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Evaluation de la participation des populations au débat foncier dans le département de Padéma


par Inoussa MAIGA
Université de Ouagadougou - Maitrise en scientes et techniques de l'information et de la communication 2010
  

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II. LA PARTICIPATION DANS LES FAITS

De façon pratique, la mise en oeuvre de la participation s'observe, à travers l'implication réelle des populations et aussi, les avancées enregistrées dans la conduite de la réflexion sur les axes de travail.

II. 1. L'implication des populations

II. 1. 1. Les GR jugés par leurs membres

Le groupe de réflexion est défini par ses membres comme un lieu où autochtones et migrants, cultivateurs et éleveurs se rencontrent pour discuter et trouver des solutions aux problèmes de terres. De l'avis général de ces derniers, l'intervention de l'OPSF a permis de pacifier la zone. Les discussions au sein des cadres de concertation ont permis une amélioration de la situation foncière. Visiblement, l'OPSF a atteint son premier objectif, à savoir, le rétablissement du dialogue. Des discussions franches se tiennent entre autochtones et allochtones, alors que dans un passé récent, le foncier était un tabou entre ces deux groupes d'acteurs.

Pour y arriver, il a fallu rassurer les populations, les mettre en confiance. En effet, lors des premières rencontres, les animateurs ont constaté d'une part, une absence régulière ou une faible participation des migrants, et d'autre part, l'omniprésence des notables. Pour les migrants, l'OPSF visait à retirer leurs champs pour les remettre aux autochtones. D'où la peur de se montrer. Par contre, les autochtones voyaient en cette intervention extérieure, une manigance des migrants pour les spolier des terres qu'ils ont prêtées souvent depuis plusieurs décennies. Ce qui justifie leur omniprésence aux rencontres. La stratégie de l'OPSF a consisté à rencontrer les deux parties d'abord séparément, puis ensemble pour lever toute équivoque. Au fil du temps, les doutes et méfiances se sont estompés et la confiance s'est installée entre les populations et les agents de l'OPSF.

Pour les membres des GR, l'ouverture du dialogue est un progrès considérable. Tous souhaitent la pérennisation des cadres de concertation, car, selon eux, c'est uniquement dans ces organes que le dialogue peut se poursuivre. En outre, la plupart des membres des GR maîtrise les différentes problématiques dont ils ont discuté et sont capables d'expliquer de mémoire, les décisions prises. Ce qui témoigne d'un certain degré d'appropriation du processus par ces derniers.

II. 1. 2. Les GR vus par les populations

Dans les différents villages visités, les populations sont parfaitement au courant de l'existence des GR. De l'avis général des personnes enquêtées, l'intervention de l'OPSF a permis d'estomper de nombreux conflits entre autochtones et allochtones. Les retraits de terres, principales causes de conflit entre les deux groupes sus-cités, ont fortement diminué depuis l'instauration des GR. « Aujourd'hui, les autochtones et les migrants s'asseyent ensemble pour parler de la terre, alors qu'avant c'était une question taboue »67(*). Le GR se présente comme une organisation voulue et mise en place par les populations locales en vue de rechercher des solutions aux problèmes de terres auxquels elles sont confrontées. Suivant les enjeux personnels, les personnes enquêtées maîtrisent certaines décisions issues des concertations. Les éleveurs, Peulhs notamment, sont capables de restituer de mémoire, toutes les mesures et décisions d'actions issues de la réflexion sur la problématique pastorale. Les cultivateurs, quant à eux, attendent avec un enthousiasme particulier, la formalisation des accords fonciers.

* 67 Zaidoun Dao, cultivateur à Padéma

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