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Les conditions d'accès à  l'emploi des jeunes diplômés bac plus deux et plus des zones urbaines sensibles de l'agglomération nantaise

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par Jean-Baptiste DROUET
UFR de Sociologie de Nantes - DESS 2005
  

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1.3.3. Le chômage des jeunes diplômés :

Il faut considérer le chômage comme un problème social. Le fait de ne pas pouvoir rentrer sur le marché du travail avec un certain niveau de diplôme peut nourrir un certain nombre de sentiments, de l'ordre du mal-être, de la déception, de l'injustice, de la colère...

Comment comprendre et analyser les trajectoires de ces jeunes diplômés ?

Ont-ils uniquement connu le chômage à la sortie du diplôme ? Il faut aussi s'intéresser aux trajectoires, c'est à travers les trajectoires que l'on peut comprendre les logiques, les processus...Qui nourrissent peut-être des formes de résistance.

Selon l'enquête « Génération 98 » du CEREQ, on dénombre, en 1998, 370 000 sorties de l'enseignement du supérieur. Sur ces sorties, 17 500 sont originaires par leurs parents du Maghreb et 16 500 d'Europe du Sud. En regardant les sorties sans diplôme au niveau du premier cycle supérieur :

46 % des jeunes ont des parents qui proviennent du Maghreb.

29 % des jeunes ont des parents qui proviennent d'Europe du Sud. 23 % des jeunes ont des parents français.

Et concernant les Etudes Supérieures :

60 % des sortants Bac+5, dont les parents sont originaires du Maghreb sont des filles contre 44 % des sortants Français « de souche ».

46,3 % des originaires du Maghreb arrêtent leurs études 1an après le Bac (validée ou non), contre 23,2 % pour les Français.

Parmi les sortants Bac+5, originaires du Maghreb, 21,3 % ont un père ouvrier contre 4,3 % pour les sortants Français.

Quand est-il de la transition des études à la vie professionnelle et des inégalités de devenir en fonction des origines ?

La détention d'un titre de l'enseignement supérieur renforce-il « l'effet de signalement » au détriment de « l'effet de discrimination ?»9.

Les diplômés vivant en ZUS, et titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur constituent une minorité.

En termes de constat, plus de la moitié des jeunes originaires des pays du Maghreb inscrits dans un établissement d'enseignement supérieur n'ont jamais pu franchir le cap de la première année d'étude, alors que seulement un quart des jeunes issus de parents nés en France sont dans le même cas.

Concernant les caractéristiques sociodémographiques des étudiants de l'enseignement supérieur, les jeunes originaires du Maghreb notamment Algérie, Maroc, Tunisie, ne ressemblent pas à ceux dont les parents sont nés en France. Ils viennent de milieux sociaux plus populaires et ouvriers ; les parents sont plus affectés par une marginalisation du travail (chômage, retraite, inactivité), et les mères natives

9 R Silberman ; I Fournier, « quelle insertion pour les enfants d'immigrés » Problèmes économiques. 2631. 1999.

des pays du Maghreb connaissent une forte inactivité professionnelle (un grand nombre n'a jamais travaillé professionnellement).

Certains organismes peuvent renseigner sur l'insertion professionnelle des jeunes, sur l'emploi sous contrats aidés et sur le réseau d'accueil des jeunes10. Ainsi, l'équipe « Emploi-Insertion » à Nantes, s'occupe de renforcer l'accès à l'emploi et l'insertion professionnelle des jeunes et peut donner des informations sur les outils qui permettent de suivre l'évolution du chômage et des besoins en entreprise.

Plusieurs dispositifs publics d'insertion par le travail ont été mis en place favorisant l'arrivée en entreprise des personnes cumulant de grandes difficultés sociales.

En 2002, on assiste à une dégradation de l'emploi et à une augmentation des demandeurs d'emploi de 4,8 % en 1an, et de 6,2 % chez les moins de 25ans. C'est à partir de cette période que « les dispositifs d'accompagnement à l'emploi » se sont renforcés : le Trajet d'accès à l'emploi (TRACE).a pour objectif l'insertion durable des jeunes (il s'adresse aux jeunes les plus en difficulté), on voit se développer les permanences d'accueil, d'information et d'orientation. (PAIO), les annexes de l'ANPE, les Centre d'information et de Documentation jeunesse...

La Charte nationale des missions locales et PAIO adoptée le 12 décembre 1990, et le protocole 2000 des missions locales, signé le 20 avril 2000 ; aident les jeunes de 16 à 25ans à surmonter les difficultés qui font obstacle à leur insertion (professionnelle et sociale), il s'agit de garantir à tous un accès égal aux droits sociaux et à l'emploi en faisant reculer les pratiques discriminatoires.

D'autres organismes se créent : L'EREF (les espaces ruraux pour l'emploi et la formation), cadre des territoires ruraux de développement prioritaire et favorise l'égalité d'accès au service public, des chances en matière d'emploi et de formation, des services de proximité pour l'accueil, et une orientation en matière d'emploi et de formation. La MGI (Mission générale d'insertion de l'Education nationale) accompagne des diplômés ou non dés leur sortie du système éducatif.

Pour les jeunes, le fait d'être issu de l'immigration influe sur les possibilités de mise en oeuvre d'un projet professionnel, les difficultés d'accès au marché du travail peuvent être interprétées de plusieurs manières.

Par des données culturelles ou un éloignement des réalités de la société Française.

Par l'existence de discriminations ou bien de dispositifs spécifiques comprenant plusieurs échelons (formateurs, responsables d'associations ou d'entreprises intermédiaires, qui sont d'ailleurs souvent eux-mêmes dans la précarité).

10 ASH. Supplément au n°2303 des ASH du 21 mars 2003.

Par la configuration de réseaux sociaux et le fonctionnement de marchés locaux.

Dans la réalité, leurs ressources sont souvent faibles, qu'il s'agisse de ressources matérielles ou d'un capital social. On peut estimer que 80 % des personnes issues de l'immigration sont fils ou filles d'ouvriers au lieu de 30 % des Français par filiation ; et que 80 % ont eu des pères totalement dépourvus de diplômes au lieu de 38%11.

De plus, près des deux tiers des personnes issues de l'immigration ont eu des mères inactives, au lieu de 35 % des Français par filiation, et le nombre moyen par famille est beaucoup plus élevé.

Ainsi, par exemple, selon les données de l'enquête MGIS, les jeunes de milieux algériens vivaient dans des familles qui comprenaient en moyenne 7,6 enfants au lieu de 4,4 pour ceux de milieux portugais, de 3,9 pour ceux de milieux espagnols et de moins de deux pour les français par filiation.

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