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Une approche sociologique de la prise en charge de la malnutrition infantile sévère par l'ong BEFEN dans le département de Mirriah

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par Lamine KALLA ADAMOU
Université Abdou Moumouni de Niamey - Maitrise en Sociologie 2011
  

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6.4. Stratégies autour de la malnutrition

Dans cette section, nous nous proposons de voir les stratégies développées autour de la malnutrition notamment les raisons de la fréquentation des centres de santé par les mères et la prise de conscience progressive de la malnutrition par la population d'enquête.

6.4.1. Des raisons de la fréquentation des centres de récupération nutritionnelle par les mères

En 2005, un concours de circonstances a fait « sortir » les malnutris cachés et augmenter ainsi les taux d'admission dans les centres de récupération nutritionnelle.

· Au début : la maladie des enfants, la gratuité des soins

Les mères ne sont pas conscientes de la malnutrition comme maladie, comme problème de santé. Elles fréquentent le CREN à cause des maladies qui accompagnent la malnutrition : diarrhée, vomissements, anémie, etc. ; et aussi parce que les soins dans ce centre sont gratuits, contrairement aux CSI où on doit payer au nom du recouvrement des coûts :

« Honnêtement, quand on est hospitalisé à guidan tamowa on dépense rien. Si tu vois une femme dépenser quelque chose, c'est qu'elle l'avait voulu. Sinon, depuis je suis hospitalisée avec Oumma, on lui a même fait une perfusion mais je n'ai rien payé. Le repas, on m'amène matin, midi et soir jusqu'à ce jour. Si tu me vois payer quelque chose je l'ai voulu. On ne paie rien comme médicament, tout est pris en charge par BEFEN. ». (H., mère d'enfant malnutri).

· Ensuite : le CREN comme filet de sécurité pour les familles démunies et vulnérables

La prise en charge des enfants malnutris par l'ONG BEFEN a été très appréciée par la population. I.M., agriculteur et père d'un enfant malnutri affirme: « Sans l'appui des gens du guidan tamowa beaucoup d'enfants allaient mourir. Nous avons reçu des aides qui nous ont permis d'atténuer un peu l'effet. Les femmes n'ont pas de lait. Elles font parfois des journées entières sans manger, c'est normal que ça se répercute sur les enfants et ils maigrissent donc beaucoup. Heureusement nous avons reçu l'aide de faire nourrir nos enfants jusqu'à leurs guérison totale. »

Les mauvaises récoltes de 2009 expliquent la situation particulièrement difficile des familles en 2010-2011. B., femme de Droum (village de Mirriah) se retrouve au CRENI de Mirriah ; son enfant vient d'être sevré et elle est atteinte de la malnutrition qui a commencé par une diarrhée:

« Tamowa, c'est quand ton enfant maigrit dangereusement. Il y avait les vivres mais c'était cher. La tiya (mesure) de mil, la, a coûté par moments 900 FCFA. Tout le monde a souffert, mais les enfants encore plus car les grands peuvent comprendre la situation et s'adapter malgré eux. Mais l'enfant ne comprend pas. C'est la faim qui cause le Tamowa. Si par exemple une maman ne mange pas à sa faim, comment peut-elle avoir du lait pour allaiter ? Et même ceux qui tètent peuvent tomber malades de Tamowa. Ils maigrissent de faim. ».

Qu'il y ait des enfants malnutris ou pas dans la famille, la recherche d'aliments était le principal objectif de beaucoup de famille, le prix des céréales étant élevé.

Par ailleurs, les agents de l'ONG BEFEN notent des scènes de désolation et de lamentation lorsque certains enfants ne sont pas retenus : « C'est parce qu'ils sont réellement dans le besoin qu'ils sont venus. Nous avons des cas des enfants que nous appelons «gros bébés». Ce sont des enfants qui sont bien en forme et que les mères amènent. Après la pesée, lorsqu'on explique à celles-ci que leurs enfants ne sont pas malnutris, elles prennent acte mais nous disent que si on ne fait rien pour leurs enfants, ils risquent de devenir des malnutris, parce qu'ils n'ont plus rien à manger à la maison.».(H.B.A. infirmier BEFEN).

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault