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L'abstentionnisme électoral au mali depuis l'avènement du multipartisme en 1992.


par Madou NIMAGA
Université Cheickh Anta DIOP de Dakar - DEA en Science politique 2006
  

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Paragraphe 1 : L'impact du mode d'inscription des électeurs.

Au Mali, le mode d'inscription en vigueur est celui d'inscription d'office ou automatique qui consiste à faire inscrire sur les listes électorales tous les citoyens de nationalité malienne, jouissant de leurs droits civils et politiques et âgés d'au moins dix-huit ans, à partir des cahiers de recensement.

Ainsi, la volonté du citoyen n'est pas requise au préalable comme dans le système d'inscription volontaire pratiqué par d'autres pays comme la France, les Etats-Unis d'Amérique, le Sénégal, le Congo Brazzaville...où c'est le citoyen qui décide volontairement de son inscription ou non sur les listes électorales.

En effet, au Mali, les taux d'abstention électorale sont presque calculés en fonction du nombre de la population en âge de voter (comme aux Etats-Unis d'Amérique), puisqu'avec le système d'inscription d'office, on peut considérer que c'est tous les citoyens en âge de voter qui sont inscrits sauf ceux qui ne disposent pas leur droit de vote par décision judiciaire.

Par contre, en France ou au Sénégal, les taux d'abstention sont calculés en fonction du nombre des électeurs qui se sont inscrits volontairement. Ceci peut abaisser considérablement le nombre des abstentionnistes et élevé en même temps celui des non-inscrits.

Le mode d'inscription d'office peut être considéré comme un système propice l'abstentionnisme électoral dans la mesure où tous les électeurs potentiels67(*) sont automatiquement répertoriés sur le fichier électoral. Il contribue donc a gonflé le nombre des électeurs inscrits dont la plupart ignore même qu'ils sont inscrits.

Avec un tel système, le nombre des électeurs croît de façon très sensible d'élection en élection. Au Mali, le nombre des inscrits croît des fois de plus 1.100.000 nouvelles inscriptions en espace d'un mandat de cinq ans séparant en principe deux élections.

Graphique 1 : Progression des inscrits par élection présidentielle de 1992 à 200768(*).

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A partir de cette graphique, nous constatons que le nombre des inscrits a progressé de plus de 2.000.000 nouvelles inscriptions, des présidentielles de 1992 à celles de 2007. Avec le mode d'inscription d'office pratiqué au Mali, les statistiques prévoient une progression du nombre des inscrits à près de 10.000.000 d'électeurs d'ici les échéances électorales de 2017.

En comparant le nombre des électeurs inscrits au Mali à celui d'autres pays voisins de la sous-région ouest africaine comme le Sénégal ou le Burkina Faso, qui ont à peu près les mêmes caractéristiques démographiques que nous, on se rend compte que l'électorat malien est plus important en terme de volume que ceux de ces pays.

Nous déduirons donc que c'est le système d'inscription sur le volontariat pratiqué par ces deux pays voisins qui justifie ces écarts.

Lors des élections présidentielles de 2007, pendant que le Mali comptabilisait près de 7.000.000 d'électeurs inscrits sur une population estimée à 12.500.000 habitants ; le Sénégal n'en comptait qu'à peu près 5.000.000 d'électeurs et le Burkina-Faso, 4.400.000 électeurs sur une population globale de 13.000.000 d'habitants.

A en croire aux statistiques, plus d'un électeur malien sur deux a moins de Vingt Cinq (25) ans ; en plus 57% des personnes enquêtées ayant moins de ce seuil d'âge ont déclaré : « n'avoir pas voté » lors des élections générales de 2002. Ceci nous montre que l'abstentionnisme électoral au Mali est un phénomène essentiellement juvénile.

Il faut souligner que cette forte abstention des jeunes est en partie liée au système d'inscription, mais aussi à leur vulnérabilité socio-économique69(*). En effet, un nombre important de ces jeunes ignorent qu'ils sont inscrits sur les listes électorales dans la mesure où ces listes ont été obtenues à partir du recensement (RACE) tenu en 2001. Donc tous les jeunes nés vers 1989 et recensés lors du RACE de 2001 seront automatiquement inscrits sur les listes électorales pour les échéances de 2007. En plus, c'est le chef de famille qui donne les informations aux agents recenseurs sur les membres de sa famille qui, du coup, ne sont même pas informés qu'ils ont été recensés. Toutes ces incohérences ajoutées à d'autres contribuent à voir l'état du fichier électoral.

* 67 Ici, nous entendons par « électeur potentiel »  tout citoyens remplissant les conditions d'élire fixées par la loi électorale.

* 68 Source : Ministère de l'Administration Territoriale et des Collectivités Locales (MATCL) et la cour constitutionnelle du Mali.

* 69 Infra, section II relative aux facteurs liés à la faible intégration socio-économique.

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