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Des interventions de l'onu au congo: regard sur le mandat de la monusco.

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par Ange-Marie SHERIA NKUNDAMWAMI
Université officielle de Bukavu - Licence en science administrative 2012
  

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MONUSCO 

La MONUSCO est une mission de Nations unies ayant pour mission principale la protection des civiles, la stabilisation et la consolidation de la paix en RDC.

I.2. THEORISATION

En termes académiques, les théories sont des ensembles d'énoncés généraux décrivant des phénomènes réels. En termes de plus métaphoriques, les théories sont, comme le disait si joliment Karl Popper, « des filets destinés à capturer ce que nous appelons ` le monde' ; à le rendre rationnel, l'expliquer et le maîtriser».34(*)

En termes simples, les théories sont des constructions intellectuelles prenant la forme de systèmes de concepts. Et servant à expliquer des phénomènes réels. Le choix d'une théorie dépend généralement du principe de pertinence et de motifs stratégiques.35(*)

En principe, un chercheur choisit la théorie qui paraît être la meilleure, c'est-à-dire la plus adéquate, pour investiguer, expliquer et comprendre son objet d'étude.

Dans le souci d'explication et d'investigation, notre recherche s'appuie théoriquement sur les théories suivantes :

La théorie de la sécurité collective ;

La théorie de la sécurité sociétale 

La théorie de la sécurité humaine et la théorie de maintien de la paix.

La notion de sécurité collective inscrite dans la Charte de l'ONU renvoie déjà à une acception particulière de la sécurité basée sur l'interdépendance. Ceci étant, et quand bien même la Charte en appelle à la solidarité de toutes les nations et les peuples pour « lutter contre le fléau de la guerre », la sécurité collective se conçoit avant tout comme une assurance permettant la sauvegarde de l'intégrité et de la souveraineté de ses Etats membres et renvoie essentiellement à la gestion des conflits interétatiques : théorie de la sécurité collective. Les conflits intra étatiques et les guerres civiles qui feront suite à la chute du Mur de Berlin en 1989 vont conduire certains chercheurs à s'intéresser de plus près à la question des identités nationales et à proposer la notion de sécurité sociétale afin de mieux appréhender la conflictualité de l'après-guerre froide :théorie de la sécurité sociétale. Cette évolution connaîtra un point culminant avec le succès des discours portant sur la sécurité humaine, dernier avatar de la notion de sécurité : théorie de la sécurité humaine.

I.2.1. La sécurité collective

La sécurité collective se conçoit dans le cadre d'un système interétatique et repose sur le principe selon lequel, en cas d'emploi de la force ou de menace d'emploi de la force par n'importe quel Etat, tous les Etats participants entreprendront une action commune afin de prévenir l'agression ou de lui faire échec. La sécurité collective ne doit pas être confondue avec une alliance défensive : cette dernière ne peut être invoquée contre les membres de l'Alliance et est généralement dirigée contre un Etat particulier ou un groupe d'Etats alors même que la sécurité collective peut jouer contre n'importe quel agresseur.

Origine : recherche d'un remède aux défauts engendrés par la structure de la communauté internationale. Contrairement à l'ordre juridique interne, il n'existe pas, dans l'ordre juridique international, d'organe chargé de maintenir la paix. Or il ne peut y avoir de sécurité véritable si ce sont des Etats individuels qui doivent y pourvoir ; c'est l'ensemble des Etats qui doit remplir cette fonction en agissant contre les perturbateurs.36(*)

I.2.1.1. Les conditions à remplir pour que le système fonctionne :

- les assises géographiques doivent être suffisamment larges pour qu'à l'intérieur du système il existe un contrepoids à l'Etat le plus puissant,

- le recours à la force doit être prohibé et les infractions à cette interdiction constatées, non pas par des Etats individuels, mais par un organe collectif

- les sanctions prises contre un éventuel agresseur doivent être considérées comme obligatoires et être effectives,

- il faut organiser des procédures permettant de régler pacifiquement les différends pouvant surgir entre Etats.

- les Etats doivent avoir confiance dans le système,

- la dissuasion est un élément fondamental (crédibilité de la réaction collective).

Première tentative : la Société des Nations (v. art. 11 du Pacte)

Cette initiative visant à assurer un système de sécurité collective reposait sur l'idée que la guerre contre un des Etats membres affecte tous les Etats. En conséquence ces derniers doivent prendre des mesures (comme des sanctions commerciales) pour venir en aide à l'Etat qui est victime d'une agression et sanctionner l'Etat agresseur. L'art. 16 prévoyait que le Conseil pouvait recommander des mesures militaires contre l'agresseur. Il faut cependant noter que le Pacte n'interdisait pas toute forme de recours à la force et ne prévoyait pas d'organe compétent pour constater l'agression ; les sanctions étaient de surcroît recommandées et pas imposées.

La faiblesse intrinsèque de la SDN provenait aussi du fait que les Etats-Unis n'en faisaient pas partie et que des Etats comme l'Allemagne et l'URSS n'en n'ont fait partie que de manière temporaire.

Les auteurs de la Charte de l'ONU ont voulu remédier à cette situation en rédigeant l'article 2 (bannissant le recours à la force et à la menace) et l'article 26 qui confie au Conseil de sécurité la responsabilité principale en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationale. Le Conseil peut constater une menace et une rupture de la paix et décider de toutes mesures, y compris des actions militaires. Les Etats membres sont tenus de s'y conformer et de faire en sorte que les Etats non membres agissent conformément aux principes de la Charte.37(*)

 La théorie de «  sécurité collective » est présentée comme moyen de réduire les risques constant de guerre entre les Etats. Le principe est simple en apparence : Si un Etat est la cible d'une agression, d'autres Etats viendront automatiquement à son secours. Dans la pratique le chapitre VII de la charte l'ONU en est l'incarnation à ce jour la plus aboutie mais aussi la plus fragile. Pierre de Senarclens (Mondialisation Souveraineté et théorie de relations internationales ) parle avec ironie d'une véritable « religion onusienne » avec ses exigences éthiques ,ses idéaux hors d'atteinte, son autorité suppose infaillible, ses fonctionnements internationaux qui se comportent comme des « clercs »,ses instances comparables à des lieux de culte, sa foi en un oecuménisme appelé « communauté internationale » ses fonctionnaires en « missions » mais qu'elle est l'efficacité de l'ONU à l'épreuve des faits, lorsqu'il s'agit de remplir sa mission principales : l'établissement d'une sécurité collective.38(*)

* 34 Cité par F.DEPELTEAU, Ibidem, dans le Méthode de Sciences humaines, p.129.

* 35 Ibidem

* 36 Barbara DELCOURT, Théories de la sécurité, notes provisoires de 2ème cycle en sces pô, orientation RI, 2006-2007, ULB, Inédit 33

* 37 B. DELCOURT, Op.cit. .P10

* 38 A. Blom, Op.Cit.P.113

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