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Variabilité et tendances pluviométriques dans le nord-ouest de la Centrafrique: enjeux environnementaux


par Bertrand DOUKPOLO
Université d'Abomey-Calavi - DEA 2007
  

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CHAPITRE DEUXIEME :
REGIMES PLUVIOMETRIQUES MOYENS
ET LEUR VARIABILITE

Dans ce chapitre, trois principaux aspects seront développés. Nous allons d'abord rappeler brièvement les paramètres qui régissent les mécanismes climatiques en Centrafrique, en déduire et expliquer ensuite la typologie des régimes pluviométriques dans le Nord-Ouest du pays. Enfin, nous nous efforçons d'étudier la variabilité pluviométrique à différents pas de temps, les anomalies et les tendances des séries d'observations.

I. ELEMENTS EXPLICATIFS DES REGIMES PLUVIOMETRIQUES

La compréhension de la répartition des régimes pluviométriques dans le NW centrafricain passe par le rappel de quelques mécanismes généraux de la circulation atmosphérique impliquant directement l'Afrique Centrale. Parmi eux, l'importance des ascendances thermiques dans ces milieux de basses pressions équatoriales ou calmes équatoriaux.

1. Rappel des dispositions moyennes du climat centrafricain

Les mécanismes généraux du climat moyen aux latitudes centrafricaines dépendent du système climatique de l'Afrique Tropicale. Ils sont déjà bien connus, puisqu'ils ont été largement décrits et expliqués par nombre d'auteurs, notamment Goulée (1964), Dhonneur (1978), Leroux (1980), Pagney (1986) et Suchel (1988). Seuls seront rappelés, les centres d'action, les flux zonaux et les phénomènes pluviogènes, éléments nécessaires à la compréhension de la variabilité pluviométrique.

La circulation atmosphérique générale en Afrique Centrale est sous la dépendance étroite de deux centres d'action anticycloniques hémisphériques (Sainte-Hélène au Sud, Egypto-Libyen et Açores au Nord) qui, au cours de l'année, agissent les saisons pluviométriques. Deux masses d'air d'origine et de caractère différent sont en action, la circulation d'alizé austral (mousson maritime) et la circulation d'alizé boréal que Demangeot (2005) qualifie de « mousson continentale ».

Fig. 8 : Centres d'action et flux (situation en janvier et juillet. Suchel, 1988)

La Fig. 8 présente la situation en janvier et en juillet des centres anticycloniques subtropicaux et de l'advection zonale ou jet stream tropical d'est sur l'Afrique. On peut identifier selon leur position hivernale ou estivale, le Front Intertropical (FIT), la confluence interocéanique et les flux méridiens « comparables au principe de vases communicants : les courants d'alizé » (Suchel, 1988). Par rapport aux courants d'alizé, il s'agit des flux d'air maritime humide (mousson) et d'air continental sec (harmattan) régulant les saisons.

La prédominance ou la défaillance de l'un ou l'autre de ces mouvements ascensionnels modifie la typologie des régimes pluviométriques. Il apparaît que les conditions pluviogéniques sont en majeure partie sous le contrôle de l'océan Atlantique sud qui se trouve être la source principale de la vapeur d'eau. Celle-ci, advectée par le flux expulsé des hautes pressions de Sainte-Hélène, va donner après condensation, l'essentiel des précipitations aux latitudes centre et ouest africaines. De façon générale, trois systèmes pluvieux majeurs se rencontrent en Centrafrique (Franquin, 1988). Dans l'ordre de leur importance, ce sont les pluies de mousson, les perturbations de lignes de grain et les cellules thermo-convectives locales :

§ Les pluies de mousson constituent la plus importante forme des perturbations enregistrées. Conditionnées par les FIT, elles sont dues à la migration de la Zone Convergence Intertropicale (ZCIT). Le balancement annuel du FIT suivant le déplacement des anticyclones détermine le rythme des saisons pluviométriques. 60% des pluies y sont concernées (AHN, 1990 et 2000).

§ Les pluies de lignes de grains provoquées par des ondes dépressionnaires dans les vents d'est équatoriaux, sont formées d'orages soudés dont le noyau de perturbation est constitué de cumulo-nimbus à grand développement vertical. Selon la Direction de Météorologie Nationale (1987), ces lignes de grains se déplacent d'est en ouest à une vitesse relative de 80 km/h et leur progression en Centrafrique vers le nord-ouest est moins sélective à l'égard des inégalités orographiques.

§ Les pluies thermo-convectives dépendent des facteurs locaux tels que le manteau forestier de Mambéré-Kadéi et de la Sangha, le massif de Yadé aux environs de Bouar et le dôme de Bossembélé. Ce type de pluies est engendré par les mouvements ascendants de l'air, générant des amas nuageux de type cumulo-nimbus dont le noyau actif peut atteindre 7km de diamètre (Riou, 1990).

L'analyse des précipitations en Centrafrique aboutit à une étroite dépendance de la pluviosité vis-à-vis des centres d'action anticycloniques et des facteurs géographiques locaux.

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