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L'héritage leibnizien dans la cosmologie d'A.N. Whitehead

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par Siham EL Fettahi
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne - Master de Philosophie 2011
  

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1.2.2 Le concept aristotélicien d'entéléchie chez Leibniz et Whitehead

Leibniz s'écarte du mécanisme cartésien pour mieux réhabiliter les Anciens et notamment la forme substantielle d'Aristote. L'intérêt pour la thèse aristotélicienne de la forme substantielle est très précoce. Le philosophe allemand dans la période durant laquelle il étudie intensément les mathématiques, découvre les modernes (Kepler, Galilée, Descartes, Bacon, Hobbes, Gassendi etc.), il se donnera pour objectif de rester fidèle à Aristote tout en entrant dans le grand courant philosophique établi par ses contemporains.

« Je me souviens, écrit-il en 1715 à Remond de Montfort, que je me promenai seul dans un bocage auprès de Leipzig, appelé le Rosenthal, à l'âge de quinze ans, pour délibérer si je garderais les formes substantielles des anciens et des scolastiques. »

Leibniz considère que la physique d'Aristote est meilleure que la métaphysique cartésienne et correspond mieux aux données scientifiques de son époque.

« Mais après avoir tout pesé je trouve que la philosophie des anciens est solide et qu'il faut se servir de celle des modernes pour l'enrichir et non pour la détruire (...) il faut considérer dans la nature non seulement la matière, mais aussi la force, et que les formes des anciens ou entéléchies ne sont autres chose que les forces (...) »32(*)

Le concept d'entéléchie chez Aristote désigne cette force primitive qui anime la matière et lui donne sa forme, c'est l'âme du monde, c'est cette force qui mène ce qui est en puissance à l'actualisation, l'entéléchie est donc une force active présente dans la matière (par définition la matière est passive et en attente d'actualisation).

Leibniz va se réapproprier ce concept d'entéléchie et l'intégrer dans sa monadologie. L'univers est constitué d'une infinité de monades (atomes individuels, indivisibles et immatériels). Le dynamisme du monde dépend de la transformation interne des monades, ce mouvement interne, c'est l'appétition, possible, grâce à l'entéléchie c'est-à-dire l'activité, la force ou l'effort primitif à l'origine de l'action et qui permet le changement. C'est un conatus : la tendance, l'effort interne de la monade. A.Boehm explique que l'idée que se fait Leibniz du corps est un hylémorphisme, il tient compte des deux aspects, matière et forme mais il les interprète dans un sens dynamiste car les formes des anciens ou entéléchies ne sont rien d'autre que les forces et la matière elle-même.

D'ailleurs, Leibniz dans l'article 18 de la Monadologie déclare :

« On pourrait donner le nom d'Entéléchies à toutes les substances simples ou Monades créées, car elles ont en elles une certaine perfection, il y a une suffisance qui les rend sources de leurs actions internes et pour ainsi dire des automates incorporels. »

C'est ce concept d'entéléchie réactualisé qui fait que Leibniz décrit un monde animé, dans lequel les moindres recoins de matière sont imprégnés de vie. La philosophie organique de Whitehead reprend le concept d'entéléchie et le conatus à Aristote et Leibniz pour peindre aussi un univers organique et vivant. Le monde est constitué d'événements, d'occasions d'expérience, ces événements s'individualisent en des entités sensitives et perceptives, douées de  « feelings », de « sentirs ». Ces entités actuelles sont cogitatives, elles sont conçues comme des « mini cogitans », des cogitos hic et nunc (« une je pense ici et maintenant »).Cette conception s'apparente à la doctrine des monades conçues comme des « mini-moi » ou « mini-âmes » chez Leibniz.

On remarque donc que l'influence d'Aristote est patente chez Leibniz et Whitehead.

* 32 Leibniz au P.Bouvet, 1697

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