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Analyse des impacts écologiques et socioculturels de l'exploitation des produits de Daniellia Oliveri sur la viabilité de ses peuplements au Bénin

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par Rémy HOUEHOUNHA
Université d'Abomey-Calavi (Bénin) - Doctorat Unique 2009
  

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SIGLES ET ACRONYMES

ABE : Agence Béninoise pour l'Environnement

ASECNA : Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar

CEE : Communauté Economique Européenne

CENAP : Centre National d'Agro-Pédologie

CENATEL : Centre National de Télédétection et de surveillance du couvert végétal

CeRPA : Centre Régional pour la Promotion Agricole

CTFT : Centre des Techniques Forestières Tropicales

d1,3 : Diamètre d'un arbre à 1,30 mètre au-dessus du niveau

du sol (Diamètre de référence)

DATC : Direction de l'Administration Territoriale et des

Collectivités

DGFRN : Direction Générale des Forêts et des Ressources Naturelles

Dg : Diamètre moyen par ha

EPAC : Ecole Polytechnique d'Abomey-Calavi

FAO : Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et

l'Agriculture

FLASH : Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines

G/ha : Surface terrière

GPS : Global Positioning System (Système Global de

Positionnement)

ICRA : Centre International pour la Recherche Agricole orientée vers

le développement

IGN : Institut Géographique National

INRAB : Institut National des Recherches Agricoles du Bénin

INSAE : Institut National de la Statistique et de l'Analyse

Economique

LEA : Laboratoire d'Ecologie Appliquée

LSSEE : Laboratoire des Sciences du Sol, Eaux et Environnement

MEHU : Ministère de l'Environnement, de l'Habitat et de l'Urbanisme

N/ha : Nombre d'arbres par ha

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

ORTOM : Office des Recherches Scientifiques et Techniques

d'Outre-Mer

RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat

UAC : Université d'Abomey-Calavi

UNB : Université Nationale du Bénin

UNESCO : United Nations Educations, Science and Culture Organization. (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture)

PREMIERE PARTIE :

INTRODUCTION GENERALE, MILIEU

D'ETUDE ET DEMARCHE

METHODOLOGIQUE

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SUR LA VIABILITE DE SES PEUPLEMENTS AU BENIN

CHAPITRE 1 : INTRODUCTION GENERALE

Contexte

Les ressources forestières du Bénin sont relativement limitées du fait de la localisation du pays dans le couloir sec Dahoméen, et en raison d'une forte emprise des facteurs de dégradation. Stone (1996) a montré la pénétration de plus en plus intense de l'agriculture dans les zones protégées et au niveau des terres marginales du Bénin ; il a précisé qu'au Nord du pays, les feux de végétation sont à l'origine de la destruction de près de 50.000 ha de végétation chaque année. Bien que les écosystèmes africains soient reconnus comme étant les plus importants et les plus riches en termes d'abondance et de diversité d'espèces de plantes (IPGRI, 1999), les menaces qui pèsent sur les espèces et les écosystèmes n'ont jamais été aussi graves (UNEP/CBD, 1994). L'absence de données récentes issues d'un inventaire global des formations végétales, nous avait conduit en 2005 à prendre pour base, les conclusions des études menées en 1978 et 1998 respectivement par le Projet Pilote de la Surveillance de la Couverture Forestière Tropicale et par le CENATEL (2002). Ces deux études indiquaient que les formations arbustives et savanicoles du Bénin, ont diminué en 20 ans de 2.892.726 ha de leur superficie (soit 33,23 %). Pendant la même période, la mosaïque culture-jachère, a augmenté de 2.397.087 ha de superficie (soit 271,75 %).

Les raisons qui militent en faveur de la gestion rationnelle des ressources naturelles en général et des ressources forestières en particulier, émanent du pressentiment que les forêts soient, de véritables mines de biodiversité, indispensables à la vie des êtres vivants (UNESCO, 1993). Tenant compte du fait que les écosystèmes d'un pays, par leur contenu biologique, leurs fonctions et leurs interactions, font du milieu naturel, l'un des trésors biologiques potentiels du pays, il importe de prendre des dispositions.

Déjà entre 1940 et 1955, vingt et un mille cinq cent quatre vingts (21.580) km2
de la superficie du Bénin, étaient érigés en domaine classé de l'Etat soit environ

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20% de la superficie totale du pays. Les pertes annuelles des forêts étant estimées entre 1995 et 2000 à 1,2 % de la superficie du pays (FAO, 1999a), la gestion rationnelle des forêts rémanentes constitue donc une priorité (Sokpon, 1995).

Actuellement ce pourcentage de perte a considérablement évolué, compte tenu des occupations et aliénations illicites constituant de graves dangers pour les formations forestières et pour l'environnement. L'inventaire forestier national (IFN-DFS-PBF2, 2007), estime les formations arbustives et savanicoles existants en 2007 à 1.505.737 ha contre 2.785.394 ha de superficie, de mosaïque culture et jachère. Les conséquences liées au phénomène de réduction des formations végétales, s'observent à travers l'accélération de l'érosion entraînant la dégradation des sols et la progression de la sahélinisation. Aussi, la perturbation des cycles climatiques et l'assèchement des rivières ou l'irrégularité des régimes des fleuves, n'ajoutent-ils pas leurs grains de sel au fait incriminé ?

Malheureusement, la recherche forestière, pendant longtemps, s'est orientée vers les espèces forestières exotiques (Eucalyptus spp, Tectona grandis, Gmelina arborea, Acacia auriculiformis...); espèces réputées pour leurs croissances rapides et leurs grandes productivités. C'est depuis peu que les espèces locales, font l'objet de recherche (ICRA-INRAB, 2002). Certaines espèces sont connues en fonction des multiples utilisations qu'en font les populations. Ainsi, les usages liés à la production du bois d'oeuvre, du bois de service, et du bois énergie sont très répandus. De même, les plantes fourragères, alimentaires, médicinales etc., répondent quotidiennement aux besoins des populations.

Mais les arbres ne jouent pas que le rôle de production, ils sont intégrés à la vie sociale, culturelle et parfois occulte des populations rurales (Guny et al., 1997). Répondre quotidiennement aux besoins des populations devrait rimer avec la mise en oeuvre des normes de la Convention sur la Diversité Biologique qui énumère en sont article 10, cinq mesures à prendre pour l'utilisation durable des éléments constitutifs de la nature. Parmi ces mesures, figurent entre

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autres, `' la protection et l'encouragement de l'usage coutumier des ressources biologiques conformément aux pratiques culturelles traditionnelles compatibles avec les impératifs de leur conservation ou de leur utilisation durable » (UNEP/CBD, 1994).

Au Bénin, 3000 espèces ont été inventoriées dans les écosystèmes forestiers (MEHU, 2002) dont 172 espèces sont consommées par les populations locales comme plantes alimentaires (Codjia et al., 2003) et 814 comme plantes médicinales (Sinsin et Owolabi, 2001). Au nombre de ces dernières, Daniellia oliveri est utilisée pour le traitement d'une vingtaine de maladies (Berhaut, 1967 ; Houéhounha, 2005; Dotchamou, 2006). Cette espèce n'est pas utilisée dans les programmes de reboisement au Bénin bien que d'importants programmes d'aménagement du couvert forestier soient en cours dans le pays. S'il est vrai que la reconstitution du couvert végétal dans les programmes d'aménagement forestier passe par les semis, les plantations, les rejets de souches, le marcottage naturel et le drageonnage (Bellefontaine et al., 2000), il est aussi vrai qu'avant de l'entreprendre, les options techniquement et économiquement viables en fonction des espèces concernées et des moyens disponibles sont à analyser (Bellefontaine, 2005). D. oliveri se reproduit par voie sexuée (Guny et al., 1997 , Ouédraogo et al., 2003). Il a été montré que l'espèce produit abondamment de semences (Guny et al., 1997). Il se reproduit également par voie asexuée (Bellefontaine et al., 1997 ; Harivel et al., 2006). Particulièrement, les modes de reproduction végétative par drageons ou rejets de souche ont été mentionnés (Giffard, 1974 ; Bellefontaine et al., 1997, Harivel et al., 2006). Explorer les possibilités d'utilisation de divers modes de reproduction à savoir les semences et les boutures de segments de tiges et de racines, dans la multiplication artificielle de D. oliveri en général et la production de plants sur différents types de sols au Bénin, constitue une préoccupation (Houéhounha, 2009). En Afrique Sub-saharienne, la grande disponibilité des terres cultivables peut donner la possibilité de produire la biomasse à partir de la conduite des rejets dans les jachères (Marrison et

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Larson, 1996). Les jachères constituées d'espèces pionnières à croissance rapide et capables de rejeter après exploitation étant les plus indiquées (Kauter et al., 2003), l'étude sur la conduite des rejets abondants de D. oliveri sur différents types de sols, ne peut-elle pas apporter une contribution à l'enrichissement des données de base de la sylviculture de l'espèce?

Dans le souci de contribuer aux efforts de recherche sur les espèces autochtones du Bénin, nous avons choisi de traiter le thème : «Analyse des impacts écologiques et socioculturels de l'exploitation des produits de Daniellia oliveri (Rolfe) Hutch. et Dalz. sur la viabilité de ses peuplements au Bénin».

Cette étude, pour répondre à la préoccupation centrale relative aux influences des actions anthropiques sur les groupements végétaux à D. oliveri au Bénin, devrait répondre aux interrogations suivantes :

Quelle est l'influence sur D. oliveri au Bénin, des facteurs écologiques due à son l'exploitation?

Quels impacts socioculturels, la présence de cette espèce, a sur les groupes sociolinguistiques du Bénin?

Quelles sont les stratégies adaptées à la gestion durable des peuplements de D. oliveri au Bénin?

Pour répondre aux interrogations, la présente étude s'est appuyée sur une base théorique établie entre autres sur la problématique à l'aide de démarche méthodologique pour aboutir aux résultats discutés.

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1.1- Problématique et justification

Les hommes de tous les temps, ont entretenu avec les végétaux en général et les plantes en particulier, des relations riches et variées. Cette réalité qui fait l'essence du contenu de la science ethnobotanique, une science au carrefour de la botanique et des sciences humaines, est présente dans la zone soudanienne de l'Afrique de l'Ouest dominée par de vastes formations de savanes (HahnHadjali, 1998).

Bien que les conséquences des activités anthropiques soient souvent visibles sur le terrain, la question de l'environnement dans les pays d'Afrique en voie de développement, se présente en terme de déséquilibre entre les ressources naturelles et les besoins accrus des populations recherchant l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail (Geny et al., 1992).

De façon générale, le déséquilibre est souvent aggravé par un certain nombre de facteurs dont l'agriculture, le surpâturage et les feux de végétation qui, en association avec les facteurs climatiques et pédologiques, constituent des causes de perturbations des phytocénoses sensibles (Sinsin et Oumorou, 2000). Au Bénin, La dégradation des écosystèmes suite à l'introduction de la culture du coton par exemple, a accéléré l'augmentation des terres cultivables, l'utilisation abondante des pesticides et l'exploitation des terres marginales (Toko et da Matha Sant'Anna, 1999).

Dans le même sens, Akoègninou et Akpagana (1997), ont montré la raréfaction des grands arbres dans l'aire classée des collines de Savalou (Centre du Bénin) et attribué le fait à l'action de l'homme. Selon ces auteurs, dans ce milieu spécialisé dans la fabrication du gari sohoui1, les bois des espèces (Afzelia africana, Anogeissus leiocarpus, Burkea africana, Pterocarpus erinaceus, Isoberlinia doka), sont recherchés pour la combustion. Mais la raréfaction des espèces forestières peut ne pas être seulement due à la recherche du bois pour la combustion. Certaines formes d'usage des parties du végétal, sont parfois préjudiciables à la survie des espèces. Sinsin (1985), a montré que la

1 Farine issue du manioc pelé, pressé et grillé dans un vase au feu

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déforestation n'est pas seulement synonyme d'abattage des arbres, elle peut être due à un écorçage sauvage des espèces ligneuses.

Malgré la croissance démographique et les difficultés qui en découlent, il est regrettable de constater que la prise de conscience de la nécessité d'une gestion rationnelle de l'environnement tarde à prendre forme au sein des populations. Cette situation est apparemment due au fait que :

les soucis du court terme sont plus pressants que ceux du long terme car, ne s'inscrivant forcément pas dans les valeurs culturelles essentielles.

L'existence parfois de vastes espaces non cultivés donnant l'illusion d'une marge de manoeuvre possible.

Dans ces conditions, l'homme par ses pratiques de prélèvement continu de matériel végétal, fait généralement peu attention aux effets de destruction qu'il provoque.

A ce propos, Maldague (1974) écrivait : «A chaque instant, alors que s'accroît le nombre d'hommes, disparaissaient à tout jamais des tonnes de terres fertiles, s'abattent des forêts, s'appauvrissent des écosystèmes, se dégradent des paysages...». C'est donc entre autres à une régression des formations végétales, à une raréfaction voire une disparition des espèces ligneuses et au remplacement progressif des graminées pérennes par des espèces annuelles à cycle court qui s'observent (Liricollais, 1987). Toutefois, les zones soumises aux actions anthropiques présentent-elles encore des surfaces conservées à l'état naturel (Kéré, 1998). Ces zones sont le plus souvent, des aires favorables au développement des essences pionnières parmi lesquelles, certaines comme D. oliveri sont endémiques2 en Afrique.

Décrite par Hutchinson et Dalziel en 1954 et 1972, cette espèce a pour
synonyme : Paradaniellia oliveri selon Rolfe. Très connue au Bénin, elle porte
les noms de za en Fon3 et en Mahi, Iya en Nago et en Idatcha, Lifitin en Minan,

2 Relatif A l'endémisme : caractéristique d'un taxon confiné dans une aire restreinte

3 Fon, Mahi, Nago, Idatcha, Minan, Goun, Batombou, Ditamari, Yom, Dendi : Langues parlées par des groupes socioculturels du Bénin

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Jatin en Goun, Niabou en Batombou, Muyo en Ditamari, Nyaadou en Yom et ferma en Dendi (de Souza, 1988). En français elle est appelée Copalier Africain de balsam ou Santan (Tailfer, 1989). Certains groupes socioculturels en ont tiré des noms de localités : Zadakon (à l'orée de la couronne de za), Zakanmè (dans le peuplement de za) à Djidja, Zassa (Sous l'arbre za) à Zogbodomey et à Agbangnizoun, Zakpo (Beaucoup de za) à Bohicon et à Zogbodomey, Idou ya (rendez-vous des chasseurs au pied de D. oliveri) à Ouessè. (Résultats d'enquêtes présente étude, 2006).

Espèce sous valorisée par les textes forestiers4 en vigueur au Bénin, elle connaît cependant, de nombreux usages lui accordant une place de choix au sein de certains groupes socioculturels du Bénin (Houéhounha, 2005). Certains auteurs ont travaillé dans le domaine des usages. Dégbé (1987) s'est intéressé à la résine de D. oliveri, très riche en huile essentielle. Pour cet auteur, il a été mis en évidence dans l'espèce qu'on retrouve au Bénin, un mélange de sesquiterpènes volatils, de l'acide daniellique à deux cycles hydroaromatiques. Dans l'écorce de l'espèce au Nigeria, Persinos et al. cités par Dégbé (1987) ont trouvé du bêta- sistostérol dans l'extrait éthéropétroléique de la plante. Par ailleurs, Menu et al. (1994) cités par Lawani (2003), ont trouvé dans l'espèce collectée au Bénin et au Burkina Faso, vingt-trois constituants dans l'huile extraite de D. oliveri.

Dans la flore illustrée du Sénégal, Berhaut (1975), a inventorié quelques vertus médicinales de D. oliveri. Il a également montré que l'écorce d'une branche de D. oliveri coupée et grillée, mise dans le vin de palme, rend le vin plus digeste et empêche le ballonnement du ventre du consommateur. L'action protectrice contre les attaques de termites des objets trempés dans la résine de l'espèce, a été évoquée par l'auteur. De même, dans une contribution aux études ethnobotaniques et floristiques au Togo, Adjanohoun et al. (1989), on décrit l'espèce D. oliveri, en mentionnant ses vertus pour la médecine traditionnelle et la pharmacopée. Dans un développement sommaire, ils ont indiqué que les

4 Ordonnance N° 74- 26 du 22 mars 1974 et loi des finances gestion 2007

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racines de l'espèce sont utilisées en décoction pour le traitement des dysménorrhées.

Sur un autre plan, Onana (1995), dans un document relatif à l'inventaire et à la phénologie des ligneux du Nord du Cameroun, faisait remarquer qu'une soixantaine d'espèces dans les savanes du Nord du Cameroun, entre dans l'alimentation des ruminants domestiques. Dans ce lot d'espèces, il ressort que les arbres et arbustes les plus exploités sont par ordre de préférence, Ficus sycomorus, Daniellia oliveri, Afzelia africana ..., pour ce qui concerne les feuilles. C'est dire que les feuilles de D. oliveri sont très appétées par certains animaux domestiques. Selon les mêmes auteurs, les fleurs de Daniellia oliveri sont mieux appétées que celles de Pterocarpus erinaceus et de Bombax costatum. Les graines servent à alimenter les ruminants au Niger. Dans le même sens, Tenté (2000), s'est aussi intéressé à l'alimentation des animaux domestiques et a trouvé que les feuilles de D. oliveri, sont utilisées comme fourrage dans les Départements de l'Atacora et de la Donga5 au Bénin. Guny et al. (1997), ont trouvé que D. oliveri fournit un bon bois de menuiserie et de service. Montrant que le bois se prête mal pour la charpente des maisons, ils l'ont apprécié pour la fabrication des tam-tams. Son adaptation comme boisénergie, est signalée bien que la coutume dans certaines régions du Mali, interdise de brûler ce bois dans les concessions à cause de la colère des `'génies». Les feuilles pour les auteurs de l'ouvrage, fournissent un très bon fourrage. L'écorce exsude une oléorésine utilisable comme encens et huile d'éclairage. Dotchamou (2006), a contribué à la méthodologie du cubage des arbres de l'espèce dans le domaine classé au Bénin.

De façon générale, les ouvrages explorés ont montré l'action anthropique comme une préoccupation sérieuse dans le contexte du déboisement et de la réduction de la diversité biologique. C'est le résultat d'une démographie galopante que Wilson (1992), désignait comme un monstre en présence duquel, la durabilité n'est qu'une fragile construction théorique. Dans un document

5 Atacora et Donga sont des subdivisions territoriales situées au Nord-Ouest du Bénin.

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directif, de la Banque Mondiale, Banuri et al. (1993) affirmaient que les causes de la dégradation de l'environnement, sont aussi variées que ses manifestations. Ils ont cependant pointé un doigt accusateur sur l'accélération de la croissance démographique dans de nombreux pays en développement.

Ainsi, les auteurs ont surtout traité une partie de la monographie des usages des organes de l'espèce, les aspects chimiques de sa résine et la méthodologie du cubage des arbres sur pied. Ces aspects en réalité n'évaluent ni les chances de survie ni l'urgence et la nécessité de sauvegarder l'espèce. Dans le cadre de l'approfondissement des connaissances sur D. oliveri, l'omission des aspects relatifs aux impacts de l'exploitation des produits de l'espèce sur le plan écologique, social et culturel, est un vide qu'il importe de combler.

En prenant en compte les aspects omis par les auteurs, nous avons estimé que seuls des objectifs précis, en relation avec des hypothèses bien posées dans un cadre méthodologique adéquat, peuvent conduire à atteindre des résultats attendus.

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