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Enjeux et jeux pétroliers en Afrique: étude de l'offensive pétrolière chinoise dans le Golfe de Guinée

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par Severin Tchetchoua Tchokonte
Université de Yaoundé 2 - Master 2 science politique 2008
  

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B- Les Etats-Unis et la promotion de la démocratie en Afrique

Parler de promotion de la démocratie exige un instant que l'on précise qu'il s'agit en réalité d'assistance à la consolidation démocratique. En effet, la démocratie n'est pas une apparition spontanée mais bien plus, le résultat d'un processus appelé démocratisation ; cette dernière commence avec l'ouverture du régime autoritaire qui laisse apparaître quelques fissures (Mbatchom : 2007). De ce fait, il sera davantage question d'étudier la contribution des Etats-Unis à la consolidation ou à l'enracinement de la démocratie en Afrique. Dès le début de la décennie 1990, les discours des officiels américains avaient comme leitmotiv la démocratie et le développement de l'Afrique. Ainsi, Le 25 avril 1990 M. Herman COHEN alors secrétaire d'Etat adjoint chargé des affaires africaines déclarait : "Reformes politiques et économiques sont étroitement liées à la croissance et au développement en Afrique " (Afrique Etats-Unis N°9 du 15 juin 1990). Le 27 octobre 1991, Nancy KASSEBAUM ; sénatrice à Washington considérait que l'Administration américaine devrait coopérer avec les Africains pour créer les conditions propices à l'épanouissement de la démocratie. Le 10 octobre 1996, le Secrétaire d'Etat M. WARREN CHRISTOPHER prononçait à ADDIS-ABEBA un discours lors du sommet de l'O.U.A. Il disait en substance que la démocratie est la seule condition pour le développement durable en Afrique (Mbatchom : 2007).

Par ailleurs, dans le cadre de la coopération entre les Etats-Unis et l'Afrique matérialisée par l'existence de la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique, plus connu sous le sigle AGOA (African growth and Opportunity Act), un certain nombre de conditions politiques sont imposées aux gouvernements africains. L'AGOA est une loi visant à promouvoir le commerce entre l'Afrique et les Etats-Unis sous la bannière de la promotion de critères politiques très sélectifs allant de la démocratisation, à la libéralisation, en passant par la bonne gouvernance et le respect des droits de l'homme. En effet, selon (Nkoa Colin François (2007 : 39) : 

" Les avantages offerts par l'AGOA (...) font l'objet d'une évaluation et d'un contrôle par le congrès américain qui peut ainsi décider de retirer de manière unilatérale ces préférences. Ce contrôle est exercé en s'appuyant sur des éléments tels que le respect des droits de l'homme, les principes démocratiques, la bonne gouvernance. En cas de violation de ces principes, les avantages octroyés par les Etats-Unis dans le cadre de cette initiative sont retirés. La Cote d'Ivoire, la Mauritanie et l'Erythrée ont déjà ainsi été sanctionnés ".

Donc, par une politique de conditionnalité et de multiples pressions exercées sur les gouvernements africains, les Etats-Unis ont contribué à la promotion de la démocratie en Afrique. Toutefois, s'il est vrai comme nous venons de le constater que les Etats-Unis et la France ont joué, volontairement ou non, un important rôle en faveur de la démocratie en Afrique, comment comprendre leur propension à soutenir ou à promouvoir une indigénisation de la démocratie sur le continent ? Autrement dit, les prises de position américaines et françaises en faveur de la démocratie en Afrique ne sont-elles pas en réalité une simple manière de contenter l'opinion publique africaine en mal de changement ?

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