WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Le statut du lait durant l'adolescence.

( Télécharger le fichier original )
par Sarah PHAM
Toulouse Jean Jaurès II - Master Sciences Sociales Appliquées à là¢â‚¬â„¢Alimentation 2016
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

2) Les déterminants de l'adolescent

2.1) Crise adolescente

L'adolescence est trop fréquemment associée à l'idée de crise selon CLAES (1986, p.60). Pour TABORDA-SIMOES Maria da Conceição, il s'agit d'une période « marquée par des tensions et conflits inévitables ou par des perturbations et inadaptations » mais qui se révèle être de passage et nécessaires à l'équilibre intérieur. Car « l'absence de ces signes constitue un bon pronostic de déséquilibre intérieur ». Pour certains, c'est une phase normale par laquelle passe l'adolescent et « l'idée mythique de la perturbation normative de l'adolescent » s'installe (WEINER, 1995, p. 8).

La crise adolescente est décrite comme la résultante de deux phases (CUIN Charles-Henry, 2011) :

a) Premièrement l'auteur évoque un « double processus de désobjectivation-subjectivation » au sein duquel l'adolescent doit se défaire de ses anciens modèles normatifs et doit en adopter de nouveaux en fonction de ce qui sera plus « profitable pour lui ». Par exemple il se sépare des modèles familiaux pour en rechercher de nouveaux. Cependant, ce processus entraîne une anomie qui lui confère un caractère instable et se traduit chez l'adolescent sous formes de problèmes psychologiques.

b) Deuxièmement l'adolescent fait face à un « double objectif d'intégration et de stratégie » lorsqu'il rencontre des situations inconnues. Le premier type de conduite consiste à identifier et intérioriser les normes pour y adhérer et en retirer les bénéfices psychologiques et sociaux qu'elles peuvent lui apporter. Toutefois, dans un second temps, il doit parvenir à se détacher de celles qui l'empêchent d'atteindre d'autres bénéfices. Pour se faire, il met en place une stratégie de transgression des normes ou d'habilité à les exploiter.

La maîtrise de ces deux phases s'opère en fonction des expériences vécues par le sujet.

En outre, durant cette période de crise, ou de « processus », « passage » ou « opération » tels que préfèrent l'appeler moins péjorativement les psychanalystes (BRACONNIER, MARCELLI, 1998 ; DOUVILLE, 2000 ; LESOURD, 2002 ; RASSIAL, 1990, 1996, 2000), elle se construit autour de trois « cercles de perturbations » (BRACONNIER, MARCELLI, 1998) : le cercle du corps, le cercle du social et le cercle de la famille qui entrent en conflictualité.

Sortir de l'enfance pour affronter l'adolescence n'est pas chose aisée. « L'enfant est banni de son paradis et doit commencer un long et pénible chemin d'ascension » (HALL, 1904, vol2, p.71). Les adolescents traversent une phase de comportements instables et imprévisibles. De nombreux traits de leur caractère sont contradictoires et antagonistes. Mais « ils s'engagent avec enthousiasme dans la vie de la communauté et, d'autre part, ils éprouvent un désir tout puissant d'isolement » (FREUD, 1936, p.149-150). C'est également un moment conflictuel avec la parentèle car les adolescents ont un besoin d'indépendance, surtout vis-à-vis de leur parents, qui s'accompagne de « sentiment d'isolement, de solitude et de confusion » (BLOS, 1962, p.12).

Cependant certaines études et données empiriques mettent en évidence le fait que tous les adolescents ne traversent pas cette « crise » et pour la plupart d'entre eux l'adolescence n'est qu'une période transitoire vécue plus ou moins facilement, sans violence, rejet familial ou désordres psychologiques. « L'idée de crise se révèle inappropriée pour orienter la réflexion visant à identifier les caractères spécifiques de l'adolescence » (TABORDA-SIMOES Maria da Conceição, 2005).

18

2.2) Problèmes identitaires : stades de développement d'Erikson

19

Pour Erikson, l'identité est la préoccupation de l'adolescence. Il s'agit de :

« comprendre la manière dont l'individu parvient plus ou moins facilement à construire une représentation cohérente de lui-même, à partir de son histoire et en envisageant ce qu'il souhaite devenir » (COHEN-SCALI Valérie et GUICHARD Jean, 2008).

Psychanalyste et psychologue germano-américain, Erik Erikson a entre autre publié trois ouvrages traitant de l'identité : Enfance et société, 1959 puis Identité et cycle de vie, 1959 et Adolescence et crise. La quête de l'identité, 1972. Le développement identitaire devient plus complexe à l'adolescence lorsque le jeune s'interroge sur ce qu'il est, doit, ou va devenir en entrant dans le monde adulte. En sociologie, le terme d' « identité » est couramment employé, alors qu'en psychologie l'emploi du « soi » ou « concept de soi » l'emporte.

o Les stades de développement d'Erikson

Erik Erikson a élaboré huit stades du développement psychosocial de l'individu qui s'étalent de l'enfance à la vieillesse. A chaque stade de la vie correspond une période, marquée par une crise significative, qui va contribuer au développement du « Moi ». Une crise résulte de l'interaction entre différents facteurs biologiques, sociaux et environnementaux, qui se caractérise pour chacune d'entre elles par deux axes spécifiques. Chaque crise doit se résoudre en trouvant un équilibre entre ces éléments, pour ne pas compromettre le développement du « Moi » et marquer un tournant dans notre vie, qui en constituera les diverses étapes.

Les stades :

- Stade 1 : Confiance versus Méfiance (0-18 mois)

- Stade 2 : Autonomie versus Honte et Doute (18 mois-3 ans) - Stade 3 : Initiative versus Culpabilité (3-6 ans)

20

- Stade 4 : Travail versus Infériorité (6-11 ans)

- Stade 5 : Identité versus Confusion des rôles (12-18 ans)

- Stade 6 : Intimité versus Isolement (18-34 ans)

- Stade 7 : Générativité versus Stagnation (35-65 ans)

- Stade 8 : Intégrité personnelle versus Désespoir (> 65 ans)

L'adolescence correspond à la 5ème étape, qui regroupe des sujets âgés de 12 à 18 ans et qui correspond à une période qu'il caractérise de conflit entre identité et confusion des rôles. Toutefois, pour comprendre les comportements des jeunes, nous devons aussi nous intéresser au stade précédent : le stade 4, travail versus infériorité.

o Stade 4 : Travail versus Infériorité (6-11 ans)

Ce stade est marqué par la période de l'école, instance de socialisation et développement des compétences de l'enfant. L'enfant sort de son monde de jeux pour entrer dans un objectif de réussite scolaire. Il est sérieux, coopératif et studieux mais à la fois rebelle et désobéissant pour montrer son indépendance. Il prend conscience du monde qui l'entoure et considère la notion d'individu.

Au cours de ce stade, l'enfant cherche à se prouver ses compétences et ses capacités. Il se demande s'il est capable ou incapable. Et pour répondre à ses interrogations, les parents et les instituteurs ont un rôle important. Erikson décrit un ressenti de compétences chez l'enfant s'il est valorisé et au contraire un sentiment d'infériorité s'il se sent dévalorisé, ce qui contribue à forger son identité.

o Stade 5 : Identité versus Confusion des rôles (12-18 ans)

Des problèmes identitaires surgissent lors de ce 5ème stade. En quête d'identité, l'adolescent est préoccupé par la façon dont il est perçu. Il s'agit d'une période déterminante dans son développement psychosocial. C'est un carrefour critique pour lui entre « la personne à être » et « la personne que les autres

21

voudraient que je sois ». Différentes modalités du personnage s'offrent à l'individu et il endosse des rôles :

- Le personnage comme rôle social : le « devoir être » d'un « moule social » - Le personnage comme idéal : le « vouloir être » de l'individu

- Le personnage comme masque : le « paraître » ou cacher consciemment aux autres ou à soi-même ce que l'on est

- Le personnage comme refuge : se convaincre soi-même, se rassurer sur sa propre valeur

L'adolescent se questionne sur les rôles futurs qu'il pourrait avoir au sein de la société et tente diverses expériences pour se forger une identité personnelle. Il est influencé par les groupes de pairs et doit s'accommoder à la pression sociétale, mais il doit pouvoir prendre ses distances par rapport aux normes et valeurs conventionnelles et établir son propre système de valeurs. Il développe une certaine confiance en lui grâce à son ego surdimensionné qui contribue aussi à la construction de son identité.

A l'inverse, un manque de confiance en soi peut avoir des répercussions sur la formation de son identité. De plus c'est une période marquée par d'importants changements physiques et pubertaires. Le stade 5 d'Erikson revoit au 4ème stade d'évolution de la sexualité infantile décrit par Freud (FREUD, trois essais sur la théorie de la sexualité, 1923) : le stade génital. L'individu éprouve un plaisir lié à la zone génitale et révèle son identité sexuelle. L'inquiétude qu'il peut ressentir, liée aux transformations physiques qui se produisent chez lui peuvent lui poser problème dans sa quête identitaire. Il doit accepter sa nouvelle image et les répercussions qu'elle peut avoir sur ses relations avec autrui. D'autre part, les blessures que l'adolescent a pu subir dans son passé peuvent altérer sa recherche d'identité et l'établissement de son système de valeurs. Le « Moi » doit s'adapter à tous les changements qui bouleversent cette période et certaines situations peuvent

22

être similaires aux stades précédents, engendrant la réapparition de conflits anciens. Par exemple le conflit avec la nourriture que l'on rencontre lors de la petite enfance refait surface lors de l'adolescence et perturbe le rapport à la nourriture de l'individu : TCA (troubles du comportement alimentaire), perception de certains aliments troublée, modèles alimentaires et dimension symbolique modifiée, etc.

Pour Erickson, « Le processus d'adolescence est achevé lorsque l'individu a subordonné ses identifications de l'enfance à un nouveau mode d'identification, accompli grâce à une absorption du social et à un apprentissage compétitif, avec et parmi ses pairs de même catégorie d'âge ».

2.3) Influence du groupe de pairs

Les groupes de pairs sont des agents de socialisation (MONTOUSSE Marc & RENOUARD Gilles,2012). Ce sont des groupes d'amis qui partagent des centres d'intérêts communs et des valeurs et des normes similaires. Ils prennent une place considérable lors de l'adolescence, qui s'articule autour d'un mouvement d'émancipation familiale et de création de liens avec les pairs, faisant évoluer la vie sociale de l'individu.

En effet, les groupes de pairs détiennent un rôle majeur dans les processus de socialisation de l'adolescent. Ils constituent pour lui une référence qui permet de partager les mêmes expériences, le même dialogue et une meilleure compréhension de l'un et de l'autre. C'est l'occasion d'entreprendre des activités sociales avec des personnes plus ou moins du même âge et de se sentir exister en appartenant à un groupe. L'adolescent est en quête de reconnaissance qu'il trouve aux côtés de ses semblables tels que les pairs pour évoluer. Il se construit auprès de personnes significatives et s'affecte un nouveau statut auquel s'assignent de nouveaux rôles.

Les pairs aident l'adolescent dans sa construction identitaire. « L'emprise de la famille laisse place à celle du groupe d'amis » (LORIERS Bénédicte, 2012).

23

L'adolescent s'identifie à ses amis et cherche à leurs ressembler, à faire comme eux. Selon Marie-josé AUDEREST et Jean-Blaise HELD (2010, p.13), « il donne l'impression d'être influençable et sans personnalité », mais cela contribue au développement de soi et s'estompera au fur et à mesure, lorsqu'il trouvera son identité propre et développera ses opinions personnelles. Comme disait Philippe VAN MEERBEEK (2007) :

« L'adolescence est surtout et avant tout l'âge de la vie où l'inconscient se lit à livre ouvert : c'est le stade du homard, écorché vif, sans protection et à la merci des inconscients de tous et de l'inconscient collectif. »

Les critères d'intégration ou de rejet à un groupe de pairs tiennent compte de l'âge, du sexe, de l'apparence physique, de l'ethnicité, etc. Par ailleurs, l'adolescent accorde une place importante au regard d'autrui et sa popularité peut également influencer son inclusion ou non au groupe.

« Aux yeux des adolescents, la popularité correspond au fait d'être visible, d'avoir du prestige et un statut élevé et d'être socialement central et dominant. Selon la perspective sociométrique, être populaire correspond plutôt au fait d'être aimé et apprécié par les autres. Il s'agit là de deux concepts distincts. » (POULAIN François, 2014).

La popularité est un élément important pour l'adolescent de son système social. Elle s'organise en une hiérarchie sociale au sein de laquelle prédominent les adolescents les plus populaires, qui vont déterminer les normes du groupe, influencer les autres membres et décider de qui fera partie ou non du groupe. Pour être populaire, il faut se différencier des autres (sens de l'humour, apparence physique, richesse, activité sportive, etc.) (POULAIN François, 20145), mais sans

5 POULAIN François, Université du Québec à Montréal, Les relations entre pairs à l'adolescence

24

pour autant sortir des normes conventionnelles au risque d'engendrer une perte de lien social qui peut conduire à l'exclusion du groupe.

Enfin, l'adolescent durant sa construction identitaire adopte de nouvelles normes qui sont celles établies avec son groupe de pairs.

2.4) La différence de genre

Bien que les sociétés aient évolué au fil des décennies, les stéréotypes liés au genre semblent avoir persistés. Dès l'adolescence, on retrouve une image sexuée du garçon et de la fille. Comme l'évoque le pédopsychiatre Philippe JEAMMET :

« C'est le propre de la puberté de marquer la différence entre les sexes. Les adolescents ne sont pas très sensibles à l'égalité des sexes car cela remet en cause le changement qui est en train de s'imposer à eux ».

Selon les adolescents interrogés par Ipsos Santé pour le forum adolescences 2010, la femme représente la sensualité et la féminité ainsi que la maternité, la sensibilité et la gérante des tâches ménagères. L'homme se caractérise par sa virilité, son côté macho et son travail.

Il apparaît également qu'entre filles et garçons, chez les adolescents, une différence de perception et d'estime de soi s'établit en fonction du genre. L'étude « Perceptions de soi à l'adolescence : différences entre filles et garçons » (SEIDAH Amélie, BOUFFARD Thérèse, VEZEAU Carole, 2004) s'est notamment concentrée sur cinq domaines que sont la compétence scolaire, sociale, athlétique, l'apparence physique et les relations sentimentales.

Pour les besoins de mon mémoire, nous nous pencherons sur le domaine de l'apparence physique. Il s'agit du domaine de perception de soi ayant le plus de corrélation avec l'estime de soi. En effet, avoir une bonne perception de soi renvoie

25

à une plus forte estime de soi : « Les jeunes qui ont des attitudes positives envers leur apparence physique ont tendance, plus que ceux qui ont des attitudes négatives, à avoir une estime de soi générale élevée » (SEIDAH Amélie et Al. 2004). En règle générale, les jeunes sont préoccupés par leur image corporelle, tant au niveau de leur taille que de leur poids. Mais on note une plus grande satisfaction physique chez les garçons comparé aux filles. L'exposition médiatique des standards de beauté idéalisés à outrance tient sa part de responsabilité dans la satisfaction plus restreinte des filles vis-à-vis de leur apparence physique. Il faut rappeler également que les changements physiques qui s'opèrent chez les garçons sont plus avantageux que chez les filles. Les garçons gagnent en masse musculaire alors que les filles gagnent en masse grasse et sont plus sujettes à prendre du poids, ce qui ne les encourage pas à réexaminer à la hausse la perception qu'elles ont de leur physique. Les résultats d'une étude américaine suggèrent que l'estime de soi grandit chez les garçons âgés de 14 à 23 ans, alors qu'à l'inverse elle décroit chez les filles et plus particulièrement à l'âge de 18-23 ans.

Cependant il faut retenir que les garçons ont tendance à surestimer leurs compétences. Les filles elles portent un regard plus sévère et critique que les garçons sur elles-mêmes (BOLOGNI et al. 1996) lorsqu'elles doivent s'autoévaluer et sont plus en proie aux doutes quant à l'image corporelle qu'elles renvoient.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo