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Gestion des lamantins des lacs de Lere : entre conservation des ressources naturelles et survie de la population.

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par Honoré BEAKGOUBE
CREFELD, Université de Sarh-Tchad - Master 2 en Environnement et Developpement Communautaire  2011
  

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II.1.4. CONTEXTE SOCIO-ÉCONOMIQUE

Installée depuis le XVIIème siècle, l'ethnie moundang qui constituait le noyau du peuplement de la région de Léré, partage ses terres avec d'autres ethnies venantes de divers horizons. On rencontre aujourd'hui dans la ville une population cosmopolite avec des groupes minoritaires tels que les Haoussa, peuple pêcheur dont les vieux parents venus pour la plupart du Nigeria se sont établis pour la pêche, les peuls (les Mbororos et foulbé) pasteurs visitant la zone au moment des transhumances. L'afflux de la population expliquerait par la péjoration climatique et la prévalence des conflits politico armés. Face à ces conjonctures les populations recherchent des territoires plus propices et plus calmes. La région de Léré à travers ses lacs constitue alors un point de chute privilégié des migrants. Aussi il est à noter que la proximité d'un axe routier très emprunté, favorise les échanges avec le Cameroun et les grandes villes du Pays. Cette attractivité de la région a contribué à la faire hisser au rang des régions les plus densément peuplées du Tchad (soit 53 hbt/km2). Cette forte concentration de population ne va pas sans générer des pressions sur l'environnement.

L'agriculture, l'élevage, la pêche et le commerce constituent l'essentiel des activités humaines de la région.

L'agriculture est à la fois vivrière et de rente. Les cultures vivrières sont celles du sorgho rouge ou blanc, le bérébéré, le maïs, le haricot, l'arachide etc. Au rang des cultures de rente figurent le coton et l'oignon. Le coton a été introduit par les colons, est cultivé de manière extensive. Il fut la plus importante source de revenus pour la majorité des habitants de la région. Mais de nos jours, la culture du coton rencontre d'énormes difficultés (retard d'achat et de décaissement d'argent, coûts élevé des produits phytosanitaires et autres intrants etc.). Les plaines lacustres, après le retrait des eaux permettent aux populations riveraines de se livrer aux cultures de contre saison et au maraîchage : bérébéré, patates, haricots, arachides... pour les premières et l'oignon, carottes, tomates, ails etc. pour le second.

L'élevage, initialement absent du mode de vie traditionnel des moundang, s'est peu à peu développé au contact des foulbés. Il garde cependant un caractère marginal et joue un rôle capital au plan social : sacrifices, funérailles, dot et source de prestige au sein de la communauté. Il est de type sédentaire et les cheptels composés des petits ruminants, des porcs, des bovins de la Culture attelée (BCA), des volailles sont de taille réduite. Les foulbés, en revanche, possèdent des troupeaux (bovins, petits ruminants) de taille importante pour les quels ils effectuent les transhumances dans les plaines.

La pêche, devenue l'une des activités principales dans la région est pratiquée par deux catégories de pêcheurs : les pêcheurs professionnels et les agro pêcheurs. La première catégorie est celle des migrants étrangers vivant exclusivement des revenus de la pêche. Ce sont les pêcheurs haoussa, les somono originaire du Mali et bien d'autres venus du Cameroun. Ceux-ci payent un permis de pêche délivré par l'inspection des eaux et forets. Ce document confère au bénéficiaire une autorisation d'exercer la pêche en se conformant aux réglementations et lois en vigueur. Le permis de pêche est délivré à raison de 12 500FCFA /an pour les nationaux (permis A) et 75 000 FCFA pour les expatriés (permis B).

Les moundang, mombaye et djoukoun appartiennent à la deuxième catégorie, celle des agro pêcheurs. Pour cette catégorie, la pêche est une activité complémentaire à l'agriculture, leur activité principale. Ils pratiquent une pêche de subsistance. Pendant, ces dernières années où les incertitudes climatiques rendant les productions agricoles et les revenus de l'élevage très aléatoires, certains individus ont préférés se reconvertir dans l'exercice de la pêche qui s'avère florissante.

Le commerce, est un secteur d'activité qui absorbe une tranche de la population à la fois autochtone et allogène. Il est favorisé par la proximité des villes camerounaises et nigérianes débouchant ainsi sur des échanges fructueux. Sur la liste des activités pourvoyeuses de revenus figure également la chasse. Elle n'est pas officiellement pratiquée ; toutefois celle-ci est exercée de manière officieuse dans la réserve de faune de Binder-Léré malgré la surveillance des agents techniques (forestiers). En sus de ces activités génératrices de revenus, on note une exploitation artisanale de l'or. Elle est observable dans le lit du Mayo-Kebbi et de ses affluents.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.