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Analyse des paramètres morphométriques, climatologiques et hydrométriques du bassin du Kasaà dans sa partie congolaise

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par Modeste KISANGALA MUKE
Université de Kinshasa - Troisième Cycle (MSc) 2009
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VI. 2. 3. STATION DE KIKWIT

Kikwit est la station qui reçoit des pluies le plus sporadiquement au regard de sa courbe annuelle. Les pluies sont en effet rares à Kikwit, et leur chute survient souvent sous forme d'orage.

Le coefficient de variation de la station de Kikwit de 24% explicite davantage la distribution pluviométrique peu changeante à l'échelle inter- saisonnière. En fait, soit près de 80% des pluies se déversent sous forme de trombes d'eau orageuses à Kikwit. Ces fortes pluies gonflent la cote udométrique saisonnière laquelle ne participe cependant pas significativement à la recharge de l'écosystème.

Les évapotranspirations, quant à elles, étaient en perpétuelle augmentation. Leur évolution concomitante présente aussi une parfaite corrélation.

Les études menées sur le terrain ne corroborent pas cette analyse. La région de Kikwit n'a plus l'écosystème qu'elle avait il y a trente ans. La population grandissante de cette région ne pratique que l'agriculture sur brûlis. Il s'y développe même des érosions dans les champs de culture parce que le sol n'est plus mis en jachère. Ce sol restant nu sur un terrain en pente, à chaque saison des pluies, lorsque les averses dégénèrent, il s'en suit des ravinements.

Sur ce, cet écosystème n'ayant rien emmagasiné lors des pluies diluviennes - lesquelles favorisent plus le ruissellement que l'infiltration - ne peut être en mesure d'évaporer graduellement une grande quantité d'eau dans l'atmosphère.

BAUMER (1987) avait déjà souligné que les environs de Kikwit était menacés par une désertification, qui est l'un des aspects de la dégradation généralisée de ces écosystèmes sous la pression combinée des conditions climatiques (averses capricieuses), et d'une exploitation excessive de ces ressources naturelles.

La décimation de l'écosystème de la région de Kikwit en particulier, et de la province du Bandundu en général durant la dernière décennie, peut être liée à la rupture des échanges entre la ville province de Kinshasa avec certaines provinces pendant la guerre de triste mémoire de 1996 à 2003. La province de Bandundu  était restée le seul grenier de la ville de Kinshasa. La demande étant très grande sur les marchés Kinois, la pression sur les ressources naturelles était aussi forte.

Cette pression sur la flore a eu des répercussions sur la faune. Les environs de Kikwit abritaient plusieurs espèces animales que l'on pouvait d'ailleurs apercevoir. Les observations de la faune étaient fructueuses le matin, quelques heures avant le lever du soleil et le soir avant le crépuscule. Actuellement, cette faune a sensiblement diminué, et plusieurs espèces ont totalement disparu. C'est le cas de l'éléphant, du lion, du porc-épic, et de certaines espèces d'antilopes comme le colobe magistrat et le roseau (SEMEKI, 2002).

NGABULONGO (2005), l'avait aussi souligné en disant : « dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et la survie, les populations de Kikwit et ses environs ont dépouillé la terre de ses arbres et de ses arbustes pour en faire les bois de chauffe, défrichent les terrains instables à forte pente, surexploitent la faune locale ; et les écosystèmes en payent le lourd tribu. Il s'en suit alors des érosions, disparition des espèces, délabrement des routes, chute de rendement agricole et la malnutrition s'installe ».

Sur ce, les organismes des Nations Unies (UICN, PNUE, WWF, 1980) ont même soulevé cet aspect des choses en disant : les ressources naturelles indispensables à la survie de l'humanité et au développement durable sont en train d'être détruites ou épuisées à une cadence toujours accrue, alors que parallèlement, la demande de ces ressources augmente rapidement. Sous les tropiques par exemple, la dégradation des terres arables s'accélère rapidement pendant que les populations y sont confrontées à un problème alimentaire aigu. En outre, ces régions sont plus exposées à l'érosion que celles de la zone tempérée, par suite de la topographie et de la nature des sols et des précipitations.

De ce qui précède, il est clair que l'écosystème forestier actuel de Kikwit et ses environs lui prive de son pouvoir d'évapotranspiration réelle et les pluies qui s'abattent à Kikwit ne sont que l'oeuvre du phénomène de convection extrêmement isolée.

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