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Effets des représentations sociales des lycéens asthmatiques et non asthmatiques congolais sur l'inaptitude et la pratique de l'E.P.S..

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par Garlond Fiston ENGANDZA NDINGA
Université Marien Ngouabi - Licence 2016
  

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I-1-2-2. Place des représentations sociales dans l'enseignement

1)Représentations sociales et compréhension de certaines « erreurs » des élèves

L'étude des représentations sociales apparaît tout d'abord nécessaire pour comprendre les erreurs des élèves. Les élèves dans leur façon de traiter certains problèmes ou de répondre à certaines questions peuvent être amenés à commettre un certain nombre d'erreurs. Et de fait, lorsque des élèves ne produisent pas exactement le discours attendu par leur professeur, celui-ci a tendance à raisonner en termes d'erreur : « non tu t'es trompé, ce n'est pas la bonne réponse ».

Certes, cet ensemble de connaissances est plus souvent éloigné voire opposé à la connaissance scientifique. Mais pourtant, ces modèles construits par les élèves sont « efficaces dans une certaine mesure » (Johsua et Dupin, 1989), ils sont pertinents au regard de la vie courante. C'est d'ailleurs cela qui en fait parfois de véritables obstacles à l'apprentissage.

En somme comme on a pu le remarquer,non seulement que les élèves ne sont pas des « pages blanches » ou des verres vides qu'il faudrait remplir de connaissances, mais aussi que leurs représentations sociales sont organisées, dotées d'une certaine logique et d'un noyau dur relativement résistant. Dès lors, tout dispositif d'apprentissage qui ne prend pas en compte les représentations risque de manquer son objectif (Anadon, 2002). Les apprentissages scolaires risquent ainsi d'acquérir (et de façon souvent éphémère) le caractère de savoir décoratif.

Fabre (1999) précise cependant que toutes les représentations ne constituent pas nécessairement des obstacles, d'où la nécessité de bien les repérer. Il note en effet que c'est notamment lorsque les élèves sont aux prises avec un problème, pas nécessairement dans le contexte scolaire, et même le plus souvent en dehors de l'école, qu'ils vont mettre en oeuvre des représentations dans la situation. Mais s'il y a problème, c'est bien parce que ces représentations sont insuffisantes, erronées ou inadéquates.

Fabre dresse donc une typologie des différents types de représentation, pour préciser la notion d'obstacle :

- les conceptions sont insuffisantes si le sujet manque tout à fait de connaissances dans le domaine. Ce manque de connaissances ne fait du tout obstacle à l'apprentissage, surtout si le sujet en est conscient ;

- les conceptions peuvent également se révéler inadéquates « si elles se trouvent en excès ou en défaut par rapport à l'interprétation canonique du problème. Le sujet peut en effet se donner des contraintes surnuméraires ou au contraire en ignorer certaines » (Fabre, 1999) ;

- Fabre toujours, reprenant les propos de Brousseau (1996), résume les caractéristiques de l'obstacle : « un obstacle est une connaissance positive qui, dans un certain contexte, produit des réponses adaptées, mais conduit à des erreurs hors de ce contexte. Cette connaissance résiste aux contradictions et continue à se manifester même après la prise de conscience de ses imperfections » (Fabre, 1999).

La question qui se pose alors est bien celle du franchissement de l'obstacle.

De Vecchi (1992) propose alors une démarche simple pour faire évoluer une conception d'élève :

· Analyse de la production des élèves :

- recherche de ce qui semble vrai (même si c'est maladroit) et de ce qui est à remettre en cause.

· Définition d'un objectif - obstacle :

- un obstacle décelé chez les élèves et qu'on se donne comme objectif de dépasser.

· Mise en place d'une situation de rupture :

- élèves placés dans une situation- impasse (devant un ou plusieurs faits qui contredisent leur modèle explicatif) : il s'agit de créer un conflit socio-cognitif.

· Aide à la réorganisation du savoir :

- mise en place de situations pédagogiques, apport d'informations complémentaires, éventuellement réponses à d'autres questions tournant autour du sujet ;

· Retour sur la conception fausse :

- analyse avec les élèves du pourquoi de leur erreur.

· Stabilisation du nouveau savoir :

- utilisation de ce nouveau savoir dans les situations nouvelles.

· Stratégies que l'on peut utiliser quand les élèves sont placés dans une situation-impasse :

- confrontation de conceptions différentes (provenant de divers élèves) ;

- argumentations ;

- observations ;

- expérimentations ;

- recherches documentaires ;

- interrogations de spécialistes...

Comme on le voit, toute la stratégie de dépassement des représentations « fausses » consiste alors à placer les élèves dans des situations qui les obligent à mobiliser leurs connaissances pour donner du sens aux obstacles. Ces situations-impasses sont évidemment telles que le modèle explicatif généralement utilisé par

l' élève n'est pas pertinent : il est justement dans une impasse. Il doit alors « déconstruire ce qu'il sait pour pouvoir reconstruire un autre savoir plus adapté » De Vecchi et Carmona-Magnaldi, 1996).

Pratiquement, l'enseignant doit, avant tout, être à l'affût des contradictions des élèves : contradictions entre élèves 12, contradictions avec des faits ou des évènements rencontrés, contradiction avec leurs connaissances « spontanées » ou « naturelles » : « la didactique insiste sur le fait qu'il faut créer chez les apprenants des conflits cognitifs ou socio-cognitifs en plaçant des obstacles sur la route des élèves, de telle manière qu'ils vivent une contradiction » (De Vecchi et Carmona-Magnaldi, op. cit.).

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld