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Artificialisation et trame verte et bleue : de la protection de la biodiversité à  un outil d'aménagement. Le cas de Lille métropole depuis 2002.

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par Daphné Lecointre
Université de Lille II - Master 2015
  

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a. La biodiversité, un mot valise

Historiquement, « l'expression de la « biodiversité » est construite au début des années 1980, avec l'objectif de faire du vivant une ressource, d'en faire quelque chose de marchant pour mettre en place des mesures compensatoires. L'usage de la biodiversité était fait dans un paradigme singulier »364. Aujourd'hui, la notion de « biodiversité » est un mot valise, Guillaume Schmitt invite à « remplacer « biodiversité » par « développement durable » dans les discours, ou remplacer « Agenda 21 » par « TVB », et on aura le même discours »365. Bien que le contenu de sa définition reste flou, elle est de plus en plus utilisée par les acteurs du territoire. Pour Laure Cormier, il s'agit d'une petite victoire, « on n'en parlait même pas de la biodiversité, ou très peu. On disait : «qu'est-ce qu'il nous énerve ce crapeauduc ! «»366, mais ajoute que ce terme réduit la richesse des écosystèmes. Pour André Micoud, « la diversité

360 Entretien avec Laure Cormier, géographe, le 5 mars 2015 à Paris

361 Ibid.

362 Ibid.

363 Ibid.

364 Entretien avec Guillaume Schmitt, géographe, le 2 avril 2015 à Lille

365 Ibid.

366 Entretien avec Laure Cormier, géographe, le 5 mars 2015 à Paris

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biologique, alias bio-diversité, est devenue un slogan de la revendication de gestion écologique ».367

La Trame verte et bleue s'attache à favoriser la biodiversité locale, et le rôle des experts de la biodiversité est prépondérant. Le Conservatoire botanique de Bailleul, qui travaille en partenariat avec le syndicat mixte, identifie les espèces indigènes, et les menaces qui pèsent sur la biodiversité locale. Lors de la Journée de l'observatoire, en 2011, Jean-Marc Valet, le directeur général du conservatoire, fait l'état des lieux des pressions actuelles sur la nature régionale, en se demandant « comment se porte la flore du Nord-Pas de Calais »368. Il insiste sur la richesse floristique, et ajoute que « les espèces rares, très rares et exceptionnelles ont soit disparue, soit elles sont aujourd'hui dans des secteurs qui sont préservés »369. L'évocation d'espèces qui seraient remarquables, et d'autres, communes, soulève des questions. En effet, l'objectif est de favoriser la biodiversité locale, mais il existe au sein de cette biodiversité, une hiérarchie entre les espèces. Le PCET suit cette même-idée en ajoutant qu'il faut « prioriser la fonction écologique des sites qui possèdent une qualité écologique et paysagère remarquable »370. Ainsi, il existe des milieux ou des espèces qui ont un caractère « remarquable » tandis que d'autres sont plus communs. La biodiversité est donc un « mot valise » dans le sens où il est aujourd'hui utilisé dans les discours des élus comme dans ceux des experts. Et pourtant, il recouvre des réalités bien différentes, car il regroupe un aspect remarquable et un aspect commun.

Favoriser la biodiversité locale passe aussi par l'éradication des espèces introduites, qui ne seraient pas indigènes, et qui correspond pour José Godin, président du groupe ornithologique et naturaliste du Nord-Pas de Calais, à une « biodiversité négative »371. Il apparaît donc que la biodiversité est à la fois la biodiversité remarquable, la biodiversité commune, et la biodiversité dite négative. Et pourtant, ce terme est utilisé dans les discours sans que les orateurs en mesurent forcément la complexité.

367 André Micoud et Valentin Pelosse, « Du domestique au sauvage cultivé : des catégories pertinentes pour la biodiversité ? », Etudes rurales, Vol. 129, n°129-130, 1993

368 Jean-Marc Valet, Directeur Général de Conservatoire Botanique National de Bailleul lors de la Journée annuelle de l'Observatoire, « Un point complet sur l'état de santé de la nature en Nord-Pas de Calais », le vendredi 20 mai 2011

369 Ibid.

370 Plan Climat Energie Territorial de Lille métropole du 18/10/2013

http://www.lillemetropole.fr/files/live/sites/lmcu/files/images/ACTUALITES/DEVELOPPEMENT%20DURAB LE/plan%20climat%20energie.pdf

371 José Godin, Président du groupe ornithologique et naturaliste du Nord-Pas de Calais lors de la Journée

annuelle de l'Observatoire, « Un point complet sur l'état de santé de la nature en Nord-Pas de Calais », le vendredi 20 mai 2011

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