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Etude du centre-ville de Rufisque, mutations fonctionnelles et caractéristiques du paysage urbain

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par Mamadou Aliou Diallo
UCAD - Licence 2009
  

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Conclusion:

L'Analyse de l'ensemble des chapitres qui structurent cette première partie nous permet d'avoir une plus grande compréhension des enjeux qui tournent autour de la ville de Rufisque.

.

Il devient plus que urgent de définir des politiques viables axées en grande partie sur une réappropriation et une réorganisation de l'espace du centre ville afin de l'adopter au contexte actuel de dynamisme urbain.

Une analyse de la situation démographique de la ville est suffisante pour comprendre la nécessité de mettre en place des équipements fonctionnels et de diversifier l'offre en services afin de développer une politique d'emploi pour lutter contre le chômage croissant des jeunes.

De même les multiples problèmes environnementaux qui gangrènent la ville de Rufisque trouvent, en partie, leur explication dans la nature du site, caractérisé par un sol et un sous-sol essentiellement constitués d'argiles de type gonflant (marno-calcaires) qui ont la particularité d'être très instables et peu appropriés à la construction ; et l'existence d'une demi-cuvette (actuel centre-ville) qui est sensible aux phénomènes d'inondations.

Cette situation environnementale est d'autant plus inquiétante qu'elle se traduit sous d'autres formes par une dégradation du patrimoine architectural.

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DEUXIEME PARTIE : LES CARACTERISTIQUES DU PAYSAGE URBAIN

Comprendre le paysage, l'analyser jusque dans ses proportions les plus élémentaires, ou pour en saisir le sens ou pour en contempler ses traits les plus marquants, ou pour en déceler le moindre signe de son appartenance culturelle ; mais hélas « la ville apparaît beaucoup plus faite d'idées que de briques et que les idées et les briques ne suffisent pas encore à faire des villes».

«Il est en effet difficile de savoir ce que pense le citoyen moyen de son environnement, car le plus souvent il s'exprime peu ou mal, découragé qu'il est par son impuissance croissante devant un système technocratique et anonyme. Or le silence est grave puisqu'il contribue au divorce grandissant qui s'installe entre l'habitant résigné et les spécialistes des villes.

D'un coté bien des architectes et des urbanistes conçoivent des formes pour des habitants qu'ils ignorent et qui ne sont parfois même pas nés, de l'autre la grande majorité des citadins ignorent qu'un bâtisseur peut faire autre chose que des mètres cubes de béton »16.

Le paysage, symbole de l'ensemble des éléments d'un environnement, apparaît comme un assemblage de formes dont chacune est porteuse de significations. Il doit contribuer à révéler l'histoire d'un espace, non seulement dans ses évolutions lentes mais aussi lorsqu'elle a comporté des ruptures brutales.

A travers une simple analyse des traits du paysage, toute l'histoire d'une société devrait être sue et comprise.

En effet tel qu'il nous apparaît, «le paysage est le miroir des relations anciennes et actuelles, de l'homme avec la nature qui l'environne, la plaque photographique sur laquelle il a laissé une trace plus ou moins précise et profonde, avec tous les phénomènes possibles de

surimpression »17.

Les paysages expriment ce qui relie entre elles les pratiques matérielles, les rapports sociaux, les représentations symboliques et finalement, tout ce qui contribue à modeler une culture locale.

Ils apparaissent comme une écriture, à savoir ce qui relève des cultures humaines, inscrites sur un support, la nature avec laquelle il a fallu composer.

16Rimbert, Sylvie.Les paysages urbains.Ed Armand Colin.1975 .240 pages

17 Lizet Bernadette, De Ravignan François.Comprendre un paysage.Guide pratique de recherche.INRA.Paris.1987.p14

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Cependant dans un contexte où ces formes sont le résultat d'une politique coloniale, dont un des soubassement a été d'importer dans la colonie l'art de vie à la métropole, symbole d'une aristocratie soucieux de reconduire dans ces terres lointaines leur style de vie, il apparaît difficile pour la population urbaine d'y prêter un quelconque attachement puisque «l'objectivité spatiale de l'architecte, de l'urbaniste ou de l'ingénieur, est en grande partie étrangère à l'usager de la ville parce qu'infiniment plus pauvre que ce qu'il choisit de voir »18 .

Parce qu'elles suggèrent une réplique des cités françaises dans des terres lointaines, ces images alimentent une certaine réflexion chez des auteurs comme Alain Sinou qui s'exprime sous ces termes : «elles évoquent le rêve de quelques administrateurs qui souhaitent reproduire un ordre social nouveau. Ces images ont pour fonction, comme les actions d'aménagement, de proposer un nouveau tableau de la colonie, mais elles sont destinées à un autre public localisé en

France »19.

En revanche, ce tableau de l'ancienne colonie a tendance à disparaître aujourd'hui au centre ville de Rufisque mais dans des proportions moindres .Une nouvelle conception architecturale prend forme aux alentours ou sur l'héritage colonial, exprimée par la volonté d'apporter un peu de modernisme et une nouvelle image, vivante, à la monotonie de cet espace.

Il marque le désir des populations à s'intéresser à leur propre environnement et d'imprégner leur propre marque à leur espace.

« Il ne s'agit pas de renier d'anciennes pratiques mais plutôt que les enrichir afin qu'apparaissent un nouveau paysage urbain se voulant une synthèse entre le monde du progrès, la société industrielle française et les sociétés locales, dont certains signes architecturaux sont désormais considérés comme l'expression de valeurs culturelles ».20

C'est dans ce contexte tout à fait nouveau que nous tenterons d'étudier le paysage urbain de Rufisque.

18 Rimbert, Sylvie .op. cit.

19 Sinou, Alain.Comptoirs et villes coloniales du Sénégal : St-Louis, Gorée, Dakar.Ed Karthala et Orstom.1993

20 Sinou, Alain. op. cit. p331

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.