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Le concept de développement durable : le cas de l'Afrique subsaharienne

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par Vincent Thierry BOUANGUI
Université de Reims Champagne - Ardenne - Diplôme d'étude approndie 1995
  

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SECTION I: L'ACTION DU SYSTEME DES NATIONS UNIES

SUR LE PLAN INSTITUTIONNEL

La réalisation des buts que s'est assignée la communauté internationale implique au préalable un changement de mode de vie des citoyens du monde et de la structure des organes qui sont appelés à promouvoir le développement durable dans le monde, et en Afrique en particulier. Il s'agit bien là d'une volonté du programme d'Action 21 qui, en son chapitre 38 paragraphe 2, stipule que: "conformément au mandat de la conférence, il faudrait un mécanisme institutionnel intergouvernemental dans le cadre des Nations unies, qui s'intègre et contribue au processus de restructuration et de vitalisation en cours à l'organisation des Nations unies dans les domaines économiques et social et les domaines connexes, et la réforme générale de l'organisation y compris les changements en cours au secrétariat. Dans cet esprit de réforme et de revitalisation du système des nations unies, l'exécution du programme 21 et la mise en pratique des conclusions auxquelles sera parvenue la conférence se fonderont sur une approche axée sur l'action et les résultats, compatible avec les principes d'universalité, de démocratie, de transparence, de rentabilité et de responsabilité". La création de la commission mondiale pour le développement durable, le département de la coordination des politiques et du développement durable, la signature de la convention sur la désertification, l'organisation de la conférence mondiale sur la démographie et la conférence sur le développement social vont bien dans l'optique de la mise en oeuvre de l'Action 21, même si pour les deux dernières conférences le hasard du calendrier des rencontres des Nations unies a fait qu'elles s'inscrivent dans le droit fil des objectifs fixés par la conférence.

PARAGRAPHE I : LA CREATION DE LA COMMISSION DU

DEVELOPPEMEN DURABLE

Selon le chapitre 38 paragraphe 11 du programme d'Action 21: " En vue d'assurer efficacement et en vue de renforcer la coopération internationale et de rationaliser la capacité intergouvernementale de prise de décisions dans le sens d'une intégration des questions d'environnement et de développement et d'examiner les progrès réalisés dans l'application de l'Action 21 au niveau national, régional et intergouvernemental, il conviendrait de créer, à un niveau élevé, conformément à l'article 68 de la charte des Nations unies, une commission de développement durable..." C'est ce que fit le Conseil économique et social des Nations unies qui, lors de la session d'organisation 1993, a adopté le 12 Février la résolution E/1993/L9 et add1 créant la commission du développement durable (CDD) dont le bureau a été mis en place le 29 Avril de la même année par la résolution E/1993/SR 8. C'est une commission qui regroupe 53 membres se présentant comme suit: 13 pour l'Afrique, 11 pour l'Asie, 6 pour l'Europe orientale, 10 pour l'Amérique Latine et les Caraïbes et enfin 13 pour l'Europe centrale et les autres. Elle est présidée par l'Allemand Klaus TOPFER.*

Si la création de la CDD n'apporte pas apparemment un résultat probant sur les grandes questions soulevées par l'agenda 21, elle porte tout de même les espoirs placés dans la conférence de Rio: un partenariat renoué entre le Nord et le Sud au tour du développement, un nouvel élan donné au rôle des Nations unies, qui avaient organisé la conférence, une volonté de donner plus de transparence aux politiques nationales en matière d'environnement et développement(1). En effet, la mise en place de la CDD est déjà une garantie de

* Ministre fédéral de l'environnement, de la nature, de la conservation et de la sécurité nucléaire. (1) Philippe ORLIANGE: la commission du développemment durable, AFDI, 1993, page 820.

la poursuite par les Nations unies des voeux de la conférence de Rio. Car aux termes de l'agenda 21, sous le titre "arrangements institutionnels internationaux" et au chapitre 38 paragraphe 13, la commission est chargée de contrôler les progrès réalisés pour appliquer l'agenda 21 et intégrer les objectifs relatifs à l'environnement et au développement dans l'ensemble du système des Nations unies, en analysant et en examinant les rapports fournis par tous les organes, organismes, programmes et institutions de celui-ci qui s'occupent des aspects divers et de l'environnement et du développement qu'ils jugent pertinents, exemples:

- Favoriser l'incorporation des principes contenus dans la déclaration sur l'environnement et le développement dans la mise en oeuvre de l'agenda 21;

- Le suivi des questions financières et de transfert de techniques aux pays en développement;

- Bref la CDD devra jouer la fonction de coordination, d'animation et d'impulsion à travers le l'ECOSOC...

Ces objectifs montrent combien cet organe est indispensable pour la traduction réelle des défis de la conférence de Rio. Ainsi, lors de sa première session, la CDD a retenu deux objectifs fondamentaux, l'un d'ordre organisationnel, l'autre d'ordre politique. Le premier concerne la mise en place de plusieurs instruments: un programme de travail pluriannuel organisé de la façon suivante: les chapitres de l'agenda 21 sont regroupés de manière à permettre à la commission d'examiner chaque année, un certain nombre de point. Ainsi, en 1994 la CDD avait pour tâche d'examiner les programmes

Il est premier secrétaire à la mission permanente de France auprès des Nation unies, membre de la délégation française à la conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement et à la première session de la CDD.

portant sur la santé, l'établissement humain, les ressources en eau douce, les substances chimiques et les déchets dangereux; un mécanisme de présentation par les gouvernements d'informations sur l'application de l'agenda 21 au niveau national; deux groupes ad hoc ont été mis en place: l'un sur les questions financières, l'autre sur le transfert de technologies. Le deuxième a consisté à réaffirmer au plan mondial le soutien politique accordé aux questions d'environnement et développement examinées par le sommet de la terre, en ce sens que le plus grand problème de la commission avait été de mobiliser des ressources suffisantes pour atteindre ses objectifs et maintenir l'esprit et l'élan suscités à Rio. La pensée du président sortant le Malaisien Razali ISMAIL l'explique bien lorsqu'il dit à la deuxième session annuelle (16 Mai 1994) que" le consensus forgé à Rio est menacé par ceux qui veulent modifier les priorités et esquiver leurs responsabilités"

L'institution étant mise en place c'est à l'épreuve du temps que l'on pourra juger de ses résultats. Deux ans de son fonctionnement ne peut nous permettre d'apprécier son efficacité dans le suivi et le contrôle des programmes pour le développement durable. Mais déjà, après deux ans d'activité, la CDD a adopté 14 décisions sur des questions sectorielles et intersectorielles concernant le développement et l'environnement, y compris les questions d'eau douce, des déchets toxiques chimiques dangereux et radioactifs, la santé et les établissement humains, ainsi que les structures financières et de prise de décisions et le rôle des grands groupes dans le développement durable. Parmi ces décisions, la commission a recommandé que les Etats et les organisations internationales envisagent de former des partenariats avec des entreprises et des organisations non gouvernementales, ce qui entraînerait la prise de mesures juridiquement non contraignantes; premier pas dans l'élaboration d'instruments internationaux dans la mise en oeuvre d'Action 21. Sur la question du transfert des technologies écologiquement rationnelles, la

commission a conclu que comme les investissements étrangers directs constituaient une source importante des transferts de technologie, les institutions de l'Onu compétentes devraient aider les gouvernements à formuler des politiques et un contexte régulateur appropriés en la matière de façon à attirer les investissements étrangers. La commission a aussi prié les gouvernements de commencer rapidement des travaux sur une convention internationale sur la sûreté de la gestion des déchets radioactifs en tenant compte, en particulier, de la gestion du cycle de vie total des matières nucléaires.

Aujourd'hui, il incombe à la commission et à ses membres de faire fonctionner la machine mise en place. Or, les risques de paralysie sont réels. L'ampleur du champ couvert par la CDD peut entraîner un déluge de rapports de la part des organes des Nations unies. A l'inverse, si les Etats se refusent à communiquer des informations sur la mise en oeuvre de L'agenda 21 au niveau national, la CDD sera privée d'un élément, pourtant essentiel, de l'analyse des progrès dans la réalisation des objectifs de la CNUCED.

PARAGRAPHE II: LA CONVENTION INTERNATIONALE SUR LA
LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION ET LA SECHERESSE

Face aux désastres que cause la sécheresse dans le monde et en Afrique en particulier -3 millions de personnes sont mortes au milieu des années 80, plusieurs pertes de productions enregistrées etc.-, le programme d'Action 21 s'est fixé plusieurs objectifs en vue d'éradiquer ce phénomène en forte progression:

- l'établissement des stratégies nationales axées sur la préparation à court et à long terme à la sécheresse et visant à rendre les systèmes de production moins vulnérables;

- Amplifier l'apport d'information d'alerte avancée aux responsables et aux exploitants de la terre pour permettre aux pays d'appliquer des stratégies d'intervention en cas de sécheresse;

- Elaborer des plans de secours en cas de sécheresse et des programmes pour les réfugiés écologiques, et les intégrer aux plans nationaux et régionaux de développement etc.

Ces objectifs devaient être affinés par la convention de lutte contre la sécheresse, principale recommandation obtenue par les pays africains à la conférence de Rio. Cette convention a été signée le 14 Octobre 1994 à Paris au siège de l'Unesco et elle n'entrera en vigueur qu'après sa ratification par l'ensemble des pays signataires, c'est-à-dire sensiblement pas avant 1996. En attendant, le Comité intergouvernemental des négociations sur la désertification a adopté une résolution demandant que l'on prenne des "mesures urgentes" pour l'Afrique. Il a recommandé que les pays africains affectés et les pays donateurs appliquent sans délai les dispositions de la convention.

L'élaboration et la signature de cette convention sont un grand pas vers la réalisation des engagements pris à Rio. Elle établit un cadre pour des programmes d'actions nationaux, sous régionaux en vue de lutter contre la dégradation des terres arides et les déserts. Dans son article 2 alinéa 1 la convention déclare:" la présente convention a pour objectif de lutter contre la désertification et d'atténuer les effets de la sécheresse et/ou la désertification,

en particulier en Afrique, grâce à des mesures efficaces à tous les niveaux, appuyées par des arrangements internationaux de coopération et de partenariat, dans le cadre d'une approche intégrée compatible avec le programme d'Action 21, en vue de contribuer à l'instauration du développement durable dans les zones touchées». Elle constitue une véritable réponse au chapitre 12 de l'action 21 intitulé Gestion des écosystème fragiles: lutte contre la désertification et la sécheresse. Dans son alinéa 3 il est dit que: dans la lutte contre la désertification, la priorité devrait être accordée à la mise en oeuvre de mesures préventives en faveur des terres non encore dégradées ou qui ne le sont que légèrement. Les zones ayant subi une sévère dégradation doivent cependant pas être négligées.

La diligence avec laquelle a été conduite l'adoption de cette convention témoigne de la volonté des Nation unies de réaliser les compromis de Rio. Ceci étant fait, la grande responsabilité revient aux Etats qui doivent la ratifier en un temps raisonnable, le problème étant urgent. La convention accorde une attention particulière à la situation africaine à laquelle elle a consacré la première annexe où l'on peut lire à l'article 3 ce qui suit: «Pour s'acquitter des obligations qui leur incombent en vertu de la convention, les parties, dans le cadre de l'application de la présente annexe, adoptent une approche de base qui tient compte des particularité de l'Afrique, à savoir:

- (a) la forte proportion de zones arides, semi-arides et subhumides-sèche;

- (b) le fait qu'un nombre élevé de pays et de populations souffrent de la désertification et du retour fréquent de période de grande sécheresse etc».

négociation sur la désertification (INCD) tenue du 6 au 17 Juin, n'a pas finalement satisfait les pays fortement touchés par la sécheresse et la désertification. En effet, les donateurs se sont seulement engagés à mobiliser "d'importantes ressources financières" (art14) au lieu des nouveaux fonds supplémentaires consentis au titre de l'Action 21(2). Ceci contrairement au FEM chargé de financer les conventions sur la biodiversité et la convention-cadre sur les changement climatiques. Cette absence de ressources stables et le manque de fermeté des engagements pris par les Etats donateurs nous laissent un peu sceptique sur les suites à donner à la convention. Le plan d'action des Nations unies pour la lutte contre la désertification, adopté en 1977 n'a pas répondu aux attentes entre autres raison à cause du manque de financement. Toutefois, cette difficulté pourra être comblée si la reconversion de la dette au fonds de financement de lutte contre la désertification devienne une réalité comme l'ont souhaité les Etats touchés. Cette politique a déjà connu un début d'exécution en Amérique latine notamment dans le domaine de la conservation des écosystèmes.

PARAGRAPHE III: LA CONFERENCE MONDIALE SUR LA
DEMOGRAPHIE ET LE LA CONFERENCE SUR LE DEVELOPPEMENT
SOCIAL

Deux événements importants ont marqué la période d'après la conférence de Rio. Il s'agit de la conférence du Caire et du sommet de Copenhague sur le développement social. Ces deux grandes rencontres sont de grand intérêt, car elles apportent une réponse aux dimensions sociales des questions contenues dans l'Action 21. C'est à ce titre que nous allons examiner leur contribution dans cette entreprise de promotion du développement durable.

(2) Tim WALL, une convention pour les terres arides, Afrique Relance, avril-sept 1994, page 7

A- LA CONFERENCE DU CAIRE

La conférence de Rio de Janeiro a mis en exergue la question de la population comme facteur déterminant dans le processus de dégradation de l'environnement. C'est pour cette raison qu'un des chapitres d'Action 21 a été spécialement consacré à la dynamique démographique et durabilité: chapitre 5. Ce chapitre présente plusieurs recommandations visant à maîtriser la

croissance démographique dans le monde et spécialement en Afrique. Parmices recommandations, la tenue de la conférence du Caire sur cette question a

été fortement réaffirmée. Au paragraphe 5.66 il est écrit que "les recommandations formulées dans le présent chapitre ne doivent en aucune manière préjuger des débats de la conférence internationale sur la population et le développement (1994) qui sera l'instance appropriée pour les questions de population et développement...". Elle devrait donc étudier de fond en comble la relation population-développement et définir à l'issu de cet examen les politiques de population en vue du développement durable. C'est ce qu'elle s'est proposée de faire au cours de la semaine allant du 5 au 11 Septembre 1994.

Un document final de 23 pages a été adopté. Il fixe les objectifs que la communauté internationale entend poursuivre pour maîtriser la poussée démographique et mettre en oeuvre les recommandations du chapitre 5 de l'Action 21.

Mais au moment où ont disparu l'opposition dogmatique entre communisme et capitalisme et le dialogue de sourds des précédentes conférences entre tenants inconditionnels du développement comme seul contraceptif et ceux de la chute de la fécondité comme unique voie de modernisation, le refus rigide de l'Eglise tend à s'y substituer et à créer la

dichotomie. Cette attitude de l'Eglise a fragilisé le consensus obtenu au Caire. En effet, la majorité des propositions contenues dans le programme des Nations unies ont été soit repoussées, soit largement laminées par le Vatican, l'Islam et certains Etats du Sud avant d'être adoptées. Parmi les reproches faits au programme de l'Onu présenté au Caire, les deux premières institutions évoquent le fait que l'Onu tente de remettre en cause le rôle central de la famille dans la société, alors que derrière cette institution et sa protection c'est toute la théologie de l'Eglise qui est en jeu et dont le combat concerne en premier lieu l'avortement, la contraception, le planning familial et la sexualité.

Cette considération primordiale de l'éthique sexuelle individuelle laisse échapper l'axe social, la dimension collective des problèmes démographiques mondiaux où les structures, les conditionnements socio-économiques et socio- culturels sont déterminants.

En ce qui concerne l'attitude des pays en développement l'exemple qui symbolise la critique du programme de l'Onu est la lettre adressée en juin 1994 par le président argentin Carlos MENEN à ses homologues Latino-américains. Dans cette lettre, il leur adjoint de s'opposer aux mesures de contrôle de la population mondiale suggérées par le programme d'action de la conférence du Caire. Ce contrôle est inutile car, écrit-il " Dans presque tous les cas, les indices de fécondité de nombreux pays latino-américains sont en train de baisser. Si nous prenons en compte le taux de mortalité infantile et l'espérance de vie, les populations de notre continent vont vieillir de plus en plus, et c'est avec difficulté qu'elles se renouvelleront"(3) .

(3) Cité par Jean Marie POURSIN :les enjeux de la conférences du Caire, le Monde du mercredi 31 Août 1994 , page 2.

En dehors de ces critiques dont a été l'objet le document final de la conférence du Caire, il y a aussi le fait que comme les précédents textes adoptés à Rio et après, le programme du Caire n'a aucune force contraignante. Cet aspect en sus du premier rend difficile l'application dudit programme.

Mais si le document n'a pas connu un grand succès vu l'ampleur du désaccord évoqué, l'organisation de la conférence elle-même a été déjà un pari tenu par les Nations unies. En plus, l'adoption du document s'inscrit dans le processus de mise en oeuvre du programme d'Action 21. Car il répond à son paragraphe 5.1 alinéa (a) qui exhorte la communauté internationale au développement, à la diffusion des connaissances, des tendances et des facteurs démographiques et au développement durable.

B-LE SOMMET DE COPENHAGUE: PROCESSUS DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETE

Le chapitre 3, paragraphe 3.5, alinéa d de l'Action 21 intitulé Coopération et coordination internationale et régionales dit que "les organismes compétents des Nations unies, en coopération avec les Etats membres et les organisations internationales et organisations non gouvernementales appropriées devraient accorder un rang de priorité élevé à la réduction de la pauvreté". L'éradication de la pauvreté est un point très important de l'Action 21, aucun développement durable ne peut avoir lieu dans un cadre d'extrême pauvreté. Le sommet de Copenhague sur le développement social a été donc le cadre idéal de débattre de cette question trois ans après la conférence de Rio

Organisé du 6 au 12 Mars 1995 à Copenhague, le sommet mondial sur le développement social a rassuré l'opinion internationale sur la volonté des gouvernements de trouver des solutions au problème de la pauvreté. Cette volonté se manifeste par le nombre de participation qui a permis au sommet de

voler la vedette à la conférence de Rio: 118 monarques, présidents, viceprésidents et premiers ministres, 4000 délégués de 184 Etats, 3200 représentants des ONG et 2800 journalistes.

Deux textes y ont été adoptés: une déclaration et un programme d'action pour l'emploi et l'intégration sociale appelant les Etats et institutions internationales à recentrer leur gestion sur le social. Ce programme comporte dix engagements non contraignants qui sont: la création d'un environnement économique et politique favorable; une action pour l'élimination de la pauvreté; la lutte pour le plein emploi; la promotion de l'intégration sociale; l'égalité et l'équité entre les hommes et les femmes; un développement de l'éducation; un effort pour l'Afrique et les pays les plus pauvres; une amélioration des programmes d'ajustement structurel, un renforcement du développement; et l'accroissement de l'aide publique au "développement social".

Au sujet du dernier point, les pays donateurs se sont engagés à consacrer 20% de leur aide publique "au développement social", un chapitre qui devrait mobiliser à son tour 20% du budget des pays bénéficiaires. Au soutien de ces engagements, et comme une réponse au scepticisme des ONG, sans cesse à l'affût de "décisions concrètes", le Danemark, pays hôte a fait le premier pas en annulant une dette de 166 millions de dollars et en a appelé les autres pays à faire autant dès le mois prochain. Ce à quoi a répondu l'Autriche par la voix de son chancelier Franz VRANITZKY qui a pris l'engagement d'annuler plus de 100 millions de dollars de la dette bilatérale publique des pays pauvres à son

égard.(4)

Une autre idée a été développée au cours de ce sommet. M. François MITTERRAND a proposé la conclusion des "contrats de développement social" qui permettront de financer les efforts de gouvernements montrant leur volonté de respecter strictement les conventions de l'O.I.T. sur les droits des travailleurs. En outre, il a demandé à la communauté internationale de ne pas abandonner l'Afrique en chemin(5). En dehors de ces quelques prises de positions, le sommet de Copenhague, n'a pas apporté des solutions spectaculaires longtemps attendues par les pays en développement. On peut donc dire que trois ans après le sommet de la terre, l'Action 21 n'a pas encore connu sa mise en oeuvre effective, notamment en matière de lutte contre la pauvreté. Le sommet de Copenhague qui était l'occasion de donner le ton, n'a dégagé que peu de possibilités financières supplémentaires pour le développement social, alors que les pays pauvres n'ont cessé de demander davantage d'aides concrètes. Toutefois plusieurs réalisations des gouvernements, des ONG et organismes des Nations unies dans différents pays permettent de dire que dans certains aspects on peut parler d'une certaine mise en oeuvre du plan d'action de Rio.

SECTION II: L'ACTION DU SYSTEME DES NATION UNIES,
DES ONG ET DES GOUVERNEMENTS SUR LE PLAN
PRATIQUE

Selon les termes du chapitre 33: Ressources et mécanismes financiers de l'Action 21, dans son paragraphe 14 notamment, le financement de l'Action 21 et d'autres activités découlant de la conférence de Rio devrait être assuré de façon à dégager le maximum de ressources supplémentaires et à mettre à contribution tous les mécanismes et sources de financement: banques et fonds (l'IDA, banques régionales et sous régionales, le FEM), les institutions

spécialisées compétentes, les autres organisations internationales et les organismes multilatéraux pour la création des capacités et la coopération technique (PNUE, PNUD). Il y a aussi l'action des gouvernements qui est très décisives. Ainsi pouvons nous lire au paragraphe 8 du même chapitre que : "tous les pays devraient faire en sorte que le programme Action 21 puisse se traduire par des politiques et programmes nationaux en adoptant une approche qui intègre les éléments environnement et développement." La mise en oeuvre de l'Action 21 ne peut être appréciée qu'au travers les actions menées par les institutions susmentionnées.

PARAGRAPHE I: LE F.E.M, LE P.N.U.D, LE P.N.U.E, LA BANQUE
MONDIALE ET L'AFRIQUE

La Banque Mondiale indépendamment du F.E.M dont elle assure la gestion avec le P.N.U.E et le P.N.U.D, a approuvé avec l'IDA des projets à composantes environnementales pour 13 pays africains au cours de l'exercice fiscale 1992(*) Ces pays ont cependant contribué pour 10% de l'enveloppe global de leurs projets, il s'agit:

- de l'Angola pour un montant de 45, 6 millions de dollars en vue de la remise en état des réseaux d'alimentation en eaux, assainissement et gestion des déchets solides;

- du Bénin pour le montant de 26,8 millions de dollars pour la remise en état des infrastructures et l'assainissement de l'environnement;

- du Burundi pour le montant de 32,7 millions de dollars;

(*) Voir Forte croissance des financement liés à l'environnement, Marchés topicaux du 23 octobre 1992, page

- du Ghana pour 80 millions de dollars, pour le financement du projet national de vulgarisation agricole;

- de la Guinée équatoriale;

- du Kenya pour 60 millions de dollars, destinés à la lutte contre l'appauvrissement de la faune et l'effondrement du dispositif de réserves et de parcs nationaux;

- du Lesotho pour 110 millions de dollars;

- du Mali pour 20 millions de dollars, destinés au soutien du plan de gestion collective des ressources naturelles;

- de l'Ile Maurice pour un montant de 15 millions de dollars visant à financer le programme d'exploitation de l'énergie sucrière;

- le Niger pour 18 millions de dollars pour financer la politique du renforcement des sciences de vulgarisation agronomique;

- du Nigeria pour 143 millions pour le financement" du programme de base" d'action environnementale;

- de Sao Tomé et principe pour 9 millions de dollars visant à soutenir la production arboricole et vivrière;

Au cours de l'exercice 1994, 25 nouveaux projets liés à l'environnement ont été approuvés, représentant au total de la part de la banque mondiale - BIRD, IDA- des engagements de 2,4 milliards de dollars. En juillet 1994, près de 120 projets liés à l'environnement représentant au total des engagements de l'ordre de 9 milliards de dollars étaient en cours d'exécution.

En outre la banque a lancé de nouvelles stratégies régionales en faveur du lac Victoria en Afrique de l'Est. En effet, le projet relatif à la pollution du lac Victoria auquel participent la Tanzanie, l'Ouganda et le Kenya a reçu le soutien de la banque mondiale, manifestant par là l'application concrète de sa politique en matière de gestion des ressources en eau.

La banque africaine de développement (BAD) ne devait pas rester en marge de ce mouvement. En 1992, elle a décidé de faire des prêts et des dons en faveur de plusieurs projets africains à caractère environnemental. Il en a été le cas du Nigeria qui a bénéficié des prêts pour une étude portant sur les zones agro-alimentaires et écologiques de l'Etat d'Ondo (décision du 32/03/92), du Malawi à propos du projet d'adduction d'eau de Blantyre phase VI, de l'étude du plan directeur d'assainissement, et de celui portant sur la foresterie de Lilongwe (les décisions des 21/04/92 et 29/10/92), du Madagascar à propos du programme Environnement phase I (décision du 26/10/92), du Sénégal sur l'étude d'impact sur l'environnement du projet Canal de Cayon (décision du 30/10/92) et enfin du Cameroun en ce qui concerne le projet d'évacuation des eaux pluviales du quartier New-bell de Douala (décision du 14/12/92)(6) .

En ce qui concerne le F.E.M (fonds pour l'environnement mondial), son activité n'a pas manqué de mérite au cours de sa phase pilote. Crée en 1990 en

(6) Les projetsde la BAD, prêts et don approuvés en 1992, Marchés tropicaux du 26 février 1993, 592-593

vue de financer les coûts additionnels liés à la prise en compte de l'environnement global dans les pays en développement sous forme de subventions à des projets d'investissement des opérations d'assistance techniques et dans une moindre mesure d'activités de recherche, le F.E.M a été d'un grand intérêt pour l'Afrique. Sur un total de 1,4 milliards de dollars le Fond a au cours de la période 1990-1993 financer 112 projets pour un montant de 712,1 millions de dollars. L'Afrique a été financée à hauteur de 21% contre 34% pour l'Asie, 22% pour l'Amérique latine et les Caraïbes, 18% pour le Moyen orient....

Lors des négociations en vue de restructurer la constitution du F.E.M en Mars 1994, il a été admis que outre les domaines pour lesquels le fonds a été crée (réchauffement de l'atmosphère, la pollution des eaux internationales, la destruction de la biodiversité, l'appauvrissement de la couche d'ozone), il traitera désormais de la dégradation des sols - essentiellement la désertification et la déforestation- ce qui permettra à l'Afrique de tirer davantage profit de cette institution qui vient de voir sa trésorerie ramenée à 2,002 milliards de dollars pour la période 1994- 1997.

Le P.N.U.D quant à lui s'est impliqué de façon conséquente dans la mise en oeuvre de l'Action 21, principalement au travers le bureau des Nations unies pour la région soudano-sahélienne (BNUS), la CAPACITE 21 et le fonds d'initiative locale pour l'environnement urbain (LIFE).

Le bureau des Nations unies pour la région soudano-sahélienne, membre du Comité permanent interEtats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel, aide actuellement 8 pays de la région du Sahel à élaborer, prévoir et mettre en oeuvre des programmes de lutte contre la sécheresse et la désertification. Ces

programmes visent la conservation et l'extension de la forêt, la gestion des réserves d'eau et la fixation des dunes de sable.

CAPACTE 21 et le LIFE sont tous deux des fonds que le PNUD a crée au sortir de la conférence de Rio pour traduire les recommandations qui y ont été faites. Le premier permet aux gouvernements des pays en développement en liaison avec la CCD de renforcer leurs capacités institutionnelles afin d'élaborer et mettre en oeuvre des plans nationaux de développement durable en mobilisant les différents acteurs. Le second a pour but principal de promouvoir le dialogue au niveau local parmi les municipalités, les organisations communautaires et les ONG, de manière à améliorer la qualité de l'environnement urbain. En Afrique subsaharienne le Sénégal et la Tanzanie ont été choisis pour la phase initiale du fonds.

En dehors de ces fonds que nous venons de voir, le PNUD a aussi été à l'origine de la création du Réseau Afrique 2000 qui appuie actuellement les projets écologiques entrepris au niveau local dans 15 pays d'Afrique: Bénin, Burkina faso, Burundi, Cameroun, Ghana, Kenya, Lesotho, Mali, Mauritanie, Ouganda, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe. Au total 400 projets ayant pour but l'amélioration de l'état de l'environnement en Afrique bénéficient du soutien financier et technique du Réseau Afrique 2000. Parmi les activités appuyées par le Réseau, on peut citer la plantation d'arbres, l'agroforesterie, l'amélioration de la productivité agricole, les campagnes de lutte contre l'érosion et la conservation des sol et de l'eau(7)

Dans le domaine de l'économie de l'énergie, le PNUD favorise la mise au point de source d'énergie écophiles tant dans le cadre de son programme

habituel que dans le cadre du Fonds pour l'environnement mondial (FEM). Entre 1990 et 1993, le PNUD a investi 49,6 millions de dollars dans les projets d'énergies renouvelables par l'intermédiaire de son programme d'assistance en cours. Les sources d'énergies solaire, éolienne, biothermique et celle tirée de la biomasse, y compris l'énergie provenant des résidus de la canne à sucre sont parmi les solutions non polluantes étudiées par le FEM dans une douzaine de pays dont la Côte d'Ivoire, la Mauritanie l'Ile Maurice et le Zimbabwe.(8) Le gouvenement du zimbabwe a lancé en 1993 un projet pilote du fonds pour l'environnement mondial (FEM) prévu pour cinq ans, qu'il finance à hauteur de 2millions de dollars; le PNUD, qui administre le projet, y injectera pour sa part 7 millions de dollars. A terme 10.000 à 20.000 installations solaires d'un coût unitaire moyen de 950 dollars devraient équiper les maisons, les écoles, et hopitaux ruraux.(9)

Au regard de ce qui vient d'être dit, nous constatons que l'action des Fonds et institutions internationales trois ans après la conférence de Rio n'est qu'à moitié positive. En effet, si les politiques de conservation et de gestion des ressources recommandées par l'Action 21 sont en cours d'exécution, celles relatives aux dimensions sociales et économiques sont loin d'être passées à la phase d'exécution. Nous faisons ici allusion à la lutte contre la pauvreté, la protection et la promotion de la santé, promotion d'un modèle viable d'établissement humain. Or, ceux sont ces questions qui préoccupent plus l'Afrique. Il s'agit donc de diligenter ces politiques pour que les chances d'un développement durable soient possible en Afrique. Mais elles dépendent encore beaucoup plus des ONG locales et des gouvernements qui sont par rapport aux institutions internationales plus proches des réalités quotidiennes africaines.

(8) Sid KANE, Sources d'énergies de substitution dans le sud, ibidem, page 5.

(9) Ndaba NYONI,Quand le soleil brille la nuit, SOURCES UNESCO, n°69 Mai 1995, page21

PARAGRAPHE II: LES ONG, LES GOUVERNEMENTS ET
L'AGENDA 21

Plus que les institutions internationales, ces deux entités sont les plus importants acteurs du processus de mise en oeuvre du plan d'Action 21. Leur contact permanent avec les populations pour les premiers et leur pouvoir de décision et de conduite des politiques nationales pour les seconds sont d'atouts majeurs pour traduire en projets concrets les recommandations de la conférence de Rio.

L'engagement des gouvernements africains et l'enthousiasme des ONG africaines de développement et d'environnement manifesté pendant la conférence de Rio a rassuré la communauté internationale du revirement des politiques de développement et d'environnement du continent noir. Trois ans après cette grande messe, on peut essayer de voir ce qu'il en est exactement. Il s'agit d'analyser les actions menées à l'intérieur des Etats indépendamment du soutien des institutions et organismes internationaux dont les initiatives et apports viennent d'être examinés.

En ce qui concerne les gouvernements, plusieurs plans nationaux d'action pour l'environnement ont été mis en place pour promouvoir le développement durable. Estimés à une vingtaine avant la conférence, on en dénombre près de la trentaine actuellement en Afrique(10). Cette augmentation témoigne de la volonté des gouvernements africains de tenir leurs engagements. A côté de ces plans il y a aussi des projets d'initiative gouvernementale qui malheureusement lorsqu'ils ne bénéficient pas d'un soutien extérieur restent lettres mortes. Le problème est que, contrairement aux recommandations de la conférence qui demandaient aux gouvernements d'intéresser les entreprises privés, les

communautés rurales et urbaines au défi du développement durable, il y a encore dans bon nombre d'Etats africains la survivance de la pratique de la centralisation de décisions. Les gouvernements ont tendance à tout faire par eux même, et comme la tâche est immense ils rencontrent plusieurs difficultés à mettre en oeuvre l'Action 21, alors que cette tâche pourrait être facile si tout le monde serait concrètement impliqué. Certes, la mobilisation des ressources financières est d'importance capitale pour l'exécution de l'Action 21, mais il faut encore que ceux qui sont en contact permanent avec l'environnement se sentent concernés. Plus encore, il faut les amener à élaborer eux même leurs projets. C'est sur ce point que les gouvernements africains n'ont pas fait des progrès depuis la conférence de Rio.

On pourra rétorquer que sensibiliser et intéresser les populations est un projet qui exige -comme le traitement d'un lac pollué par exemple- une mobilisation d'énormes ressources financières.

Cela est vrai. Plusieurs pays sont arrivés à faire des projets de sensibilisation des populations qu'ils n'ont pu mettre en oeuvre. En effet, depuis un certain temps il relève de l'ordinaire que de dire que la majorité des pays africains sont incapables de faire face même à la régularisation des salaires des agents de la fonction publique et d'autres dépenses courantes. Cette situation fait que malgré leur bonne volonté les plans et projets élaborés sont souvent écartés lors des redistributions des ressources financières disponibles aux différents chapitres des budgets nationaux. On comprend donc que sans soutien extérieur il est très difficile qu'un projet soit exécuté. Cela est d'autant plus vrai que l'aide publique au développement qui selon les engagements des pays de l'OCDE devait atteindre 0,7% de leur PIB n'est

jusqu'aujourd'hui que de 0,34%(11). Elle tend même à être annulée aux Etats unis. En effet, le Congrès américain aujourd'hui majoritairement républicain cherche à réduire l'aide financière destinée à l'Afrique. En Décembre 1994, le représentant Mitch Mc CONNELLE déclarait qu'il "avait du mal à justifier les dépenses engagées pour la majeur partie du continent africain". Cette aide ne correspond selon lui aux intérêts des nationaux américains qui se situent au contraire au Moyen orient, en Europe de l'Est et en ex-URSS qui continueront à bénéficier d'une aide au développement garantie(12). Il a donc annoncé son intention de proposer un projet de loi sur l'aide étrangère pour l'exercice 1995 qui comprend une clause mettant un terme au fonds de développement pour l'Afrique.

Dans le document de synthèse du PNAE-Congo, 37 projets ont été élaborés par le gouvernement sans qu'il s'engage à financer le coût total d'un seul d'entre eux, préférant solliciter les apports extérieurs auxquels il entend adjoindre une éventuelle contribution. Ce n'est que de cette façon que les Etats africains peuvent procéder à la mise oeuvre de l'Action 21. La conjoncture est très malsaine pour leur tenir rigueur. La dévaluation du franc Cfa dont bon nombre sont concernés a contribué au rétrécissement de certains chapitres budgétaires parmi lesquels figurent les questions sociales et environnementales. Ainsi, logiquement s'il y a bilan à faire c'est peut être celui des actions conjointes des Etats et d'autres acteurs internationaux au titre du partenariat pour le développement durable. Le paragraphe sur le processus d'élaboration et d'exécution des PNAE montre à ce sujet "l'activisme" des Etats africains. Ce sur quoi on peut s'interroger c'est l'action des ONG locales qui se

(11) Annie SIMON (responsable des programmes environnemenrt développement du collectif de recherche et d'information sur le développement (CRID) ), in Rio ou la parole libérée, inteview accordé à Patrick Piro Polits n° 20, page 16

(12) Courrier international du 18 au 24 Mai 1995, n°237, page 34

sont affirmées à Paris lors de la conférence des ONG prélude au sommet de la terre en Décembre 1991 et pendant le sommet de la terre proprement dit.

Au cours de ces trois années écoulées elles n'ont pas été en reste du processus engagé, au contraire leurs actions ont donné des résultats stupéfiants. Pour s'en convaincre nous allons examiner les actions de l'une d'entre les plus opérationnelles en Afrique. Il s'agit de l'OSDIL (Organisation sénégalaise de développement des initiatives locales).

Son champ d'action a été au cours de la période 1991-1994 la région Siné-Saloum du Sénégal, menacée par la sécheresse. Soutenue par l'ACDI et le Réseau Afrique 2000, son action consistait principalement à réparer le système de gestion des eaux, le reboisement, la désalinisation et le soutien des activités productives dans les villages.

En 1992, 8000 premiers arbres ont été plantés sur une superficie de 50 hectares. Trois ans après, les résultats sont satisfaisants, d'autant plus que M. Diop OUSEYNOU(*) s'est laissé dire que" la qualité des sols commence à s'améliorer...l'herbe repousse et il n'y a pas de surpâturage. La parcelle de reboisement commence à ressembler à la pelouse d'un terrain de football. Les arbres améliorent la qualité du sol et en retour, ce sol enrichi aide les arbres à repousser".(13)

Le succès du projet de l'OSDIL tient à ce que son initiateur M Amadou FALL l'est fait adopté au préalable par les villageois, qui en retour ont mis le leur par l'intermédiaire d'une participation active. Ce qui fait que, lorsque l'ACDI et le Réseau Afrique 2000 arrêteront le financement et après le départ

(*) Ingénieur forestier travaillant à l'OSDIL (13) Revue Choix, PNUD, Avril 1994 page 20

des techniciens, les paysans auront appris beaucoup de choses. Ils pourront donc perpétuer les enseignements acquis.

Le succès que rencontre la pratique de la participation des population aux politiques de sauvegarde de l'environnement avait donc amené le gouvernement malien à s'investir dans ce sens. Ainsi, compte tenu des dégradations provoquées par la transhumance et le braconnage, ce gouvernement a mis en chantier (Mai 1993) un projet avec l'appui du PNUD et l'assistance technique de l'UNESCO. Ce projet intitulé gestion améliorée des réserves de la biodiversité de la Boucle de Baoulé vise la réhabilitation de la réserve par le biais des "contrats de participation" avec 50.000 habitants devenus responsables de la gestion de la réserve(14) .

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand