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Eglise evangélique du cameroun et coopération internationale (1957-2007)


par MOISE NKAPMENI NGAPET
UNIVERSITE DE YAOUNDE I (ENS) - DIPES II 2015
  

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B- Les problèmes liés au fonctionnement des relations

Plusieurs événements désagréables ont rendu la coopération difficile entre l'É.É.C. et ses partenaires. Des tensions entre les missionnaires, notamment hollandais et les ouvriers locaux ont souvent éclaté au grand jour. Ceci a souvent été causé par des différences de traitement matériel, notamment en ce qui concerne les moyens de déplacements dont bénéficiaient ces étrangers. Cette situation favorisait le complexe des ouvriers locaux qui se voyaient plus lésés au détriment des envoyés étrangers.

Le manque de communication, notamment la langue est aussi à relever. En effet, les véritables partenaires extérieurs de l'É.É.C. ne sont pas d'expression française. Ce qui bloque les échanges entre les deux parties. Ce problème s'est répercuté avec les Allemands de l'Église Évangélique de Westphalie et les Hollandais de l'E.R.P.B. En effet, le personnel de l'É.É.C. pouvant se mettre en partie au service de l'Église hollandaise, est insuffisant. S'il est facile et possible pour un Hollandais ou un Allemand d'apprendre le Français et venir travailler à l'É.É.C., l'inverse n'est pas facilement acceptable pour les européens. Pour eux, il

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n'est pas facile pour un Camerounais d'apprendre le Néerlandais ou l'Allemand et de se mettre au service des Églises des pays du Nord, non francophones. De même, du côté des hollandais, ce problème de langue avait été soulevé. Mme Den Tex, Vice-Présidente du Conseil des Missions de l'Église Réformée des Pays-Bas, expliquait déjà ceci :

C'est une question dont on a déjà parlé il y a plusieurs années ; il y a sept ans, nous l'avons évoquée. Encore maintenant, nous en avons parlé de la possibilité que par exemple, des pasteurs camerounais viendraient chez nous quelques temps pour parler, faire connaître les problèmes du Cameroun, des Églises du Cameroun, parler aux chrétiens de notre Église. Certainement, il y a cette possibilité292.

La possibilité dont parle Mme Den Tex consiste en une bonne organisation des relations entre les différents partenaires. L'É.É.C. devrait mettre l'accent sur un renforcement des capacités des ouvriers et laïcs sur ses a relations extérieures pour une plus grande efficacité de sa diplomatie.

Bien plus, selon le pasteur Priso Moungolè, les Églises d'Afrique en général et l'É.É.C. en particulier ont pris en main les clés de l'évangélisation. Le moment est venu pour les missionnaires d'ouvrir leurs portes à l'évangélisation venant de l'Afrique, compte tenu de la crise spirituelle dont font face les sociétés occidentales de nos jours293.

En fin de compte, il y a lieu de relever que le bilan de l'É.É.C. dans les relations internationales est mitigé. Aux retombées multiples, surtout matérielles qui en sont découlées, sont se jointes plusieurs difficultés dues à des incompréhensions et à une mauvaise structuration de ses relations avec ses partenaires.

292 L'Appel n°1, p.6.

293 Entretien avec Richard Priso Moungolè, 62 ans, Pasteur, Yaoundé, 27 mai 2015.

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