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La participation outil de citoyenneté ?

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par Gildas CADUDAL
Université de Nantes (France) - Maitrise en intervention et développement social 2005
  

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Diplôme Supérieur de Travail Social Maîtrise de Sciences et Techniques en

Direction Régionale des Affaires Sanitaires Intervention et Développement Social

et Sociales de Loire Atlantique Service de formation continue de

l'Université de Nantes

La participation, outil de

citoyenneté ?

L'exemple du conseil des résidents

en Foyer de Jeunes Travailleurs

(c) UFJT

Gildas CADUDAL, Tuteur de mémoire :

promotion 2002-2005 M. Henry NOGUES

contact gildas.cadudal@laposte.net

SOMMAIRE

Introduction 2

Première partie 4

Chapitre 1 : Citoyenneté et participation, entre mouvement de fond et mot-tiroir.... 5

I/ De l'état de citoyen à l'idée de citoyenneté 6

II/ La participation 18

Chapitre 2 : Les jeunes entre itinérance et construction 26

I/ « On met très longtem ps à devenir jeune » 27

II/ Des jeunes sollicités pour participer 29

Deuxième partie 34

Chapitre 1 : Les Foyers de Jeunes Travailleurs 35

I/ Présentation des FJT 36

II/ Le cadre participatif dans les foyers 52

Chapitre 2 : L'enquête menée auprès des FJT 58

I/ Objectifs, formes et mise en oeuvre 59

II/ Résultats de l'enquête 62

III/ Enseigne m e nts retirés 80

Conclusion 87

Bibliographie 89

Annexes 92

Introduction

L'appel au sursaut « citoyen », la « mise au centre » de l'usager, la lutte contre les incivilités... L'actualité regorge d'informations ayant peu ou prou trait à l'implication citoyenne. Ceci témoigne à n'en pas douter d'une forte et réelle préoccupation de notre société. S'interroger sur la participation citoyenne, c'est embrasser un vaste champ, qui approche les thématiques de liaisons et déliaisons sociales, d'intégration ou de désintégration sociale, de rapport à autrui comme de rapports aux institutions. Créer ou recréer du lien, « rapprocher la politique du citoyen » c'est à dire permettre à tous de réinvestir l'espace public et le champ du politique, tout cela est au coeur des préoccupations de tous les acteurs, qu'ils soient élus, militants associatifs, ou professionnels que ce soit dans les champs du développement local ou de l'intervention sociale.

Les instances traditionnelles où se forgeaient les identités sociales et où s'exerçaient concrètement la citoyenneté se voient délaissées et ne semblent plus adaptées ; les formes d'engagement se sont considérablement modifiées, et pour répondre à ces changements sont créées et développées des instances de proximité. La participation à ces instances, plus proches des préoccupations immédiates, est devenue le moyen privilégié pour favoriser l'expression des habitants ou, selon le contexte, des usagers. Ce développement de la participation est tel qu'elle semble désormais constituer l'essentiel de la citoyenneté.

Or s'il s'agit là d'une participation effective et active, elle soulève tout de même plusieurs interrogations. Ne s'agit-il pas là d'une vision réduite et d'un exercice restreint de la citoyenneté ? Quelles sont les conditions dans lesquelles cette participation pourrait devenir vraiment constitutive de citoyenneté ?

Pour répondre à ces interrogations il convient de revenir sur les concepts fondateurs. La citoyenneté est une idée qui est née voici vingt-cinq siècles. La participation, qui semble désormais être son corollaire, n'a que quelques dizaines d'années d'existence, et a plutôt statut de notion que de concept. Il est donc nécessaire de revenir sur l'histoire et la définition de chacun des termes, et de les confronter afin de comprendre comment ils s'associent et fonctionnent. C'est l'objectif poursuivi dans le premier chapitre de la première partie de ce mémoire.

Dans l'incitation à la participation comme dans l'exhortation à faire oeuvre de citoyenneté, les « jeunes » sont souvent sollicités lorsqu'ils sont présents, ou interpellés lorsqu'ils ne le sont pas. Nombre d'instances leur sont proposées, du conseil municipal des jeunes aux « juniors associations » en passant par les représentations existant au lycée ou à l'université. Ce public « jeune » est celui qui sera spécifiquement étudié dans ce mémoire. Quelles définitions en sont données, quelle est l'histoire de ce public qui a été « fabriqué » en tant que corps social spécifique récemment, c'est à ces questions que le deuxième chapitre de la première partie de ce mémoire va s'attacher.

Comment organiser concrètement la participation d'un public de jeunes ? Quels sont les obstacles à cela ? Y-a-t-il des conditions particulières à réunir afin d'y parvenir ? Quels éléments permettent que la participation puisse-être considérée comme facteur de citoyenneté ? Pour apporter des éléments de réponse, la suite de cette étude se base

sur un travail d'enquête dans un contexte particulier, celui des Foyers de Jeunes Travailleurs, et sur une instance spécifique qui y existe, le conseil des résidents.

L'hypothèse retenue dans cette partie est que la participation à une instance « simple », proche des préoccupations immédiates du public, est un moyen privilégié de favoriser leur expression publique, de les reconnaître et de les valoriser, au final qu'il peut constituer effectivement un exercice concret de la citoyenneté. Si l'échelle de cet exercice est modeste, sa réussite peut constituer un levier pour un investissement ultérieur de certains jeunes dans la vie de la cité sur une plus grande échelle. En d'autres termes l'exercice pratique d'une « micro-citoyenneté » peut être une voie privilégiée pour un investissement citoyen plus large. Toutefois il y a, sans doute, des conditions spécifiques pour qu'une instance de concertation à destination de jeunesadultes fonctionne et suscite leur participation réelle et concrète. Il existe des obstacles mais aussi des atouts spécifiques liés à ce public, qui s'il est « instable » -souvent bien malgré lui, est aussi mobilisable car « en devenir ». Il existe aussi des résistances et des contraintes liées aux institutions qui les accueillent, et des inadaptations dans le cadre réglementaire de référence qu'il faut identifier.

La deuxième partie de ce mémoire commence par une présentation du contexte particulier de l'étude sous deux aspects. D'une part il s'agit d'éclairer ce que sont les Foyers de Jeunes Travailleurs, quelle est leur histoire, quel est leur public. D'autre part il est nécessaire d'expliquer quel est le cadre de la participation qui y est mis en place.

Une enquête a été menée au sein de plusieurs Foyers de Jeunes Travailleurs pour étudier et comparer ce qui y existe en matière de participation et comment cela fonctionne. Mener une enquête assez large visait à mettre en évidence les constantes mais aussi les divergences d'organisation, et ainsi essayer de mettre en lumière les réussites et les difficultés liées à cet exercice. Le dernier chapitre de la deuxième partie de ce mémoire est consacré à la description de cette enquête et à ses résultats. Ce mémoire s'achève par des préconisations élaborées en réalisant un lien entre les éléments pratiques observés lors de l'enquête et les éléments théoriques des parties précédentes.

Première partie

La citoyenneté et la

participation

Le concept de « jeunes »

C

mouvement de fond et mot-tiroir hapitre 1 : Citoyenneté et participation, entre I/ De l'état de citoyen à l'idée de citoyenneté 6

1/ La citoyenneté, vingt-cinq siècles d'histoire 6

a/ La polis grecque 6

b/ La République puis l'Empire romain 8

c/ De la cité à la nation 9

d/ La démocratie représentative 10

e/ La représentation en crise 10

2/ Citoyenneté plurielle ou citoyenneté en miettes ? 11

a/ Une construction par étapes 11

b/ Différentes sphères de citoyenneté 12

c/ Des pratiques nouvelles et élargies 14

d/ Vers une supra-nationalité ? 15

II/ La participation 18

1/ Une notion récente et évolutive 18

2/ Les différents niveaux de participation 19

a/ L'implication, un élément fonda me ntal 19

b/ L'échelle de la participation 20

c/ Qui et combien participent ? 21

3/ Recréer l'agora ? 22

a/ L'espace public 22

b/ L'association 23

« Un mot vaut une idée dans un pays où l'on est plus séduit par l'étiquette du sac que par le contenu »1. Il semble que l'utilisation de mot-tiroir n'est donc pas l'apanage de notre monde moderne, et l'usage immodéré fait actuellement des termes de citoyenneté et de participation semblent procéder de cela : « Le terme de citoyen (...) est revenu à la mode depuis quelques années d'une manière insistante, sinon obsédante, dans les pays démocratiques »2.

Pour autant qu'il soient dévoyés par un usage abusif, ces termes n'ont d'actualité que parce qu'ils répondent à une attente ou à un manque social, et si « ...la polysémie des mots peut être source de confusion (...) elle peut avoir aussi une signification par ellemême : rendre compte d'une complexité qui caractérise adéquatement son objet. »3. Les mots ne sont donc pas agités vainement, aussi devon-nous d'une part de revenir sur l'histoire et l'évolution des concepts ; d'autre part d'étudier quels sont les enjeux sociopolitiques actuels qui se manifestent par l'omniprésence de ces mots.

I/ De l'état de citoyen à l'idée de citoyenneté

La longue histoire de la citoyenneté a permis d'en donner une définition formelle et précise, qui est bousculée dans nos sociétés par la crise de la démocratie représentative, ce qui en rend les contours plus large mais aussi plus flous.

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