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Analyse des déterminants socio-économiques de la déperdition scolaire des filles issues des zones périphériques de la ville de Ouagadougou

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par Zah Marie SAWADOGO
Universite de Koudougou - Conseiller d'Education 2013
  

sommaire suivant

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UNIVERSITÉ

ÉCOLE

SCIENCES

CONSEILLER

PROMOTION

DE KOUDOUGOU BURKINA FASO

NORMALE SUPÉRIEURE Unité-Progrès-Justice

DE L'ÉDUCATION

D'ÉDUCATION

: 2010-2013

Mém~~re de lin de fcnnaticn I'empl~~ de Ccnselller d'Educat~~n

 
 
 

Analyse des déterminants socio-économiques de la déperdition
scolaire des filles issues des zones périurbaines de Ouagadougou
:
cas des établissements d'enseignement secondaire de la commune

 

rurale de Saaba.

lève Email

SAWADOGO

Présenté par Directeur de Mémoire

Zah Marie Issa Abdou MOUMOULA

Conseiller d'Éducation Maitre-Assistant à l'Université de Koudougou
: zahmarie@gmail.com

Année Académique 2011-2012

 

« Un enfant de plus à l'école est une unité gagnée mais une fille, c'est une unité
multipliée par le nombre d'enfants qu'elle aura » Georges HARDY (1913) in
Bulletin de l'enseignement de l'AOF

SCMMAI ?E

SOMMAIRE i

DEDICACE ii

REMERCIEMENTS iii

RESUME iv

LISTE DES ACRONYMES ET ABREVIATIONS v

LISTE DES TABLEAUX ET GRAPHIQUES .vii

ANNEXE x

INTRODUCTION ..2

PREMIERE PARTIE : CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL 6
CHAPITRE I :L'ETAT DES LIEUX DE L'EDUCATION DES FILLES AU BURKINA

FASO

7

CHAPITRE II : LA PROBLEMATIQUE, L'INTERET ET LES OBJECTIFS DE LA

 

RECHERCHE

12

CHAPITRE III : LE CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL

16

CHAPITRE IV : LA REVUE CRITIQUE DE LITTERATURE

25

DEUXIEME PARTIE : LE CADRE METHODOLOGIQUE

44

CHAPITRE I : LE CADRE METHODOLOGIQUE DE RECHERCHE

.45

CHAPITRE II : LA PRESENTATION DES DONNEES DE L'ENQUETE

56

CHAPITRE III : L'ANALYSE DES DONNEES ET VALIDATION DES

 

HYPHOTHESES

78

CHAPITRE IV : LES SUGGESTIONS ST LES RECOMMANDATIONS

89

CONCLUSION

..99

LES ELEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

..104

i

LELICACE

,2% ftIO72e C.5e2 2e~2e77e

BAZIE Moïse, ami et collègue élève Conseiller d'Education de la promotion 2010-2013 arraché à notre affection à la fleur de l'âge.

May your Soul rest in Peace!!! Que ton âme repose en Paix!!!

Amen !!!

ii

L?EMEL?CIEME~1S

La réalisation de ce présent document a été rendue possible grâce à l'appui et au concours de plusieurs personnes à qui nous adressons notre sincère reconnaissance.

Nous exprimons tout particulièrement notre profonde gratitude au Dr Issa Abdou MOUMOULA qui, malgré ses multiples occupations, a accepté diriger ce travail.

Merci Docteur pour toute votre sincère disponibilité, vos critiques instructives et vos encouragements.

Nos remerciements vont également à l'endroit de l'ensemble du corps professoral de l'école Normale Supérieure de l'Université de Koudougou pour la qualité de la formation reçue pendant les deux années de la formation.

Une pensée particulière à tous ceux qui ont contribué d'une manière ou d'une autre à la réalisation de ce travail.

Mes remerciements les plus sincères vont à l'endroit de :

· M. ZEBA Ali, professeur de Français au Lycée Bogodogo de Ouagadougou ;

· M.OUEDRAOGO Richard, Biochimiste, Msc. Doctorant en Toxicologie appliquée à l'Institut de recherche en sciences de la santé/direction régionale de l'ouest ;

· Mes parents qui m'ont soutenu durant ces longues années ;

· Dr SAWADOGO Jean Pierre, Enseignant-Chercheur à l'UFR/SEG ;

· Messieurs OUEDRAOGO Ibrahima, OUEDRAOGO Hermann, SAWADOGO Gérard, TRAORE Edouard, KONFE Zacharia, LEAMA Leonard, KY Désiré, KONFE Ibrahim et épouses respectives ;

· Les collègues Conseillers d'Education des promotions 2009-2012,2010-2013 et celle de 2011-2013 et particulièrement aux membres de mon groupe de travail. J'ai nommé DIASSO Donald, NIKIEMA Nicolas, ILBOUDO Nadège, SANON Dominique et ZAGRE Amidou ;

· Ma chérie KISSU Beatrice qui m'a énormément épaulé dans des moments difficiles de mon travail ;

· Aux différents chefs d'établissement ainsi qu'à toutes les filles et parents d'élève que nous avons approché et qui nous ont facilité ce présent travail de recherche ;

· M. Jean Paul BOUMBOUNDI, proviseur du Lycée BOGODOGO pour son soutien et l'ensemble du personnel dudit établissement.

Puisse le Bon DIEU, vous rendre au centuple vos secours, conseils, appuis que vous avez eu à mon égard.

iii

?ES IJME

Au Burkina Faso, la promotion de l'Education Pour Tous demeure un enjeu de taille pour tous les acteurs du système éducatif et des politiques. D'énormes efforts sont consentis à tous les niveaux pour booster l'éducation et la rendre accessible à toutes les couches sociales. En dépit des efforts tout azimut consentis dans le sens de l'amélioration de l'accès à l'éducation, la gente féminine se heurte à des difficultés de divers ordres. Une grande disparité existe entre les deux sexes dans la poursuite des études tant au post primaire qu'au secondaire dans les établissements d'enseignement secondaire. L'analyse des différentes données statistiques montre que le quotidien des filles n'est guère meilleur et ne leur permet pas d'être efficaces en termes de rendement scolaire. Le quotidien des filles est marqué par une forte participation aux activités domestiques et commerciales aux côtés de leurs géniteurs au détriment des révisions, repos et loisir. Cette participation des filles se fait le plus souvent avec la bénédiction de leurs parents qui trouvent en elle un rôle formateur et de reproduction sociale. La forte sollicitation des filles dans ces différentes activités serait liée à la combinaison des facteurs socioculturels, économiques qui encourage le travail précoce des adolescentes à la vie du ménage même étant à l'école. La situation est beaucoup préoccupante pour les filles vivant sous tutorat dans les familles d'accueil dans le but de poursuivre les études.

iv

LISTE DES ACI?CNYMES ET AMEVIAICNS

ADEA : Association pour le Développement de l'Education en Afrique

ADEP : Association D'appui et d'Eveil Pougsada

AGR : Activités Génératrices de Revenus

AME : Association des Mères Educatrices

AOF : Afrique Occidentale Française

APE : Association des Parents d'élèves

BEPC: Brevet d'Etude du Premier Cycle

BRIGHT: Burkinabe Response to Improve Girls cHances to Succeed

CEDEAO : Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest

CEG : Collège d'Enseignement Général

CEPE : Certificat d'Etude Primaire Elémentaire

CRAEF : Commission de Réflexion et d'Action pour l'Education des Filles

CRS : Catholic Relief Service

CSLP : Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté

DEMP : Direction de l'Education en Matière de Population

DEP : Direction de l'Education et de la Planification

DGES : Direction Générale des Enseignements Spécifiques

ENS/UK : Ecole Normale Supérieure/Université de Koudougou

EPT : Education Pour Tous

FAWE : Forum des Educatrices Africaines

IDH : Indice de Développement Humain

INSD : Institut National de la Statistique et de la Démographie

IRD : Institut de Recherche pour le Développement

MESS : Ministère des Enseignements Secondaire et Supérieur

MESSRS : Ministère des Enseignements Secondaire et Supérieur et de la Recherche Scientifique

OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement

v

ONG : Organisme Non Gouvernemental

PDDEB : Plan Décennal de Développement de l'Education de Base

PDDESS : Plan Décennal de Développement de l'Education Secondaire et Supérieure

PEPP : Projet Education Post Primaire

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

RGPH: Recensement Général de la Population et de l'Habitat

SCADD : Stratégie de Croissance Accélérée pour le Développement Durable

SPSS: Statistical Package for Social Sciences

TACH: Taux d'Achèvement

TBA: Taux Brut d'Achèvement

TBS: Taux Brut de Scolarisation

TBSF: Taux Brut de Scolarisation des Filles

UA/CIEFFA: Centre International de l'Education des Filles et des Femmes en Afrique de l'Union

Africaine

UFR/SH : Unité de Formation et de Recherche/Sciences Humaines

UNESCO: Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture UNICEF: Fonds des Nations unies pour l'enfance

vi

I ISTE DES TAU I EAUX ET GUAIDUIQUES

NUMEROS ET TITRES DES TABLEAUX

PAGES

Tableau N°1 : Liste des établissements secondaires de Saaba

42

Tableau N°2 : Situation des effectifs du lycée Wendpouiré de Saaba

49

Tableau N°3 : Situation des effectifs du CEG Municipal de Saaba

49

Tableau N°4 : Situation des effectifs du Groupe scolaire Guinkouma de Saaba

50

Tableau N°5 : Situation des effectifs du Lycée privé SANA Hyppolite de Saaba

50

Tableau N°6 : Récapitulatif des effectifs de quatre établissements échantillonnés

50

Tableau N°7 : Echantillon de départ par établissement

51

Tableau N°8 : Recouvrement des questionnaires par établissement

56

Tableau N°9 : Etat de niveau d'instruction croisé père-mère

57

Tableau N°10 : Niveau d'instruction des parents par sexe

58

Tableau N°11 : Profession des parents des filles

58

Tableau N°12 : Etendu des ménages

58

Tableau N°13 : Nombre d'enfants scolarisés par sexe

59

Tableau N°14 : La distance domicile-école parcourue par les filles par jour

59

Tableau N°15 : Moyen de locomotion

60

Tableau N°16 : Temps de ralliement domicile-école

60

Tableau N°17 : Degré de ponctualité et d'assiduité aux cours

60

Tableau N°18 : Mobiles des différents retards enregistrés

61

Tableau N°19 : Utilisation du temps de pause entre 12 H et 15H

61

Tableau N°20 : Prise en charge des dépenses scolaires des filles

62

Tableau N°21 : Parcours scolaire des filles enquêtées

62

Tableau N°22 : Non-participation à au moins une journée de cours

63

Tableau N°23 : Disposition du temps libre les soirs pour la révision

63

Tableau N°24 : Implication des parents dans l'apprentissage de leurs filles

64

Tableau N°25 : Intérêt accordé aux résultats scolaires par les parents

64

Tableau N°26 : Raisons d'abandon des filles

65

Tableau N°27 : Occupation des filles en dehors des heures de cours

66

Tableau N°28 : Participation des garçons aux activités domestiques et commerciales

67

 

vii

Tableau N°29 : Destination des économies

68

Tableau N°30 : Degré d'appréciation de la condition d'étude fille-garçons

68

Tableau N°31 : Profil d'instruction des parents d'élèves enquêtés

69

Tableau N°32 : Profil professionnel des parents d'élèves

69

Tableau N°33 : Tranche de temps réservé aux activités commercial et domestiques les jours de cours

71

Tableau N°34 : Appréciation des travaux domestiques et commerciaux des élèves filles par les parents d'élèves

71

Tableau N°35 : Implication des parents dans les révisions

72

Tableau N°36 : Intérêt des parents au sujet des résultats scolaires

72

Tableau N°37 : Soutiens dont bénéficient les filles de la part de leurs parents

73

Tableau N°38 : La nature du soutien

73

Tableau N°39 : Origine principale du soutien

73

Tableau N°40 : Membre de l'APE/AME

74

Tableau N°41 : Etat de participation aux activités de l'APE/AME

74

Tableau N°42 : Situation de logement des filles

75

Tableau N°43 : Présence de filles sous tutorat dans les ménages

75

Tableau N°44 : Fréquence de participation aux activités

76

Tableau N°45 : Occupation des filles en dehors des heures de classe

76

Tableau N°46 : Tranche de temps réservé aux activités commerciales et domestiques des filles sous tutorat les jours de cours

77

Tableau 47 : Les traités et engagements internationaux, régionaux en faveur de l'éducation de la fille

89

 

viii

LES GRAPHIQUES

NUMEROS ET TITRES DES GRAPHIQUES

PAGES

Graphique N°1 : Achèvement selon le sexe au post primaire de la région du

centre de 1997 à 2010

10

Graphique N°2 : Achèvement selon le sexe au Secondaire de la région du centre de 1997 à 2010

10

Graphique N°3 : Nature du soutien reçu par les filles de la part de leurs parents

81

Graphique N°4 : Origine du soutien reçu par les filles

81

Graphique N°5 : Degré de participation des filles aux activités

83

Graphique N°6 : Combinaison des activités des filles sous tutorat

83

Graphique N°7 : Participation aux activités en volume horaire journalier

84

Graphique N°8 : Volume horaire moyen de participation aux activités les jours de weekend

84

Carte de la commune rurale de Saaba

40

 

ix

INTRODUCTION

L'éducation joue un rôle important dans le développement des sociétés et il serait utopique d'envisager un développement durable sans elle. Elle occupe une place centrale dans le classement de l'IDH (Indice de Développement Humain) des différents pays à l'échelle mondiale. Ses effets sur la démographie, la croissance économique, le progrès social et politique font d'elle un des meilleurs leviers de la réduction de la pauvreté, tandis qu'au plan individuel, elle transmet les connaissances indispensables pour comprendre la complexité du monde actuel et ainsi y vivre le mieux possible. La place de l'éducation dans le développement de toute société est unanimement reconnue par tous de nos jours. Elle a toujours été considérée comme primordiale car participant pleinement au développement socio-économique des sociétés.

Au Burkina Faso, l'éducation apparait au centre des préoccupations des autorités et des politiques, tant elle permet au développement optimal des ressources humaines et constitue un instrument important dans la réduction de la pauvreté et l'accroissement du bien-être de la population. Le rôle de l'éducation s'avère incontournable dans le développement socio-économique du Burkina Faso. Celle des filles et femmes, en particulier s'avère d'un grand intérêt compte tenu de son impact sur la maitrise de la fécondité, l'amélioration de la santé maternelle et infantile, la préservation de l'environnement, l'accès à un emploi qualifié... gage d'un développement harmonieux et durable. Pour ce faire, nous pouvons affirmer que le problème de l'éducation des filles et des femmes est aussi vieux que le monde car dans « la République », Platon, le philosophe, reconnaissait en la femme les mêmes aptitudes que l'homme pour participer aux affaires de la cité, même si cette aptitude n'était acceptée que pour une minorité, c'est-à-dire les femmes appartenant à l'élite. Dans notre ère du temps qui est marquée par la nécessité de la société à éduquer sa population dans sa globalité, Joseph KI ZERBO (1990, p.36) affirmait que « l'éducation est la fille d'une société globale donnée et s'adapte aux mutations de ladite société ».

Cependant, ce n'est qu'en 1980, sous l'impulsion de la communauté internationale et des grandes institutions internationales (Banque Mondiale, Unicef, UNESCO ...) que la problématique de la scolarisation des filles a été dévoilée au grand jour. L'actualité de cette problématique a été débattue lors de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes à Beijing en 1995.A cette conférence, l'on reconnait que « Filles et garçons ont tout à gagner d'un enseignement non discriminatoire qui, en fin de compte, contribue à instaurer des relations plus égalitaires entre les femmes et les hommes. Les femmes ne pourront prendre une part plus active au changement que si l'égalité d'accès à l'éducation et l'obtention de qualifications dans ce domaine leur sont assurées. L'alphabétisation des femmes est un important moyen d'améliorer la santé, la nutrition et l'éducation de la famille et de permettre aux femmes de participer à la prise de décisions

1

intéressant la société »,(Quatrième Conférence mondiale sur les femmes, Beijing, 1995, Programme d'action, paragraphe 69).

Les pays en voie de développement ont été ainsi interpellés à élaborer des politiques spécifiques visant à réduire les inégalités entre filles et garçons dans la quête du savoir, condition sine qua non à leur plein épanouissement et développement.

La carte éducative des filles est la plus basse, (74%) des filles ont accès au primaire dans la partie subsaharienne du continent africain en 2008, (Parce que je suis une fille, rapport Afrique

2012 de l'ONG Plan Afrique).

Pour cette même partie de continent, le taux de passage du primaire au secondaire était de 62% pour les filles en 2008, (Parce que je suis une fille, rapport Afrique 2012 de l'ONG Plan Afrique), Il subsiste toujours des inégalités structurelles alarmantes confinant la jeune fille aux travaux domestiques au profit du jeune garçon qui se heurte à moins d'obstacles à son éducation. Non seulement, le taux de scolarisation féminin est faible (74%) par rapport à celui des garçons, mais encore leur espérance de vie scolaire est plus réduite car même si elles entrent à l'école tard, elles échouent fréquemment en terme de résultats scolaires et de redoublement (70%),(Parce que je suis une fille, rapport Afrique 2012 de l'ONG Plan Afrique),et minorent leur potentiel en terme d'orientation. Au niveau spatial, le fossé s'écarte encore, entre filles des villes, des zones périphériques de la ville et des zones rurales.

Au Burkina Faso, les contrastes spatiaux, socio-économiques et de genre sont une réalité dans la scolarisation et de la survie scolaire des filles au primaire. Le constat est beaucoup plus alarmant au niveau du secondaire car en ce moment elle n'est plus considérée comme mineure mais comme adolescente à part entière, pouvant être utile pour les travaux domestiques et commerciaux.

En effet, sa place et son rôle se trouve renforcés avec sa participation au bien-être socio-économique des ménages. Ainsi, bon nombre d'obstacles (redoublement, retard, séchage des cours...) se dressent sur son chemin éducatif et contribuant sans doute à sa déperdition scolaire à court et long terme. Ce phénomène de déperdition scolaire est beaucoup plus récurent dans les ménages à revenus modestes (pauvres) et analphabètes. En effet, l'origine sociale est un déterminant dans la survie scolaire des filles tant au primaire qu'au niveau du secondaire dans nos lycées et collèges.

Des politiques d'incitatives à une scolarisation massive des filles au niveau du primaire a eu un écho favorable au niveau des populations et a permis d'enregistrer des performances au niveau de la scolarisation des filles et des garçons En 2011, on enregistrait une croissance notable en terme de Taux Brut de Scolarisation (TBS) qui se chiffrait à 79,2%(IDH, 2011).

2

La comparaison du taux brut d'admission et du taux d'achèvement montre qu'il existe un écart important entre les filles et garçons. L'écart passe de 9,3% en 2008/09 à 14,3% en 2009/10. Les disparités entre filles et garçons sont aussi importantes et ce, malgré la sensibilisation pour l'accès et le maintien des filles dans le système. Les taux d'achèvement des filles et des garçons sont respectivement de 14,7% et de 19,6%.L'indice de parité entre les filles et les garçons est de 0,75(MESS,2009-2010).Ces chiffres montrent à quel point le problème de maintien des filles dans leur scolarité se pose avec acuité et constitue une priorité pour nos politiques qui visent une scolarisation universelle d'ici à 2015.Contrairement, à nos politiques éducatives qui font l'éloge de la gratuité de l'école, il est avéré que celle-ci connait une augmentation graduelle des coûts de scolarisation au fil de la promotion de l'élève et difficilement supportable par les ménages à faible revenu. Face à un revenu réduit, le choix est vite fait quand il s'agit de payer entre l'écolage d'une fille ou celui d'un garçon. Ces différentes représentations véhiculées par les ménages ne sont pas de nature à faciliter la scolarisation des filles et leur maintien d'où la prééminence du phénomène de la déperdition chez une frange de la société.

Les quartiers périphériques représentent une zone de tampon entre la campagne et la ville avec des similitudes plus poussées vers la campagne. Cette zone, bien qu'elle présente un arrière-plan beaucoup plus reluisant est une zone où la pauvreté sévit le plus. Quels peuvent être les déterminants socio-économiques de la déperdition scolaire en général et celui des filles en particulier dans cette entité géographique de la capitale ? Ainsi, il s'agit de comprendre en quoi l'appartenance à un ménage à modeste revenu prédispose la jeune fille à la déperdition et comment se manifeste ce phénomène dans les lycées et collèges dans la commune rurale de Saaba ?

Notre préoccupation dans cette étude est d'examiner les obstacles au maintien des filles à l'école en général tant au niveau du post primaire qu'au niveau du secondaire. En effet, il a été constaté que même si les filles sont inscrites, il est parfois assez difficile de les maintenir à l'école jusqu'à la fin de leur cycle d'étude.

Afin de mieux cerner la question de la déperdition scolaire des filles, notre travail se subdivise en deux grandes parties à savoir une phase théorique et une phase empirique constituées chacune de quatre chapitres. Les considérations générales sur l'éducation des filles seront détaillées dans le premier chapitre de la première partie (un état de lieux de la scolarisation des filles au Burkina Faso).Le second chapitre présente les éléments relatifs à la problématique, les intérêts et les objectifs de la recherche. Le troisième chapitre mentionne le choix théorique retenu pour la recherche à travers la définition des hypothèses et des différentes acceptions conceptuelles. Enfin, en ce qui concerne le quatrième chapitre, il expose la revue critique de la littérature disponible que nous avons eu à consulter dans le cadre de la recherche suivi de la présentation de la zone d'étude.

3

Pour ce qui est de la deuxième partie de l'étude intitulée phase empirique, elle présente comme, premier chapitre, la méthodologie de la recherche suivi de la présentation des données (deuxième chapitre). L'analyse de ces données et la validation des hypothèses de recherche figurent au troisième chapitre de la phase empirique. Enfin, le dernier chapitre mentionne quelques suggestions et recommandations à l'endroit de tous les acteurs du système éducatif pour une meilleure prise charge de la situation des filles issues de milieux défavorables. Nous ne saurons terminer notre travail sans faire un bref aperçu de quelques politiques incitatives à la scolarisation et au maintien des filles entrepris par l'Etat et certaines structures qui demanderaient à être vulgarisées.

4

'L?FMIEL?E 'AFTIE*

CAUIES U(ECI~) E El

CC~CE'1 E!

5

CHAPITRE I : L'ETAT DES LIEUX SUR L'EDUCATION DES FILLES AU BURKINA FASO

Du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté(CSLP) à la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD), l'éducation reste une priorité nationale pour le Burkina Faso. Elle a toujours été considérée comme primordiale, car participant pleinement au développement socio-économique et du capital humain de toute société. De l'antiquité au monde contemporain, tous sont unanimes quant à son rôle transformateur. Le Burkina Faso fait de l'éducation « une obligation pour tout burkinabè âgé de 6 à 16 ans et sans discrimination ».L'éducation des filles et des femmes en particulier, par son impact sur la maitrise de la fécondité, l'amélioration de la santé, l'accès à un emploi qualifié, sur l'environnement est perçue comme la clef de tout développement durable et équitable pour les pays en quête de leur devenir.

Ainsi au cours des deux dernières décennies, la volonté de la communauté internationale à éliminer toute discrimination à l'égard des femmes s'est faite plus pressante. Dans le domaine de l'éducation, cette tendance s'est accélérée grâce au processus de l'Education Pour Tous(EPT) initié en 1990 à JOMTIEN.

En 2000, à Dakar, la communauté internationale s'est résolument engagée à « éliminer les disparités entre genre dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici à 2005 et instaurer l'égalité dans ce domaine en 2015 en veillant à assurer aux filles un accès équitable et sans restriction à une éducation de base de qualité, avec les mêmes chances de réussite» (UNESCO, 2000). L'éducation des filles et des femmes se trouve être un impératif à tout développement économique et social, notamment dans les pays en développement comme le Burkina Faso .Comme le fait remarquer A. Bah cité par Tiendrebeogo /Kaboret.A(2003)«doter la fille et la femme africaine des outils intellectuels et mentaux de développement constitue les meilleurs gages pour réduire, à terme, la pauvreté en Afrique, accroître les revenus familiaux, planifier les naissances, réduire la mortalité infantile, améliorer l'état de santé de toute la famille, réduire les chances de conflits, augmenter l'espérance de vie ... »

Or l'éducation en tant qu'accès au savoir, donc au pouvoir et à l'amélioration du bien-être des individus reste un luxe pour les filles et femmes en Afrique. Au Burkina Faso, comme dans bien d'autres pays africain où l'éducation tend à se généraliser à toutes les couches sociales, est perçue comme un investissement devant produire des dividendes, non seulement pour celui qui a investi mais aussi pour celui qui a reçu cette éducation. Ces représentations utilitaristes et rentables de l'éducation véhiculées dans nos sociétés ne sont pas de nature à encourager l'éducation des filles, à plus forte raison leur maintien dans le système éducatif. La jeune fille est considérée comme

6

étrangère dans nos sociétés traditionnelles. Par le biais du mariage, elle est appelée un jour à quitter sa famille pour rejoindre son conjoint dans une autre famille ; donc investir dans son éducation est une perte pour sa famille d'origine. A cela s'ajoute l'impact de l'éducation dans la réduction voire l'élimination de certaines pratiques ancestrales (mariage forcé, excision...), les parents voient en l'éducation des filles un moyen d'éloignement des filles de leur culture.

Il est nécessaire de reconnaitre que l'éducation est un des facteurs incontournables de la mobilité sociale et permet de corriger les inégalités entre les classes sociales à moyen et long terme. En d'autres termes, l'éducation permet de corriger les inégalités et la discrimination dont est victime une certaine couche de la société en l'occurrence celle des filles et des enfants de milieux pauvres.

Pour le cas précis du Burkina Faso, le statut et les conditions de vie des filles ne sont guère meilleurs par rapport à ceux des hommes jusqu'à une période récente. Les hommes sont les privilégiés dans la plupart des situations car détenant les principaux pouvoirs de décision.

Il faut reconnaitre que la scolarisation des filles ces derniers temps a connu une avancée notable à travers les politiques incitatives d'éducation des filles (parrainage, octroi des bourses, gratuité des manuels et scolarité, la politique de la discrimination positive...) du PDDEB avec l'implication des ONG, Associations oeuvrant au plan national. Ces mécanismes incitatifs mis en place par les acteurs de l'éducation ont permis de faire un bon quantitatif et permettre d'enregistrer un taux brut de scolarisation des filles (TBSF) de 76% pendant l'année scolaire 2009/2010.Pourtant ce même taux était de 48,7% en 2000/2001(SCADD,2011-2015).

Apres une décennie, la jeune fille burkinabè retrouve sa place parmi les siens à l'école et ce progrès est à saluer car elle réduit les inégalités filles-garçons dans l'accès au savoir élémentaire et permet au Burkina de corriger une inégalité qui n'a que trop duré.

Si le problème de la scolarisation des filles au primaire semble trouver des solutions, le constat est amer quand celle-ci finit le primaire et doit poursuivre au post primaire voire au secondaire. Lors de la transition primaire-post primaire, on constate une nette disparité d'accès entre filles et garçons. En 2008-2009, le Taux Brut d'Accès (TBA) des filles au post-primaire était de 27,6 % contre 35,2% pour les garçons (MESSRS, 2010). Ce constat pourrait s'expliquer en partie par des raisons socio-économiques et culturelles (distance, frais d'écolage, tutorat, mariage précoce, grossesses indesirées...).En la matière, des efforts ont été fournis par les acteurs de l'éducation pour permettre cette transition primaire-post primaire. En réduisant le taux de décrochage des filles, on peut espérer voir un bon nombre de filles prétendre à des études secondaires.

En ce qui nous concerne, pour ce présent travail, c'est le phénomène de la survie scolaire des filles qui ont eu la chance de poursuivre leur scolarité dans les lycées et collèges de la commune rurale de Saaba en termes de rendement scolaire. Même si elles arrivent à échapper aux mailles de

7

l'abandon primaire, la situation n'est guère meilleure quand elles sont admises à poursuivre leur parcours scolaire. Elles font face à d'énormes difficultés socio-économiques propices à leur abandon ou décrochage à long terme.

Le phénomène de la déperdition est le catalyseur de l'abandon scolaire par excellence. Ce n'est pas un phénomène nouveau au système éducatif en général, elle se manifeste tant chez les garçons que chez les filles. La gravité du phénomène n'est pas le même quand on se situe chez les filles à qui on attribue des rôles traditionnels. Et pire, le phénomène tend à s'exacerber quand celle-ci devient adolescente et la société attend d'elle qu'elle s'implique davantage dans la vie du ménage où elle est beaucoup sollicitée à seconder sa mère. Son rôle prépondérant dans la vie socio-économique du ménage n'est pas sans incident sur son rendement scolaire et sa réussite.

Cette situation état est perceptible quand on essaie de faire l'état des lieux des données disponibles sur le Taux d'Achèvement (TACH) scolaire des filles au secondaire et au post-primaire. Les filles au post primaire enregistrent un taux d'achèvement respectif de 14,7% au post primaire contre 5,4% au secondaire pour l'année scolaire 2009/2010 (MESS, 2010).Par contre les garçons sont les mieux lotis en termes d'achèvement. Ces derniers enregistrent courant année scolaire (2009/2010) un taux d'achèvement de 19,6% au post primaire et 8,6% au niveau du secondaire (MESS, 2010). Les différents taux brut d'achèvement disponibles montrent que les filles et les garçons n'ont pas les mêmes chances tant au primaire qu'au secondaire et cela se résume à travers les graphiques ci-dessous qui montrent cette disparité. Cette iniquité de représentativité des filles est plus parlante lorsqu'on se situe dans la sphère du secondaire qui pourrait s'expliquer par sa maturité et sa sollicitation de plus en plus accrue dans la vie du ménage à travers des activités diverses. A cet âge (13-19 ans), la jeune fille est vulnérable et peut être victime de divers maux pouvant faire obstacle à sa progression scolaire(mariage précoce et forcé, grossesses non désirées, harcèlement sexuel...).Au contraire, chez le jeune garçon, c'est une période d'affirmation et d'épanouissement à travers les activités ludiques et scolaires. La famille s'investit pleinement dans l'aboutissement de sa scolarité par des encouragements diverses. Libre cours est donné au jeune garçon pour poursuivre pleinement sa scolarité avec moins de surcharge de travaux domestiques au détriment de la jeune fille qui doit croupir sous le poids de ces activités qui lui sont imposées par ses parents ou tuteurs.

L'abandon et le redoublement étant les facteurs essentiels de la déperdition scolaire, il nous est paru important de faire une étude comparative des données existantes en la matière pour voir si les filles sont privilégiées ou pas par rapport aux garçons. Les statistiques sur le taux d'achèvement montre un taux des filles par rapport à celui des garçons et ce dans presque toutes les classes du post primaire et du secondaire dans la Région du Centre.

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Graphique 1 : Achèvement selon le sexe au post primaire du centre de 1997 à 2010(MESS, 2010)

45

40

50

35

30

25

20

15

10

0

5

G

F

Graphique 2 : Achèvement selon le sexe au Secondaire du centre de 1997 à 2010(MESS, 2010)

25

20

15

10

0

5

G F

Quoi qu'on dise, les garçons sont les plus nantis dans le système éducatif burkinabè si l'on se fie à ces différentes statistiques existantes et qui traitent spécifiquement de la question du genre à l'école. C'est pourquoi, notre sujet de recherche s'oriente dans ce sens afin de mieux appréhender le phénomène de la déperdition avec son corollaire de manifestation afin de proposer des solutions qui permettront de remédier aux disparités de rendements liées au genre.

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