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Une approche sociologique de la prise en charge de la malnutrition infantile sévère par l'ong BEFEN dans le département de Mirriah

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par Lamine KALLA ADAMOU
Université Abdou Moumouni de Niamey - Maitrise en Sociologie 2011
  

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CONCLUSION

Tout au long de notre étude, nous avons tenté d'analyser les interactions autour de la gestion des crises nutritionnelles au Niger en focalisant notre attention sur le centre de récupération de l'ONG BEFEN. Le district sanitaire de Mirriah comme terrain d'étude a permis de saisir les mécanismes et interactions auxquels donne lieu la prise en charge de la malnutrition infantile sévère. Ce sont donc les pratiques d'acteurs qui ont été abordées.

L'étude a révélé que plusieurs paramètres déterminent le processus d'installation de cette ONG sur le terrain. Aussi plusieurs stratégies interviennent dans la définition des critères de sélection des centres de santé ainsi que l'appropriation des zones ciblées. Ce processus d'installation met en exergue les capacités de l'ONG à atteindre les populations qui ont besoin d'appui. L'intervention dans les zones reculées exige souvent des moyens logistiques et financiers énormes. Ce qui aboutit à une concentration des ONG(s) dans les zones le plus favorables et crée ainsi un déséquilibre entre ces zones et celles qui ont réellement besoin d'interventions.

De la problématique de la malnutrition dans la région de Zinder surtout dans le département de Mirriah et des études de bases menées par l'ONG BEFEN, il ressort qu'il existe une forte prévalence du taux de la malnutrition (17,8%) qui frappe un grand nombre d'enfants de moins de cinq ans. Ainsi, la situation dans le district de Mirriah est telle que les autorités locales ne pourront faire face seules à un phénomène de cette ampleur. En effet, compte tenu du nombre restreint de partenaires (dans le domaine de la nutrition) et en raison des retraits successifs de l'ONG GOAL et la section Suisse de MSF, l'ONG BEFEN occupe à ce jour 17 des 36 CSI que compte le département de Mirriah. C'est pourquoi, en dépit des raisons énumérées ci-haut, notre première hypothèse qui suggère que l'installation de l'ONG BEFEN répond réellement aux besoins de prise en charge nutritionnelle des enfants est confirmée.

Sur le terrain, les services déconcentrés de l'Etat jouent un rôle d'interface entre les différentes ONG(s). Cela conduit, à travers un cadre de concertation, à mieux coordonner les actions. Quant aux autorités communales, locales et coutumières, leur implication dans la prise en charge de la malnutrition est permanente.

Par ailleurs, l'étude a montré que les perceptions des populations s'imbriquent aux grandes définitions scientifiques de la malnutrition. Les populations ont pu intégrer la malnutrition comme «nouvelle maladie » parmi les maladies qu'elles connaissent déjà.

Ces perceptions déterminent les rapports des populations au programme de prise en charge et à l'ONG. Cependant, il y a entre l'ONG et les populations bénéficiaires du programme un intermédiaire qui est l'agent de santé.

Des rapports aussi bien « négatifs » que « positifs » entre les agents de santé et les populations bénéficiaires ont été relevé. Les convergences et les divergences identifiées sont relatives à l'application des règles de prise en charge telles que définies par le protocole national. Dans les discours, la responsabilité d'appliquer ces règles de prise en charge incombe plus à l'agent de santé qu'à l'ONG.

Ces rapports « négatifs » trouvent leur essence lors de l'application des critères d'admission au CREN. En effet, bien que la proportion ne soit pas grande, les populations manifestent leur insatisfaction par rapport à l'application stricte des critères d'admission surtout celles qui les ignorent (22% des enquêtées ignorent les critères d'admission). Ainsi, il arrive dans certains cas que l'agent de santé subisse des menaces et injures.

Quant aux rapports « positifs », ils apparaissent lorsqu'il est question d'appliquer les modalités de distribution des vivres. L'étude a montré que l'absence des règles informelles (utilisation du réseau de connaissance pour être mieux prise en charge) renforce le degré de satisfaction des populations enquêtées (91% des femmes qui ne connaissent aucun agent de l'ONG affirment être bien prises en charge sans aucune discrimination de la part du personnel).

Pour autant et dans l'ensemble, les effets du programme sur l'état nutritionnel des enfants ont été évalués positivement par les populations bénéficiaires. Etant donné que les rapports aussi bien « négatifs » que « positifs » entre l'agent de santé et les populations sont déterminés par l'application des règles de prise en charge, notre deuxième hypothèse est confirmée.

L'étude a permis de mieux cerner les tenants et les aboutissants du programme d'intervention de l'ONG BEFEN. Cependant, quelques questions restent ouvertes comme des nouvelles pistes de recherche :

ü ce mode d'intervention à travers les ONG(s) constitue-t-il une meilleure gestion du problème des crises nutritionnelles ?

ü ces interventions ont-elles contribué à mieux gérer les crises alimentaires et nutritionnelles ?

ü quelles seront les capacités des intervenants dans le long terme, à gérer et créer des opportunités futures ?

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