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Analyse des paramètres morphométriques, climatologiques et hydrométriques du bassin du Kasaà dans sa partie congolaise


par Modeste KISANGALA MUKE
Université de Kinshasa - Troisième Cycle (MSc) 2009
  

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VI. 2. PARAMETRES CLIMATOLOGIQUES

VI. 2. 1. STATION DE BANDUNDU

Les analyses faites sur le plan présentation brute de la série et statistique à la station de Bandundu ont démontré que les pluies et les évaporations ont connu une baisse significative, pendant que leur évolution concomitante indique une discordance totale. Le test de corrélation appliqué à ces données a aussi montré que la valeur calculée est largement supérieure à la valeur tabulée. L'hypothèse nulle était rejetée et l'on a retenu son alternative qui stipule que les pluies n'évoluent pas de paire avec l'évaporation à la station de Bandundu.

Les enquêtes menées sur le terrain nous ont permis de conclure sur cette baisse de la pluviométrie. Au fait, sur un échantillon des 100 enquêtés, au moins 90% reconnaissent que les pluies commencent à se faire rares et que pendant la saison des pluies, il pleut rarement. La récurrence des pluies est souvent sous forme d'orage. Ces pluies diluviennes favorisent plus le ruissellement et le ravinement accompagné de la destruction des habitations. Elles provoquent des crues temporelles et n'alimentent pas très bien les aquifères pour que le bassin garde son niveau hydrostatique équilibré et que la rivière ait une mouille suffisante pour la navigabilité.

L'irrégularité des pluies est due notamment au saccage de la forêt qui reste la source incontestable des évapotranspirations - tributaires des précipitations. L'atmosphère ne peut restituer à la terre que si elle reçoit quelque chose de celle-ci.

Les forêts jouent un rôle clé pour de nombreux aspects de la gestion des ressources en eau et la protection de l'environnement. L'impact des forêts sur la qualité de l'eau et les caractéristiques des processus hydrologiques dans les bassins versants forestiers est d'une importance primordiale pour un développement humain durable et la préservation des habitats naturels. La destruction de cet écosystème forestier a un impact négatif direct non seulement sur la situation socio-économique des personnes vivant dans des environnements forestiers, mais a également des répercussions sur des sociétés entières à travers les liens étroits de la sylviculture, de la gestion durable des ressources en eau et d'autres aspects du comportement humain comme l'agriculture et l'approvisionnement en énergie et commerce (PUHLMANN & al. 2008).

La destruction de l'écosystème du bassin du Kasaï est attribuée à la pression démographique. Nous avons observé cette situation sur la rive droite de la rivière Kasaï, partie qui couvre le sud de la forêt équatoriale et qui va pratiquement de Semodanie à Ilebo. Les cités urbano-rurales (Mabenga, Panu, Mangaï, Dibaya-lubwe, ...) se trouvant sur ce tronçon, ont connu un accroissement des populations à la recherche des terres arables, et ceux, fuyant l'avancée du désert du Kalahari vers le Sud du pays. Nous pouvons observer cela sur les photos (3 et 4) ci-après :

Photo terrain3 : Forêt équatoriale saccagée le long du Kasaï

Cette photo illustre le niveau du désastre causé sur la forêt, la population exploite, défriche et coupe le bois sans normes environnementales. Ici la forêt dense sempervirente a complètement été transformée en forêt secondaire décidue.

Photo terrain4 : squelette de la forêt équatoriale

La photo terrain 4 montre le « squelette » d'une forêt équatoriale complètement détruite où ne restent plus que de grands arbres témoins, longs et tantôt asséchés. Ce squelette de forêt est appelé aussi « forêt relique » par les botanistes.

Le taux de croissance démographique est très élevé actuellement dans notre pays. Il est actuellement de 3,2% dans sa tranche prévisionnelle 2005-2015 (PNUD, 2007) par rapport à ce qu'il y avait depuis deux décennies (3%). Cette population, par manque de travail rémunérateur en milieu rural, se rabat automatiquement à l'agriculture sur brûlis qui décime même les racines des plantes. Chaque année, la grande forêt congolaise perd plus de 2,4% de son écosystème forestier (FAO, 2006) et par ailleurs, l'Afrique dans sa totalité, ne contribue que pour 15% à la déforestation mondiale (MAYAUX P., et al., 2003).

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