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La finance islamique : réglementation et financement des PME dans la zone UEMOA

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par MOUNKAILA Soumana Illiassou
Ecole Supérieure de Technologie et de Management de Dakar (ESTM) - Licence en Finance Comptabilité 2013
  

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2. Les conséquences de cette intermédiation

Qu'il s'agisse d'un financement direct sur les marchés financiers ou d'une intermédiation financière par le biais des banques, le système financier de l'espace UEMOA est basé sur le recours au crédit assorti d'intérêt. Ce dernier a certes des avantages : il permet au prêteur de fructifier son capital sans prendre de risque ni même fournir un quelconque effort. Mais il n'est pas, de manière générale, exempt d'inconvénients relativement à la distribution, à la production et à la consommation comme nous allons le voir dans les parties qui vont suivre.

2.1. Conséquences sur la production

Comment produire? Voici là l'une des questions fondamentales dont traite le système économique. En effet, cette production fait intervenir principalement quatre (4) facteurs : la terre, le travail, l'entreprenariat et le capital. Concrètement, pour produire, l'entrepreneur a besoin du capital afin d'assurer les dépenses nécessaires au travail de la terre. Or dans un système où le transfert du capital est essentiellement basé sur le prêt à intérêt, et sans prise de risque (l'essentiel des crédits étant accordé par les banques), il va de soi que ce dernier souffrira d'une inefficience dans l'allocation des ressources destinées à la production. En effet, entre plusieurs projets, le choix sera vraisemblablement porté sur le projet dont le propriétaire a la possibilité de donner des garanties même si la rentabilité économique est questionnable. Quant aux autres, quelle que soit la pertinence de leur projet, ils n'y auront pas accès. Le financement est ainsi orienté vers la sécurité plutôt que vers la croissance. Ce système tend à favoriser ainsi les grands business (grandes entreprises), au détriment des PME qui présentent pourtant un taux

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Licence 3 Finance - Comptabilité Année académique 2013 - 2014

La finance islamique : Réglementation et financement des PME dans l'espace UEMOA

SOUMANA ILLIASSOU Mounkaila

de croissance plus élevé et qui sont porteuses d'innovation. Ainsi, la problématique du financement des PME se pose avec acuité. Il est évident qu'un tel système aura inexorablement des conséquences sur la distribution et la consommation.

2.2. Conséquences sur la consommation

Le financement basé sur l'intérêt encourage l'endettement d'une part, et le consumérisme de l'autre. Ce système encourage en effet, la surconsommation de produits de luxe au détriment de produits de base essentiels au bon fonctionnement de toute société. La compréhension de ce fait, passe inévitablement par celle de la réponse à la question de savoir : « d'où vient l'argent ?». Cette question évoque pour la plus part des gens la fabrication des billets ou des pièces de monnaie. On croit que c'est le gouvernement qui crée l'argent que nous dépensons. C'est vrai en partie, car ces symboles (billets et pièces métalliques) que l'on appelle l'argent, sont fabriqués par des agences fédérales. Mais la plus grande partie (85%) 3 de l'argent en circulation (la masse monétaire) est créée par des entreprises privées : les banques. En effet, les banques créent de l'argent directement à partir des promesses de remboursement faites par les emprunteurs. Concrètement, à chaque fois qu'une personne emprunte auprès des banques, de l'argent est créé. Le montant total d'argent qu'il est ainsi possible de créer n'a qu'une seule limite : le montant total de la dette. Les banques peuvent donc prêter autant d'argent qu'on est capable d'emprunter même si ce dernier n'existe nulle part. Cela est rendu possible par le système de réserves fractionnaires qui est un ratio de réserve minimale permettant aux banques de prêter un montant fictif d'argent garanti par un moindre montant d'argent réel (exemple 10 francs fictifs pour 1 franc existant). Les réserves d'une banque sont ainsi faites de deux choses: Le montant en devises réelles qu'elle a déposé au niveau de la banque centrale, et le total de son argent dette (argent crée à partir des emprunts). En résumé, les banques prêtent de l'argent qu'elles n'ont pas ! L'on est donc confronté à un problème de taille. Les banquiers ne créent uniquement que l'argent du principal lors d'un prêt. Ils ne créent pas l'argent servant à rembourser les intérêts. Or, le seul endroit où les emprunteurs peuvent trouver de l'argent pour rembourser le principal et les intérêts est la réserve totale d'argent constituée uniquement du principal. Il est donc tout à fait impossible pour tout le monde de trouver l'argent du principal et des intérêts car l'argent des intérêts n'existe pas. A moins que de plus en plus de nouvelles dettes soient contractées pour créer l'argent servant à payer les intérêts, car, sans dette, il n'y a pas d'argent. Cela cause donc une escalade perpétuelle de l'endettement total.

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SOUMANA ILLIASSOU Mounkaila

Les ménages, les entreprises et surtout les États sont condamnés à s'endetter de façon incessante sous peine de voir tout le système monétaire s'effondrer comme lors de la grande dépression de 1929-1933. Les banques encouragent donc les consommateurs à s'endetter de plus en plus car comme le mentionne Bill Bowner4, « toute notre économie mondiale dépend du consommateur ; s'il cesse de dépenser de l'argent qu'il n'a pas pour des choses dont il n'a pas besoin, nous courons à notre perte ».

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