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La redynamisation du comité communal de gestion des risques et des catastrophes: facteur clé d'une bonne prévention et préparation aux cyclones (cas de la commune de Mahanoro) Madagascar

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par Richard Théodore RAFIDISON
Université d'Antananarivo - Madagascar - DESS 2011
  

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I -2.2. Objectifs des phases de prévention et de préparation de catastrophes

Les phases de prévention et de préparation ont tous les deux comme principal objectif la réduction des risques de catastrophes. Elles sont étroitement liées, indissociables et complémentaires. Mais la nuance réside dans leurs objectifs spécifiques et le contenu des activités, que nous allons voir ci-après.

14 SNGRC P 4

15 SNGRC P4

I - 2. 2. a. Objectifs de la phase de prévention

L'objectif de la phase de prévention est d'exprimer le concept et l'intention d'éviter complètement les effets négatifs éventuels par le biais de mesures prises à l'avance. Cela veut dire qu'elle vise l'adoption de mesures susceptibles d'éviter la survenance de catastrophes, et par la suite, la réduction des effets si les premières mesures n'ont pas été suffisantes.

En d'autres termes, << la prévention a pour objet de réduire la vulnérabilité des sociétés aux catastrophes et de remédier aux causes dues à l'activité humaine 16». Pour ce faire, elle s'efforce à éviter complètement les effets négatifs des aléas en prenant de mesures et précautions prises à l'avance, et permet d'éviter les grandes reconstructions et de réhabilitations après la catastrophe.

I - 2. 2. b. Objectifs de la phase de préparation

<< La préparation contre les catastrophes minimise les effets négatifs d'un aléa grâce à des mesures de précaution efficaces, permettant de conduire avec succès les actions de secours d'urgence, la réhabilitation et la reconstruction. Elle assure, en temps voulu, l'organisation et l'apport appropriés et efficaces des secours et d'une assistance après la catastrophe 17». Autrement dit, le but de la préparation contre les catastrophes est de minimiser les effets négatifs d'un aléa en prenant des mesures de précaution efficaces, et d'assurer que l'organisation et la mise en place d'une réponse d'urgence à la suite d'une catastrophe seront appropriées, efficaces, et au moment opportun.

De ce fait, l'objectif de la préparation contre les catastrophes est d'assurer qu'en cas de catastrophes, des systèmes, procédures et ressources appropriés soient en place pour assister ceux qui sont affectés par la catastrophe, et pour les mettre en état de s'aider eux-mêmes.

Ainsi, la préparation aux catastrophes permet de sauver des vies, de remettre les victimes sur pieds plus rapidement et de réduire le risque de nouveaux désastres. Elle montre que nous sommes loin d'être désarmés face aux catastrophes naturelles.

Notons que la plupart des catastrophes naturelles sont des événements soudains et prennent les gens par surprise. Même s'il est difficile de prévenir les risques, on peut limiter l'impact des catastrophes par la préparation des populations et l'investissement dans des

16 PNUD, Préparation contre les catastrophes, p 10

17PNUD, Vue générale sur la gestion des catastrophes, p 69

12

mécanismes de réponses efficaces aux niveaux local, régional et national en vue de faire face aux catastrophes.

Après avoir vu les objectifs de ces deux phases précédentes, il est donc nécessaire de détailler le contenu des activités durant ces phases de prévention et de préparation.

I -2.3. Les activités dans la phase de prévention et de préparation de catastrophes I - 2. 3. a. Les activités dans la phase de prévention

Ayant comme objectif d'éviter complètement l'impact négatif des aléas, les activités dans la phase de prévention se focalisent surtout dans l'aménagement. Elles consistent essentiellement à adopter des mesures visant à réduire les effets de ces événements pour atténuer au maximum leur dimension catastrophique. Pour le cas de prévention aux cyclones, l'adoption des techniques de construction résistant à la force de vents violents et la promotion de construction stipulant des normes de résistance aux pressions des vents font partie des activités de prévention. On peut citer aussi comme exemple la plantation de brise-vent et la construction de bâtiments sûrs, résistant au vent comme abris pour la communauté, dans les zones habitées vulnérables. Dans ce cas, il ne s'agit pas d'empêcher l'évènement de se produire, mais de réduire les effets destructeurs qui accompagnent le déchaînement de la nature. Toutes ces activités doit être accompagnées à l'avance par la connaissance des aléas et l'évaluation des risques. Il s'agit de comprendre le risque, en analysant le processus, l'aléa et la vulnérabilité de la communauté.

Pour le cas de BNGRC, ces activités de prévention consistent à l'identification des aléas l'évaluation des risques associés aux aléas, le développement des mesures pour la réduction de dégâts potentiels, l'observation des lois et leur application, ainsi que l'Information, Education, Communication.

I - 2. 3. b. Les activités dans la phase de préparation

Les activités dans la phase de préparation, « sont basées sur une solide analyse des risques de catastrophe et de bonnes liaisons avec les systèmes d'alerte précoce, et comprend des activités telles que la planification, le stockage de matériel et de fournitures, la mise en place de mécanismes de coordination, d'évacuation et de l'information du public, et de la formation et des exercices sur le terrain » En d'autres termes, les activités prévues dans le cadre de préparation concernent surtout les organisations avant l'arrivé d'un aléa, pour que

tout soit prêt le jour de son avènement, et que la réponse et le relèvement ne pose plus trop de problème à la communauté.

En outre, l'activité de préparation comporte aussi des actions spécifiques comme le développement et le test régulier de systèmes d'alerte, et des plans pour une évacuation ou pour d'autres mesures à appliquer durant la période d'alerte à la catastrophe, afin de minimiser les pertes en vies humaines potentielles et les dommages matériels, ainsi que l'éducation et la formation de la population menacée.

D'autres activités sont aussi prévues dans le cadre de préparation aux catastrophes telles que l'établissement de politiques, de normes, de mesures organisationnelles et de plans opératoires à appliquer à la suite de l'impact d'une catastrophe ; les garanties concernant des ressources comme le stockage d'approvisionnements ainsi que la formation d'équipes d'intervention.

Notons que la préparation contre les catastrophes comprend deux mesures qui sont les mesures actives et les mesures passives. Les mesures passives de préparation contre les catastrophes comprennent la préparation de manuels traitant des désastres, le stockage de matériel pour les secours, et la création, sur ordinateurs, de listes de ressources et de personnel. Tandis que les mesures actives de préparation contre les catastrophes devraient inclure le développement d'un plan de réponse global, la surveillance des menaces dues à des aléas, la formation d'un personnel destiné aux urgences, ainsi qu'une formation des membres des communautés menacées.

A titre d'illustration, les activités de préparation aux catastrophes menées par le BNGRC sont la préparation de plans nationaux, régionaux et locaux de GRC, l'exercice de simulation sur les alertes, la formation des formateurs en GRC, le développement et la mise en oeuvre de systèmes d'information pour appuyer les décisions au niveau communal, le prépositionnement aux niveaux des zones à risques, la réhabilitation des magasins de stockages et construction des hangars de stockages, l'installation des BLU dans les communes à risques, la distribution des manuels de GRC pour les élèves et guides des maîtres pour les enseignants, et la distribution des drapeaux cycloniques dans les communes à risques.

14

Chapitre II : LES STRUCTURES DE GRC A MADAGASCAR: GARANT DE LA RRC

La mise en place d'un cadre institutionnel légal au niveau national et local fait partie d'une des conditions de mise en oeuvre et de l'atteinte des objectifs de la RRC. Pour ce faire, comme nous avons déjà signalé dès le début, pour le cas de Madagascar, des structures sont prévues dans la SNGRC, à tous les niveaux, pour assurer la coordination et la gestion des activités de GRC. Au niveau communal, c'est le CCGRC qui assure cette mission. Il est donc le garant de la bonne organisation des phases de prévention et de préparation de catastrophes au niveau communal.

Ainsi, ce présent chapitre décrit la structure opérationnelle de la GRC à Madagascar en général, et au niveau de la commune en particulier, en définissant ses missions, ses attributions ainsi que son organisation et son fonctionnement tel qu'il est prévu par la SNGRC.

II - 1. La structure opérationnelle de la GRC à Madagascar II - 1. 1. Au niveau national

Le Décret n° 2005-866 fixant les modalités d'application de la loi n° 2003 - 010 du 5 septembre 2003, relative à la politique nationale de gestion des risques et des catastrophes stipule dans son article 5 qu' « au niveau national, la gestion des risques et des catastrophes est assurée par : le Conseil National de Gestion des Risques et des Catastrophes (CNGRC), organe stratégique de conception et de supervision ; le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC), organe de gestion, de coordination, de suivi et d'appui du CNGRC18 » . Cela veut dire que la coordination, la gestion et le suivi des activités relatives à la GRC à Madagascar est assurée par le BNGRC. Toutes les autres structures au niveau décentralisées et déconcentrées, ainsi que les partenaires techniques et financiers intervenants dans le domaine de la GRC, doivent se référer à la stratégie et objectifs du BNGRC. Ainsi toutes leurs activités sur terrain et surtout les modules de formations à dispenser aux acteurs locaux doivent avoir l'aval du BNGRC.

18 Décret n° 2005-866 fixant les modalités d'application de la loi n° 2003 - 010 du 5 septembre 2003

Signalons qu'au niveau national, les rôles concernant la stratégie, la conception et la supervision est à la charge du Conseil National de Gestion des Risques et des Catastrophes ou CNGRC. Tandis que la gestion, la coordination, le suivi et l'appui du CNGRC sont assurées par le BNGRC.

Notons que tous les ministères sectoriels sont aussi concernés par la GRC, et sont responsables des risques dans leurs domaines spécifiques et se chargent de toutes les mesures de prévention et de secours ainsi que des mécanismes d'intervention en cas de sinistre.

En outre, un organe technique dénommé Cellule de Prévention et de Gestion des Urgences ou CPGU est créé, auprès de la Primature. Il a comme mission d'assister le Premier Ministre, le CNGRC dans l'accomplissement de leurs missions que nous avons signalées cidessus à savoir la conception, l'élaboration de stratégie et l'évaluation en matière de gestion des risques et des catastrophes. La figure ci-dessus nous montre la structure au niveau central

Figure 2 : Structure de GRC au niveau central

Source : Document de Formation de BNGRC

16

II - 1. 2. Au niveau des Collectivités Territoriales Décentralisées et des Districts

Pour plus d'éclaircissement, ce même décret précise dans son article 10 que : « pour les autres niveaux, les structures territoriales d'intervention, en matière de gestion des risques et des catastrophes sont : le Comite Provincial de Gestion des Risques et des Catastrophes, au niveau des Provinces ; le Comité Régional de Gestion des Risques et des Catastrophes, au niveau des Régions; le Comité de Gestion des Risques et des Catastrophes au niveau des Districts ; le Comité Communal de Gestion des Risques et des Catastrophes, au niveau des Communes ; l'équipe locale de secours au niveau des Fokontany.19 »

Cela nous montre que pour une meilleure coordination, et dans le cadre de la politique de la décentralisation en vue de gestion de proximité, certaines missions et attributions sont délégués par le BNGRC au niveau des structures locales. Ainsi à chaque niveau de décentralisation comme les Régions et les Communes, il est prévu la mise en place de structure chargée de la GRC. Il en va ainsi de même au niveau de District qui est une structure déconcentrée de l'Etat central.

Il faut noter que bien que ces structures soient autonomes dans sa gestion, elles doivent toujours se référer au BNGRC dans leurs actions, car comme nous avons déjà signalés ci-dessus, le BNGRC est la structure nationale chargé de la coordination des activités GRC, ainsi que la promotion de la prévention et de la préparation au sein de toutes les agences et à tous les niveaux du gouvernement ainsi qu'aux ONG.

D'ailleurs, il est déjà prévu dans la mission du BNGRC de soutenir techniquement le plan local pour la GRC, de fournir des directives, d'organiser la formation et de promouvoir la préparation des plans en rapport avec les cataclysmes.

Bref, il est le garant de la bonne mise en oeuvre de la politique et stratégie nationale en matière de GRC.

Nous pouvons voir dans la figure ci-après les différentes structures chargées de la GRC, à tous les niveaux à Madagascar.

19 Décret n° 2005-866 fixant les modalités d'application de la loi n° 2003 - 010 du 5 septembre 2003

Figure 3 : Structure globale de la GRC à Madagascar

STRUCTURE GLOBALE

Niveaux

Communes

Fokontany

Régions

Districts

Central

Conseil National de GRC
(CNGRC)

Comité Communal de GRC
(CCGRC)

Comité Régional de GRC
(CRGRC)

Comité Local de GRC
(CLGRC)

Comité GRC de District
(CDGRC)

BNGRC

17 00

17 500

1549

1 557

01

119

22

Source : Document de Formation de BNGRC

Comme nous pouvons remarquer dans cette figure, à part les structures au niveau central qu'est le Conseil National de GRC, dont la BNGRC est l'organe d'exécution, des structures sont aussi prévues à mettre en place à chaque niveau.

Ces structures territoriales d'intervention sont dirigées par le Chef de l'exécutif ou l'autorité administrative territorialement compétente, et se chargent de la mise en oeuvre des plans GRC relevant de leurs missions et attributions respectives.

Notons que dans l'accomplissement de ses missions, chaque comité travail étroitement, à son niveau, avec les représentants des Ministères sectoriels représentés par les

18

chefs des Services déconcentrés implantés dans la circonscription ou leurs représentants, des représentants des partenaires techniques et financiers implantés dans la circonscription, ainsi que les représentants des ONG et de la Société Civile implantés dans la localité.

II - 1. 2. a. Au niveau des Régions

Un comité dénommé CRGRC ou Comité Régional de Gestion des Risques et des catastrophes est prévu par la SNGRC à mettre en place au niveau des 22 Régions. Présidé par le Chef de Région, ce Comité, en vertu des dispositions de l'article 8.1 de la loi n° 2004 - 001 du 17 juin 2004 relative aux Régions, est chargé d'établir et mettre en oeuvre le plan régional de GRC, intégrer la GRC dans le processus du PRD ou Plan Régional de Développement, renforcer les capacités institutionnelles et de mobiliser les Communes dans la Prévention, la mitigation des effets des Catastrophes, prendre en charge l'organisation et la coordination des activités de prévention et de secours avec le concours du BNGRC.

Figure 4 : Structure de la GRC au niveau Régional

Source : Document de Formation de BNGRC

II - 1. 2. b. Au niveau des Districts

Au niveau des 119 Districts de Madagascar, un comité dénommé CDGRC ou Comité de District de Gestion des Risques et des Catastrophes est mis en place. Présidé par le Chef de District, ce Comité est chargé de travailler en partenariat et en coordination avec les autres structures de GRC, appliquer les textes de GRC et les insérer aux Dina de la circonscription, éduquer, informer et sensibiliser la population sur les conduites à tenir avant, pendant et après le passage des catastrophes, inventorier les ressources disponibles et relever les besoins relatifs aux éventuelles catastrophe, garantir la distribution des dons et en assure le contrôle, constituer les stocks de prépositionnement, établir un système d'alerte adapté, et faire les rapports sur la GRC au niveau du District aux échelons supérieurs.

Figure 5 : Structure de la GRC au niveau de District

Conseil National de GRC (CNGRC)

BNGRC

Comité Régional de GRC
(CRGRC)

Comité GRC de District (CDGRC)

Tous les
Maires du
District

CHEF DE DISTRICT

Bureau
permanent dans
Bureau District

Tous Services
techniques
déconcentrés

Comiss
AGRI

Comiss
WASH

Secteur Privé
Société civile
Autres

AUTRES
Comiss

Comité Communal de GRC
(CCGRC)

Comité Local de GRC (CLGRC)

Source : Document de Formation de BNGRC

20

II - 1. 2. c. Au niveau des Communes

Comme nous avons vu au niveau des Régions et des Districts, une structure dénommée CCGRC est aussi prévue à mettre en place au niveau des 1549 communes de Madagascar.

Comme cette structure de GRC au niveau communal est l'objet de cette étude, nous allons voir dans les détails dans les sections suivantes son organisation et fonctionnement, ainsi que ses missions et attributions.

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