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Gestion des lamantins des lacs de Lere : entre conservation des ressources naturelles et survie de la population.


par HONORE BEAKGOUBE
CREFELD, Université de Sarh-Tchad - Master 2 en Environnement et Developpement Communautaire  2011
  

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INTRODUCTION GENERALE

Les parcs nationaux, les réserves de faune et autres sites ont au moins eu le mérite de demeurer dans la mesure du possible d'importants refuges pour une reproduction « in situ » des espèces animales et végétales, dans un contexte de dégradation accélérée de l'environnement. Le Tchad dispose de deux parcs nationaux, sept réserves de faunes, d'une réserve de biosphère et onze forêts classées.

Le réseau des aires protégées du Tchad correspond à une superficie de 131 841 km² 1(*) soit environ 10% du territoire national dont : 4140 km² de parcs nationaux, 110.800 km² de réserves de faune, 14931 km² de forêt dansées et 1970 km² de biosphère (Direction de parc et réserve des faunes, octobre 1991). Dix aires protégées, sur la validité du PNUE sont jugées indispensables pour freiner la tendance à l'épuisement des espèces. Il s'agit de parcs nationaux de Zakouma et de Manda, des réserves des faunes du Barh Salamat, Siniaka-Minia, d'Aboutelfane, de Binder-Léré, de Ouadi-Riné-Ouadi-Achan, de Fada Archeï et de Mandelia et la réserve de Biosphère du Lac Fitri.

Carte n°1 : Situation Géographique

La réserve de faune de Binder-Léré, créée le 24 mai 1974 et centrée sur le 9°84' de latitude Nord et et limitée par les méridiens 14°16' et 14°72 de Longitude Est. Son altitude varie entre 280 et 500 mètres. Elle couvre une superficie de 135.000 ha et abrite deux lacs naturels : le Lac Léré et celui de Tréné. On y trouve une population de Lamantins, d'hippopotames, des varans d'eau, de crocodiles, de tortues et autres reptiles. La faune terrestre est composée entre autre de damalisques, de bubales, de girafes, d'hyènes, des phacochères etc.

Les ressources halieutiques des Lacs de Léré subissent une forte pression . Cette pression a pour conséquence la baisse des prises, qui a justifié la mise en place des zones de protection. Une gestion concertée, s'appuyant sur les connaissances du milieu des populations riveraines, nécessaire pour préserver ces milieux lacustres fragiles (P.Dagou et al. 2005).

Depuis plusieurs décennies, le Tchad, comme toute l'Afrique au Sud du Sahara subit des crises bioclimatiques aux conséquences socio-économiques importantes. Le potentiel halieutique est fortement dépendant de la pluviométrie. L'irrégularité très accentuée des pluies ces dernières années et l'augmentation de la population s'accompagnent d'une dégradation des ressources naturelles existantes qui se traduit par la sécheresse édaphique, la baisse de la productivité des sols, l'extension des surfaces cultivées, le développement de l'élevage, la déprise du couvert végétal et l'altération générale des milieux naturels avec apparition de nouveaux faciès paysagers (P.Kedeu, 2006).

Le département de Lac Léré, cadre administratif de notre étude, n'échappe pas à cette situation de crise. Située à l'extrême Sud-ouest du Tchad, la région de Léré est l'une des régions les plus peuplées du pays. Une densité qui s'explique en partie par la présence des Lacs. La région constitue de nos jours un pôle d'attraction d'une population cosmopolite à cause des potentialités agricoles, halieutiques, pastorales et économiques qu'elle offre. Cette attractivité entraîne des habitudes de consommation et de production non viables, la perte des connaissances traditionnelles et la recrudescence des actes de vandalisme.

En effet, des efforts sont entrain d'être faits en matière de gestion durable des ressources naturelles. Ces efforts sont matérialisés par l'émergence des organisations à caractère régional, national, local, les associations des amis des animaux et les ratifications de nombreuses conventions sur la biodiversité, sur les changements climatiques etc.

Cependant, les conférences et séminaires sur les causes et effets pervers de la dégradation de la biodiversité constituent désormais des tribunes d'information et de sensibilisation en faveur de la protection de l'environnement. Les résolutions et les recommandations émanant de ces rencontres internationales connaissent quelques fois le sort du tiroir. L'impact des tentatives de préservation ou de conservation des ressources naturelles est faiblement ressenti par la population. Les modèles exogènes aux contenus non adaptés au contexte local sont voués à l'échec. Cette situation nous conduit à citer Shanti Basuet qui disait : « nous ne pouvons prêcher un développement hors du contexte des besoins du village. Mais lorsque les gens prennent leur sort en main, tout devient possible ».

L'État à travers ses organes techniques ne doit pas seulement opter pour la répression comme principale panacée aux actes de vandalisme. Mais doit également promouvoir les mesures d'incitation, la recherche et formation, l'éducation et sensibilisation du public, des études d'impacts et réduction des effets néfastes.

Le développement de toutes ces préoccupations s'articule autour de cinq (5) chapitres :

1. Chapitre I : Approche de la collecte de données

2. Chapitre II: Organisation des différents acteurs et la Gestion concertée des ressources naturelles des lacs de Léré

3. Chapitre III : La diversité biologique des lacs de Léré

4. Chapitre IV : Les aires de répartition et les cause d'extinction des lamantins

5. Chapitre V : Les stratégies de gestion conservatoire et participative

Ce travail présente des insuffisances tant sur le fond que sur la forme. Pour cela, comme le dit une locution étrangère « Errare humanum est », nous conjurons le lecteur d'en excuser, car cela résulte de la limite de l'intelligence humaine.

* 1 Habib GADEMI, Rapport National sur la biodiversité, Ministère de l'Environnement et de l'Eau, 2007, p225

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