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L'abstentionnisme électoral au mali depuis l'avènement du multipartisme en 1992.


par Madou NIMAGA
Université Cheickh Anta DIOP de Dakar - DEA en Science politique 2006
  

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Paragraphe 1 : L'impact de la pauvreté.

La non participation électorale n'est pas isolable de la situation sociale des individus notamment les moins fortunés, les moins diplômés, les plus isolés bref les plus dépourvus des ressources sociales.

Elle manifeste leur impuissance sociale à intervenir dans la décision politique, à imposer des enjeux dans le débat politique et plus encore à maîtriser les valeurs et les règles qui prévalent parmi les élites et leur assure un monopole du jeu politique institutionnalisé.

Au Mali, la pauvreté est bien réelle 114(*) et selon les études menées sur le phénomène 115(*) il existe trois sortes de pauvreté :

· La pauvreté monétaire ou de revenu, qui exprime une insuffisance de ressource engendrant une consommation insuffisante ;

· La pauvreté de conditions de vie ou pauvreté de masse, qui se traduit par une situation de manque dans les domaines de l'eau, de l'éducation, de la santé, du logement etc. ;

· La pauvreté de potentialité caractérisée par le manque de capital (accès à la terre, au crédit, aux équipements etc.).

Parmi ces trois catégories de pauvreté, seules les deux premières seront prises en considérations ici, dans la mesure où la pauvreté de potentialité ne traduit pas toujours une situation d'extrême pauvreté que nous visons ici.

Au Mali, la pauvreté est essentiellement rurale, mais elle touche de plus en plus les grandes villes en raison de la dégradation du marché du travail et des migrations massives.

En d'autres termes, la pauvreté se manifeste en terme d'absence de capacités dans les domaines majeurs du bien être : analphabétisme, malnutrition, longévité réduite, mauvaise santé, habitat insalubre, et surtout, la participation réduite à la vie politique. Les trois facteurs, les plus cités par les populations elles-mêmes portent sur l'alimentation, la maladie et l'absence de travail.

En définitive, le seuil de pauvreté étant défini comme la consommation minimale qui permet à la fois à l'individu de se maintenir dans un état de santé correct et d'exécuter les tâches professionnelles est généralement estimé en terme monétaire.

Ainsi, au terme du sondage de 2003 sur la démocratie et le processus électoral au Mali, ils sont près de 60% des enquêtés ayant un revenu de moins de 60.000 FCFA et déclarant ne pas voté, contre 40% ayant un revenu supérieur ou égal à 100.000 FCFA et affirmant avoir voté.

Cette situation nous montre très clairement l'incidence de la situation socio-économique de l'individu sur sa participation à la vie publique. On peut aussi constater que plus l'individu à un revenu plus élevé, plus il tend à participer aux affaires publiques. Par contre, plus le revenu est faible, plus l'intérêt pour la politique s'amenuise.

En dépit de l'avènement de la démocratie pluraliste au début de la décennie 1990, nombreux sont les Maliens qui sont pas encore satisfaits par rapport leurs conditions de vie quotidienne.

Devant cette situation, les autorités maliennes ont depuis lors, mis en place divers programmes ou politiques de lutte contre la pauvreté.

Si le concept de lutte contre la pauvreté n'est pas une trouvaille malienne, l'idée ayant germé depuis la conférence de Rio, on peut affirmer que le gouvernement du Mali a été parmi les premiers en Afrique à bâtir une stratégie axée sur la lutte contre la pauvreté. Le Président Alpha Oumar Konaré a placé son deuxième mandat (1997 - 2002) sous le signe de la lutte conte la pauvreté. Ainsi son gouvernement a mis sur pied une stratégie Nationale de lutte contre le pauvreté (SNLP) en 1998 qui a frayé le chemin, à un cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) comme cadre unique de référence pour les politiques et stratégies à moyen terme et principal document de négociation avec des partenaires techniques et financiers.

En 2007, le Président Amadou Toumani TOURE a élaboré un Programme National de développement économique et social (PDES) qui constitue également un meilleur cadre de lutte contre la pauvreté.

Cependant, force est de constater, la persistance de la pauvreté au Mali malgré l'élaboration de ces programmes qui se multiplient de plus en plus en fonction du changement du locataire de la présidence et qui se caractérisent par une absence d'évaluation. Après avoir examiné l'incidence de la pauvreté sur la participation électorale, nous allons maintenant analyser l'impact du chômage.

* 114La pauvreté de masse est devenue un phénomène généralisé au Mali : 63% et 21% de la population totale vivent respectivement dans la pauvreté et dans l'extrême pauvreté.

* 115 Trois enquêtes d'envergure nationale ont été réalisées sur la pauvreté par les gouvernements du Mali de 1989 à 2001.Il s'agit : De l'Enquête Budget Consommation 1989 (EBC89) ;De l'Enquête Malienne de Conjoncture Economique et Sociale 1994 (EMCES94) ; De l'Enquête Malienne d'Evaluation de la Pauvreté (EMEP2001).

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