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La gestion du risque de crédit dans une institution de microfinance. Cas de la TMB ( Trust Merchant Bank )

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par Junior ILUNGA KALUBWILA
Université de Lubumbashi - Licence en économie option économie monétaire 2010
  

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1. INTRODUCTION GENERALE

2. PROBLEMATIQUE

« La problématique est l'ensemble de problèmes posés dans un domaine de la science ». 1(*)

Ceci étant, la gestion du risque de crédit impose les responsables des institutions de micro finance à organiser voire à réglementer les possibilités de recouvrement des créances d'une façon permanente et anticipative. Si la continuité des activités financières nécessite une gestion rigoureuse des créances, différentes mesures de sécurisation doivent être prises afin d'assurer un succès à l'établissement.

Et, si la TMB établissement de crédit, banque commerciale soutient les activités de micro crédit en RDC en général et au KATANGA en particulier, l'outil managérial est à joindre au processus de lutte contre le risque de crédit et assurer ainsi l'accès des services financiers formels à la population congolaise qui en majorité est constituée des pauvres.

Ainsi, eu égard à ce qui précède, quelques questions méritent d'être soulevées à savoir :

· L'approche entre la gestion et le crédit est-elle pertinente dans le contexte de risque au sein de l'institution de micro finance TMB ?

· L'institution, est-elle responsable de la gestion du risque de crédit ? Etant donné que ce risque provient des relations de contrepartie, impliquant la présence d'au moins deux agents économiques.

· Est-il probable de sécuriser un micro crédit ? Concrètement, quelles sont les stratégies de recouvrement appliquées par la TMB/micro finance ?

3. HYPOTHESE

« Dans le langage courant, ce terme évoque la présomption que l'on peut construire autour d'un problème ».2(*)

Ainsi, comme présomption ou tentative des réponses à ces questions précédemment posées, parait délicate dans la mesure où il faut respectivement donner une hypothèse à chacune d'elles.

· En effet, les impayés constitueraient, dans la majorité de cas, la principale cause de faillite des institutions qui accordent des crédits. Même si la TMB a réussi jusque-là, elle serait sans cesse menacée par le spectre des impayés.

C'est pourquoi, les responsables de la TMB, soucieux de la pérennité de leur institution de micro finance seraient tenus d'avoir une gestion rigoureuse de toutes les créances dont les paiements sont soit en retard soit incertain. Ils devraient par conséquent :

v Connaître les causes et coûts des impayés

v Contrôler les créances douteuses

· Sur ce, la responsabilité des conséquences négatives dues aux créances irrécouvrables et aux retards de paiement incomberait à la TMB/micro finance.

Considérant la situation des impayés comme un monstre caché et dangereux, la TMB devrait y prêter beaucoup d'attention. Les causes de retard et d'insolvabilité peuvent être regroupées en 3 :

v Causes liées à l'institution : insuffisance ou manque de suivi, dossiers de prêt mal étudié...

v Causes liées à l'emprunteur : mauvaise gestion, mauvaise foi etc.

v Causes externes : décisions politiques, fluctuations des prix, catastrophes...

Nonobstant cette catégorisation, la TMB serait la première responsable de coûts de retard de paiement et de créances irrécouvrables, même si la cause la plus immédiate est externe, l'institution a toujours la possibilité de faire quelques choses « il n'y a pas de mauvais clients mais des mauvais prêts. »

· Une difficulté dans la gestion du risque de crédit serait le fait que l'événement concerné, le non remboursement, se situe dans le futur. Et, sur le plan comptable, les créances et emprunts accordés à des tiers constituent un poste spécifique dans le bilan de l'entreprise financière et toute évolution négative obère d'autant la survie de l'entreprise.

De ce fait, il faut lutter contre ce risque et ce de deux manières que la TMB/Micro finance se déploie : En amont, par l'analyse profonde des demandes de micro crédit, la formation de sa clientèle, la prise des garanties et en aval, par les visites et les contacts téléphoniques avec sa clientèle afin d'atteindre le remboursement souhaité.

4. FORMULATION DU SUJET

Il est vrai que la gestion du risque demeure au coeur des préoccupations des institutions de micro finance, qu'elles soient rurales ou urbaines. Et, une analyse des risques montre que ces derniers sont nombreux et diversifiés, leur gestion est plus difficile vu qu'ils sont fortement dépendants les uns des autres. Ceci oblige les institutions de micro finance à envisager des compromis qui ne sont à priori pas évidents à identifier et à gérer, compte tenu de leurs spécialités, et dans ce contexte, il est convenable d'analyser le risque de crédit isolément, en terme de non remboursement à l'échéance et d'irrécouvrable des créances.

Sur ce, il revient à tout gestionnaire soucieux de la pérennité de son établissement d'avoir une gestion rigoureuse de toutes ses créances et engagements. Raison pour laquelle, nous avons estimé nécessaire de joindre l'outil managérial au processus de lutte contre le risque de crédit dans la mesure où il est possible ou probable que celui-ci aura un effet positif sur les problèmes d'irrécouvrable et de remboursements retardés.

Cependant, eu égard à ce qui précède, notre travail intitulé « La gestion du risque de crédit dans une institution de micro finance. Cas de la TMB » a un objet d'étude s'articulant sur les notions de gestion et s'illustrant par les activités de micro crédit à la TMB. En effet, notre démonstration qui a pour cas réel la TMB partira de l'idée selon laquelle l'octroi des crédits est l'une des opérations cruciales de la finance. Et, de l'octroi des crédits jusqu'à l'opération ultime et logique « Le remboursement » nous tenterons d'analyser successivement les problèmes posés par :

- La problématique de l'octroi pertinent des crédits ;

- Le recouvrement des créances : risque (causes, conséquences et solutions) ;

- La responsabilité de l'institution dans les désagréments  du genre : insolvabilité, remboursement retardé ou partiel.

5. CHOIX ET INTERET DU SUJET

Aucune activité humaine n'est soustraite aux effets de l'incertitude malheureuse. Et, le domaine financier est aussi plein de risque. Sur ce, l'engagement de l'établissement à travers ses dirigeants, dans l'effort de développement doit prendre en compte la lutte contre le non remboursement qui constitue un problème réel et une véritable cause de faillite en tant que facteur de dépouillement de fonds qui sont les principaux produits d'une institution de micro finance.

Cependant, d'après le magasine MagPeople, «  la particularité de la TMB est qu'elle est la première institution bancaire ayant formellement ouvert à ses clients un département des micros crédits des micros finances. Comme on peut déduire de la micro finance dans l'entendement de la banque centrale du Congo, la TMB s'occupe de la prestation des services de crédit et/ou d'épargne aux agents économiques vulnérables exclus du système bancaire classique à travers la TMB, la micro finance au KATANGA a pris une autre tournure. Au 30 Novembre 2006, la TMB totalisait près de 2200 comptes utilisaient par plus de 7613 personnes. Et, depuis son ouverture jusqu'à fin novembre 2006, la TMB a prêté environ 1200 000 dollars américains pour les objets les plus divers et le petit commerce »3(*). Crédit dont le recouvrement est toujours incertain. Même si l'établissement a réussi néanmoins menacé par le spectre d'insolvabilité, de remboursement retardé en partiel.

Au vu de ces réalités brûlantes, étant économiste en formation, à cette fin de notre deuxième cycle, nous avons trouvé pertinent d'analyser et de démontrer le bienfondé d'une gestion prudentielle et rassurante en matière de micro crédit. Bien dont les responsables de la TMB doivent placer en premier lieu et, en ce qui nous concerne, l'élaboration de de ce travail nous a permis de mieux comprendre la notion de gestion du risque et plus particulièrement du risque de crédit dans la micro finance.

A ce niveau, il importe de souligner anticipativement que même si les observations, analyses et suggestions portent sur la TMB, les résultats peuvent, nous disons bien peuvent être extrapolés à d'autres institutions oeuvrant en RDC, ceci avec beaucoup de réserve.

6. ETAT DE LA QUESTION

Ce sujet intitulé : « La gestion du risque de crédit dans une institution de micro finance. Cas de la TMB », tel que nous l'abordons, concerne un domaine amplement exploré par des chercheurs.

Sur ce, nous nous réservons de citer tous les travaux scientifiques portant sur la gestion du risque de crédit en micro finance que nous avons déjà eu l'opportunité de lire.

Nonobstant ce fait, l'année académique 2005-2006, KOMBAYULU a dans son travail de mémoire, fait une étude sur les implications de la TMB dans le secteur de la micro entreprise. Partant de l'idée selon laquelle les banques commerciales ne souhaitent pas entretenir de relations avec les micros entrepreneurs qui de leur côté sont réticent à solliciter des services financiers aux premiers qui leur imposent un vocabulaire et des procédures qui ne correspondent pas à leurs propres pratiques ; constat donnant naissance à la micro finance. Et surenchérit en ces termes : « La TMB peut assumer et sécuriser le financement des activités de micros entreprises à Lubumbashi ».4(*) Bref, pour lui la TMB joue un rôle très important et positif dans le secteur de la micro finance.

Par ailleurs, MUSEMPA MUKENDI dans son mémoire « La gestion de risque de crédit dans la micro finance, analyse et perspective. Etudes menées au CERP GALA LETU ». Posant sa problématique autour de la question de savoir si l'octroi de crédits aux micros entreprises pose un problème (difficulté). Il termine en confirmant son hypothèse selon laquelle la difficulté réside au niveau du nombre de clients et à leur caractère d'insolvabilité. Ainsi, il évoque un aspect très significatif en préconisant la prévention comme solution.

Si, son champ d'investigation était l'institution de micro finance CERP GALETU de 2007 à 2008, le nôtre sera la TMB qui est une banque commerciale renfermant les activités de micro crédit en son sein, cela de 2005 à 2009.

Pour notre part, nous saisissons ces opportunités dans notre travail, afin de démontrer le bien-fondé d'une gestion rigoureuse du risque de crédit et surtout de prouver la responsabilité de l'établissement financier en matière de micro crédit. Démonstration qui nous conduira à analyser la problématique après échéance, et tout ceci sous la responsabilité de l'institution micro finance.

7. METHODES ET TECHNIQUES DE TRAVAIL

A. METHODES

La méthode se définit comme étant un ensemble de démarches que suit l'esprit pour découvrir et démontrer la vérité5(*).

Pour l'élaboration de ce travail, nous avons observé beaucoup plus les deux méthodes ci-après :

o « La méthode inductive : induire, c'est remonter de l'observation des faits à une proposition générale. On commence par réunir un grand nombre des faits et événements contingents, pour rechercher ensuite si dans quelle mesurer des rapports existent entre les divers faits et événements retenus, et l'on entre ainsi dans le domaine de la statistique descriptive, la forme la plus sûre de l'observation. De nos jours, la statistique est universellement considérée comme la méthode inductive par excellence, la méthode quantitative de l'économie6(*)

o La méthode descriptive qui consiste à présenter des faits et phénomènes tels qu'ils se présentent. Cette méthode nous a permis à décrire clairement les opérations de micro crédit d'une façon théorique et pratique.

B. TECHNIQUES

Selon le dictionnaire micro Robert, la technique est l'ensemble de procédés employés pour produire une oeuvre ou obtenir un résultat déterminé7(*). Ainsi, pour arriver à vérifier notre hypothèse nous nous sommes contraints d'utiliser les techniques d'interview, documentaire et la statistique et la comptabilité.

· La technique d'interview nous a servi comme moyen de communication directe avec les responsables de la micro finance à la TMB.

· L'analyse documentaire : consistant à étudier les fait dont les documents portent des traces. Elle nous a permis aussi d'entrer en contact avec différents scientifiques à travers leurs écrits.

· Les techniques statistique et comptable nous ont facilité la tâche lors de la récolte et le traitement des données chiffrées.

8. DELIMITATION DU SUJET

Notre travail s'oriente à la seule branche d'activité de micro crédit. L'analyse portant sur la TMB comme cas réel se limite à mesurer l'efficacité et la sécurité en matière de gestion du risque crédit. Et, dans l'impossibilité de saisir la TMB au niveau national, nous nous sommes contentés des réalités de la province du KATANGA, plus spécialement de la ville de Lubumbashi. En ce qui concerne le temps, notre étude porte sur une période de 5 ans soit de 2005 à 2009.

9. DIFFICULTES RENCONTREES

L'élaboration d'un travail sur une entreprise offre beaucoup des pistes d'analyses quand on possède la situation générale et détaillée de l'entreprise en question. Cette situation est exposée par les documents comptables de synthèse, le bilan par exemple. Or, pour notre cas, nous n'avons pas eu la chance de tomber sur un bilan propre à la micro finance/TMB et les données contenues dans ce présent travail ont été récollette dans les différents rapports et publications de la TMB en général (en tant que banque classique).

Nonobstant cette difficulté, nous avons rédigé notre travail dans des limites raisonnables et acceptables.

10. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Hormis l'introduction et la conclusion, notre travail comporte trois chapitres :

· Le premier traite les généralités relatives au sujet

· Le deuxième, analyse la micro finance /TMB

· Et le troisième, la gestion du risque de crédit à la micro finance/TMB

CHAPITRE I : CONSIDERATIONS GENERALES

Section 1 : Approche sémantique

L'esprit scientifique nous recommande de ne pas entraîner les lecteurs dans des considérations ou affirmations erronées et, ceci pour avoir utilisé les termes avec imprécision. Dans cet ordre d'idée, il nous est indispensable de préciser les sens, de définir les mots dont la répétition sera inévitable dans ce présent travail.

Parmi eux nous retiendrons les suivants :

1.1. LE CREDIT

Du latin credere qui veut dire croire, le crédit est une expression de confiance. Et pour le dictionnaire Robert, « c'est un prêt consenti à un tiers ».8(*)

Ainsi, nous définissons le crédit financier comme un prêt d'une somme d'argent à un demandeur digne de confiance au titre d'un contrat qui détermine le taux d'intérêt, le délai et les conditions de remboursement.

Cependant, le « micro crédit » constitue l'aspect le plus connu de la micro finance. «L'activité de micro crédit consiste le plus souvent à octroyer des prêts à court terme, soit pour permettre la constitution d'un fonds de roulement, soit pour réaliser des petits investissements ».9(*)

Souvent évoqué comme l'essence du développement du secteur privé, le micro crédit donne aux agents économiques à faible revenu les moyens d'investir dans leurs priorités.

* 1 ROBERT Paul et col, Dictionnaire Micro Robert, Ed Robert, Paris 1987, p. 1031

* 2 Idem, p. 254

* 3 S. Léon, « TMB, une banque, une valeur et une garantie pour le développement », in Magpeople, Lubumbashi avril 2009, p. 36

* 4 KOMBAYULU BIN KAYUMBA, La micro finance dans le système bancaire et ses implications dans le secteur de la micro entreprise. Cas de la TMB ». Mémoire, économie monétaire, UNILU 2005-2006, inédit P 50

* 5 ROBERT Paul et col, op cit. P. 665

* 6 MWALABA K, Economie politique I, G1 UNILU 2007-2008, inédit p.28

* 7 ROBERT Paul et col, p. 1303

* 8 ROBERT Paul, op cit p 98

* 9MARC Labie, la micro finance en question, édition Luc Pin, Paris 1999 p. 24

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