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Analyse des paramètres morphométriques, climatologiques et hydrométriques du bassin du Kasaà dans sa partie congolaise


par Modeste KISANGALA MUKE
Université de Kinshasa - Troisième Cycle (MSc) 2009
  

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VI. 2. 2. STATION D'INONGO

La station d'Inongo, située dans la grande forêt équatoriale, bénéficie des lames d'eau importantes par rapport aux autres stations. Son analyse a montré un maintien d'équilibre de la pluviométrie en général, et quelque tendance à la baisse des pluies au cours de la première et de la troisième décennie de la série. Certaines baisses décennales des pluies ont même dépassé la normale. Il n'est pas exclu qu'on puisse lire les signes perceptibles de changement climatique dans la grande forêt équatoriale.

Par contre, les lames d'eau importantes que cette station reçoit ne profitent pas à la rivière Kasaï, parce que la Fimi qui collecte les eaux de cette station les jette dans le Kwa.

La lecture sur l'évaporation des évapotranspirations réelles à Inongo dénote une situation particulière. Sa courbe annuelle marque un point d'inflexion d'une hauteur de 1059mm en 1972-1973 qui est juste le milieu de la série. Nous avons remarqué que la tendance générale des évapotranspirations réelles était en baisse. Une baisse très significative par rapport à la normale. Il y a eu seulement une année qui a dépassé la normale, en l'occurrence l'année du point d'inflexion.

Cette baisse de l'évapotranspiration réelle peut s'expliquer dans le sens d'auto - conservation de la réserve pour le maintien de l'équilibre écologique.

Les pluies ayant connu une augmentation, et par contre les évapotranspirations s'étant contractées, il a été constaté une divergence entre les deux paramètres.

La forêt dense équatoriale et tropicale, étant  « un océan vert », et de surcroît « une aire pluviogénétique par excellence »  pour le maintien de la pluviométrie et de l'hydrométrie, subit actuellement une exploitation sérère par la culture sur brûlis et l'exploitation du bois. Ces pratiques privent la forêt de son pouvoir d'évapotranspiration.

Nul ne peut croire que les pluies commencent à se faire rares à Inongo. Toutefois, leur tendance y a été à la baisse au cours de certaines décennies. Cette réalité se justifie encore par la mauvaise récolte répétée des produits agricoles saisonniers dans le bassin du Kasaï. Les terres de la R. D. Congo, naguère reconnues arables partout, se dégradent au fil du temps.

La Convention des Nations Unies sur la lutte Contre la Désertification (CCD) définit la dégradation des terres comme étant « la diminution ou la disparition, dans les zones arides, semi - arides, et subhumides sèches, de la productivité biologique ou économique et de la complexité des terres cultivées non irriguées, des terres cultivées irriguées, des parcours, des pâturages, des forêts ou des surfaces boisées du fait de l'utilisation des terres ou d'un ou plusieurs phénomènes, notamment de phénomènes dus à l'activité de l'homme et à ses modes de peuplement, tels que :

- l'érosion des sols causée par l'eau et/ou le vent ;

- la détérioration des propriétés physiques, chimiques et biologiques ou économiques des sols ; et

- la disparition à long terme de la végétation naturelle » (OMM, 2007).

L'agriculture en R. D. Congo étant pluviale et caractérisée par des périodes de semence en fonction de la saison des pluies, le maintien de son écosystème s'avère indispensable. Lorsqu'il ne pleut pas à la période attendue, les pluies vont revenir sous forme d'orage et favoriseront le ruissellement en lieu et place de l'infiltration. Il s'en suit alors la dégradation des terres cultivables et la chute de la production.

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