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Artificialisation et trame verte et bleue : de la protection de la biodiversité à  un outil d'aménagement. Le cas de Lille métropole depuis 2002.


par Daphné Lecointre
Université de Lille II - Master 2015
  

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b. Une sélection au sein de la biodiversité

Les corridors écologiques sont souvent destinés à un certain type d'espèces, car il est presque impossible de les rendre performants pour des espèces dont les caractéristiques sont trop éloignées. En mettant en place ces infrastructures naturelles, on favorise donc une certaine biodiversité au détriment d'une autre. La Trame verte et bleue, par ses opérations de gestion des espaces naturelles, conduit techniquement à l'amélioration de certaines espèces tandis que d'autres ne suscitent pas son intérêt et sa réaction.

D'après Chantal Aspe, la biodiversité est un « produit social historiquement construit »372. Elle souligne également le rôle des différents savoirs dans le processus de construction. Les normes de conservation produites par l'écologie scientifique permettent d'élaborer une nouvelle grille de références qui participent à l'élaboration de représentations considérées comme légitimes. Ainsi, les discours des experts conditionnent une certaine vision de la biodiversité. La Trame verte et bleue s'inspire de ces travaux, et alimentent cette représentation, en la transmettant aux usagers. Les experts de la biodiversité, en mettant en avant certains aspects de la biodiversité, créent donc une structure qui s'étend à la société, lui permettant de juger ce qui serait une « bonne » biodiversité ou une « mauvaise » biodiversité.

De plus, en érigeant les normes qui doivent encadrer la biodiversité, les experts, puis tous les acteurs des politiques écologiques, participent à une « muséification » de cette biodiversité. Pour Christophe Calenge, la biodiversité de la trame verte est la traduction d'une représentation de la nature qui « n'est pas sauvage »373. En effet, la gestion des espaces naturels afin de favoriser la biodiversité « rend la nature à l'homme, elle la civilise. [...] On pouvait piétiner les pelouses entre les immeubles ; il sera plus difficile de mépriser ou d'ignorer les arbres, les haies, les cheminements piétonniers, les ronds-points « paysagers », les massifs et les compositions florales. [...] Bref, la trame verte »374. La gestion de la nature est répond à une « idéologie dans la mesure où elle fournit un jeu de représentations liées structurant l'imaginaire de la ville dans ses rapports à l'espace et à la nature »375. Ainsi, la gestion de la biodiversité, qui est d'abord prôné par les scientifiques, devient peu à peu une représentation commune de la nature en ville, et la TVB participe pleinement de cette entreprise.

372 Chantal Aspe, « De la gestion des ressources naturelles à la patrimonialisation : biodiversité savante et biodiversité populaire. Quels savoirs, valeurs et échelles pour une gestion durable », 2012

373 Christian Calenge, « Idéologie verte et rhétorique paysagère », Communications, 2003, n°74, pp. 33-47

374 Ibid.

375 Ibid.

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Ainsi, une politique initialement centrée sur le désir de rendre la ville attractive permet de faire émerger une préoccupation portée par les élus et nourrie par les experts de la biodiversité. Toutefois, ce déroulement peut poser des problèmes car la politique de Trame verte et bleue nécessite de restaurer des espaces naturels afin de rétablir les continuités écologiques. Pourtant, cette restauration soulève un certain nombre de questionnements éthiques et la gestion de la biodiversité alimente un processus de sélection des espèces souhaitables et de destruction des espèces indésirables. Finalement, quelle est la place de la nature dans la ville ?

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