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Diagnostic des potentialités et vulnérabilités du milieu naturel à  la commune de Gressier face à  la pression démographique liée à  la périurbanisation de Port-au-Prince (haà¯ti) comme base d'une planification du développement de son habitat.

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par Nixon SANON
Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux (Belgique) - Dipleme d'Etudes Approfondies 2006
  

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Chapitre 5

DIAGNOSTIC SOCIO-ÉCONOMIQUE

5.1- POPULATION

À travers ses activités, la population influe considérablement sur le milieu. Avec une densité démographique de 253 hab. /km2, Gressier fait face actuellement à une situation d'urbanisation spontanée qui peut avoir de sérieuses conséquences sur le milieu naturel. Pour bien comprendre la situation actuelle du milieu et faire ressortir les enjeux de gestion de celui-ci, il faut analyser les données sur la population, sa structure, sa répartition et son évolution.

En 1998, les projections faites par l'IHSI pour la population se situaient à 17.491 habitants

(IHSI, 1998) en se basant sur le taux de croissance naturelle de la population de la zone. Mais en 2005, la population de Gressier s'élevait à 25.947 habitants avec 13.254 femmes et 12.693 hommes (IHSI, 2005).

Comme le tableau suivant le montre, la population de Gressier a augmenté de près de 50 % de 2000 à 2003. Cette augmentation est à la base des zones d'extension de la partie côtière de la commune de Gressier. La densité démographique ci-dessous donne une idée de la pression exercée sur le milieu mais ne traduit pas la répartition de la population qui, ces dernières années se concentrent dans la zone côtière très accessible et proche de Port-au-Prince.

Tableau 2. Evolution de la densité démographique de Gressier

Année

Population totale (hab.)

Densité communale (hab. /km2)

1982

17.127

167

1998

17.491

170

2000

17.459

170

2003

25.947

253

Source : IHSI (1998 et 2005)

De 1982 à 2000, la population n'a augmenté que très faiblement pour ne pas dire qu'elle restait constante mais après l'année 2000, le contexte politique du pays a engendré des troubles sociaux à la capitale qui ont conduit à un retour vers les régions rurales périphériques.

Comme l'a si bien expliqué CORNEVIN (1982), la position de Port-au-Prince coincée entre le Morne de l'Hôpital et la mer ne permet d'extension que vers le sud-ouest en direction de Gressier et vers le nord dans la Plaine du Cul-de-Sac. Celle-ci étant de nos jours entièrement urbanisée, l'extension ne peut donc plus se faire que vers Gressier face à l'augmentation constante de la population haïtienne.

5.2- ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES

L'agriculture, l'élevage, la production de charbon de bois et la pêche, dans une moindre mesure, au niveau de la côte, sont à la base de l'économie de la zone.

L'agriculture demeure la principale activité de la population de Gressier ; une agriculture de subsistance, orientée vers la production de denrées telles le maïs (Zea mays), le petit-mil (Pennisetum glaucum), le manioc (Manihot esculenta), la patate (Ipomoea batatas), le pois congo (Cajanus Cajan). Ces produits servent principalement à l'autoconsommation. Les excédents résultant de bonnes récoltes sont vendus dans les marchés environnants. C'est une agriculture tributaire de la pluie, à faible productivité et dont l'utilisation des outils rudimentaires est l'un des traits dominants.

Les terres cultivées sont majoritairement en métayage12(*). Faute d'accessibilité et surtout de moyens financiers, les fertilisants chimiques ne sont pas utilisés dans l'agriculture.

A coté de l'agriculture, l'élevage est pratiqué par les agriculteurs. En règle générale, les ménages possèdent du bétail qu'ils élèvent, libres ou à la corde, dans le cadre de systèmes herbagers et détriticoles. Le cheptel est ainsi très diversifié (poule, boeuf, cabri, cheval, âne...) et sert à valoriser les sous-produits agricoles, à garantir les emprunts chez l'usurier, à satisfaire des besoins monétaires immédiats et à transporter les excédents des produits agricoles aux marchés.

La production de charbon de bois est une activité très développée à Gressier. Rappelons qu'en Haïti le bois et le charbon de bois représentent 71 % des sources d'énergie et 96 % des ménages utilisent le charbon de bois pour la cuisson des aliments (PNUD, 2004 a) et l'activité de production de charbon de bois est liée à une force de travail de plus de 150.000 emplois et brasse un chiffre d'affaires de plus de 65 millions de dollars (VICTOR, 2000).

La pêche est artisanale et est essentiellement pratiquée par les ménages « pauvres » vivant à proximité de la mer.

Mis à part l'agriculture et l'élevage, le commerce de détail des produits agro-alimentaires et autres est une activité qui se développe de plus en plus, l'agriculture ne pouvant plus satisfaire les besoins d'une population croissante.

Dans le profil des modes de vie en Haïti, la United States Agency for International Development (USAID, 2005) a classé les ménages de la région de Gressier en quatre catégories socio-économiques sur la base de l'accès à la terre (principal facteur de catégorisation), la propriété de bétail et la réception de transferts d'argent en provenance de l'étranger.

Ces catégories sont :

§ Catégorie 1 - Les ménages « les mieux lotis » 

Ceux-ci possèdent au moins 5 carreaux13(*) de terre en partie cultivée, en pâturage ou boisée. Ils bénéficient des transferts d'argent de l'étranger. Ce qui accroît, entre autre, leur capacité d'investissement.

§ Catégorie 2 - Les ménages « moyens »

Ils comportent les mêmes éléments que la catégorie décrite précédemment. Cependant, ils exploitent des superficies inférieures qui proviennent d'accords de métayage et d'affermage. Leurs terres ont généralement une moindre valeur et ils disposent d'un plus petit cheptel.

§ Catégorie 3 - Les ménages « pauvres »

La superficie moyenne des parcelles cultivées par ces ménages est inférieure à 1 carreau dont une partie provient d'accords de métayage et d'affermage. Ils possèdent du petit bétail et ont en gardiennage parfois de gros bétail appartenant aux ménages plus aisés. Ils ne bénéficient généralement pas de transferts d'argent de l'étranger. Pour compenser et balancer les contraintes auxquelles ils sont confrontés, ils vendent leur force de travail aux ménages les plus aisés et diversifient leurs activités. C'est la catégorie la plus importante à Gressier.

§ Catégorie 4 - Les ménages « très pauvres »

Ces derniers dépendent des dons et du soutien des 3 autres catégories. Ils ne sont pas économiquement productifs. Ils représentent les groupes les plus vulnérables de la population de Gressier.

Il convient de noter que la taille des ménages croît avec le degré de pauvreté, de l'ordre de 4 à 5 pour les « mieux lotis », 6 à7 pour le groupe « moyen » et 8 à 10 pour les « pauvres ».

* 12 Selon CERAQUI (2000), le régime foncier de Gressier est caractérisé par le métayage (53%), la propriété (35%)

et l'affermage (12%). Le métayage appelé aussi «  deux moitiés » est un système de tenure des terres dans lequel un propriétaire terrien octroie une partie de ses terres à un paysan moins favorisé pour une période déterminée. Ce dernier, en retour, fournit les intrants nécessaires à la mise sous culture des parcelles (semences et force de travail). Au moment de la récolte, les produits récoltés sont alors répartis sur la base d'un accord préalablement convenu entre les parties (USAID, 2005).

* 13 1 carreau = 1,29 ha

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