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Les conditions d'accès à  l'emploi des jeunes diplômés bac plus deux et plus des zones urbaines sensibles de l'agglomération nantaise

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par Jean-Baptiste DROUET
UFR de Sociologie de Nantes - DESS 2005
  

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1.3.5. Les discriminations et la perte du sentiment d'appartenance à la République :

Ce sentiment d'exclusion est aggravé par le fait que les discriminations touchent également les jeunes d'origine maghrébine qui ont réussi leurs études.

L'intégration des jeunes Français d'origine maghrébine est en difficulté et le taux de chômage, à diplôme égal, est anormalement plus élevé parmi eux, ce qui nourrit évidemment beaucoup de frustration. En mars 2000, une étude du ministère de l'emploi révélait que le taux de chômage des actifs les plus diplômés se situait à 5 % chez les Français d'origine, à 11 % chez les Français de parents étrangers et à 20 % chez les étrangers d'origine maghrébine.

On peut citer à ce propos M. Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l'homme : « On peut enseigner toutes les valeurs que l'on souhaite à l'école, mais lorsqu'à sa sortie, l'on est systématiquement refusé dans les entreprises parce que votre nom n'est pas de consonance berrichonne ou autre, que cette mésaventure se reproduit au quotidien, pour trouver un appartement ou dans les rapports aux autorités publiques, vous pouvez enseigner toutes les valeurs que vous voulez à l'école, vous n'avez aucune légitimité à les enseigner, tout simplement parce qu'elles sont violées chaque jour à l'extérieur ». Selon lui la vraie question est donc celle de l'intégration.

Mme Aline Sylla, membre du Haut Conseil à l'intégration, a fait allusion au monde difficile de l'entreprise « où l'on se prend la discrimination en pleine face (...) plus ce choc est tardif, plus il est mal ressenti : on le voit avec les jeunes diplômés qui, au prix de grands efforts, sont parvenus à entrer dans le système et qui se heurtent à la discrimination quand ils se mettent à chercher du travail »

1.3.6. Emploi et insertion professionnel : Interaction entre le quartier et l'origine ethnique :

Entre l'école et l'insertion dans l'emploi, l'inactivité ou le chômage concernent une frange relativement marginale de jeunes de la tranche d'âge 15-19 ans, puis nettement plus importante à partir de 20 ans.

Un tiers de la population 20-29 ans habitant en ZUS est inactif ou au chômage, soit 12 % des effectifs se trouvant dans la même situation dans l'ensemble de la France métropolitaine.

Pour tous les niveaux de formation, allant du BEPC au BAC ou équivalent, les taux de chômage sont environ deux fois plus élevés dans les ZUS qu'au niveau national. À partir du niveau BAC+2, le handicap semble se réduire sensiblement.

Il apparaît que le rôle du niveau de formation, qui paraît similaire pour les hommes et pour les femmes dans les quartiers urbains situés hors ZUS, est en fait très différent dans les ZUS. Pour les hommes, un capital scolaire important protège moins du chômage ceux qui résident en ZUS que les habitants des autres quartiers. L'effet contraire prévaut pour les femmes.

La ZUS confère un handicap qui augmente de près de 10 % en moyenne le temps nécessaire à la sortie du chômage, par rapport à un demandeur d'emploi n'habitant pas en ZUS et présentant les mêmes caractéristiques. L'effet ZUS apparaît comme significatif.

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