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Analyse des déterminants de l'adoption des technologies de conservation des eaux et des sols au Burkina Faso

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par Janvier Kini
Université de Ouagadougou - DEA 2007
  

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2.3. La théorie de l'action raisonnée

C'est un modèle provenant de la psychologie sociale développé par Fishbein et Ajzen en 1975. Ce modèle définit les liens entre les croyances, les attitudes, les normes, les intentions et les comportements des individus. Selon cette théorie, l'attitude d'une personne serait déterminée par son intention comportementale à adopter. Cette intention serait quant à elle

déterminée par l'attitude de la personne et par ses normes subjectives relatives au comportement en question. Fishbein et Ajzen (1975) définissent alors les normes subjectives comme étant la perception de l'individu sur le fait que la plupart des personnes qui sont importantes à ses yeux, sont d'avis qu'il devrait ou ne devrait pas adopter le comportement en question.

Selon la théorie de l'action raisonnée, l'attitude d'une personne envers un comportement serait déterminée par ses croyances sur les conséquences de ce comportement multiplié par son évaluation de ces conséquences. Ainsi, les croyances sont définies par la probabilité subjective de l'individu sur le fait qu'adopter un comportement particulier va produire des résultats spécifiques. Ce modèle se base donc sur le postulat que les stimuli externes influencent les attitudes et cela modifie la structure des croyances de l'individu. Par ailleurs, l'intention d'effectuer un comportement est également déterminée par les normes subjectives, elles mêmes déterminée par les croyances normatives d'un individu et par sa motivation à se plier aux normes. La théorie de l'action raisonnée postule en outre que tous les autres facteurs influençant le comportement le font de manière indirecte, ce qui a un impact sur l'attitude ou sur les normes subjectives. Ces autres facteurs sont considérés comme des variables externes selon Fishbein et al (1975). Ce sont entre autres les caractéristiques des tâches, de l'interface ou de l'utilisateur ; la nature du développement, les influences politiques, la structure organisationnelle (Davis et al, 1989). Sheppard et al (1982), par une méta-analyse, montrent que le modèle de l'action raisonnée permettait d'effectuer de bonnes prédictions sur les choix que faisait un individu lorsqu'il se trouve face à plusieurs alternatives.

2.4. Théorie de la pression créatrice de la population et la théorie de l'innovation induite


· La théorie de la pression créatrice de la population

Cette théorie a été mise au point par E. Boserup en 1965. C'est une théorie qui donne une vision optimiste face à ce que l'on peut qualifier de désastre malthusien. Il faut rappeler que Malthus dans sa première publication en 1798 affirmait la croissance géométrique de la population face à une croissance arithmétique de la production alimentaire. Ainsi, Malthus montrait que les pressions démographiques peuvent dégrader l'environnement et conduire à la famine, la guerre, la maladie elles mêmes à mesure de contrôler la population. Pour Boserup (1965), du fait que les densités de population augmentent, l'intensification agricole fait de

même, et cela n'accroît pas seulement la production mais aussi stimule l'adoption des techniques de gestion des terres conservatrices des ressources naturelles. Boserup affirme donc que la pression démographique entraîne une réorganisation de la production agricole. Contrairement à l'analyse malthusienne, on ne peut séparer l'évolution de la production agricole de celle de la population. C'est la taille de la population et donc le niveau de subsistance nécessaire qui conduit à des modifications dans les modèles d'exploitations des terres. Ainsi, la pression démographique par exemple a obligé les pays du Nord à adopter la charrue afin d'augmenter la productivité des terres agricoles. Boserup ajoute qu'une population clairsemée n'incite pas la société à changer le système d'utilisation du sol. La croissance démographique joue donc un rôle moteur dans le changement des techniques, c'est la pression créatrice.


· La théorie de l'innovation induite

Dotation
culturelle

Dotation en
ressources

Innovations
technologiques

Innovations
sociales

Innovations
institutionnelles

La théorie de l'innovation induite a été développée par Hayami et Ruttan en 1985. Selon eux, les progrès techniques et institutionnels sont : i) endogènes au système économique ; ii) en mutuelle interaction ; iii) dépendants des spécificités culturelles propres à chaque nation. C'est dire que les innovations qu'elles soient techniques, sociales ou instrumentales ne sont ni des phénomènes extérieurs venant influencer l'agriculture, ni des événements isolés les uns des autres. Le modèle de l'innovation induite stipule l'existence d'un équilibre général résultant également de l'interaction entre cinq éléments comme le montre le graphique cidessous

Ainsi, une modification dans la dotation en ressources, une diminution de la surface cultivable par exemple, aura une incidence sur le choix des innovations technologiques comme les variétés à hauts rendements ou l'utilisation d'intrants. L'inverse est également vrai : l'utilisation de variétés à hauts rendements pourra provoquer une diminution de la surface des terres et, de ce fait, une réduction de la charge de travail. Entre les innovations, des interactions réciproques existent également. L'organisation coopérative du crédit facilitera l'utilisation d'intrants. De même, l'utilisation d'une variété pluviale modifiera la gestion de distribution de l'eau d'irrigation.

Il faut remarquer que la majorité de ces théories sur l'adoption de technologies portent sur les technologies de l'information et informatiques à l'exception de la théorie de la pression créatrice. Bien que n'étant pas développées pour les technologies de conservation des eaux et des sols, leur application dans le domaine agricole est judicieuse. En effet, la question qui est commune aux deux situations est de connaître les déterminants de l'adoption d'une technologie quelconque par un individu. De ce fait, les mêmes facteurs peuvent être à la base de la motivation de l'individu d'adopter ou de ne pas adopter la technologie. Ainsi, les déterminants de l'adoption de technologie développés dans ces théories sont essentiellement psychologiques et sociologiques.

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"Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent de nuit"   Edgar Allan Poe