'elle était le travail collectif de quelques experts en la matière,avait pour titre « le français langue seconde :apprentissage et curriculum » publiée sous la direction de Pierre Martinez Maisonneuve et Larose/Paris 2002 161 p ;

* 38 L'ouvrage de Michel -Patrick de Miras intitulé « La classe d'initiation au français pour enfants non-francophones (CLIN )» L'Harmattan/Paris 2202 178 p. avait remarquablement défini les structures qui permettront la mise en place d'un enseignement réel du FLE,surtout dans la seconde partie où l'on assistait à la conception du projet,son développement progressif,l'élaboration rationnelle des objectifs,et la réalisation .. !

* 39 -l'exemple le plus frappant et qui illustre nos propos,c'est le département de français de la Faculté de Zouara,qui fut fermé à la suite d'une décision hâtive,sous prétexte qu'il n'y a pas eu d'enseignants ou que les étudiants qui s'inscrivaient dans la discipline de français se faisaient rares.....

* 40 Un grave paradoxe :c'est que,dans la plupart des facultés,plus le département d'anglais s'agrandit ,s'élargit et se développe,avec un nombre d'étudiants important ,plus le département de français s'affaiblit en perdant tout prestige,et le nombre d'étudiants s'amenuisaient au fur et à mesure....

* 41 La révolution chinoise ,conduite par Mao-tsétoung,pour préserver la race chinoise contre toute contamination occidentale et au nom du nationalisme chinois, ,n'avait rien de trouver de mieux de mettre au feu les monuments de l'Esprit Humain

* 42 -Il aurait été possible à l'étudiant d'exploiter ses connaissances en informatique pour apprendre le français :voir à ce sujet le livre de J.Crinon et C.Gautellier intitulé « apprendre avec le multimédia et IUnternet » 2001 Retz/Paris 220 p ou encore ce fascicule sous forme de fiches usuelles :Activités de français sur internet » Paris/Clé International :deux livres d'excellente qualité pour l'apprentissage du français .

* 43 Une approche synthétique que nous avons jugée très intéressante dans ce contexte est en effet le n°133 de la revue « Etudes de linguistique appliquée »mars 2004 ayant pour titre :français langue étrangère !un enjeu politique social culturel et éthique » C'est un article fondateur . !

* 44 -en vérité cette assertion n'est pas gratuite ;elle est fondée sur une analyse suggestive faite par B.Madelin,M.Britten et Ch.Deprez au cours de leur rencontre publiée sous le titre « Les langues dans la Ville »

In Profession Banlieue, 2003 , 130 p  Les faits apportés dans cette publication permettent de conclure que le français,en tant que langue évolutive,trouvera sa voie dans la société ,même à vocation conservatrice.

* 45 Se reporter à l'enquête faite sous l'égide DIFPIEL/Lycée Louis Querbes,2004,enregistrée dans un CD intitulée « s'enrichir de la différence pour mieux vivre »Cet outil est indispensable' pour partir d'un consensus authentique en vue d'asseoir une nouvelle culture dans la masse popula&ire..

* 46 Sur cette question,se référer à l'article collectif de G.Zarate,Ch Puren,et D.Boissat intitulé l'interculturel :dossier » publié dans Les langues Modernes ,2002,N°3 p14-60

On pourra également consulter avec fruit l'ouvrage M.Verhoeven une pédagogue belge spécialisée dans les questions culturelles .Son ouvrage est intitulé « Ecole et diversité culturelle :regards croisés sur l'expérience des jeunes.. » Académie de Louvain/Belgique 2002,109 p.

* 47 Voir dans ce contexte la brochure Migrations Etudes 2001 où l'on trouve un article intéressant écrit par Claudine Tusoni intitulé « les jeunes primo-arrivants âgés de quinze ans et plus.. »Cet article est axé particulièrement sur les obstacles rencontrés par les apprenants dans leur apprentissage du français.

* 48 La question fut l'objet d'une analyse exhaustive dans un rapport écrit collectivement par B.Py,M.Matthey,et L. Gajo ce rapport portait comme titre « L »école les copains la famille :les apprentissages linguistiques des enfants..... »Aarau/Suisse 1997..20 p.

* 49 Nous avons cru nécessaire de répéter cette proposition qui devient pour nous une obsession tenace difficile de s'en défaire... !

Nous aurons encore l'occasion d'en parler avec plus de détails dans l'espoir de parvenir à convaincre les autorités de cette nécessité absolue et c'est d'ailleurs un des objectifs de ce mémoire.. !

* 50 Voir dans ce contexte l'ouvrage de M.Ahmed qui a pour titre « langues et identité :les jeunes magrébins de l'immigration » SIDES,2003,210 p. c'est un livre qui traite de manière parfaite la question des besoins des apprenants du français en tenant compte des conditions sociales et psychosociales de ces apprenants.... !

* 51 Pour pouvoir mettre au point un programme réaliste,comme nous l'espérons,il convient de se reporter au contenu diversifié des interventions du Colloque qui avait eu lieu à Poitiers en janvier 2000 les actes de ce colloque furent réunis et publiés par M.Marquillo Larruy sous le titre « questions d'épistémologie en didactique du français »Université de Poitiers 2001

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