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Les conditions d'accès à  l'emploi des jeunes diplômés bac plus deux et plus des zones urbaines sensibles de l'agglomération nantaise

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par Jean-Baptiste DROUET
UFR de Sociologie de Nantes - DESS 2005
  

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3.1.4. Entretien « Challenge Emploi ». Mme DROUET et Mr MARAIS Cadre de l'action :

Challenge Emploi » s'adresse à des publics de formation supérieure sans qualification professionnelle. Les diplômés sont issus de formation de type généraliste. La mission est double : il s'agit de clarifier l'orientation professionnelle et d'aider à la recherche d'emploi.

Une partie du public est bénéficiaire du RMI, et certains résident en ZUS. Les diplômés effectuent un travail pour eux et pour tout le groupe. Ils effectuent un stage d'observation dés la deuxième semaine. Les travaux se font en groupe à la suite du stage. Au bout de quatre semaines, ils font un second stage (pratique) en entreprise, avec un objectif d'emploi. Au bout de trois mois, il y a un suivi et des entretiens individuels.

Challenge Emploi » travaille avec le CCAS, l'ANPE, certains organismes de formation, la Mission Locale (antenne campus), le PLI.

En 2004, la proportion des diplômés résidants en quartier était relativement forte. En 2005, les diplômés sont davantage des bénéficiaires du RMI et résident moins en quartier.

Concernant les profils et les trajectoires :

« Pour les quartiers prioritaires, le public, en 2005, est davantage constitué par des jeunes de moins de 26ans, avec une origine hors communauté européenne. Les diplômes vont de Bac+1 à Bac+3, ils sont un peu plus diplômés que les bénéficiaires du RMI. La durée de chômage est plus importante que les personnes hors quartier. En 2004, Sur 18 personnes issues des quartiers et hors RMI, 16 ont connu plus d'un an de chômage.

Concernant les trajectoires, le fait de ne pas avoir de qualification professionnelle est un véritable frein. Beaucoup de jeunes ont des préjugés sur l'emploi et ne savent pas vers quoi se diriger. Ils ont pour la plupart une capacité de réflexion ; ils ont une capacité d'analyse, de communication et d'adaptation plus développée que ceux qui n'ont pas fait d'étude.

La personnalité représente également un frein, ils ont un profil psychologique plus fragile. Beaucoup ont connu des ruptures familiales, « certains ont été trop couvés », ils restent dans une position entretenue par l'environnement familial, et qui se répercutent sur leurs exigences quant à trouver un certain type de poste. « Certains se sentent bien chez eux et cela joue sur leur devenir professionnel.

L'origine étrangère est sans doute un frein à l'emploi. En quartier, le taux de chômage est plus
important, les jeunes sont entretenus dans une culture du chômage ; certaines personnes n'ont jamais

connu leurs parents travailler, et l'entourage des parents, les voisins...travaillent peu. On ne développe pas la culture du travail17.

Concernant les idées politiques locales, l'idée est de dire que ces diplômés peuvent être moteur dans les quartiers et que si ils ne trouvent pas de travail, on doit se demander quel impact cela aura sur les quartiers. Le devenir professionnel de ceux qui ont fait des études, et qui ne trouvent pas de travail est encore plus important en quartier que hors quartier.

La durée de chômage est plus élevée pour les personnes en quartier, si cette durée devient importante, cela devient un frein en soi.

Au niveau de la situation familiale, on retrouve beaucoup de femmes seules avec des enfants.

Concernant les employeurs, le fait d'être d'origine étrangère n'aide pas, c'est visible, la discrimination est visible. Pour certains jeunes, en France, on est raciste, ou les personnes l'expriment davantage. Le ressenti est négatif.

Il existe un effet « se sentir victime », beaucoup ressentent une appréhension dans leur recherche d'emploi, disent que ce n'est « pas la peine », il y a une sorte de « fatalisme ».

En entreprise, le fait d'habiter un quartier ne représente pas un frein, ce n'est pas l'adresse en elle même. En quartier, les liens sociaux sont plus forts, les gens sont plus nombreux à être dans la même situation.

L'hypothèse serait de dire que le gens qui ont trouvé une situation stable quittent le quartier et sont remplacés par des gens qui n'ont pas de travaille.

Pour les femmes issues de l'immigration, notamment maghrébine, la question de la famille est importante, on reproduit la vie vécue pendant l'enfance et l'adolescence. On se marie très jeune avec quelqu'un qui vient du pays, il est difficile d'accéder à un emploi car il y a d'autres priorités. Concernant les attitudes, c'est souvent plus facile avec les hommes qu'avec les femmes, les garçons sont plus facilement ancrés dans la logique de la victimisation. Il y a davantage de Bac+2 chez les hommes et davantage de Bac+5 chez les filles. Pour les garçons, le discours que l'on entend souvent, c'est « ça s'est pas bien passé...il m'a pas entendu...ça ne vient pas de moi... ». Ils ont du mal à se projeter, plus que les femmes qui se remettent davantage en question. Cela est peut-être du à la logique de l'honneur.

Les publics accueillis par l'association sont également moins mobiles.

C'est certainement dans un premier temps la conjoncture qui joue et une sorte d'accumulation, le nom et la discrimination, la condition sociale, la vie matérielle et économique, les ressources...la culture, la famille, le quartier et les amis, les discours...une sorte d'acculturation...et le sexe, la distinction entre les filles et les garçons.

17 Voir « des profils psychologiques plus fragiles en ZUS », P 54.

Tout cela joue comme un processus, un mécanisme dans l'embauche, également le fait de se sentir victime ou pas.

Il y a des difficultés à élargir le projet, le secteur recherché, des postes différents ».

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