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Les conditions d'accès à  l'emploi des jeunes diplômés bac plus deux et plus des zones urbaines sensibles de l'agglomération nantaise

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par Jean-Baptiste DROUET
UFR de Sociologie de Nantes - DESS 2005
  

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1.3.1. L'école, un vecteur de l'assimilation :

La formation générale est susceptible de modifier la relation au marché du travail des jeunes issus d
l'immigration, vis-à-vis de la génération antérieure. L'école s'avère un vecteur essentiel de
l'assimilation, en tant qu'instrument de diffusion de la culture du groupe dominant, de différenciation

6 Le taux de chômage des ZUS au niveau national est très proche (25,4 %), même si celui-ci varie largement d'une ZUS à l'autre.

et de hiérarchisation des cultures. Elle contribue, du moins, à rapprocher les chances de réussite entre les filles et les garçons. Les filles en tire souvent un bénéfice plus important, dans la mesure où elles y voient la seule issue possible à une condition qui les assigne par avance à la sphère domestique. Toutefois, l'analyse des trajectoires professionnelles révèle que les conditions d'entrée dans la vie active diffèrent fortement selon le sexe, y compris à niveau de diplôme identique.

L'école contribue, en tout cas, à apporter des représentations différentes de celles qui sont véhiculées au sein de la famille. Elle contribue largement à la construction de modèle d'identification.

Mais le décalage est en réalité important entre le milieu social des enseignants et celui des parents. Les connaissances distribuées (qui privilégient les domaines abstraits) sont souvent éloignées de celles qui peuvent être utiles dans la vie courante.

Par ailleurs, en contribuant à dénier la culture des parents, l'école peut mener à un échec des projets individuels. De plus, étant donné l'insuffisance des classes d'accueil ou de transition (permettant notamment le passage d'une filière vers une autre), nombreux sont les élèves qui ont atteint un niveau d'études dans l'enseignement général sans avoir les pré requis pour suivre dans certaines disciplines. L'accès à la formation est toutefois susceptible de modifier le rapport à l'emploi. L'appropriation de technologies nouvelles est ainsi devenue un enjeu pour la construction des identités professionnelles, aussi bien dans les métiers de l'industrie que dans ceux du tertiaire marqués par l'introduction de la bureautique ou de l'informatique.

Cette question est au coeur d'une transformation des rapports sociaux et ses relations avec les segmentations se révèlent complexes.

« Le fait d'être né en France ou à l'étranger, ainsi que l'âge, d'arrivée en France, semblent tout aussi importants que la provenance. Une arrivée en France tardive implique généralement une orientation peu valorisante et une durée globale des études courte. Les taux d'activité à la sortie des études sont plus homogènes parmi les jeunes nés en France. La situation est très défavorable pour les femmes arrivées en France à un âge tardif (plus de dix ans), et pour lesquelles les familles n'ont souvent manifesté aucune aspiration professionnelle. Les variables discriminantes pour l'accès à l'emploi, établies au travers de différentes enquêtes, sont le fait d'être diplômés ou non (quel que soit le type de diplôme) ; le fait d'être diplômé d'une filière professionnelle ou d'une filière d `enseignement général et le fait d'être bachelier ou non7. »

La massification de l'accès aux études survenue pendant les années1980, a par ailleurs continué à
accentuer la dérive en matière d'exigence de diplômes de la part des employeurs. La prolongation de
la scolarité dans les filières d'enseignement professionnelle n'est pas toujours le signe d'une réussite,

7 Odile MERCKLING. « Emploi, migration et genre » Des années 1950 aux années 1990 ». Logiques sociales. L `Harmattan. P 206 à 209.

car son efficacité dépend fortement des spécialités et des régions. Les jeunes issus de l'immigration restent marqués par une orientation massive vers ces filières, compte tenu de leur prolongement vers le baccalauréat professionnel. Ils connaissent une faible motivation qui résulte d'une orientation souvent non choisie, d'une inadéquation fréquente entre les formations et les emplois qu'on leur propose. Les formations qu'ils détiennent montrent cependant un déplacement par rapport aux métiers qui étaient exercés par leurs parents, même si ceux-ci constituent encore une référence : profession de la mécanique et de la maintenance industrielle, de la réparation automobile, des transports, du second oeuvre du BTP... »

Les choix professionnels sont influencés à la fois par une image sociale dévalorisée du père et la volonté de s'en démarquer, ainsi que par des mécanismes de relégation souvent liés à une localisation dans des zones urbaines défavorisées. Les difficultés d'accès aux emplois administratifs des secteurs public ou privé seraient liées à une méconnaissance des usages à adopter. L'orientation privilégiée des filles vers des secteurs liés à l'enfance ou à la santé (aides-soignantes, puéricultrices, infirmières...), ou bien vers ceux liés à l'esthétique, à la couture et à la coiffure s'appuie en revanche largement sur des pratiques développées au sein du milieu familial.

Les conditions de scolarisation se révèlent en tout cas peut articulées avec la position sur le marché du travail. Par exemple, la position des femmes algériennes sur le marché du travail est très défavorable, alors que leur position vis-à-vis de la détention de diplômes apparaît favorable. L'effet des diplômes en matière d'accès à l'emploi est nettement différencié selon le sexe enquête FQP, Formation Qualification Professionnelle, menée par l'INSEE8.

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