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enjeux et limites de la microfinance dans un contexte de lutte contre la pauvreté: Etude à partir du CPS Diourbel

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par Serigne Cheikh FALL
Ecole Nationale des Travailleurs Sociaux Spécialisés- Dakar - Diplôme d'Etat en Travail Social 2006
  

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METHODOLOGIE

2-1 L'option de recherche

Le statut épistémologique de notre étude est à cheval sur la recherche quantitative et la recherche qualitative. Pour PIRES (1987 :95) le choix de la méthode de recherche dépend des dimensions du problème, et éventuellement des contraintes liées à la recherche. Car en vérité les besoins de notre étude ont surtout dicté la jonction des deux méthodes que de plus en plus d'ailleurs de nombreux chercheurs pensent complémentaires. En effet, pour des raisons propres à ce genre de recherche axée sur la mesure de l'adaptation des services financiers offerts par le CPS aux besoins de la clientèle, il était nécessaire de présenter des données factuelles et quantifiables relatives à la population, d'où la préférence pour la méthode quantitative. Mais l'appréciation de la seule valeur quantitative du résultat ne permet pas à elle seule de bien pénétrer les attitudes et des opinions en rapport avec les besoins. Alors, la méthode qualitative est mieux indiquée. D'ailleurs pour des besoins de vérification (triangulation), nous faisons appel à la méthode qualitative ce qui justifie la présence des deux types d'instruments : le questionnaire et le guide d'entretien.

2-2 L'univers de la recherche

La recherche nous amènera à présenter successivement le cadre de l'étude et la population parent.

2-2-1 Le cadre de l'étude

L'étude que nous avons menée a eu pour cadre le Crédit populaire Sénégalais (CPS) basé à DIOURBEL. Ainsi la stratégie a consisté à présenter d'abord le Sénégal et puis en procédant par rétrécissement du cadre d'étude, Diourbel et enfin le CPS.  

2-2-1-1 Le Sénégal : Présentation et données30(*) socio-économiques

Le Sénégal se situe à l'avancée la plus occidentale du continent africain, dans l'océan atlantique. Sa superficie est de 196 722Km2. il est limité au nord par la Mauritanie, à l'est par le Mali, au sud par la Guinée Conakry et la Guinée Bissau et puis à l'ouest par l'océan atlantique sur une façade de 500 km. Il compte onze (11) régions depuis la réforme administrative de 2002.

· La population sénégalaise est estimée à 10 564 303 habitants. Plus de 25% de cette population est concentrée à Dakar qui fait 0,28% du territoire national. Le deuxième pôle de concentration est le bassin arachidier (centre du pays dont Diourbel) avec 35 %.

· Le Produit National Brut (PNB) était estimé en 2001 à l'ordre de 3 331 milliards de francs CFA.

· Pour ce qui concerne l'espérance de vie à la naissance, les données recueillies la fixe à 51,3 ans.

· L'Indice de Développement Humain (IDH) qui constitue un indicateur mesurant le bien-être des populations en intégrant dans la mesure du niveau de vie par pays des variables telles que le taux de mortalité infantile, l'espérance de vie à la naissance, l'accès à l'enseignement et le taux d'alphabétisation est estimé à 0,423.

· Le taux brut de scolarisation est estimé à 71.6% en 2001/02.

· La proportion des ménages ayant accès à un dispensaire est de 50.4%, seuls 39.6% des ménages ont accès à une maternité et 31.8% à une case de santé (EPPS, 2001).

· Cependant l'objectif de 35 litres d'eau par habitant et par jour (recommandations de l'OMS) visé par le Sénégal en l'an 2000 est loin d'être atteint. Ce taux n'étant que de 28l/ht/j.

A l'heure actuelle, la population sénégalaise est à majorité rurale. Cependant les zones urbaines présentent des taux de croissance plus élevés avec un taux moyen annuel de 4%. Selon les données officielles de la Direction de la Prévision et de la statistique (DPS), environ 2 /3 de la population habitent en milieu rural contre 1/3 localisé dans les villes. De plus, la population urbaine était estimée à 43% en 1999 sous l'hypothèse que toutes localités ayant le statut de commune relève de l'urbain. D'une façon ou d'une autre, cette urbanisation croissante engendre surtout des problèmes relatifs à la dégradation du cadre de vie des populations (prolifération de l'habitat spontané...), à la paupérisation accentuée, à l'accroissement du chômage et à l'expansion du secteur informel.

Ce secteur informel qui est constitué de micro unités dont la taille moyenne est de 1, 5 emplois par unité et où le financement constitue encore la grande difficulté. Les emplois y sont précaires et dépourvus de protection sociale.

Les statistiques en la matière nous révèlent que 42.4% des emplois sont occupés par des femmes et la main d'oeuvre y est très faiblement scolarisée avec seulement 2.8 années d'études (cf.Les sénégalaises en chiffres op.cit.).

Aujourd'hui les difficultés sont liées à la faible capitalisation du fait du déficit de financement, à la saturation de certains secteurs, à la concurrence et à la faiblesse des débouchés.

CARTE N°1

(source : encarta 2005)

2-2-1-2 Présentation de la région de Diourbel

CARTE N°2

(Source : site de l'Amicale des Elus Locaux du Sénégal)

La Région de Diourbel a épousé les anciens contours de la province du BAOL; elle est limitée :

Au Nord par les régions de Thiès et de Louga,
au Sud par les régions de Thiès et de Fatick.
Diourbel est limité à l'Est par Fatick et Louga et enfin à l'ouest par thiès.

Avec une superficie de 4359 km2, Diourbel est la région la moins étendue du pays après Dakar.

Située en plein coeur du bassin arachidier, la région de Diourbel est faiblement dotée en potentialités naturelles. En effet, elle ne dispose ni cours d'eau pérennes, ni façade maritime, ni ressources minières, ni forêts classées. C'est dire que son potentiel naturel est quasi inexistant.

Cependant, elle abrite la sous-zone des sols diors Nord qui assure 40 à 50 % de la production arachidière et céréalière et 80 % de la production en niébé de la zone.

La région est densément peuplée, et vient en seconde position après Dakar ; la population est estimée à 824 670 habitants en 1996. Cette concentration humaine dans une région sans relief trouve son explication dans la force religieuse du mouridisme, fondée sur la trilogie:prière, discipline et travail.

La population diourbelloise est essentiellement jeune et féminine : 59 % ont moins de 20 ans, et 53% sont des femmes. M'backé reste le département le plus peuplé.
La répartition par ethnie montre une prédominance des wolofs ; ensuite suivent les Sérères qui ont fait de Diourbel l'épicentre de leur entité. Les étrangers ne représentent que 0,4 % de la population.

Touba capitale du mouridisme, est une zone de forte attraction ; cela s'explique par sa fonction religieuse et le caractère commercial de la cité. Cet afflux de la population s'explique aussi par le fait que les terres et l'eau y sont gratuites.

78,5% de la population de Diourbel vit en milieu rural. La population active reste faiblement représentée, soit 58%.Cette situation est liée aux difficultés à trouver un emploi sur place. En effet la sécheresse et le manque d'emploi poussent les populations actives - en particulier les jeunes - à se déplacer ; raison pour laquelle on observe de fortes dépressions démographiques dans les tranches d'âges actives.

La population diourbelloise est caractérisée par une urbanisation croissante, et une évolution démographique rapide ; le taux de croissance moyen est estimé à 3,2 % par an, taux qui dépasse de loin, celui des autres régions - excepté Dakar

2-2-1-3 Présentation du CPS-Diourbel

Le CPS constitue le volet micro-crédit de l'ONG ASACASE (Association Sénégalaise pour l'appui à la création d'activités socio-économiques). Il est né tout juste un an (janvier 2005). Cependant son histoire est étroitement liée à la structure mère qu'est l'ASACASE.

- La trajectoire historique

Le projet d'association sénégalaise pour l'appui à la création d'activités génératrices de revenus est né en 1992. Quatre ans après, le projet se mue en association par le moyen de la reconnaissance juridique et deux ans après la dite association est reconnue d'utilité publique (ONG) avec l'obtention de l'agrément du Ministère des Finances comme structure de financement décentralisé. Elle a obtenu également en 1996 le label français « Boutique de Gestion ». C'est en janvier 2005 que l'ONG a décidé de se spécialiser dans la microfinance pure avec la création du Crédit Populaire Sénégalais et optant pour l'abandon de la formation obligatoire du fait des coûts élevés qu'elle entraîne. La direction générale est basée à Ziguinchor et sa présence est effective à Dakar à Kolda, en guinée Bissau et à Diourbel.

- Les Missions et les objectifs

La mission de l'ASACASE consiste à :

· lutter contre le chômage

· lutter contre la pauvreté

· lutter pour la réinsertion socio-économique des publics défavorisés

Les objectifs sont les suivants :

v Offrir à des milliers de jeunes et de femmes une insertion socio-économique durable

v Devenir un exemple dans la stratégie de lutte contre la pauvreté et le chômage

v Elargir l'intervention au plan sous-régional

v Etre au Sénégal le principal partenaire stratégique des pouvoirs publics et des institutions internationales dans la lutte contre le chômage et la pauvreté.

- L'organigramme

Directeur

Chef de guichet

Comptable

Secrétaire

Gestionnaire du crédit

Caissière

- Le personnel du CPS.

Le crédit populaire compte dans son équipe des universitaires, des gestionnaires, des juristes, des diplômés en commerce, en marketing, des travailleurs sociaux etc. C'est grâce à ce personnel que le CPS se donne les moyens de développer des services comme le diagnostic de l'idée de projet et des aptitudes du porteur de projet, de l'élaboration du dossier de projet, de la formation à l'utilisation des outils simplifiés de gestion et à l'esprit d'entreprise, au financement et au suivi-conseil.

Le directeur régional est à la tête de la structure et a pour rôle de coordonner les activités tout en veillant à leur correcte application en conformité avec les objectifs généraux et les missions.

Sous la responsabilité du directeur, le gestionnaire du crédit reçoit les demandes de crédit, les instruit pour les présenter le moment venu, au comité de crédit.

Le comité de crédit est composé du personnel technique de la structure et ne compte pas encore en son sein des sociétaires.

- Les partenaires du CPS

Les évolutions favorables au secteur de la microfinance depuis 1993, date d'entrée en vigueur de la réglementation du secteur, ont permis de booster le partenariat. Il faut reconnaître que la voie semble dès lors balisée pour les institutions qui peuvent capter désormais des bailleurs de fonds et de nouveaux partenaires prêts à les accompagner. C'est ce qui explique le développement de nouveaux partenariats entre les SFD et d'une part les pouvoirs publics et d'autre part les organismes privés de financement. Le partenariat s'impose donc comme un point de stratégie très important compte tenu du faible niveau de revenus attendus de l'épargne locale.

Dans cette optique, le CPS a noué un partenariat avec USAID, FCD (Bruxelles), TERRE DES HOMMES (Suisse), Etat du Sénégal, Conseil Régional de Diourbel, Commune de Ziguinchor, Ministère de la Femme de la Famille et du Développement Social, PNUD, FPE, ADPME, Ministère de l'Entreprenariat Féminin, ANCAR, Handicap International, Gouvernement Bissau Guinéen.

En outre, ASACASE est membre des réseaux que sont le Réseau Africain d'Appui à la Micro et Petite Entreprise (RAMPE), le Micro Crédit African Institutions Network (MAIN), le Réseau des Structures d'Appui à des Projets de Jeunes en milieu Urbain en Afrique (AOUDAGHOST 2000), le Comité de liaison des Boutiques de Gestion (LBG) et le CONGAD.

2-2-2 La population parent

Il ne nous a pas été aisé de définir la base de sondage du fait simplement de la relative jeunesse du CPS de Diourbel (janvier 2005) et de l'expérience de la structure mère (ASACASE) en matière de crédit. Ce qui signifie alors le maintien par l'une du sociétariat de l'autre, si ce n'est son renforcement. D'ailleurs nous avons pu nous rendre compte que c'est nous qui faisions la différence mais que les promoteurs (les sociétaires tels que les appelle ASACASE) emploient indifféremment CPS et ASACASE.

Compte tenu de nos objectifs de recherche, nous avons pris comme base de sondage l'ensemble des promoteurs de ASACASE qui y ont un compte actif durant ces deux dernières années c'est-à-dire un an avant le montage du CPS.

C'est grâce à cette approche méthodologique inspirée des travaux de Mayer et Ouillet31(*) pour qui « la population mère correspond à l'ensemble de tous les individus qui ont des caractéristiques précises en relation avec les objectifs de l'étude », que nous avons pu cerner les cibles ultimes qui font un effectif de 354 individus. Quant aux cibles intermédiaires, elles comprennent le personnel de la caisse, le personnel du PLCP qui est un partenaire institutionnel de la caisse et celui de l'ONG EGA qui est destinataire de fonds logés à la caisse (ligne de crédit lutte contre la pauvreté).

2-3 Stratégie de la recherche

La stratégie sera articulée autour de la recherche documentaire, de l'observation, de la méthode et de la technique d'échantillonnage, des instruments de collecte des données et enfin des difficultés et limites de la recherche.

2-3-1 La recherche documentaire

Notre étude nous a mené vers divers centres de documentation, des centres de ressources, des bibliothèques mais aussi des structures étatiques et privées susceptibles d'approfondir notre connaissance du sujet choisi. C'est une phase exploratoire qui a permis de mieux affiner notre perception de la problématique à travers l'usage de revues spécialisées, d'articles de presse, de mémoires d'étudiants, d'écrits relatifs à la microfinance... sans oublier les régulières visites de sites Internet.

Pour les bibliothèques fréquentées on peut citer celle de l'ENTSS, la bibliothèque de l'ENEA, celle de du CODESRIA, le Centre d'Information des Nations Unies, le centre de Documentation de la Chambre de Commerce de Dakar, le Centre de Documentation de la Banque Mondiale, la bibliothèque de Sociologie de l'Université de Dakar, l'Institut de Recherche pour le Développement(IRD), l'ONG AQUADEV, le RIPESS( Réseau Intercontinental pour la Promotion de l'Economie Sociale et Solidaire), l'AT/CPEC( Ministère des Finances), l'OIT... Toutes les informations collectées à travers ces différentes sources ont contribué à l'élaboration de la problématique de recherche et a orienté davantage notre recherche vers un cadrage plus conforme à nos objectifs. La difficulté de cerner au départ la question dans toute sa plénitude nous a obligé à étaler cette phase de la recherche documentaire tout au long de notre cycle de formation.

2-3-2 L'observation

L'observation en sciences sociales est un outil précieux pour une meilleure connaissance de la situation à l'étude. Elle peut ainsi servir à décrire une situation sociale délimitée dans le temps et dans l'espace mais aussi à enclencher un processus inductif de construction théorique ou d'approfondissement du sens des actions que les acteurs à une situation sociale sont en train de mener. Mais l'observation, qu'elle soit directe ou participante, est susceptible de donner lieu à des effets indésirables ou inattendus. C'est le cas de l'«effet Hawthorne » selon lequel le fait d'observer modifie ce que l'on observe. Pour les besoins de notre étude et surtout pour l'éthique et la fiabilité de nos résultats, nous avons utilisé l'observation directe avec nos cibles ultimes et l'observation participante avec la structure - support de notre étude.

 

2-3-3 Méthode et technique d'échantillonnage

2-3-3-1 La méthode

L'incapacité à interroger toute la population mère nous a amené à choisir entre méthode probabiliste et méthode non probabiliste. Du fait de l'avantage reconnu de la première méthode (produire des échantillons représentatifs), nous avons arbitré en faveur de la méthode qui nous éloigne le plus possible des risques plus élevés de biais et d' «erreurs d'échantillonnage ».

De plus, l'avantage de la méthode probabiliste c'est qu'elle permet d'apprécier la marge d'erreur si l'on est tenté par l'interprétation des résultats et la généralisation.

2-3-3-2 La technique d'échantillonnage

Ainsi donc la méthode choisie et la taille retenue, notre préoccupation a été également de recourir à une technique qui donne à « chaque élément de la population une chance égale d'être inclus dans l'échantillon, et, en conséquence chaque combinaison possible ou nombre voulu a le même degré de probabilité d'être choisi » (Seltiz et AL., 1977). Cette exigence est dictée, moins par la cible elle-même qu'à l'intérêt qu'elle porte sur les services de la caisse. A partir de ce moment, il nous été plus opportun de nous orienter vers l'échantillon de hasard simple. La technique du hasard simple a consisté à mener les opérations suivantes :

1. Nous attribuons à chaque unité de la population mère un numéro. (ceci a été rendu facile par la taille de la population mère mais aussi grâce à l'outil informatique).

2. Les unités numérotées sont ensuite mises dans une caisse.

3. nous tirons enfin au hasard 36 unités qui vont constituer notre échantillon.

2-3-3-3 La taille de l'échantillon

C'est en fonction des besoins de notre enquête et surtout des contraintes de temps et de ressources pour recruter des enquêteurs, que nous avons ciblé un échantillon sur lequel vont porter les études empiriques. Un échantillon est une partie ou un sous-ensemble de la population mère. La taille de l'échantillon est dictée par des exigences de représentativité et de fidélité, ce qui nous fait prendre le 1/10ème de la population mère soit 354/10 = 35.4 (36 individus).

Nous avons retenu de manière arbitraire 5 unités qui constituent notre échantillon de réserve pour parer aux risques de défections ou d'absences.

2-3-4 Les instruments de collecte des données

Pour recueillir les informations indispensables à notre étude, l'utilisation du questionnaire et du guide d'entretien a été privilégiée (voir leur présentation en annexe).

Le choix du questionnaire est dicté par le souci de recueillir, en une trentaine de minutes, une moisson d'informations importantes et précises dans la circonspection avec un bon dosage de la série de questions à poser. Il comprend des questions de fait et des questions d'opinion permettant ainsi de recueillir un avis personnel comme les services existants au CPS ou alors un jugement sur la qualité des services ou sur les montants des crédits.

Le second outil que nous avons utilisé dans le cadre de cette recherche a été le guide d'entretien. Défini comme un procédé d'investigation utilisant un processus de communication verbale entre deux personnes dans le but de recueillir des informations concernant un objet fixé, l'interview crée un contact direct entre le chercheur et l'interviewé. Il est utilisé précisément dans le cadre de cette étude pour compléter l'enquête effectuée par questionnaire auprès des sociétaires du Crédit Populaire Sénégalais mais aussi auprès des responsables du PLCP pour orienter les questions à traiter.

On peut donc dire que nous nous sommes servis des deux outils en complément l'un de l'autre.

2-3-4-1 Le mode d'administration des instruments

Compte tenu des exigences d'exhaustivité de la collecte des données et surtout de la caractéristique socio- culturelle de la cible (du fait du faible capital scolaire de la grande majorité), l'administration directe a été privilégiée. Cependant, à certaines cibles qui étaient sensées manipuler les outils avec aisance, nous avons procédé par administration indirecte.

Le médium de communication utilisée est resté le wolof en général et particulièrement le français notamment à certains qui semblaient plus à l'aise avec cette langue.

Les instruments ont été administrés aux domiciles des clients de la banque ou à leur lieu de travail, c'est selon. Mais toujours est-il que nous avons choisi le déplacement vers la cible pour maximiser les chances de la collecte.

Le moment a constitué également pour nous un point de stratégie car la plupart des promoteurs, sinon tous, développent des activités qui les occupent à certaines heures. C'est pourquoi les moments ont été choisis en fonction des probabilités de disponibilité de la cible - car est-il aisé d'enquêter un boutiquier à l'heure du petit déjeuner ? Ou une restauratrice à l'heure du repas ?

2-3-4-2 Le Pré-test.

Un outil a besoin d'être testé avant son administration. La pertinence des résultats d'une étude est étroitement liée à la rigueur avec laquelle est menée l'enquête et donc nécessairement à la construction des outils. Une fois l'objet de l'enquête défini, la population de l'enquête délimitée, les questions rédigées et le questionnaire mis en forme, il faut passer au test de ce questionnaire auprès de cibles ayant des similitudes avec l'échantillon.

Le pré-test du questionnaire a été fait auprès de cinq promoteurs choisis en dehors des 36 retenus. L'avantage du pré-test a été de nous aider à opérer à un toilettage du questionnaire notamment en ce qui concerne les répétitions ou autres imprécisions.

De plus les questions étant rédigées en français, le pré-test a été une occasion de s'exercer à la traduction en wolof.

Seul le questionnaire a fait l'objet d'un pré-test pour des raisons liées à la texture du guide d'entretien qui se présente sous la forme de thèmes.

2-3-4-3 Administration proprement dite

L'administration a pris sept jours et s'est déroulé du 24 au 30 Avril 2006. Elle a suivi le pré-test et a été pour nous une bonne occasion de conduire une communication détendue et enrichissante aux fins de l'étude.

2-3-5 Mode de traitement des données

Les données que nous avons colletées l'ont été à l'aide d'outils comme le questionnaire et le guide d'entretien qui ont beaucoup servi au moment du traitement et de l'analyse. Aussi, nous avons privilégié le traitement manuel mais aussi le recours à l'outil informatique notamment lorsqu'il s'est agi de calculer des paramètres tels que les effectifs totaux, les fréquences etc.

2-3-5-1 Le dépouillement

Les questions fermées sont en général beaucoup plus faciles à dépouiller car permettant de procéder directement au comptage des réponses recueillies à l'aide du questionnaire.

Quant aux questions ouvertes, elles ont nécessité une analyse de contenus pour déterminer les grandes catégories de réponses proposées puis ces réponses sont classées par catégories avant que l'on ne termine par une appréciation des tendances analytiques.

Le codage nous a facilité le travail de dépouillement et aussi le tri à plat qui a consisté au moment du dépouillement par le comptage obligatoire du nombre de personnes ayant répondu, de la ventilation de ces réponses selon les possibilités offertes c'est à dire les modalités.

Le tri croisé nous a aussi permis de mieux affiner notre étude en mettant en relation deux variables par exemple l'activité socioprofessionnelle (1ère variable) et l'insatisfaction par rapport au montant des crédits offerts (2ème variable).

2-3-5-2 L'analyse des résultats

Dans cette partie nous avons présenté les données statistiques qui étaient au préalable converties en données numériques, sous forme de tableaux ou de graphiques suivant le cas. Les calculs statistiques de somme, moyenne, différence, de taux et de pourcentage nous ont permis de réaliser ces tableaux et graphiques, aidés en cela par le logiciel EXCEL.

La présentation et l'analyse n'ont pas suffi à ce stade de la recherche et nous avons compris que des réponses sont attendues de notre investigation pour donner une certaine satisfaction à notre légitime curiosité scientifique. Pour toutes ces raisons et pour bien d'autres, nous avons puisé des éléments d'interprétations dans notre univers de connaissance soutenu par les questionnements en cours dans le monde scientifique et de la recherche pour approfondir les questions restées en l'état.

2-3-6 Difficultés et limites de la recherche

Les limites et les difficultés de la recherche n'ont pas manqué du fait des caractéristiques inhérentes à toute oeuvre humaine et particulièrement de l'activité de recherche.

2-2-6-1 Les difficultés

La première difficulté à laquelle on se heurte quand nous avons porté notre choix sur un sujet aussi passionnant que le secteur de la microfinance c'était de savoir par où commencer, tant le champ est vaste et peu familier pour nous.

Cependant notre vif intérêt pour la recherche des innovations sociales a eu raison de ces obstacles.

Passé cela, il nous fallait passer par une procédure administrative longue et non fructueuse pour avoir l'aval de la première structure que nous avions ciblée pour y mener notre étude. Cette impossibilité de mener le travail dans la première structure initialement ciblée nous a même porté un grand préjudice quant à l'avancée de nos travaux, nous obligeant alors à nous rabattre sur une autre.

Mais ces difficultés n'ont pas en réalité constitué de réelles limites pour la recherche que l'on a entreprise.

2-3-6-2 les limites

La seule limite a été vraiment le facteur temps. En effet, l'immensité de la question et son importance nous ont confortées à l'idée que si on disposait de plus de temps, le travail en serait davantage bonifié, ceci d'autant plus que nous étions obligé d'annuler de nombreux rendez-vous avec des spécialistes de la microfinance, faute de temps.

* 30 Données tirées du site officiel du gouvernement de la République du Sénégal (www.gouv.sn)

* 31 Mayer,R. et Ouillet, Méthodologie de recherche pour les intervenants sociaux, Boucherville, Gaetan Morin Editeur,1991, p.378

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"Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue"   Victor Hugo