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Les relations entre la France et les Seychelles d'après la presse française (1977-2004)

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par Guillaume BURDEAU
Université Paris Ouest - Nanterre - La Défense - Master 2 Histoire 2010
  

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Chapitre VII : Les relations seychello-réunionnaises

La Réunion, département d'outre-mer, est le territoire français le plus important de l'océan Indien. Avec Djibouti et Mayotte, elle sert de base à la présence française dans l'océan Indien237 : en effet, elle abrite le quartier-général de ses forces pour le sud de cet océan avec 2 800 hommes, bien que l'essentiel de la flotte soit basée à Djibouti238. Elle a donc un poids régional important. Elle est même considérée comme la « vitrine de la France » de l'océan Indien239. Sans la Réunion, la présence française dans l'océan Indien n'a pratiquement plus aucune raison d'être240. La Réunion intéresse, voire attire les pays voisins, dont les Seychelles - les sociétés réunionnaises et seychelloises sont parentes241. Il est donc important, voire indispensable, d'évoquer les relations entre la France et les Seychelles de RENÉ à travers les liens entre l'archipel et la Réunion.

237 WAUTHIER Claude, Quatre présidents et l'Afrique. De Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand. Quarante ans de politique africaine, Paris, Éditions du Seuil, 1995.

238 DELCORDE Raoul, Le Jeu des grandes puissances dans l'océan Indien, Paris, Harmattan, 1993.

239 Centre de hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes, La Réunion dans l'océan Indien, Paris, CHEAM, 1986.

240 Op. cit. DELCORDE Raoul, Le Jeu des grandes puissances dans l'océan Indien, Paris, Harmattan, 1993.

241 Op. cit. Centre de hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes, La Réunion dans l'océan Indien, Paris, CHEAM, 1986.

242 TENAILLE Frank, « Un coup d'État renverse l'homme des britanniques », Rouge, 6 juin 1977.

A) Les premières relations à travers les liens entre le SPUP et le PCR

Les premiers éléments de la presse française sur les relations franco-seychelloises se portent sur les relations entre le SPUP, parti de RENÉ au pouvoir, et le PCR (Parti communiste réunionnais). Le PCR est l'un des principaux partis communistes de la Réunion. Il est proche du SPUP de RENÉ. Quatre articles ont été identifiés : le premier est paru dans Rouge le 6 juin 1977, c'est-à-dire au lendemain du coup d'État qui a porté au pouvoir RENÉ et l'équipe socialoprogressiste ; viennent ensuite Le Monde et Le Figaro le 5 mai 1978 ainsi que Libération le 13 septembre de la même année.

Tout d'abord, on relève une supposition émise par Frank TENAILLE au lendemain du coup d'État des partisans de RENÉ. D'après le journaliste de Rouge, le parti de RENÉ aurait « agit en coordination avec les forces progressistes de l'île Maurice, de la Réunion et le gouvernement malgache »242. Par conséquent, le SPUP avait déjà des relations avec le PCR tout comme avec le MMM mauricien. La coordination entre le SPUP et le PCR aurait permis en parti à RENÉ de prendre le pouvoir.

Nous pouvons observer une nouvelle fois l'existence des relations entre le parti de RENÉ et le PCR à travers la réunion des partis et organisations progressistes et révolutionnaires du sudouest de l'océan Indien. La Conférence s'est tenue au « Mahé Beach », le plus grand hôtel de l'île d'après Gérard NIRASCOU, du 17 au 24 avril 1978. Durant cette conférence, les partis seychellois et réunionnais, avec les mouvements mauricien et malgache, ont condamné la politique des Occidentaux243. Avec le PCR, sans oublier les autres partis progressistes de la région, le SPUP crée le Comité permanent de liaison et d'information basé sur l'île de Mahé244.

243 NIRASCOU Gérard, « Aux Seychelles, Karl Marx contre le tourisme », Le Figaro, 5 juin 1978.

244 Le Monde, 5 mai 1978 ; LAURENT Frédéric, « La route du pétrole passe par les Seychelles », Libération, 13 septembre 1978.

245 AMALRIC Jacques, « M. Mitterrand réaffirme que Paris reste à l'écoute du tiers-monde », Le Monde, 13 juin 1990.

B) De la « pomme de la discorde »...

Comme nous l'avons vu précédemment, il y avait eu des tensions entre la France et les Seychelles autour du statut de la Réunion. (cf. Chapitre VI L'État des relations). Nous avons vu que la Réunion en tant que département français a été remis en cause par les Seychelles de RENÉ qui ont fait partie du Comité had hoc de l'OUA. Elle constituait donc une « pomme de la discorde » entre la France et les Seychelles, d'après Jacques AMALRIC245. Les relations entre la Réunion et les Seychelles étaient sans doute assez houleuses malgré les liens culturels, démographiques et économiques anciens qui les unissent. Pourtant, les journalistes ne donnent aucune description des relations seychello-réunionnaises durant cette discorde.

C) ... jusqu'à l' « aubaine pour les Seychelles »

Nous allons voir quels aspects de ces relations sont décrits par les journaux français. Avant de débuter notre étude, nous constatons que les informations sont peu nombreuses et qu'elles proviennent largement de la LOI : dix articles de notre corpus contre trois du Monde.

Près de dix ans après la fin du contentieux, Jacques AMALRIC présente, au moment de la visite de MITTERRAND aux Seychelles en juin 1990, la Réunion comme « une aubaine pour les Seychelles ». En effet, d'après le journaliste, elle formait une tête de la coopération francoseychelloise qui contribue au développement des Seychelles. Le journaliste a bien vu que la coopération française par le biais de la Réunion n'a cessé de se développer. Nous allons voir dès lors quel a été son développement.

diplomatiques et politiques, presque aucun élément n'a été trouvé, si ce n'est la visite de délégations industrielles menée par des personnalités réunionnaises ou françaises, ou encore la venue du préfet de la Réunion, Jean ANCIAUX et le président du Conseil régional, Pierre LAGOURGUE, les 8 et 12 juillet 1988 - pendant cette visite, ils ont rencontré le président RENÉ246. Toutefois, un seul article plus détaillé a été identifié. Il est paru dans la rubrique « Diplomatie » de la LOI le 14 janvier 1984 sous le titre de « Signature d'un accord de coopération ». Cet article évoque la signature d'un accord général de coopération entre les États membres de la COI nouvellement créée. Dans cet article, on peut constater que la Réunion a participé à la réunion, qui s'est déroulée les 9 et 10 janvier, en tant qu'observateur (cf. chapitre IX « La France et les Seychelles à travers les réunions internationales »). Il faut attendre le 10 janvier 1986 pour voir la Réunion intégrer la COI.

Ensuite, on peut constater qu'une seule allusion aux relations militaires entre la Réunion et les Seychelles a été identifiée : la formation de deux hélicoptères seychellois à la Réunion pour 1989247 (cf. Chapitre XIII « Les relations militaires »).

Des informations dans le domaine sanitaire ont été fournies par les journaux français. Ainsi, nous pouvons voir que l'administration française à la Réunion prenait en charge les soins des Seychellois dans les hôpitaux réunionnais, hormis pendant l'éphémère crise qui a opposé la France et les Seychelles en 1985 (cf. chapitre VI « L'état des relations »). Dès 1992, un partenariat hospitalier entre le Centre hospitalier départemental (CHD) de Saint-Denis de la Réunion et l'hôpital de Victoria se met en place puis se renforce en 1996248. La même année, la Réunion exhorte ses voisins, dont les Seychelles, à lutter contre le SIDA249. (cf. chapitre XI Les relations sanitaires).

Les articles traitant de manière plus approfondie la coopération seychelloréunionnaises portent sur les relations économiques entre la Réunion et les Seychelles (cf. Chapitre XIV « Les relations économiques », p...). Ces relations sont visibles dans les articles de la LOI. Un premier article de taille modeste, intitulé « En concurrence avec la Réunion » parait le 24 décembre 1983. L'article évoque le risque d'une concurrence entre la Réunion et les Seychelles en termes d'accueil de thoniers en raison de l'impasse à cette époque des négociations sur la pêche entre les Seychelles et la CEE. Dans un article intitulé « Baisse du déficit commercial » paru le 9 juin 1984, on peut constater que la Réunion est, avec le Pakistan, le Japon et l'Algérie, l'un des principaux clients des Seychelles. Il est également, avec le Japon, le principal client pour le poisson seychellois. Un autre article de la LOI, datant du 7 juillet 1984, confirme ce fait en précisant qu'une partie des tonnages pêchés - d'après la FAO, la pêche artisanale seychelloise s'est élevée à 5 000 tonnes en 1981 - est réservée à l'exportation, « essentiellement vers la Réunion ». On sait que 80 % de l'importation réunionnaise en provenance des Seychelles est constituée de poissons. Pourtant, les échanges entre la Réunion et les Seychelles étaient modestes à cause des faibles ressources économiques de l'État-archipel, et les exportations réunionnaises vers les Seychelles étaient faibles250. Le 18 novembre 2000, la LOI annonce que Parabole Réunion débarque sur les écrans seychellois. En effet, la société de télévision par satellite réunionnaise a entamé des négociations avec les autorités seychelloises pour obtenir l'autorisation d'émettre aux Seychelles.

246 « Renforcement de la coopération avec la Réunion », La Lettre de l'Océan Indien, 16 juillet 1988.

247 « Coopération militaire tous azimuts », La Lettre de l'Océan Indien, 3 décembre 1988.

248 « Aide médicale de Paris », La Lettre de l'océan Indien, 20 janvier 1996.

249 FOLLÉA Laurence, « L'île de La Réunion exhorte les pays voisins de l'Océan Indien à lutter contre le sida », Le Monde, 31 décembre 1996.

250 Op. cit. Centre de hautes études sur l'Afrique et l'Asie modernes, La Réunion dans l'océan Indien, Paris, CHEAM, 1986.

En dehors des articles sur les relations économiques dans le domaine de la pêche, nous pouvons évoquer les investissements réunionnais effectués suite à deux missions industrielles réunionnaises aux Seychelles en mai et fin octobre 1987. Ainsi, on peut voir que le groupe Chane-Nam a décidé d'implanter trois petites unités dans l'agro-alimentaire, qu'Apavou finançait un projet d'hôtel chiffré à 40 millions de FF (plus de 6 150 000 d'euros251), que Bourbon-Bois a obtenu des marchés dans l'habitat social et que la société Profilage de la Réunion « pourrait fournir les Seychelles en hangars et en tôles métalliques ». À cela on peut rajouter l'aide d'un million de dollars à Air-Seychelles par la Banque française commerciale-Océan Indien (BFCOI), ainsi que l'investissement de trois sociétés de pêche de la Réunion et des Ets I.A.Ravate aux Seychelles252. En cinq lignes, un article de la LOI évoque la création future de sociétés mixtes entre des entreprises réunionnaises et seychelloises après la visite d'une délégation d'industriels réunionnais dirigée par Claude-Francis GODERIAUX, conseiller du commerce extérieur français253. Le 16 juillet 1988, on apprend que la coopération entre la Réunion et les Seychelles s'est renforcée: le préfet de la Réunion et le président du Conseil général ont participé personnellement aux négociations d'un contrat favorable à l'entreprise Bourbon-Bois.

251 D'après nos calculs.

252 « Investissements réunionnais », La Lettre de l'Océan Indien, 7 novembre 1984.

253 « Sociétés mixtes », La Lettre de l'Océan Indien, 26 mars 1988.

254 « Visite du ministre des Affaires étrangères de la République des Seychelles », News Press, 4 octobre 2002.

255 « Entretien du Ministre délégué à la coopération et à la Francophonie avec les autorités seychelloises », News Press, 13 février 2003.

Enfin, les derniers éléments dont nous disposons par la biais de notre corpus sur les relations entre la Réunion et les Seychelles de France-Albert RENÉ, proviennent de deux bulletins émis par l'agence de presse française News Press. Le premier date du 4 octobre 2002 et évoque la visite en France du 2 au 4 octobre du ministre seychellois des Affaires étrangères, Jérémie BONNELAME. Il se serait entretenu avec le ministre délégué de la Coopération et de la Francophonie, Pierre-André WILTZER, sur une coopération décentralisée, notamment avec la Bretagne et bien sûr la Réunion, sur la pêche et le tourisme254. Dans un bulletin datant du 13 février 2003, on apprend qu'un accord de coopération entre la Réunion et les Seychelles a été signé en présence du ministre BONNELAME. Selon ce bulletin d'information, cet accord élargit la coopération entre la Réunion et les Seychelles à tous les secteurs. Parmi les secteurs cités, il y a le tourisme, la pêche, l'aménagement du territoire, la sauvegarde de

l'environnement, la francophonie, et on peut constater qu'il y a d'autres domaines que le bulletin d'information a préféré ne pas citer, car ils devaient être nombreux255. La coopération entre la Réunion et les Seychelles jusqu'à la fin de règne de RENÉ aurait été plus restreinte. Néanmoins, cet accord confirme le renforcement de plus en plus accru des relations entre les deux territoires depuis les années 80.

Si l'on dispose d'un aperçu des relations économiques et si l'on a rappelé le conflit autour du statut du département d'outre-mer, il n'en demeure pas moins que les relations entre la Réunion et les Seychelles sont très mal couvertes par les journaux français. Sans La Lettre de l'Océan Indien, il aurait été quasiment impossible d'évoquer ici les relations entre la Réunion et les Seychelles à l'époque du président RENÉ. Toutefois, cela ne signifie pas qu'il en est ainsi dans l'ensemble de la presse écrite française. Si les journaux métropolitains semblent bouder les relations entre le département d'outre-mer et l'État-archipel de l'océan Indien, on suppose que cela s'avère différent pour les magazines franco-africains comme Afrique-Asie ou encore les journaux français publiés dans les territoires français de l'océan Indien, notamment à la Réunion. La meilleure référence pour cette île serait Le Quotidien de la Réunion.

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius